‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 64 sur 534 · DU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

DU MOYEN AGE

« enchaîner? Les voici qui marchent dans la flamme, libres de «leurs liens, et un quatrième est avec éux, qui ressemble au | il: « de Dieu. » La série se terminait par la Sibylle, qui, dans um tirade en vers hexamètres, annonçait le retour du Sauveur pou le jugement final. Plus tard le sermon fut coupé en dialogue, e les personnages apparurent avec des emblèmes qui les faisaioll reconnaître : Moïse avec les tables de la Loi, Jérémie en costumt ; sacerdotal, saint Jean-Baptiste pieds nus et vêtu de buret, Ot

/ remonta bientôt, dans la série des patriarches, jusqu’à Adam. Ur

; jeu dramatique, représenté à Ratisbonne en 1194, commen çaif & ê

la création et à la chute de l’homme, et s'étendait jusqu’ aux pro:

phètes. D’autres fois, comme la dope se confirmait par le

fait prophétisé, on Hold l’action jusqu’à la Nativité : te

est le contenu d’un manuscrit du Xui siècle, originaire du cou:

. vent de Benedictbeuren dans la Haute- D. et où l’on voi

d'abord saint Augustin entouré. du chœur des prophètes, et à ke fin l’Église victorieuse dans sa lutte contre les faux dieux ?.

Le drame du moyen âge, n'ayant d'autre but que l'édification étranger du reste à toute préoccupation d'art, avait en lui- -mêmi une tendance à se développer indéfiniment. Tout se tient dan: l’économie du salut; le fait de la chute amène celui de la rédemp tion, et ces deux points extrêmes sont reliés entre eux par une chaîne ininterrompue de prophéties. Même l’avénement du chris: tianisme, au point de vue religieux du xur° siècle, ne concluait rien définitivement; ce n'était que le fait central au d duquel, dans le passé comme dans l’avénir, s’ouvraient des perspectives infinies. La seconde venue du Sauveur ne devait-elle pas confirmer da première? Et, dans l'intervalle, la lutte contre l'Esprit du mal ne devait-elle pas se ot à Il était convenu que Satan ne serait désarmé qu'au dernier jour. Le drame n’embrassait pas toujours tout le vaste domaine de l’histoire sacrée, mais, CD général, il était plutôt porté à se répandre et à s’'amplifier qu’à

se Circonscrire. À Dans le Jeu de l'Antéchrist, composé vers 1160, et provenant du monastère de Tegernsee dans la Haute-Bavière, on trouve pour la première fois des allusions aux événements contemporains, - singulièrement mêlées à la légende ancienne. La scène représente

1. Voir Sepet, Les Prophètes du Christ, Paris, 1878. : 2. Ludus scenicus de nalivitate Domini, publié par Schmeller, CRE 1847

Mla fois le temple de Jérusalem et le trône du Saint-Empire ômain. Le drame s'ouvre par l'entrée solennelle des personiages, en partie allégoriques : la Synagogue, avec le roi de Jéruälem ; le Paganisine, avec le roi de Babylone; ensuite l’Église, ec la Justice et la Miséricorde ; à sa droite, le pape et le clergé; Sa gauche, l'empereur et ses chevaliers. L'empereur soumet, ‘ar la persuasion ou par la force, tous les souverains chrétiens; uis il triomphe du roi de Babylone, et il dépose sa couronne lans le temple de Jérusalem. Apparaît l’Antéchrist : c’est comme e second acte du drame. Devant lui marche le chœur des Hypomites ; à sa droite, l'Hypocrisie elle-même ; à sa gauche, l'Hérésie. Lséduit le roi de France par des présents, l'empereur par des liracles. Les juifs et les païens lui rendent hommage. En vain és prophètes Énoch et Élie cherchent à ramener le troupeau garé; ils souffrent le martyre. Mais l’Antéchrist est foudroyé, au noment où il s'apprête à recevoir l’adoration du monde ‘. L'unité l'action est sacrifiée à l'unité morale, et la conclusion arrive quand les dernières prophéties sont accomplies, en dépit des puissances de l’enfer.

Dans le Jeu de PAnIeRT IL, aussi bien que dans les Prophètes du Christ, le drame n'est déjà plus un simple accompagnement du culte; il est construit d’ après un plan; il existe par lui-même. [une lui reste plus qu'un progrès à faire pour se rapprocher de lawvie : c’est d'adopter la langue vulgaire. Cette révolution se fera dans la période suivante.

Li Ludus paschalis de adventu et interitu Antichristi. — Zezschwitz, Vom LE schen Kaïisertum deutscher Nation, ein mittelalterliches Drama, Leipzig, 1877. W. Meyer, Der ous de Antichristo, Munich, 1882. æ

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