Æ 3. — POÈMES INSPIRÉS PAR LA CROISADE
La poésie héroïque finissait, puisqu'elle tournait à la parodie. Gependant, avant de s’éteindre, elle subit une dernière transfor-
mation, qui lui rendit quelque altrait aux yeux des contemporains, mais qui fut loin de la renouveler; et cefut principalement
l. Éditions. — 2e Rabenschlacht, dans le Livré des Héros de Von der Hagen et >rimisser, deuxième partie. — Nouv. éd. par E. Martin (Deutsches Heldenbuch, 11, 3erlin, 1866). — Ce que le poème offre de plus intéressant, c'est un épisode, où est acontée la mort des deux fils d’Attila, qui ont voulu accompagner l'expédition. In éditeur moderne a essayé de le séparer de l’ensemble : Ettmüller, Daz maxre Ofvroun Helchen sünen, aus der Ravennaschlacht ausgehoben, Zurich, 1846.
2* Editions. — Von der Hagen et Primisser, Livre des Héros, première partie. — W:Grimm, Der Rosengarte, Gœttingue, 1836. — Éd. de G. Hoïz, Halle, 1893. ‘raduction en allemand moderne par K. Simrock (Das kleine Heldenbuch, 2° éd; Mtuttgart, 1857).
| Le Petit Jardin des Roses (der kleine Rosengarten) est un autre nom du poème CLaurin, où est racontée la lutto engagée par Théodoric contre des nains et es géants pour la délivrance d'une princesse, — Éditions de Oskar Jænicke
Le ss
dans le cycle légendaire des Goths que cette transformatio
s'opéra. Après que les croisades eurent donné une direction now velle à l'imagination poétique, on attribua à certains héros, qui figuraient autrefois dans l'entourage de Théodoric, des expéditions lointaines en Orient. Tantôt on se bornait à transporter sur les confins de l'Asie des aventures dont la Germanie du Nord avait d’abord été le théâtre : c'est ainsi que Rother épousa la fille de l'empereur d'Orient, et que Hugdietrich et Wolfdietrich furent élevés sur le trône de Constantinople !. D’autres fois, on râjeunis: sait une vieille légende païenne avec des souvenirs bibliques. On faisait conquérir, par exemple, la fameuse robe grise de Jésus- Christ à Orendel, personnage mythique, devenu roi de Trèves?
ou l’on identifiait le roi Salomon avec Salman, roi des Francs,
qui, aidé de son frère Morolt, ramenait deux fois dans son palais son épouse fugitive #. La tradition épique se démembrait, se dissolvait, se fondait dans la poésie d'aventure et dans la légende pieuse, qui elles-mêmes se distinguaient à peine l'une de l’autre#
(Deutsches Heldenbuch, T, Berlin, 1866) et de K. Mäüllenhoff (Berlin, 1874). = Traduction de Bückmann et Hesse (Zwergkünig Laurin, Leipzig, 1879). F | 1. Éditions. — Le Xônig Rother, qui appartient encore au x1ie siècle, à été publi par Massmann (Deutsche Gedichte des XII. Jakrhunderis, Quedlinburg, 1837 et par H. Rückert (Leipzig, 1872). Comparer la Vilkina-Saga, dans les Æddas Édition du Æugdietrich par Œcbsle, Stuttgart, 1834; traduction de W. Hertz Stuttgart, 1863. — Holtzmann, Der grosse Wolfdietrich, Heidelberg, 1865. — Jacque; Ayrer a porté les deux sujets de Hugdietrich ét de: Wolfdietrich au théâtre. * 2. Éditions. — Von der Hagen, Der ungenähte grade Rock Christi, Berlin, 1844 — À. E. Berger, Orendel, Bonn, 1888. — Comparer J. Grimm, Deutsche Myth logie, I, p. 347. an | 3. Dans un autre poème, qui a été souvent remanié et réimprimé jusqu'à Iæ fi) du xvie siècle, Morolt, ou Markolf, est présenté comme un paysan dont l’espri naturel est opposé à la sagesse de Salomon. Le poème dérive d'une source latine ce qu’il contient surtout, ce sont de grossières plaisanteries de moine. Ec suje a été mis en drame par Hans Folz, vers la fin du xv® siècle. — Édition à F. Vogt (Die deutschen Dichtungen von Salomon und Markolf, Halle, 1880). . 4. Le Duc Ernest. — Il faut citer encore ici le poème du Duc Ernest, bien qui n'appartienne pas à la tradition épique proprement dite. C'est le répertoire le plu complet des récits merveilleux qu'on empruntait à l'Orient. Ernest; duc de Bavière ayant été mis au ban de l'Empire, part pour la terre sainte; mais il n’y arriv qu'après beaucoup d'aventures. Il ne lutte pas seulement contre des nains et de géants, mais contre des hommes à tête de grue, ou n'ayant quun œil au milie du front comme les cyclopes, ou de longues oreilles qui leur couvrent tout le corp! et il est bien juste que de telles épreuves ile fassent rentrer en grâce auprès\d! l'empereur. Le poème n'existe pas dans sa forme primitive. Il a été souvent reman et enfin mis en prose au xv° siècle. Les plus anciens fragments ont été publié par Hoffmann de Fallersleben (Fundyruben für Geschichte deutscher Sprache un Litteratur, 2 vol., Breslau, 1830-1837; premier volume). Une édition plus complète été donnée par K. Bartsch (Æerzog Ernst, Vienne, 1869). |