‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 89 sur 534 · Hoffmann von Faliersleben, Theophilus, Hanovre · texte numérisé non relu

Hoffmann von Faliersleben, Theophilus, Hanovre

oyau primitif. Rien de semblable dans le drame du moyen âge, ui flotte, vacille et revient sans cesèe sur ses pas. Une pièce sur 3 Vierges sages et les Vierges folles, écrite en allemand, fut eprésentée à Éisenach, en 1322, devant le margrave Frédéric, et s chroniques racontent que le margrave se retira, tout irrité, endant la dernière scène, en voyant les Vierges folles entraînées ar les démons, malgré l’intercession des saints du paradis : Qu'est-ce que la foi chrétienne, » s'écria-t-il, «si nulle prière ne peut faire obtenir grâce au pécheur? » Et cette pensée ne le uitta plus jusqu’au jour de sa mort, qui survint peu de temps près. L'auteur ou les auteurs du drame ne s'étaient sans doute imais demandé si une parabole était faite pour la scène. Ii faut “redire, car ainsi s'explique pourquoi le théâtre du moyen ze n'a pas duré et n’a pas eu d'influence sur la littérature, toute lée de composition, de vraisemblance, aussi bien que de style,

Là

ait étrangère à ce théâtre !. C'était avant tout un spectacle pour ” s yeux, et c’est dans l'arrangement tout extérieur, dans la façon. > construire la scène, de costumer et de présenter les personiges, de faire dire les parties chantées ou dialoguées, que résiut la plus grande préoccupation des auteurs ?.

1 La boutade de Sainte-Beuve, à propos de quelques Mystères dont il venait de l'analyse, contient au fond une vérité. : « Qu'on me dise que c’est curieux nt qu'on le voudra, oui; mais que c’est beau, non. » (Nouvéaux Lundis, t. IIL.) ici ce que dit un des historiens qui connaissent le mieux le théâtre du moyon 16.: « Une expérience que j'ai souvent faite est celle-ci : j'inscrivais dans mes aotes, en lisant un mystère, que dans telle ou telle scène se trouvait un passage temarquable par la forme ou par la beauté de l'expression; et quand je consultais plus tard le même passage, je ne pouvais plus comprendre mon admiration d'auiefois. C'est qu'à la première lecture le passage en question se détachait avanta- Yeusement de quelques centaines ou de quelques milliers de vers qui précédaient : »n cesse d'être difficile, quand on a lu beaucoup de mystères. » (W. Creizenach, schichte des neueren Dramas, 1, p. 185.)

2 Les instructions données pour la Aeprésentation d'Adam, drame français du siècle, auraient convenu tout aussi bien à certaines pièces allemandes : Qu'on établisse le paradis dans un lieu bien élevé; qu'on dispose à l'entour is draperies et des tentures de soie, à telle hauteur que les personnes qui iéront dans le paradis ne soient visibles qu'au-dessus des épaules. On y verra les fleurs odoriférantes et de la verdure, et divers arbres auxquels pendront des rüits, afin que ce lieu paraisse très agréable. Alors, que le Sauveur arrive, vêtu Dune dalmatique ; devant lui se placeront Adam et Ève: Adam vêtu d'une tunique Ouge, ot Êve d'un vêtement de femme blanc et d'un voile de soie blanc ; tous lux seront debout devant la Figure (c'est le nom que la pièce donne à Dieu); Ham plus rapproché, le visage respectueux ; Eve un peu plus bas. Qu'Adam it bien instruit quand: il devra donner la réplique, pour qu'il ne soit ni trop OMpt, ni trop lent à répondre. Que non seulement lui, mais que tous les perimages soient exercés à parler posément, et que leurs gestes s'accordent avec paroles qu'ils se gardent d'ajouter ou de rétrancher des syllabes dans la

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