ROMANCIERS ET MORALISTES
Les romans en prose profitèrent de la défaveur où tombè
les poèmes chevaleresques, mais c’est surtout dans ce genre
se montre le défaut d'originalité de la dernière période du mo âge. Presque tous ces romans sont tirés des littératures étr gères, et c’est principalement la France qui en a fourni modèles. On emprunta à la France ses récits en prose, con on lui avait emprunté autrefois ses poèmes d'aventure. A
comme le Tristan d'Eilhart d'Oberg ou le Wigalois de Wirn! Gravenberg, que d'ouvrages français qui passèrent dans la li rature allemande, grâce aux soins de quelque traducteur. ou moins habile! Le nombre en est si considérable, qu il fau borner à citer ceux qui eurent le plus de succès. Le Lancelo les Quatre fils Aymon furent traduits, au xv®siècle, par des a inconnus: l'Histoire de la belle Mélusine fut publiée en alle en 1456, par un écrivain bernois nommé Thüring de Ring La princesse Éléonore d'Écosse, femme du duc Sigismond4 triche, traduisit, vers la même époque, le roman de Po Sidonie. Quelque peu originaux que fussent tous ces où on y retrouve encore la trace de l'esprit bourgeois du tem choisissait de préférence dés héros qui, d’une humble . r
s'étaient élevés à de grands honneurs, ces changements tune plaisaient à une classe socialé qui aspirait ellem sortir de l'obscurité. Le roman de Hugues Capet, publié & par Élisabeth, comtesse de Nassau, sous le titre de Hug-S@ fut une des lectures favorites du public allemand : or
ê APRES DE LA PROSE ALLEMANDE. 161 Te la naissance du héros, pour que sa destinée parût utant plus étonnante t.
Bintérêt se partageait entre ces longs romans et des récits ins étendus, parfois mêlés d'instructions morales, dont on uvait les modèles dans la littérature néo-latine. Le Directorium nanæ vitæ de Jean de Capoue fut traduit et imprimé plusieurs s\ sous le titre d'Exemples des anciens Sages ou sous des es semblables. La Disciplina clericalis du juif espagnol Pierrehonse, qui contient les recommandations d’un père à son fondées sur des exemples, fut aussi répandue en allemand en latin. Les deux ouvrages provenaient originairement de rient. Mais, parmi les livres vraiment populaires de la fin du yen àge, il faut nommer surtout les Sept Sages et les Gestes des mains. Le roman des Sept Sages, qui avait déjà été mis en vers emands par Jean de Bühel, en 1412, passa par plusieurs rédacns.en prose; iken parut une édition imprimée en 1473 ?. Le Gesta Manarum, en prose allemande, fut souvent imprimé à la fin -xve siècle *. L'un et l’autre ne sont autre chose que des ueils de nouvelles, où les écrivains du siècle suivant, particu- ‘ment Hans Sachs, trouvèrent des sujets de drames
es auteurs latins du moyen âge firent place à l'antiquité clasue, quand la Renaissance italienne, dont le mouvement s'était à communiqué à la France, s’étendit sur l'Allemagne mérimale. Quelques traducteurs du xv° siècle peuvent être consi- S.comme les plus anciens promoteurs de la Renaissance en emagne. Le plus important est Nicolas de Wyle, originaire du \ton d’Argovie en Suisse, greffier municipal à Nuremberg et à dihgen, et sur la fin de sa vie chancelier des comtes de Wuraberg. Il nous apprend qu’il aimait à réunir dans sa maison jeunes gens qu'il instruisait dans l’art d'écrire. Ses ouvrages ent surtout des frunslations du grec, du latin et de l'italien d cp avait spyts tellement l'habitude de chercher des règles dé
ici, :
Voir Reichard, Bibliothek der Romane, Berlin, 17178 et suiv.; Büsching et Von Hagen, Buch der Liebe, Berlin, 1809, et les éditions spéciales. Tous ces romans nt imprimés de bonne heure et souvent réimprimés.
Moïr l'introduction de A. Keller, en tête de son édition du roman français des Sayes + Tubingue, 1836. | Recns modernes de À. Keller (Quedlinburg et Leipzig, 1841) et d'Œsterley n},1872). Traduction en allemand moderne, de Græsse (Dresde et Leipzig,
goût de l'autre côté des Ales, que l’on confondait dois même admiration l'Italie ancienne et moderne. Nicolas de Wy non content d'offrir aux jeunes écrivains de son temps. modèles étrangers, voulut rompre la langue aux tours variés 6 la période latine, et son style en devint raide et obscur. So contemporain Xibort d’Eyb, chanoine de Bamberg et plus tar archidiacre de Wurzbourg, garda plus de mesure dans l'imite tion ; il sut parler un langage clair et non dépourvu d’éléganc Dans son Miroir des mœurs, il mit à contribution les Pères l'Église, les classiques latins et les conteurs italiens. Son trai sur le mariage est-surtont intéressant par les nouvelles quil inséra!. Nicolas de Wyle n’était qu'un traducteur; Albert d'E) est un compilateur, qui a parfois des rapprochements ingénieu mais, pour trouver enfin une réelle originalité, il faut arrim aux orateurs sacrés et aux philosophes mystiques, qui sont vrais prosateurs de ce temps.