‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 99 sur 534 · SÉBASTIEN BRANDT ET THOMAS MURNER · texte numérisé non relu

SÉBASTIEN BRANDT ET THOMAS MURNER

Un exemple frappant des hésitations et des incertitudes qui peuvent atteindre un grand esprit dans une époque de transition, Cest le poète satirique Sébastien Brandt. Né à Strasbourg en 1457, il fit ses études à l’université de Bâle, qui était un des centres de l’humanisme, tel que la plupart des Allemands le comprenaient alors. Il y avait bien aussi, en Allemagne, comme en Italie et en France, des esprits qui ne trouvaient dans les études “classiques qu'une source nouvelle de bon goût, de plaisir littéraire et de sagesse mondaine : il suffit de citer Conrad Geltès, Reuchlin et surtout Érasme. Mais, aux yeux de beaucoup d’autres, les littératures anciennes n'étaient qu'un arsenal d’où l'on pouvait tirer des armes non encore usées par les luttes de l'École. A Bâle, on étudiait surtout la théologie et la jurisprudence; la littérature était cultivée en sous-ordre. On venait de raviver la vieille querelle du nominalisme et du réalisme, et l'ardeur que lé mouvement de la Renaissance avait communiquée aux esprits animait également les deux camps. Mais la discussion avait changé d'objet : les nominalistes étaient les novateurs, les réalistes étaient les partisans de la scolastique. Brandt était réaliste. Étant devenu, en 1489, doctor utriusque juris, il fut l’un des professeurs

|: Éditions. — La première édition du Teuerdank, imprimée sur parchemin, avec “des gravures sur bois de Schæuffelein, parut à Nuremberg, en 1517. L'ouvrage a été souvent remanié au xvi° et au xvir Siècle. Le texte primitif a été reproduit däns les éditions modernes de Haltaus (Quedlinburg et Leipzig, 1836) et de Gœdeke Leipzig, 1878). — Le Weisskunig, terminé en 1512, fut imprimé à Vienne en 17%, avec des gravures sur bois de Burgmair.

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