O HISTOIRE
et Klopstock, se rapprochent beaucoup plus de leur modèle dans certains détails qui portent l'empreinte du sublime, qu'ils ne lui ressemblent sous le rapport de cette noble simplicité et de cet le absence de toute prétention. Une autre qualité distinctive de l'Ecriture sous le rapport de la forme extérieure et de la méthode d'exposition , qui a exercé la plus grande influence sur nos langues et sur notre poésie modernes , c'est le caractère figuré et symbolique qui domine constamment non-seulement dans ses livres poétiques, mais encore dans ses livres didactiques et historiques. Chez les Hébreux, on peut presque la considérer comme une qualité nationale, qui d'ailleurs est commune à plusieurs peuples de l'Orient, aux Arabes par exemple, dont la race est la plus rapprochée de celle des Hébreux. La défense de représenter la Divinité sous une forme sensible a pu contribuer, chez les Hébreux, à fortifier ce penchant, parce que toutes les fois que l'imagination est entravée d'un côté , elle cherche d'autant plus à trouver une issue libre d'un autre côté. La même cause a produit le même effet chez les Mahométans modernes. Là même où ce ' caractère figuré et cette poésie particulière aux Orientaux se trouvent moins ou même pas du tout , par exemple dans les livres chrétiens de
l'Ecriture, on voit cependant dominer cet esprit symbolique. L'influence de cet esprit a été profonde et générale sur la philosophie ainsi que sur la culture intellectuelle de tous les peuples chrétiens. C'est par cet esprit symbolique, et par le penchant qui en est résulté pour l'allégorie, que la Bible est devenue pou* la poésie, pour la sculpture et pour les beaux-arts du moyen â£e, et même des temps modernes, ce qu'ont été pour l'antiquité les poésies d'Homère : la source, la règle et le but de tous les aperçus et de toutes les fictions symboliques. Il est vrai que là où le sens profond de ces mystères symboliques ne fut point parfaitement compris, et là où le but et la pensée que désignait le symbole ne demeurèrent point aussi graves et aussi sacrés , ce penchant dégénéra souvent en allégories arbitraires, vides de sens, et ne consistant qu'en jeux de mots; parce que la richesse des ornemens est plus facile qu'une noble simplicité, et que l'art le plus brillant est incomparablement plus commun que là profondeur de la vérité.
Sous le rapport des deux qualités dont nous avons fait mention en dernier lieu, il est incontestable que tous les peuples chrétiens eussent pu trouver dans l'Écriture sainte un grand et beau modèle encore plus général que l'art et la beauté