CHAPITRE IL DRYDEN
renverse celles des atomes. Maximin arrive lui-même et lui dit « que si elle continue à repousser sa flamme « il la fera périr dans d'autres flammes*. » Là-dessus elle le tutoie, le brave, l'appelle esclave et s'en va. fouché de ces procédés, il veut Tépouser légitimement et pour cela répudie sa femme. Cependant, afin de n'omettre aucun expédient, il emploie un magicien qui fait des conjurations (sur le théâtre), évoque les esprits infernaux , et amène une ronde de petits Amours : ceux-ci dansent et chantent des chansons voluptueuses autour du lit de sainte Catherine. Son ange gardien survient et les chasse. Pour dernière ressource, Maximin fait mettre une roue sur le théâtre pour y exposer sainte Catherine et sa mère. Au moment où Ton déshabille la sainte, un ange pudique descend fort à propos et casse la roue ; après quoi, on les emmène et on leur coupe le cou dans la coulisse. Joignez à ces belles inventions une double intrigue, l'amour de Valéria, fille de Maximin, pour Porphyrius, général des prétoriens, celui de Porphyrius pour Bérénice, femme de Maximin, puis une catastrophe subite, trois morts, et le règne des honnêtes gens qui s'épousent et se disent des politesses. Telle est cette tragédie, qui se dit française, et la plupart des autres sont semblables. Dans /a iîeine Vierge^ dans le Mariage à tamode^ dans Aurengzèbe, dans l'Empereur de Vlnde, et surtout dans la Conquête de Grenade, tout est extravagant.
l. Since you neglect to answer my desires,
Know , princess, you shall burn in other fires.
(Act. III. se 1.)
On se taille en pièces, on prend des villes, on se poî* gnarde, et on déclame de tout son gosier. Ces drames ont justement la vérité et le naturel d'un libretto d'opéra. Les incantations y abondent; un esprit apparaît dans Moniezuma et déclare que les dieux indiens s'en vont. Les ballets s'y trouvent ; Vasquez et Pizarre, assis dans une jolie grotte, regardent en conquérants les danses des Indiennes, qui folâtrent voluptueusement autour d'eux. Les scènes de LuUi n'y manquent pas: Alméria, comme Armide, arrive pour tuer Cortcz endormi, et' tout d'un ceup se prend d'amour pour lui. Encore les libretti d'opéra n'ont- ils pas de disparates ; ils évitent tout ce qui pourrait choquer l'imagination ou les yeux ; ils sont faits pour des gens de goût qui fuient toute laideur et toute lourdeur. Ici croiriez- vous bien qu'on donne la torture à Montézuma sur le théâtre, et que pour comble un prêt! e pendant ce temps dispute avec lui* ? Je re*
CHBISTIAN PRIEST.
But we l»y Martyrdom our faiih aver.