‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 146 sur 271 · CHAPITRE II. DRYDEN · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. DRYDEN

la fantaisie. Parlant d'Horace, il trouve que « son es- « prit est terne et son sel presque sans goût; celui de « Juvénal est plus vigoureux et plus mâle, et me « donne autant de plaisir que j'en puis porter *. » Par . la même raison, il rabaisse les délicatesses du style | français. « La langue française n'est pas munie de j « muscles comme notre anglaise; elle a l'agilité d'un « lévrier, mais non la masse et le corps d*un dogue. « Ils ont donné pour règle à leur style la pureté ; la « vigueur virile est celle du nôtre*. » Deux ou trois^ mots pareils peignent un homme; Dryden vient de marquer sans le savoir la mesure et la qualité de son esprit.

Cet esprit, on le devine, est lourd, et particulièrement dans la flatterie. L'art de flatter est le premier dans un âge monarchique. Dryden n'y est guère habile, non plus que ses contemporains. De l'autre côté du détroit, à la même époque, on loue autant, mais sans trop s'avilir, parce qu'on apprête la louange; tantôt on la déguise ou on la relève par la grâce du style ; tantôt on a l'air de s'y conformer comme à une mode. Ainsi tempérée, les gens la digèrent. Ici, loin

or compass of time, or modération in the yastness of Ms draught. His style isluxurious without majesty or decency, and bis adventures without the compass of nature and possibility.

1. His wit is faint, and his sait almost insipid. Juvenal is of a more vigorous and masculine wit; he gives me as much pleasure a» I can bear.

2. Their language is not strung with sinews like our Eoglish. It has the nimbleness of a grey-hound, but not not the bulk and body of a mastiff. They bave set up purity for the standard of their language, and a masculine vigour is that of ours.

de la fine cuisine aristocratique, elle pèse toute crue et massive sur restomac. J'ai conté comment le mî- J nistre Clarendon, apprenant que sa fille venait d'épou- ; ser en secret le duc d'York, suppliait le roi de la faire décapiter au plus vite ; comment la chambre des com- ^ munes, composée en majorité de presbytériens, se déclarait elle-même et le peuple anglais rebelles, dignes du dernier supplice, et allait encore se jeter aux pieds du roi, d'un air contrit, pour le supplier de pardonner à la chambre et à la nation. Dryden n'est pas plus délicat que les hommes d'État et les législateurs. Ordinairement ses dédicaces donnent la nausée. Il dit à la duchesse de Monmouth que « nulle partie de « l'Europe ne peut offrir quelqu'un qui égale son no- « ble époux pour la mâle beauté et Texcellence de « l'extérieur. » — « Vous n'avez qu'à vous montrer « tous deux ensemble pour recevoir les bénédictions € et les prières de l'humanité. Nous sommes prêts à •t conclure que vous êtes un couple d'anges envoyés -« ici bas pour rendre la vertu aimable ou pour offrir « des modèles aux poètes, quand ils voudront in- -« struire et charmer leur siècle en peignant la bonté « sous la forme la plus parfaite et la plus séduisante « qui soit dans la nature*. » Ailleurs, se 'tournant vers Monmouth, il ajoutait : « Tous les hommes se

1. To receive the blessings and prayers of mankind, you need only be seen together. We are ready to conclude that you are a pair of angels sent below to make virtue amiable in your persons^ or to > tit for poets when they would pleasantly instruct the âge, bj ' «drawing goodnessin the most perfect and alluring shaps of nature.... ( No part of Europe can afford a paraliel to your noble Lord in mas* .

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