CHAPITRE IL DRYDEN. 22 V
« joindront à moi pour le tribut d'adoration dont je « m'acquitte envers Votre Grâce *. » Sa Grâce ne sourcillait pas, ne bouchait pas sa narine, et Sa Grâce avait raison. Un autre écrivain, mistress AfraBehn, allumait sous le nez d'Éléonor Gwynn des lampions bien plus .^infects; les nerfs alors étaient robustes, Ton respirait agréablement là où d'autres suffoqueraient. Le comte de Dorset ayant écrit quelques petites chansons et satires, Dryden lui jure que dans son genre il égale Shakspeare et surpasse tous les anciens. Et ces panégyriques assenés en face durent imperturbablement pendant vingt pages, l'auteur passant tour à tour en revue les diverses vertus de son grand homm^ et trouvant toujours que la dernière est la plus belle,, après quoi, en récompense, il recevait une bourse d'or. Notez qu'en cela Dryden n'était pas plus laquais qu'un autre. La corporation de Hall, haranguée un jour par le duc de Monmouth, lui fit cadeau de six
culine beauty and in goodliness of shape. (Dédicace de la Conquête de Mexico.)
You hâve ail the advantages of mind and body, and an illustriou» birth, conspiring to render you an extraordinary person. The Achilles and the Rinaldo are présent in you^ even above their criginals ; you only want a Homer or a Tasso to make you equal ta them. Youth, beauty, and courage (ail which you possess in the highest of their perfection) are the most désirable gifts of Heaven, (Dédicace de la Royale Martyre, au duc de Monmouth.)
1. «Ail men will join with me in the adoration which I pay you.» — Au c-omte de Rochester, il écrit : « I find it is not for me to contend any way with your Lordship, i?çho can write better on the meanest subject, than 1 can on the best.... You are above any incense I give you. » — Dans la dédicace de ses fables, il compare le • duc d'Osmond à Nestor, Joseph, Ulysse, Lucullus, etc. — Un autre joir, il compare la Cui>Uemaine à Caton.
pièces d'or, que Monmouth donna à M. Marwel, député de Hall au Parlement. Les scrupules modernes n'étaient pas nés. Je crois que Dryden, avec tous ses prosternements, a plutôt manqué d'esprit que d'honneur.
Un second talent, peut-être le premier en temps de carnaval, est Tart de dire des polissonneries, et la Restauration fut un carnaval à peu près aussi délicat qu'un bal de débardeurs. Il y a d'étranges chansons et des prologues plus que hasardés dans les pièces de Dryden. Son Mariage à la mode s'ouvre par ces vers que chante une dame mariée : « Pourquoi un sot vœu « de mariage, fait il y a longtemps, nous lierait-il « maintenant que notre passion est éteinte* ?» Le lecteur lira lui-même le reste; on n'en peut rien citer. D'ailleurs Dryden y réussit mal ; son fonds d'esprit est trop solide; son naturel est trop sérieux, même réservé, taciturne. « Son ton libre, dit très- « bien Walter Scott, ressemble à l'impudence forcée « d'un homme timide. » Il voulait avoir les belles façons d'un Sedley, d'un Rochester, se faisait pétulant par calcul, et s'asseyait carrément dans l'ordure où les autres ne faisaient que gambader. Rien de plus nauséabond qu'une gravelure étudiée, et Dryden
Why should a foolish marriage tow»
"Which long ago was roade,
Oblige us to each other now,
When passion is decay'd ?
We lov'd, and we lov'd as long we cou'd,
Till ouri ove was lov'd out in us both.
But our marriage is dead when the pleasure is fled;
'Twas pleasure first made it an oath.