‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 174 sur 271 · CHAPITRE lll. LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE lll. LA REVOLUTION

Les mœurs privées sont aussi belles que les mœurs publiques. D'ordinaire le roi. régnant déteste son filsce fils fait des dettes, demande au parlement d'augmenter sa pension, et se ligue avec les ennemis do son père. George I" tient sa femme en prison pendant trente-deux ans, et s'enivre le soir chez deux laiderons, ses maîtresses. George II, qui aime safemme, prend des maîtresses pour avoir l'air galant, se réjouit de la mort de son fils, escroque le testament de son père. Son fils aîné* triche aux cartes, et un jour, à Kensiiigton, ayant emprunté 5000 livres sterling à Dodington, dit en le voyant sous la fenêtre : « Cet « homme passe pour une des meilleures têtes de TAn- « gkterre, et pourtant, avec tout son esprit, je viens « de l'alléger de 5000 livres. » George IV est une espèce de cocher, joueur, viveur scandaleux, parieur sans probité, et que ses manœuvres manquèrent de faire exclure du Jockey-Club. Le seul honnête homme est George III, un pauvre lourdaud borné qui devint fou, et que sa mère avait tenu comme cloîtré pendant sa jeunesse. Elle donnait pour motif la corruption universelle des gens de qualité : « Les jeunes gens, « disait-elle, sont tous des viveurs, et les jeunes femc mes font la cour aux hommes au lieu d'attendre t qu'on la leur fasse". » En efl*et, le vice est à la mode, ut non pas délicat comme en France. * L'argent, écn- » vait Motite^quieu, est ici souverainement estimé,

Page 1