‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 189 sur 271 · CHAPITRE III. LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. LA REVOLUTION

on calcule qu'il donna 30 000 livres sterling, qu'il fit centmillelieueset qu'il prêclia quarante mille sermons. Qu'est-ce qu'un pareil homme eùtfaitdans notre dixhuitième siècle? Ici on Técoute, on le suit; à sa mort, il avait quatre-vingt mille disciples; aujourd'hui il en a un million. Les inquiétudes de conscience qui l'ont jeté dans cette voie poussent les autres sur sa trace. Rien de plus frappant que les confessions de ses prédicateurs, la plupart gens du peuple et laïques: Georges Story a le spken, rêve et réfléchit tristement, s'occupe à se dénigrer et à dénigrer les occupations humaines. Mark Bond se croit damné parce qu'étant petit garçon il a prononcé un blasphème ; il lit et prie sans cesse et sans effet, et enfin, désespéré, s'enrôle avec l'espérance d'être tué. John Haime a des visions, hurle et croit sentir le diable. Un autre, boulanger, a des scrupules parce que son maître continue à cuire le dimanche, se dessèche d'inquiétude, et bientôt n'est plus qu'un squelette. Voilà les âmes timorées et passionnées qui fournissent matière à la religion et à l'enthousiasme. Elles sont nombreuses en ce pays, et c'est sur elles que la doctrine a prise. Wesley déclare c qu'un chapelet d'opinions numérotées n'est pas « plus la foi chrétienne qu'un chapelet de grains en- « lilés n'est la sainteté chrétienne. La foi n'est point 4C l'assentiment donné à une opinion, ni à un nombre < quelconque d'opinions ; > c'est la sensation de la

trère Nelson, ayons bon courage; j'ai encore un côté sain, caria peau n'est partie que d'un côté. »

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présence divine, c'est la communication de l*âme avec le monde invisible, c'est le renouvellement complet et imprévu du cœur. « La foi justifiante comprend pour « celui qui l'a, non-seulement la révélation person- « nelle etrévidence du christianisme, mais encore « une ferme et solide assurance que le Christ est mort « pour son péché, qu'il l'a aimé, qu'il a donné sa vie « pour luiK » Le fidèle sent en lui-même Taltouchement d'une main supérieure et la naissance d'un être inconnu. L'ancien homme a disparu, un homme nouveau a pris la place, pardonné, purifié, transfiguré, pénétré de joie et de confiance, incliné vers le bien avec autant de force qu'il était jadis entraîné vers le mal. Un miracle s'est fait, et à chaque instant, subitement, en toute circonstance, sans préparation, il peut se faire. Tout à l'heure peut-être, tel pécheur, le plus envieilli, le plus endurci, sans l'avoir voulu, sans y avoir songé, va tomber pleurant, le cœur fondu par la grâce. Les sourdes pensées qui ont longuement fermenté dans ces imaginations mélancoliques éclatent tout d'un coup en orages, et le lourd tempérament

r. « A string of opinions is no more Christian faith than a string of beads is Cliristian iioliness.... It is not assent to any opinion, or any number of opinions. » — « The justifying faith is not oniy the Personal révélation, the internai évidence, of christianity, but likewise a sure and firm confidence, that Christ died for his sin, loved htm, and gave his life for him. (Life by Southey, tome I, 176.)

By a Christian, I mean one who so believes in Christ, as that sin hathno more dominion over him. (I, 151.)

Law, l'auteur du célèbre livre a Serions Call, disait de môme k Wesley : « Religion is the most plain simple thing in the world; It is only : we love him, because he first loved us. »

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