‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 190 sur 271 · CHAPITRE m. LA RÉVOLUTION. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. LA RÉVOLUTION. S

brutal est secoué par des accès nerveux qu'il n'a pas encore connus. Wesley, Whitefîeld et leurs prédicateurs allaient par toute TAngleterre, prêchant aux pauvres, aux paysans, aux ouvriers, en plein air, quelquefois devant des congrégations de vingt mille personnes, et « le feu s'allumait dans tout le pays » sous leurs pas. Ily avaitdessanglots, des cris. AKingswood, Whitefield, ayant rassemblé les mineurs, race sauvage « et païenne, pire que les païens eux-mêmes, « voyait les traînées blanches que leslarmes faisaient « en coulant sur leurs joues noires*. » D'autres tremblaient ou tombaient; d'autres avaient des transports de joie, des extases. « Après le sermon, dit Thomas « Oliver, mon cœur fut brisé, et je n'aurais pu expri- € mer le puissant désir que je sentais de la justice. Je « sentais comme si j'aurais pu à la lettre* m'envoler « dans le ciel. » Le dieu et labête que chacun de nous porte en soi étaient lâchés; la machine physique se bouleversait; l'émotion tournait à la folie, et la folie devenait contagieuse. A Everton, dit un témoin oculaire, « quelques-uns gémissaient, d'autres hurlaient « tout haut. L'effet le plus général était une respirait tion bruyante comme celle de gens à demi étranglés « et qui halètent pour avoir de l'air. Et en effet la plu- « part des cris étaient comme de créatures humaines « qui meurent dans une angoisse amëre. Beaucoup

1. The fire is kindled in the country.... He saw the white gutters made by the tears which plentifuliy fell down from their black cheeks, black as they came out from Uieir coal-pits. (Life by Southey.)

286 LIVRE III. L'AGE CLASSIQUfî.

« pleuraient sans bruit, d'autres tombaient comme « morts... Enfacedemoi, il y avait un jeune homme, « un paysan vigoureux, frais et bien portant; en un « moment; quand il paraissait ne penser à rien, il s*a- • bittit avec une violence inconcevable. J'entendis « le battement de ses pieds qui semblaient près de « rompre les planches, tant les convulsions étaient « fortes pendant qu'il gisait au fond du banc... Je vis « aussi un petit garçon bien bâti d'environ huit ans, t qui hurlait par-dessus tous ses camarades; sa face « était rouge comme Técarlate; presque tous ceux sur « qui Dieu mettait sa main devenaient ou très-rouges, « ou presque noirs'. • Ailleurs une femme, choquée de cette démence, voulut sortir. « Elle n'avait pas fait « quatre pas qu'elle tomba par terre dans une agonie « aussi violente que les autres. «Les conversions suivaient ces transports ; les convertis payaient leurs dettes, quittaient l'ivrognerie, lisaientlaBible, priaient et allaient exhorter les autres. Wesley les rassemblait en sociétés, instituait des réunions d'examen et d'é-

1. Some shriekîng, some roaringaloud.... The most gênerai was a loud breathing, like that of people half strangled and gasping for lifc. And indeed almost ail the cries were like those of human creaturds dying in bitter anguish. Great nuraber wept without any noise; otiiers fell down as dead. I stood upon tho pew-seat, as did a young man in the opposite pew, an able-bodied fresh and healthy countryman. But in a moment when he seemed to Ihink of nolhing else down he dropt with a violence inconceivable.... I heard the slaniping of bis feet, ready to break the boards, as he lay in strong cou vulsions at the boltom of the pew. — I saw a sturdy boy, about eight yeas old, who roared above bis fellows.... bis face was red as scarel, and almost ail those on whom God laid bis baud turned et'.lie. rery red or almost black

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