‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 196 sur 271 · CHAPITRE m. LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. LA REVOLUTION

et une ténacité de logique extraordinaires, écrivant le même sermon trois et quatre fois de suite, insatiable dans son besoin d'expliquer et de prouver, obstinément enfoncé dans sa pensée déjà regorgeante, avec une minutie de divisions, une exactitude de liaisons, une surabondance d'explications si étonnantes que l'attention de l'auditeur à la fin défaille, et que pourtant l'esprit tourne avec l'énorme machine, emporté et ployé comme par le poids roulant d'un laminoir.

Écoutez ses discours sur l'amour de Dieu et du jprochain. On n'a jamais vu en Angleterre une plus copieuse et une plus véhémente analyse, une si pénétrante et si infatigable décomposition d'une idée en toutes ses parties, une logique plus puissante, qui enserre plus rigoureusement dans un réseau unique tous les fils

d'un même sujet :

Quoiqu'il ne puisse arriver à Dieu ni bien ni avantage qui augmente sa félicité naturelle et inaltérable, ni mal ou dommage qui la diminue (car il ne peut être réellement plus ou moins riche, ou glorieux, ou heureux qu'il ne l'est, et nos désirs ou nos craintes, nos plaisirs ou nos peines, nos projets ou nos efforts n'y peuvent rien et n'y contribuent en rien), cependant il a déclaré qu'il y a certains objets et intérêts que par pure bonté et condescendance il affectionne et poursuit comme les siens propres, et comme si effectivement il recev ait un avantage de leur bon succès ou souffrait un tort de leur mauvaise issue; qu'il désire sérieusement certaines choses ei s'en réjouit grandement, qu'il désapprouve certaines autres choses et en est grièvement offensé, par exemple qu'il por .,e une affection paternelle à ses créatures et souhaite sérieusement leur bien-être, et se plaît à les voir jouir des biens qu'jl

leur A préparés ; que pareillement il est fâché du contraire, qij'il a pitié do leur misère, qu'il s'en afflige, que par conséquent il est très -satisfait lorsque la piété, la paix, l'ordre, la justice, qui sont les prindpaux moyens de notre bien-être, sont florissants ; qu'il est fâché lorsque l'impiété, l'injustice, . la dissension, le désordre, qui sont pour nous des sources certaines de malheur, régnent et dominent; qu'il est content lorsque nous lui rendons l'obéissance, l'honneur et le respect qui lui sont dus ; qu'il est hautement offensé lorsque notre conduite à son égard est injurieuse el irrévérencieuse par les péchés que nous commettons et par la violation que nous faisons de ses plus justes et plus saints commandements, de sorte que nous ne manquons point de matière suffisante pour témoigner à la fois par nos sentiments et nos actions notre bon vouloir envers lui, et nous nous trouvons capables non-seulement de lui souhaiter du bien, mais encore en quelque façon de lui en faire en concourant avec lui à Taccomplissement des choses qu'il approuve et dont il se réjouit*.

Cet enchevêtrement vous lasse; mais quelle force

et quel élan dans cette pensée si méditée et si corn-

l. Although no such benefit or aclvantage can accrue to God, which znay increase his essential and indéfectible happiness; no harm or dammage can arrive, that may impair it (for he can be neither really more or less rich or glorious or joyfuU than he is; neither hâve our jdesire or fear, our delight or our grief, our designs or our endeavours any object, any ground in those respects), y«t hath he declared at there be certain interests and concemments, which, eut of his abundant goodness and condescension, he doth tender and prosecute as his own; as if he did really receive advantage by the good, and préjudice by the bad success respectively belonging to them; that he earnestly desires, and is greatly delighted with some things, very much dislikes, and is grievously displeased with other things; for instance, that he bears a fatherly affection toward his créatures, and earnestly desires their welfare; and delights to see them enjoy the good he designed them; and also dislikes the contrary events; doth commiserate and condole their misery; that he is consequently well pleased, when piety and justice, peace and order (the chid

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