CHAPITRE m. LA RÉVOLUTION
« absolu de ses propres actions, seul législateur et < conseiller de lui-même, se suffisant, et incapablo « de recevoir un accroissement quelconque de son « parfait bonheur, tout volontairement et librement, « par pure bonté et générosité, se fait notre ami et « notre bienfaiteur ; prévient non-seulement nos dé- « sirs, mais encore nos idées, surpasse non-seulement « nos mérites, mais nos désirs et même nos imagi- « nations, par un épanchement de bienfaits que nul « prix ne peut égaler, que nulle reconnaissance ne t peut payer; n'ayant d'autre objet en nous les con- € férant que notre bien effectif et notre félicité, notre c proHt et notre avantage, notre plaisir et notre con- « lentement*. »
La force du zèle et le manque de goût : tels sont les traits communs à toute cette éloquence. Quittons ce mathématicien, homme de cabinet, homme an-
1. To him the excellent quality, the noble end^ the most obliging manner of whose beneficence doth surpass the matter thereof, and hugely augment the benefits : who not compelled by any necessity, not obliged by any law, or previous compact, not induced by any extrinsick arguments, not inclinedby our merit, not wearied by our importunities, not instigated by troublesome passions of pity, shame or fear (as we are wont to be), nor flattered with promises of recompense, nor bribed "with expectation of émolument thence to accrue liimself, but being absolute master of his own actions, only both lawgiver and counsellor to himself, ail surficient and incapable of admitUng any accession to his perfect blissfulness , most willingly and freely, out of pure bounty and good will, is our friend and benefaclor, preventing not only our desires, but our knowledge, sui> passing not our déserts only, but our wishes, yea even our conceils, in the dispensation of his inestimable and irrequitable benefits, iiaving no other drift in the collation of them, beside our real çno<l.and\yolf.ire, our p oHtand advantaçe.ourpleasure and C'ntcut
300 LIVRE ni. L'AGE CLASSIQUE. .
tique, qui prouve trop et s'acharne, et voyons parmi les gens du monde celui qu'on appelait « le plus spi- « rituel • des ecclésiastiques, Robert South, homme aussi différent de Barrow par son caractère et sa vie que par ses œuvres et son esprit; tout armé en guerre, royaliste passionné, partisan du droit divin et de Tobéissance passive, controversiste acrimonieux, diffamateur des dissidents, adversaire de l'Acte de tolérance, et qui ne refusa jamais à ses inimitiés la licence d'une injure ou d'un mot cru. A côté de lui, le P, Bridaine, qui nous sembla si rude, était poli. Ses sermons ont Tair d'une conversation, d'une conversation du temps, et vous savez de quel style on causait à ce moment en Angleterre. Il n'y a point d'image populaire et passionnée dont il ait peur. 11 expose les petits faits vulgaires avec leurs détails bas et frappants. 11 ose toujours, il ne se gêne jamais ; il est peuple. 11 a le style de l'anecdote, saillant, brusque, avec les changements de ton , les gestes énergiques et bouffons, avec toutes les originalités, les violences et les témérités. Il ricane en chaire, il invective, il se fait mime et comédien. Il peint les gens comme s'il les avait sous les yeux. Le public les reconnaîtra dans la rue ; il n'y a plus qu'à écrire des noms sous ses portraits. Lisez ce morceau sur les tartufes. « Supposez « un homme infiniment ambitieux et également ran- « cunier et malicieux, quelqu'un qui empoisonne les « oreilles des grands par des chuchotements venimeux t et s'élève par la chute de gens qui valent mieux « que lui. Pourtant, s'il s'avance avec une mine de