‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 200 sur 271 · CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION

« ne sont point des bétes de somme pour porter hum- « blement ce qu'on leur jette sUr le dos, ni des épa- « gneuls pour lécher le pied qui les frappe et pour « remercier le bon seigneur qui leur confère toutes « ces faveurs d'arrière-train*. » Dans ce style saugrenu, tous les coups portent : on dirait un assaut de boxe où les ricanements accueillent les meurtrissures. Mais regardez Teffet de ces trivialités de butors. On sort de là l'âme remplie de sentiments énergiques ; on a vu les objets eux-mêmes, tels qu'ils sont, sans déguisement; on se trouve froissé, mais empoigné par une main vigoureuse. Cette chaire agit, et en effet, si on la compare à la chaire française, tel est son carac-

1. Agaîn, there are some who hâve a certain ill-natured stifTness (forsooth) in their longue, so as not to be able to applaud and keep pace with this or that self-admiring, vain-glorious Thraso, while he is. pluming and praisîng himself , and telling fulsome stories in his own commendation for tliree or four hours by the clock, and at ihe same time reviling and throwing dirt upon ail mankind besides.

There is also a sort of odd ill-natured men, whom neither hopes norfears, frowns nor favours, can prevail upon to bave any of the cast, beggarly, forlorn nieeesor kinswomen of any lord or grandee, spiritual or temporal, trumped upon them.

To which we may add another sort of obstinate iU-natured persons, "who are not to be brought by any one*s guilt or greatness (o speak or ^^rite, or to swear or lie, as they are bidden, or to give up their own consciences in a compliment to those who bave none themselves.

And lastly, there are some so extremely ill-natured , as to think it very lawful and allowable for them to be sensible, when they are injured and oppressed, when they are slandered in their own good names, and wronged in their just interests; and, withal, to dare to own what they find aed feel, without being such beasts of burden as to bear tamely whatsoever is cast upon them; or such spaniels as to lick the foot which kicks them, or to thank the goodly great one ipv doing them ail thèse back-fayours.

304 LIVRE m. L'Age classique.

tère. Ces sermons n'ont point l'art et l'artifice, la correction et la mesure des sermons français; ils ne sont pas comme eux des monuments de style, de com position, d'agrément, de science dissimulée, d'imagination tempérée, de logique déguisée, de goût continu, de proportion exquise, égaux aux harangues du forum romain ou de Vagora athénienne. Ils ne sont point classiques. C'est qu'ils sont pratiques. Il fallait cette grosse pioche de travail , rudement maniée et tout encrassée de rouille pédantesque, pour creuser dans cette civilisation grossière. L'élégant jardinage français n'y eût rien fait. Si Barrow est redondant, Tillotson pesant, South trivial, le reste illisible, ils sont tous convaincants ; leurs discours ne sont point des modèles d'éloquence, mais des instruments d'édification. Leur gloire n'est point dansleurs livres, maîsdans leurs œuvres. Ils ont fait des mœurs et non des écrits. Ce n'est pas tout de former les mœurs;, il faut défendre les croyances; avec le vice il faut combattre le doute, et la théologie accompagne le sermon. Elle pullule à ce moment en Angleterre. Anglicans, presbytériens, indépendants, quakers, baptistes, antitrinitariens, se réfutent « avec autant de cordialité qu'un « janséniste damne un jésuite, » et ne se lassent pas de fabriquer des armes de combat. Qu'y a-t-il à pren- ■ dre ou à garder dans tout cet arsenal? En France, du moins, la théologie est belle; les plus fines fleurs de l'esprit et du génie s'y sont épanouies sur les ronces de la scolastique; si le sujet rebute, la parure attire. I Pascal et Bossuet, Pénelon et La Bruyère, Voltaire,

Page 1