CHAPITRE m. LA RÉVOLUTION
Le déisme et Tathéisme ne sont ici qu'une éruption passagère que le mauvais air du grand monde et le trop-plein des forces natives développent à la surface du corps social. Les professeurs d'irréligion, Toland, Tindal, Mandeville, Bolingbroke, rencontrent des adversaires plus forts qu'eux. Les chefs de la philosophie expérimentale*, les plus doctes et les plus accrédités entre les érudits du siècle*, les écrivains les plus spirituels, les plus aimés et les plus habiles', toute l'autorité de la science et du génie s'emploie à les abattre. Les réfutations surabondent. Chaque année, selon la fondation de Robert Boyle, des hommes célèbres par leur talent ou leur savoir viennent prêcher à Londres huit sermons « pour établir la relit gion chrétienne contre les athées, les théistes, les « païens, les mahométans et les juifs.» Et ces apologies sont solides, capables de convaincre un esprit libéral, infaillibles pour convaincre un esprit moral. Les ecclésiastiques qui les écrivent, Clarke, Bentley^ Law, Watt, Warburton, Butler, sont au niveau de la science et de l'intelligence laïques. Par surcroît les laïques les aident. Addison compose la Défense du Christianisme, Locke la Conformité du Christianisme et de la Raisony Ray la Sagesse de Dieu manifestée dans les œuvres de la création. Par -dessus ce concert de voi\ graves perce une voix stridente : Swift, de sa terrible ironie, complimente les coquins élégants qui ont eu