‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 204 sur 271 · Locke, Addison. Swift. Johnson, Richardson · texte numérisé non relu

Locke, Addison. Swift. Johnson, Richardson

310 LIVRE iiL L'Age classique.

la salutaire idée d'abolir le christianisme. Quand ils seraient dix fois plus nombreux, ils n'en viendraient pas à bout; car ils n'ont pas de doctrine qu'ils puissent mettre à sa place. La haute spéculation, qui seule peut en tenir lieu, s'est montrée ou déclarée impuissante. De toutes parts les conceptions philosophiques avortent ou languissent. Si Berkeley en rencontre une, la suppression de la matière, c'est isolément, sans portée publique, par un coup d'État théologique, en homme pieux qui veut ruiner par la base l'immoralité et le matérialisme. Newton atteint tout au plus une idée manquée de l'espace, il n'est que mathéma* ticien. Locke, presque aussi pauvre*, tâtonne, hésite, n'a guère que des conjectures, des doutes, des commencements d'opinion que tour à tour il avance et retire, sans en voir les suites lointaines, et surtout sans rien pousser à bout. En somme, il s'interdit les hautes questions et se trouve fort porté à nous les interdire. 11 a fait son livre pour savoir « quels ob- « jets sont à notre portée ou au-dessus de notre com- € préhension.» Ce sont nos limites qu'il cherche; il les rencontre vite et ne s'en afflige guère. Enfermonsnous dans notre petit domaine et travaillons-y diligemment. « Notre affaire en ce monde n'est pas de < connaître toutes choses, mais celles qui regardent « la conduite de notre vie. » Si Hume, plus hardi, va plus loin, c'est sur la même route; il ne conserve rien de la haute science; c'est la spéculation entière

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