‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 214 sur 271 · CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION

qui réclamait pour l'Angleterre la tyrannie universelle, une ambition qui prodiguait Targent et les hommes, communiquait à la nation sa rapacité et sa fougue, et n'apercevait de repos que dans les perspectives lointaines de la gloire éblouissante et de la puissance illimitée , une imagination qui transportait dans le Parlement la véhémence de la déclamation théâtrale,- les éclats de Tinspiration saccadée, la témérité des images poétiques, voilà les sources de son éloquence :

Hier encore TAngleterre eût pu se tenir debout contre le monde j aujourd'hui, «personne si pauvre qui lui rende hommage!... » Milords, vous ne pouvez pas conquérir UAmérique. Nous serons forcés à la fin do nous rétracter; rétractonsnous pendant que nous le pouvons encore, avant que nous y soyons forcés. Je dis que nous devons nécessairement abroger ces violents actes oppressifs; ils doivent être rappelés, vous les rappellerez, je m'y engage d'honneur; vous finirez par les rappeler, j'y joue ma réputation ; je consentirai à être pris pour un idiot, si à la fin ils ne sont pas rappelés!... Vous avez beau enfler toute dépense et tout effort, accumuler et empiler tous les secours que vous pourrez acheter ou emprunter, trafiquer ou brocanter avec chaque petit misérable prince allemand qui vend et expédie ses sujets aux boucheries des princes étrangers : vos efforts sont pour toujours vains et impuissants, doublement impuissants par l'aide mercenaire qui vous sert d'appui, car elle irrite jusqu'à un ressentiment incurable Târae de vos ennemis. Quoi ! lancer sur eux les fils mercenaires de la rapine et du pillage ! les dévouer, eux et leurs possessions, à la rapacité d'une cruauté soudoyée I Si j"'étais Américain comme je suis Anglais, tant qu'un bataillon étranger aurait le pied sur mon pays, je ne poserais pas mes armes! Jamais, jamais, jamais! Mais, milords, quel est l'homme qui, pour combler ces hontes et ces méfaits de notre

326 LIVRE m. L'Age classique.

armée, a osé autoriser et associer à nos armes le tomahawh et le couteau à scalper du sauvage! Appeler dans une alliance civilisée le sauvage féroce et inhumain des forôtSi — lancer contre nos établissements, parmi nos parentés, nos anciennes amitiés, le cannibale impitoyable qui a soif du sang des hommes, des femmes et des enfants, — désoler leur pays, vider leurs demeures, extirper leur race et leur nom par ces horribles chiens d'enfer de la guerre sauvage! milords, ces énormités crient et appellent tout haut réparation et punition ! Si on ne les efface à fond et tout entières, il y aura une tache sur notre réputation nationale. C'est une violation de la constitution : je crois que cela est contre la loi ".

Il y a quelque chose de Milton et de Shakspeare dans cette pompe tragique, dans cette solennité pas-

1. But yesterday, and England might hâve stood against the wcrld; row « none so poor lo do her révérence. »

We shall he forced uUimately to relract; let us retract while we can, net when we must. 1 say we must necessarily undo thèse violeni oppressive acts : they must be repcaled — you will repeal tliem; 1 pledge myself for it, ibat you will in the end repeal them; I slake my réputation on it : — I will consent to be takea for an idiot, if they are not fmally repealed.

♦ You may swell every expence, and every effort, stlll more extravagantly pile and accumulate every assistance you oan buy or borrow ; traffic and barter with every Uttle pitiful German prince, tbat sclls aud sends his subjects to the shambles'of a foreign prince; your efforts are for ever vain and impotent — doubly so from this mercenary aid on which you rely; for it irritâtes, to an incurable resentment, the minds of your enemies. — to overrun them wilh the mercenary sons of rapine and plunder; devotlng them and tlieir possessions to the rapacity of hireling cruelly! If I were an American, as I am an Englishman, while a foreign troop was landed in my country, 1 never would lay down my arms — never — ne ver — never!

But, my Lords, who is the man, that in addition lo thèse disgrâces and mischiefs of our army, has dared to authorlze and associate to our arms the tomahawk and scalping-knife of the savage? To call into civilized alliance the wild and inhuman savage of the woods,

Page 1