‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 216 sur 271 · CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION

ses phrases et choisit ses épithètes, ce n'est point par amour du style, c'est pour mieux imprimer l'insulte. Les artifices oratoires deviennent entre ses mains des instruments de supplice, et lorsqu'il lime ses périodes c'est pour enfoncer plus avant et plus sûrement le couteau ; avec quelle audace d'invective, avec quelle roideur d'animosité, avec quelle ironie corrosive et brûlante, appliquée sur les parties les plus secrètes de la vie privée, avec quelle insistance inexorable de persécution calculée et méditée, les textes seuls pourront le dire: « Milord, écrit-il au duc de Bedford, vous êtes * si peu accoutumé à recevoir dupublic quelque mar- « que de respect ou d'estime, que si dans les lignes « qui suivent un compliment ou un terme d'approba- « tion venait à m'échapper, vous le prendrez, je le « crains, pour un sarcasme lancé contre votre répu- « tation établie ou peut-être pour une insulte infligée « à votre discernement*.... » « Il y a quelque chose, « écrit-il au duc de Grafton, dans votre caractère et « dansvotre conduite qui vous distinguenon-seulement « de tous les autres ministres, mais encore de tous « les autres hommes : ce n'est pas seulement de fairo « le mal par dessein, mais encore de n'avoir jamais « fait le bien par méprise ; ce n'est pas seulement d'a- « voir employé avec un égal dommage votre indolence

1. My lord, you are so little accuslomed to receive any marks ot respect or esteem from tbe public, that if in Ihe following lines a compliment or expression of applause should escape me, I fear you would consider it as a mockery of your estabiished character, and perbaps an insuit to your understanding.

330 UVRE m. L*ÂGE CLASSIQUE.

« et voire activité, c'est encore d'avoir pris pourprin- « cipe preinieretuniforme,et,sijepuisrappeIerainsî, « pour génie dominant de votre vie, le talent de tra- « verser tous les changements et toutes les contradic- « tions possibles de conduite, sans que jamais Tappa- « renceou l'imputation d'une vertu ait pu s'appliquer « à votre personne, ni que jamais la versatilité la

* plus effrénée ait pu vous tromper et vous séduire « jusqu'à vous engager dans une seule sage ou Iiono- « rable action*. » H continue et s'acharne ; même lorsqu'il le voit tombé et déshonoré, il s'acharne encore. Il a beau avouer tout haut qu'en l'état où il est, son ennemi «désarmeraitune rancune privée;» il redouble. « Pour ma part, jene prétendspoint com-

* prendre ces prudentes formes du décorum, ces « douces règles de discrétion que certaines gens es- « sayentde concilier avec laconduitedes plus grandes « etdes plus hasardeuses affaires. Je dédaignerais de « pourvoir mon avenir d'un asile ou de conserver des « égards pour un homme qui ne garde point de mé- « nagements avec la nation. Ni l'abjecte soumission « avec laquelle il déserte son poste à l'heure du dan-

1. There is something in boih your characler and conduct, wliich distinguishes you not only from ail other ministers, but frora ail other men. It is not that you do wrong by design, but that you should never do right by mistake. It is not that your indolence and your activity hâve been equally misapplied, but that Ihe first uniform principle, or, if I may call it, the genius of your life, should hâve carried you through every possible change and contradiction of conduct, without the momentary imputation or colour of virtue, and that the wildest spirit of inconsistency should never even havi betrayed you into a wise or honourable action.

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