CHAPITRE III. LA RÉVOLUTION
« votre assemblée nationale a été contrainte d'exer- « cer sur votre Église *. » Nous ne souffrirons jamais que chez nous le domaine établi de la nôtre soit converti en une pension qui la mette dans la dépendance du trésor. Nous avons fait notre Église, comme notre roi et notre noblesse, indépendante; « nous « voyons sans chagrin ni mauvaise humeur un oc archevêque précéder un duc, un évoque de Durham « ou de Winchester posséder dix mille livres ster- *« ling de rente. » Nous répugnons à votre vol, d'abord parce qu'il est un attentat à la propriété, ensuite parce qu'il est une tentative contre la religion. Nous estimons qu'il n'y a pas de société sans croyances; nous dérivons la justice de son origine sacrée, et nous sentons qu'en tarissant sa source on dessèche tout le ruisseau. Nous avons rejeté comme un venin l'infidélité qui a sali les commencements de notre siècle et du vôtre, et nous nous en somme3 purgés pendant que vous vous en êtes imbus. «Au- « cun des hommes nés chez nous depuis quarante « ans n'a lu un- mot de Collins, Toland, Tindal
1. There is not one public man in this kingdom who does not reprobate the dishonest, perfidious and cruel confiscation wbicb ihe national assembly bas been compelled to make.... Church and slate areideas inséparable in our minds.... Our éducation is in a m^nuti wbolly in the hands of ecclesiastics, and in ail stages, from inlancy to manbood.... Tbey never will suffer the fixed esta te of the church to be converled into a pension, to dépend on the treasury.... They made their church like their nobility, indépendant. They can see witbout pain or grudging an archbishop précède a Duke. They can see a bisbop of Durham or of Winchester in possession of ten ihousand a year.
348 uvRB III. L'Age classique.
« et de tout ce troupeau qui prenait le nom de libres « penseurs. L'athéisme n'est pas seulement contre « notre raison, il est encore contre nos instincts. « Nous sommes protestants, non par indifférence, « mais par zèle*. L'Église et l'État sont dans nos « esprits deux idées inséparables. » Nous asseyons notre établissement sur le sentiment du droit, et le sentiment du droit sur le respect de Dieu.
A la place du droit et de Dieu, qui reconnaissez-vous pour maître? Le peuple souverain, c'est-à-dire l'arbitraire changeant de la majorité comptée par têtes. Nous nions que le plus grand nombre ait le droit de défaire une constitution. « La constitution d'un pays a une fois établie par un contrat tacite ou exprimé, il « n'y a pas de pouvoir existant qui puisse l'altérer « sans violer le contrat, à moins que ce ne soit du « consentement de toutes les parties*. » Nous nions que le plus grand nombre ait le droit de faire une constitution ; il faudrait que d'abord l'unanimité eût conféré ce droit au plus grand nombre. Nous nions que
1. Who born within the last forty years bas read a word of Collins, and Toland, and Tindal.... and that whole race who called Ihemselves free-thinkers?
We are protestants net fpom indifférence but from zeal.
Atbeism is against not only our reason but our instincts.
We are rcsolved to keep an established cburch, and established monarchy, and eslablislied aristocracy, and an established democracy, each in the degree it exists, and in no greater.
2. The constitution of a country being once settled upon some compact, tacit or expressed , there is no power existing of force lo alter it without the breach of the covenant, or the consent of ail the parties.