‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 237 sur 271 · CHAPITRE IV. ADDISON · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ADDISON

conformait sa conduite autant par réflexion que par instinct. Il appuyait chaque vertu sur un ordre de principes et de preuves. Sa logique nourrissait sa morale, et la rectitude de son esprit achevait la droiture de son cœur. Sa religion, tout anglaise, était pareille. Il appuyait sa foi sur une suite régulière de discussions historiques * ; il établissait Texistence de Dieu par une suite régulière d'inductions morales ; la démonstration minutieuse et solide était partout le guide et Tauteur de ses croyances et de ses émotions. Ainsi disposé, il aimait à concevoir Dieu comme le chef raisonnable du monde ; il transformait les accidents et les nécessités en calculs et en directions ; il voyait Tordre et la Providence dans le conflit des choses, et sentait autour de lui la sagesse qu'il tâchait de mettre en lui-même. Il se confiait en Dieu, comme un être bon et juste qui se sent aux mains d'un être juste et bon ; il vivait volontiers dans sa pensée et en sa présence, et songeait à Tavenir inconnu qui doit achever la nature humaine et accomplir Tordre moral. Quand vint la fin, il repassa sa vie et se trouva on ne sait quel tort envers Gay ; ce tort était bien léger sans doute, puisque Gay ne le soupçonnait pas. Addison le pria de venir auprès de son lit, et lui demanda pardon. Au moment de mou< rir, il voulut encore être utile, et fit approcher lord Warwick, son beau-fils, dont la légèreté Tavait inquiété plus d'une fois. Il était si faible que d'abord il

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