‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 242 sur 271 · CHAPITRE IV. ADDISON · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ADDISON

des ballots, annoncer au public que Tinventaire est fait, le mener, comptes en main et par la seule vertu de la statistique, du côté de Thonneur et du devoir, voilà la morale chez Addison et en Angleterre. C*est une sorte de bon sens commercial appliqué aux intérêts de l'âme; un prédicateur là-bas n'est qu'un économiste en rabat, qui traite de la conscience comme des farines, et réfute le vice comme les prohibitions. Rien de sublime ni de chimérique dans le but qu'il nous propose ; tout y est pratique, c'est-à-dire bourgeois et sensé; il s'agit « d'être à l'aise ici-bas, et ce heureux plus tard *. » fo 6e easy, mot intraduisible, tout anglais, qui signifie l'état confortable de l'âme, état moyen de satisfaction calme, d'action approuvée et de conscience sereine. Addison le compose de travail et de fonctions viriles soigneusement et régulièrement accomplies. Il faut voir avec quelle complaisance il peint dans sir Roger et dans le Freeholder les sérieux contentements du citoyen et du propriétaire : « J'ai choisi ce titre de franc-tenancier, f dit-il, parce qu'il est celui dont je me glorifie le « plus, et qui rappelle le plus efficacement en mon « esprit le bonheur du gouvernement sous lequel je « vis. Comme franc-tenancier anglais, je n'hésiterais « pas à prendre le pas sur un marquis français, et « quand je vois un de mes compatriotes s'amuser « dans son petit jardin à choux, je le regarde instlnc- < tivement comme un plus grand personnage que le

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