‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 245 sur 271 · CHAPITRE ÎV. ADDI80N · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÎV. ADDI80N

affaire et soutient ses sentiments de poëte par des additions de financier.

En pareil sujet, ces habitudes choquent. Il ne faut pas vouloir trop définir et prouver Dieu ; la religion est plutôt une affaire de sentiment que de science ; on la compromet quand on exige d'elle des démonstrations trop rigoureuses et des dogmes trop précis. C'est le cœur qui voit le ciel; si vous voulez m'y faire croire, comme vous me faites croire aux antipodes par des récits et des vraisemblances géographiques, j'y croirai mal ou je n'y croirai point. Addison n'a guère que des arguments de collège ou d'édification assez semblables à ceux de Fabbé, Pluche, qui laissent les objections entrer par toutes leurs fentes, et qu'il ne faut prendre que comme des exercices de dialectique ou comme des sources d'émotion. Joignez-y des motifs d'intérêt et des calculs de prudence qui peuvent faire des recrues, mais non des convertis : voilà ses preuves. On trouve un fonds de grossièreté dans cette façon de traiter les choses divines, et on aime encore moins l'exactitude avec laquelle il explique Dieu, le réduisant à n'être qu'un homme agrandi. Cette netteté et cette étroitesse vont jusqu'à décrire le ciel. « Il est « un endroit où la Divinité se dévoile par une gloire « supérieure et visible. C'est là que, selon l'Écriture, a les hiérarchies célestes et les légions innombrables « des anges entourent perpétuellement le trône de ' « Dieu de leurs alléluias et de leurs hymnes de

gloire.... Avec quel art doit être élevé le trône de « Dieu I Combien grande doit être la majesté d'un lieu

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« OÙ tout l'art de la création a été employé et que f Dieu a choisi pour se manifester de la façon la plus

• magnifique! Quelle doit être cette architecture « élevée par la puissance infinie^ sous la direction de la « sagesse infinie * I » De plus, l'endroit doit être trèsgrand, et on y fait de la musique; c'est un beau palais : probablement, n'est-ce pas, il y a des antichambres? C'en est assez, je n'y veux point aller. — La même précision littérale et lourde lui fait recher cher quelle espèce de bonheur auront les élus •. Ils seront admis dans les conseils de la Providence et comprendront toutes ses démarches « depuis le corn-

• mencement jusqu'à la fin des temps. » De plus « il y « a certainement dans les esprits une faculté par la- •c quelle ils se perçoivent les uns les autres, comme « nos sens font des objets matériels, et il n'est pas « douteux que nos âmes, quand elles seront délivrées « de leurs corps ou placées dans des corps glorieux, « pourront par cette faculté, en quelque partie de « l'espace qu'elles résident, apercevoir toujours la

1 . Though the Deity^ be thus essentially présent through ail the immensity of space, there is one part of it in which he discovers himself in a most transcendent and visible glory.... It is here wherc the glorificd body of our Saviour résides, and wbere ail the celestial Iiierarchies and the innumerable hosts of angels are rcpresented as perpelually surroundiDg the seatof God with hailelujahs andhymns of praise.... With how much skill must the throne of God be erectcd!... How great must be the majesty of that place, where the whole art of création bas been employed, and where God haschosen to show himself in the most magnificent mannerl What must be the architecture of infinité power uoder the direction of infinité lirisdom t (Spectator, n«* 580 et 531 . )

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