CHAPITRE IV. ADDISON
qu'Addison profite ici des droits qu'il accorde, et s'amuse, en nous expliquant comment on peut nous amuser. Tel est le ton charmant du monde. En lisant ces essais, on Timagine encore plus aimable qu'il n'est ;' nulle prétention; jamais d'efforts; des ménagements! infinis qu'on emploie sans le vouloir et qu'on obtient sans les demander; le don d'être enjoué et agréable; un badinage fin, des railleries sans aigreur, une gaieté soutenue; l'art de prendre en toute chose la fleur la plus épanouie et la plus fraîche, et de la respirer sans la froisser ni la ternir; la science, la politique, l'expérience, la morale apportant leurs plus beaux fruits, les parant, les offrant au moment choisi, promptes à se retirer dès que la conversation les a goûtés et avant qu'elle ne s'en lasse; les dames placées au premier
description allthe beautîes of tli,e sprîng and autumn, and make the whole year contribute something to render it moie agreeable. His rose-trees, woodbines , and jessamines may flower together and his beds be covered ad the same time with lilies, violets, and amaranths. His soil is not restrained to an y particular set of plants, but is proper either for oaks or myrtles, and adapts itself to the produces of every climate. Oranges may grow wild in it; mynles may be met ^ with in every hedge; and if he thinks it proper to hâve a grove ol | spices, he can quickly command sun enough to raise it. If ail this will not furnish ont any agreeable scène, he can make several new species of flowers, with richer scents and higher colours, than any that grow in the gardens of nature. His concerts of birds may be as full and harmonious , and his woods as thick and gloomy as he pleases. He is at no more expense in a long vista than a short one, and can as easily throw his cascades from a précipice of half a mile high as from one of twenty yards. He bas his choice of the winds and can turn the course of his rivers in ail the variety of meânden thut are most delightful to the reader's imagination.
[Si^eciator, n» 148.)
rang *, arbitres des délicatesses, entourées d'hommages, achevant la politesse des hommes et l'éclat du monde par Tattrait de leurs toilettes, la finesse de leur esprit et la grâce de leurs sourires : voilà le spectacle intérieur où Técrivain s'est formé et s'est complu.
Tant d'avantages ne vont point sans inconvénients. Les bienséances du monde, qui atténuent les expressions, émoussent le style ; à force de régler ce qui est primesautier et de tempérer ce qui est véhément, elles amènent le langage effacé. et uniforme. Il ne faut point toujours vouloir plaire, surtout plaire à l'oreille. M. de Chateaubriand se glorifiait de n'avoir pas admis une seule élision dans le chant de Cymodocée ; tant pis pour Cymodocée. Pareillement, les commentateurs qui notent dans Addison le balancement des périodes lui font tort*. Ils expliquent ainsi pourquoi il ennuie un peu. La rotondité des phrases est un misérable mérite et nuit aux autres. Calculer les longues et les brèves, poursuivre partout Teuphonie, songer aux cadences finales, toutes ces re-