‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 255 sur 271 · CHAPITRE IV. ADDISON · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ADDISON

bien élevé, il n'est point tout à fait aimable, et, si ^ nous devons aller prendre de lui des leçons de pédagogie et de conduite, il pourra venir chercher près de nous des modèles de savoir-vivre et de conversation,

Si le premier soin du Français en société est d'être aimable, celui de l'Anglais est de rester digne ; leur tempérament les porte à Timmobilité, comme le nôtre nous porte aux gestes ; et leur plaisanterie est aussi grave que la nôtre est gaie. Le rire chez eux est tout en dedans; ils évitent de se livrer; ils s'amusent silencieusement. Consentez à comprendre ce genre d'esprit, il finira par vous plaire. Quand le flegme est joint à la douceur, comme dans Addison,ilest aussi agréable que piquant. On est charmé de rencontrer un homme enjoué et pourtant maître de lui-même. On est tout étonné de voir ensemble deux qualités aussi contraires. Chacune d'elles rehausse et tempère l'autre. On n'est point rebuté par l'âcreté venimeuse, comme dans Swift, ou par la bouffonnerie continue, comme dans Voltaire. On jouit avec une complaisance entière de la rare alliance qui assemble pour la première fois la tenu'^ sérieuse et la bonne humeur. Lisez celte petite sati i ( /contre le mauvais goût du théâtre et du public *.

1. There is noihing thatoflate years bas afforded matterof gréa ter amusement lo the town than signior Nicolini's combat wiih a lion in the Haymarket, which bas been very often exhibited to Uie

400 UVRE ni. L'ÂGE CLASSIQUE.

Rien n'a plus amusé la ville, dans ces dernières années, que le combat du signor Nicolini contre un lion, à Haymarket, spectacle qui a été donné fort souvent, à la satisfaction générale de la noblesse haute et basse, dans le royaume de la Grande- Bretagne,... Le premier lion était un moucheur de chandelles, homme d'un naturel colérique et entêté qui outrepassait son rôle, et ne se laissait pas tuer aussi aisément qu'il l'aurait dû.... Le second lion était un tailleur par métier, appartenant au théâtre, et qui avait dans sa profession le renom d'homme doux et paisible. Si le premier était trop furieux,

général satisfaction of most of the nobility and gentry in the kingdom of Great Britain.... The first lion was a candie-snuffer, who being a fellow of testy, choleric temper, overdid his part, and would not suffer himself to be killed so easily as he ought lo hâve done.... The second lion was a taylor by trade who belonged to the play-house, and had the character ot a mild and peaceable man in his profession. If the former was too furious, this was too sheepish for his part; in so much that after a short modest walk upon the stage, he would fall at the! first touch of Hydaspes, without grappling wilh him and giving him an opportunity of showing his variety of Italian tricks. It is said indeed that he once gave him a np m his flesh-coloured doublet. But this was only to make work for himself, in his private character of a tailor.... The acting lion at présent is, as, I am informed, a country gentleman who does it for his diversion, but desires his name may be concealed. He says very handsomely in his own excuse that he does not act for gain; that he indulges an innocent pleasure in it; and that it is betler to pass away an evening in this manner than in gaming and drinking.... This gentleman*s temper is made out of such a happy mixture of the mild and the choleric, that he outdoes both his predecessors, and bas drawn together greater audiences than hâve been known in the memory of man.... In the meantime, 1 bave related this combat of the lion toshow whatare at présent the reigning ontertainments of the politer part of Great Britain. {Spectator, u*" 13.)

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