‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 37 sur 271 · CHAPITRE I. LÀ RESTAURATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. LÀ RESTAURATION

Dn don surnage pourtant, la force, qui ne manque jamais dans ce pays, et y donne un tour propre aux vertus comme aux vices. Quand on a écarté les phrases d'auteur tout oratoires et pesamment composées d'après les Français, on aperçoit le vrai talent anglais, le sentiment poignant de la nature et de la vie. Wycherley a ce lucide et hardi regard qui saisit dans une situation les gestes, l'expression physique, le détail sensible, qui fouille jusqu'au fond des crudités et des bassesses, qui atteint, non pas l'homme en général et la passion telle qu'elle doit être, mais l'individu particulier et la passion telle qu'elle est. Il est réaliste, non pas de parti pris, comme nos modernes, mais par nature. Il plaque violemment son plâtre sur la figure grimaçante et bourgeonnée de ses drôles pour nous porter sous les yeux le masque implacable où s'est collée au passage l'empreinte vivante de leur laideur. 11 charge ses pièces d'incidents, il multiplie l'action, il pousse la comédie jusqu'aux situations dramatiques ; il bouscule ses personnages à travers les coups de main et les violences, il va jusqu'à les fausser pour outrer la satire. Voyez dans Olivia, qu'il copie d'après Célimène, la fougue des passions qu'il manie. Elle peint ses amis comme Célimène*, mais avec quels outrages ! « Milady Automne? — Un vieux carrosse repeint. — Sa lille ? — Splendidement laide, une mauvaise croûte dans un cadre riche. — Et la dégoûtante vieille au haut bout de sa table.... —

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