‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 51 sur 271 · CHAPITRE 1. LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. LA RESTAURATION

cieuses galanteries de la cour î Rochester lui-même, parfois, en rencontre. Deux ou trois de ses chansons sont encore dans les recueils expurgés à l'usage des jeunes filles pudiques. Ils ont beau polissonner de fait ; à chaque instant il faut qu'ils complimentent et saluent; devant les femmes qu'ils veulent séduire, ils sont bien obligés de roucouler des tendresses et des fadeurs; s'ils n'ont plus qu'un frein, l'obligation de paraître bien élevés, ce frein les retient encore. Rochester est correct même au milieu des immondices; il ne dit d'ordures que dans le style 4iabile et solide de Boileau. Tous ces viveurs veulent être gens d'esprit et du monde. Sir Charles Sedley se ruine et se salit, mais Charles II l'appelle « le viceroi d'Apollon. » Buckingham exalte « la magie de son style. » Il est le plus charmant, le plus recherché des causeurs; il fait des mots, et aussi des vers, toujours agréables, quelquefois délicats; il manie avec dextérité le joli jargon mythologique ; il insinue en légères chansons coulantes toutes ces douceurs un peu apprêtées qui sont comme les friandises dessalons. « Ma passion, dit-il à Chloris, croissait avec « votre l)eauté, et l'Amour , pendant que sa mère •I vous favorisait, lançait à mon cœur un nouveau dard « de flamme. » Puis il ajoute en manière de chute : 4 Ils employaient tout leur art amoureux, lui pour •c faire un amant, elle pour faire une beauté*. »

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