CHAPITRE I. LA. RESTAURATION
femme comme il faut se couche au matin, se lève à midi, maudit son mari, écoute des gravelures, court les bals, hante les théâtres, déchire les réputations, met chez elle un tripot, emprunte de l'argent, agace les hommes, traîne et accroche son honneur et sa fortune ù travers les dettes et les rendez-vous. « Nous sommes « aussi perverses que les hommes, dit lady Brute, < mais nos vices prennent une autre pente. A cause « de notre poltronnerie, nous nous contentons de « mordre par derrière, de mentir, de tricher aux car- « tes, et autres choses pareilles; comme ils ont plus « de courage que nous, ils commettent des péchés « plus hardis et plus imprudents : ils se querellent, a se battent, jurent, boivent, blasphèment, et le
town ; he bawks and hounds, I coaches and équipage ; he eating and drinking, I carding and playing ; he the sound of ahorn, I the squeak of a fiddle. \Ve were. dull company attable; worse a-bed. Whenever we met, we gave one another ihe spleen; aad never agreed but once, which was about lying alone. (Vanbrugh, Relapse, acte II, fin.)
Voyez encore dans Vanbragh, À Joumey io London, Rarement la laideur et la corruption de la nature brutale ou mondaine ont été étalées plus à vif. La petite Betty et son frère sont à peiidre.
MISTBESS FORESIGHT.
Do you tbink any woman honest?
SCANDAL.
Yes, several, very honest. — They'll cheat a little at cards, somf • times; but that is nothing.
UISTRESS FORESIGIIX-
Pshaw ! But virtuous, I mean.
SCANDAL.
Yes, faith. I believe some women are virtuous too. But 'tis as I believe — some men are valiant through fear. — For why sbould a man court danger, or a woman sbun pleasure ? (Congreve, Loxe for Love.)
138 LIVRE m. L'ÂGE CLASSIQUE.
« reste*. » Excellent résumé, où les gentlemen sont compris comme les autres I Le monde n'a fait que les munir de phrases correctes et de beaux habits. Ils ont ici, chez Congreve surtout, le style le plus élégant; ils savent surtout donner la main aux dames, les entretenir de nouvelles ; ils sont experts dans Tescrime des ripostes et des répliques ; ils ne se décontenancent jamais, ils trouvent des tournures pour faire entendre les idées scabreuses; ils discutent fort bien, ils parlent excellemment, ils saluent mieux encore; mais, en somme, ce sont des drôles. Ils sont épicuriens par système, séducteurs par profession. Ils mettent l'immoralité en maximes et raisonnent leur vice. •« Donnez-moi, dit Tun d'eux, un homme qui- « tienne ses cinq sens aiguisés et brillants comme son « épée, qui les garde toujours dégainés dans Tordre * convenable, avec toute la portée possible, ayant sa « raison comme général, pour les détacher tour à « tour sur tout plaisir qui s'offre à propos, et pour « ordonner la retraite à la moindre apparence de dé- « savantage et de danger. J'aime une belle maison, « mais pourvu qu'elle soit à un autre, et voilà juste- •c ment comme j'aime une belle femme *. » Tel séduit
1. We are as wicked as men, but our vices lie another way. They hâve inore courage than we; so they commit more bold impudent sins. They quarrel, fight, swear, drink, blasphème, and the like. Whereas we, being cowards, only backbite, tell lies, cbeat cards, and so forth. (Vanbrugh, Provoked Wife.)
Voyez aussi dans cette pièce le caractère de Mademoiselle, femma de chambre française. Us représentent le vice francs comme plus impudent encore que le vice anglais.
2. Give me a man that keeps bis five sensés kcen and bright a»