CHAPITRE II
Litterature Canadienne,
Souhaits—Beautés de l’histoire du Canada—L’Indépendance du Canada et la Littérature Canadienne—La Littérature Canadienne sous la domination française—Poésie héroïque et sacrée—Marche et progrès de l'éducation en Canada—Travaux historiques publiés sous la domination française:—Cartier Laudonnière—Marce Lescarbot—Champlain— Le Mercure français—Le P. Lejeune—Le P. Lallemant—Relations des Jésuites —Journal des Jésuites—Sagard—Du Creux—Denys—Marie de l'Incarnation—Hennepin—De St. Vallier—Leclercq—La Hontan— Lettres Edifiantes— Voyages ‘du N rd—De La Potherie - Lafitau Charlevoix—Lebeau, etc.—Sociétés Littéraires—Littérature franco- : canadienne et anglo-canadienne,
Le voyageur, après avoir visité les pays de l'Europe, admiré les merveilles de la nature, contemplé les lieux enchanteurs des vieilles nations civilisées, examiné avec scrupule les perfections de l’art dans les ouvrages de goût; après s'être extasié devant les chef-d'œuvres de l'esprit humain, après avoir senti tout son être frissonner d'enthousiasme à la vue de ces travaux immenses accomplis par l’homme, remportant les plus belles victoires sur les obstacles de la nature; le voyageur alors, riche de souvenirs, chemine gaiement vers sa patrie.
Et, en parcourant l’espace qui le sépare de son pays, il repasse dans son esprit les beautés qu'il a contemplées ; il admire de nouveau les bienfaits de la civilisation et la grandeur des progrès accomplis. Alors, il se plait à former les plus beaux projets pour entraîner ses concitoyens à imiter ces peuples voués à la culture du beau.
Et, avec ces sentiments et ces espérances, il foule avec émotion le sol qui l’a vu naître.
Quand de son côté le critique, l’'humble historien, avide
Lo)
Hors
de connaître et d'apprendre, enthousiaste des belles-lettres et des beaux-arts, a fait, non sans difficultés et sans quelques fatigues, l'ascension du parnasse littéraire des différents peuples; quand il a, comme le voyageur, moissonné une ample provision de belles choses en appréciant le mérite de ces grands hommes qui ont vécu par la pensée; alors, lui aussi tourne ses regards vers sa patrie.
Et, saisissant d’une main timide le flambeau de la critique, il se prépare à descendre dans le palais de l'intelligence, ce vaste domaine qu'il a trouvé chez tous les peuples, au milieu duquel trône le génie. |
L'étude de l’histoire de la littérature européenne donne un avant-goût de l'étude des productions littéraires de notre pays. Cette étude, une des plus fructueuses à cause du cadre immense qu'elle embrasse, met en rapport celui qui Sy adonne, avec toutes les célébrités qui ont illuminé de leurs rayons majestueux l’atmosphère littéraire des peuples qui les ont vu naître. On a dit quelque part: voulez-vous aimer votre pays ? Quittez-le. Cette maxime peut trouver son application, sous différents aspects. Lorsque vous avez constaté à l'étranger l'existence d’un progrès quelconque, un sentiment noble et naturel vous fait désirer le voir se manifester au sein de votre patrie, s’il n’y est pas déjà. Onenvie le bien d'autrui pour son pays comme on Île convoite pour goi-mème: en certaines choses l'égoisme national est aussi profond que l'égoisme individuel. La sagesse, en ce cas, est de chercher à transporter chez les siens l'empreinte du bien qui se manifeste chez les autres.
Il y a trois siècles un homme de bonne volonté, müû par une ambition noble, voulut doter sa patrie d’un territoire nouveau. Il part, accompagné de quelques braves, traverse un océan de quinze cents lieues, et, après un long et périlleux voyage, entrevoit, au lever de l’aurore, des terres nouvelles, couvertes de forêts superbes et dont la solitude majestueuse n’était troublée que par le doux ramage des oiseaux et les cris dispersés de quelques indiens: cet homme, c'était Jacques-Cartier, et le vaste territoire qu'il légua à son roi