‹ Histoire de la litterature canadienneChapitre 18 sur 66 · PATTES · texte numérisé non relu

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Ces lignes me rappellent cette importante remarque de Garneau, que je considère comme un jugement à la fois énergique et éloquent sur la condition intellectuelle du pays & Par cela même, dit-il dans la préface de son Histoire, que le Canada a été soumis à de grandes vicissitudes, qui ne sont pas de son fait, mais qui tiennent à la nature de sa dépen dance coloniale, les progrès n’y marchent qu’à travers les secousses sociales et une complication qu'augmentent de nos jours la différence des races mises en regard par la Métropole, les haines, les préjugés, l'ignorance et les écarts des gouvernements, et quelquefois des gouvernés.”

La littérature canadienne proprement dite n'existait pas sous la domination française: l’imprimerie n’a été importée qu'après la Cession. Il faut donc aller en France, y étudier les ouvrages historiques qui se rapportent au Canada, pour lier à la période actuelle les événements littéraires antérieurs à la Cession. |

Il importe que nous constations le mérite de ces travaux, surtout parce qu’ils se rapportent à notre histoire. C’est à ce point de vue qu'ils méritent d'être cités. Je me propose donc d'indiquer avec briéveté les travaux historiques publiés en France antérieurement à la domination anglaise.

Les écrivains français qui ont laissé des mémoires ou relations sur le Canada sont assez nombreux; mais sur ce nombre, il y en a peu qui méritent d’être consultés, surtout à notré époque. Je mentionnerai cependant la plupart d'entre eux, afin de guider ceux qui voudraient faire des recherches dans ces bouquins d’un autre âge. La plupart de ces ouvrages se ressemblent tous par un côté: l'écrivain se borne à raconter, avec une simplicité primitive, ce qu'il a vu ou appris de témoins oculaires. Ce sont plutôt des annalistes que des historiens, des historiographes plutôt que des moralistes.

Le Grand Atlas de Blaeu a été imprimé, en 1677, et composé particulièrement sur l’/ndia Occidentalis de JEAN DE LaAgT, qui lui-même recueillit ses détails historiques de Jean Verazani, Jacques Cartier, Champlain, René de Laudonnières, Marc Lescarbot, auteurs plus véridiques que ceux qui les ont imités ou copiés.

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Tomas CoRNEILLE, dans son Dictionnaire géographique, consacre plusieurs pages sur les provinces françaises de l'Amérique. Il s’est surtout inspiré de Lattinton, mauvais guide luimême.: Cependant, son article sur le Canada n'est pas le plus défectueux du dictionnaire. |

L'Atlas de Gendreville, imprimé en 1719, contient au sixième volume, une dissertation sur l'Amérique, où il y a suivant Charlevoix, des fautes d'histoire qu'on ne pardonnerait pas à un écolier. La dissertation sur le Canada n’est pas plus exacte. RABBE et LAMARTINIERE ne sont guère plus érudits et plus véridiques. L'Atlas de Delille est un ouvrage plus correct, plus consciencieux. L'article sur le Canada, dans le Dictionnaire historique de Morert approche assez du vrai.

Nous devons à LAUDONNIERE un octavo, publié en 1586, intitulé: Aistoire de la Floride, contenant les trois voyages faits en icelle par des capitaines et pilotes français en 1562, 1564, 1575, décrite par le capitaine Laudonnière. Plus un quatrième, fait par le capitaine G'ourgènes : mis en lumière par Bayanier. On peut tenir pour véridiques les faits ou les choses dont l'auteur a été témoin; quant à ce qu'il emprunte, il faut être plus sur ses gardes. |

DE Bry a écrit en latin, en 1590 ; il puise ses renseigne ments dans Lescarbot. Sois DE Los MERASs a écrit, en espagnol, en 1665. Prerre MicHeLer à traduit en français, en 1670, un ouvrage de GERCILLASSO DE LA VEGA, sur la Floride. Les écrits de VERAZANI se rapportent à toutes les parties alors connues et habitées de l'Amérique.

Voici le titre que porte l'ouvrage bien connu de Marc Les- CARBOT, avocat en ‘parlement, témoin oculaire d’une partie des choses y récitées : Histoire de la Nouvelle-France, contenant les navigations découvertes et habitations faites par les français ès Indes Occidentales et Nouvelle-France, sous l'aveux et autorité de nos Rois très-chrétiens, et les nouvelles fortunes d'iceux en l'exécution de ces choses depuis cent ans jusqu'à d'hui : en quoi est comprise l’histoire morale, naturelle et géographique de la dite Province, avec les tables et figures d’icelle. Cet octavo fut publié à.

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Paris en 1609. L'auteur a recueilli avec soin tout ce qui avait été publié avant lui relativement aux premières découvertes des Français dans l'Amérique, tout ce qui s’est passé dans la Floride française, l'expédition du chevalier de Villegagnon au Brésil, et le premier établissement de l’Acadie par M. de

Mont. C’était un homme instruit qui, par esprit d'aventure, séjourna pendant quelques années en Canada. Son livre est impartial et écrit avec beaucoup de sens et d'esprit. J’ouvrage paraît sincère et modéré. L'auteur entremêle ses écrits d’anecdotes et de remarques littéraires. Il est le seul des historiens français qui nous ait conservé, dans cette langue, les intéressantes relations des deux premiers voyages que Jacques Cartier fit au Canada en 1534 et 1535.

Les œuvres de CHAMPLAIN qui ont mérité, de la part de l'abbé LAVERDIERE, un réédition où le luxe de la reliure et de la typographie le dispute à l'érudition de la glose, méri-

tent une mention particulière. C’est encore une des meilleures sources de notre histoire. Charlevoix dit que ses mémoires sont excellents pour le fond des choses et pour la manière simple et naturelle dont ils sont écrits. Il n'avance rien qu’il n'ait vu lui-même ou sans avoir le témoignage de personnes sûres. L'édition de 1643 est intitulée : Les voyages de la Nouvelle-France occidentale, dite Canada, faite parle sieur de Champlain, Xaïntongeois, capitaine pour le roi en la marine du Ponent, et toutes les découvertes qu’il a faites en ce pays depuis l'an 1503 jusqu'à l'an 1629, où se voit comme ce pays a été premièrement découvert Han les Français, sous l’autorité de nos rois très chrétiens jusqu'à ce règne de Sa Majesté, à présent régnante, Louis XIII, roi de France et de Navarre, avec un traité des qualités et conditions requises & un bon et parfait navigateur, les marques et enseignements, que la Providence de Dieu a mise en la mer pour redresser les mariniers en leursroutes, sans lesquelles ils tomberaient en de grands dangers, et la manière de dessiner les cartes marines avec leurs ports, rades, Isles, sondes et autres choses nécessaires à la navigation. Ensemble une carte générale de la description du dit pays en son méridien, selon la déclinaison de la Guide Ayment et un Cathéchisme ou instruction

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