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traduite du français en langage des peuples sauvages de quelque
contrée, avec ce qui s'est passé en la dite Nouvelle-France, 1631,
dédié à Monseigneur le Cardinal Duc de Richelieu. Dans cet inquarto, Champlain reprend toute l’histoire depuis les premières découvertes de Verazani jusqu’à 1631. Il contient également le récit des différents voyages de l’auteur en Amérique, et la relation de son séjour. Lescarbot lui reproche trop de crédulité. A vrai dire, ce reproche était fondé sur certaines fables, imprimées dans les premières éditions mais retranchées dans les suivantes.
Le Mercure français, de l’année 1626, renferme une lettre sur le Canada du Père CHARLES LALEMANT. Dans celui de 1628, les actes authentiques relatifs à la compagnie des cent associés. Dans celui de 1632, il y a une Relation du voyage fait en Canada pour la prise et possession du fort de Québec, dont les Anglais s'étaient rendus maîtres en 1629, et qu'ils restituè-. rent en 1632. Dans le volume de 1633, on trouve une Relahion de ee qui s’est passé en la Nouvelle France ou Canada ; et une autre Relation du sieur de Champlain, de la Nouvelle. France ou Canada.
Le Père LE JEUNE a laissé une Briève Relation du voyage de la Nouvelle-France fait au mois d'Avril dernier, brochure in-octavo, publiée en 1632. Cet écrit forme la première partie des Relations des Jésuites, ouvrage qu'ils continuèrent jusqu’en 1672, et qui forme trois gros volumes in-quarto. Les Relations des Jésuites forment une histoire très-détaillée de cette époque. Les relations nombreuses qu’ils entretenaient avec les sauvages de toutes les missions de l'Amérique, leur immixtion aux affaires temporelles de la colonie, la connaissance qu'ils avaient de toutes les langues sauvages, ont donné à ces mémoires une valeur réelle et en font une des plus précieuses sources de notre histoire. Il y a sans doute beaucoup de choses à mettre de côté: il faut en laisser et en prendre, mais on ne peut s'empêcher d'admettre que ces écrivains étaient plus à portée qu’un grand nombre d’autres de bien apprécier les évènements de la colonie et les mœurs des sauvages. L’histoire des missions et de la conversion des sauvages est ample-
Later ment développée, souvent aux dépens d’une foule de choses plus intéressantes au point de vue de l’état. Le style en est ‘extrêmement simple. |
. Le journal des Jésuites, publié en 1871, d’après le manus- critoriginal conservé aux archives du Séminaire de Québec, par MM. les Abbés Laverdière et Casgrain, est le complément indispensable des Relations des Jesuites.
Cet ouvrage diffère de l’autre en ce qu’il n'avait pas été fait pour le publie. Ilest plus libre dans ses allures ; il s’occupe naïvement à consigner jour par jour une foule de détails intimes qui pouvaient être utiles non-seulement aux membres de la compagnie de Jésus, mais encore à tous ceux qui plus tard voudraient étudier à fond notre histoire. Ces détails, peu importants alors, sont aujourd’hui d’un grand intérêt à cause de la lumière qu'ils jettent sur ces époques reculées.
Les ÆAelations, au contraire, étaient avant tout destinées à une classe de lecteurs dévoués au succès des travaux apostoliques chez ces infidèles. Elles renferment plus spécialement les évènements et les traits les plus capables d'animer la foi et d'intéresser la piété. Le Journal se rapproche plus de l’histoire.
Ce manuscrit parait être le premier journal régulier que les RR. PP. jésuites aient tenu en Canada. Il commence à 1645. Ce journal embrassait plus d’un siècle de notre histoire (1645-1755) sans aucune interruption. Malheureusement ce précieux manuscrit a été écarté et il nous reste environ que l’histoire de 22 années.
Le Journal était tenu par les supérieurs de POrdre en Canada. Le premier en date est le père JÉROME LALEMANT, puis viennent les pères VIMONT, MERCIER, DE QUEN, LEMOYNE et autres. à Jean DE L'ARTE, géographe flamand, a publiéen 1633 un ouvrage en latin sur le Nouveau Monde ou description des Indes Occidentales, ouvrage qui fut traduit en 1641 en français.
Charlevoix dit qu’il est rempli d'excellentes recherches, tant par rapport aux établissements des européens dans lA-
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mérique, que pour l’histoire naturelle, le caractère et les mœurs des indigènes. L'auteur a puisé à des sources sures. C'était un homme instruit, doué d’un jugement sain; il est aussi bon critique qu'habile historien. Outre ses données sur le Canada il décrit encore l'ile de Terre-Neuve, du cap Breton, la Floride, le golfe et fleuve St. Laurent, les îles du golfe, l’ile d’Anticosti en particulier, la ville de Québec, etc. ! Le frère Garrez Sagarp Taropar, Récollet, a publié en 1686, à Paris, une Histoire du Canada, et voyages que les frères mineurs récollets y ont fait pour la conversion des infidèles ; où est amplement traité des choses principales arrivées dans ce pays depuis l'année 1615 jusqu’à la prise qui a été faite par les Anglais : des biens et commodités qu'on en peut espérer : des Murs, cérémonies, créances, lois et coutumes merveilleuses de ses habitants : des conversions et baptémes de plusieurs, et des moyens nécessaires pour les amener à la connaissance de Dieu : l'entretien ordinaire de nos mariniers, et autres particularités qui se remarquent en la suite de l’histoire. L’auteur raconte naivement ce qu’il a vu en Canada où il demeura pendant quelque temps dans une mission huronne ; mais Charlevoix assure qu'il n'est pas exact en tout, n'ayant pas vécu assez longtemps en Canada pour vérifier tout ce qu’on lui a dit. Le vocabulaire huron qui accompagne son ouvrage n’est pas exact. Au reste ce fut un écrivain consciencieux et un apôtre zélé. Son histoire n’a pas fourni beaucoup de matériaux utiles et importants aux écrivains qui l’ont suivi.
On reconnait qu’il n’est ni très instruit ni observateur profond : sa crédulité est extrême. L'auteur de la Biographie universelle parait partager une opinion contraire en nous engageant à nous défier de la critique de Charlevoix qui n’ai- : mait pas les Récollets. N
Le Voyage fameux du Sieur VIncENT LEBLANC, ne renferme que fort peu de choses relatives au Canada. Le père Bressanr a publié en 1653 une Æelation de sa mission dans le Nouveau-Monde, ouvrage bien écrit mais qui ne traite guère que de la mission des Hurons.
Prerre Boucer, l’ancien gouverneur des Trois-Rivières,
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auteur d’une nombreuse génération, qui mourut âgé de plus de cent ans, publia à Paris un petit ouvrage intitulé : Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays
de la Nouvelle-France vulgairement dite le Canada. C’est une
notice assez superficielle mais fort fidèle du Canada. La sim-
- plicité naïve du style en fait le mérite principal. Unde
ses petits fils laissa une ARelation des aventures de M. de Boucherville à son retour des Sioux en 1728 et en 1729, suivies d’observations sur les mœurs des sauvages. M. de Boucherville, dit Bibaud, sans être puriste écrit avec cette facilité et cette aisance ordinaires aux gentilshommes.
Le père Du Crux à publié en 1664 un ouvrage intitulé Historia Canadensis seu novæ Franciæ, libri decem ad annum usque 1656. Cetouvrage extrèmement diffus a été presque uniquement copié des Relations des Jesuites. Il entre dans des
détails qui peuvent convenir à des lettres mais qui sont in-
supportables dans une histoire suivie, surtout quand ils ont
perdu l'agrément de la nouveauté.
C’est en 1672 que parut l’ouvrage de Denys intitulé, Des-
cription géographique et historique des côtes de l'Amérique septen-
- trionale avec l'histoirenaturelle dupays. L'auteur ne dit rien
qu'iln’a vu de ses propres yeux. Dans le premier volume
il donne une description fort exacte du pays ; le second com-
prend l’histoire naturelle de la colonie et en particulier tout ce qui regarde la pêche de la morue. Il étudie aussi les
mœurs des sauvages et il termine en citant quelques traits
historiques touchant les établissements de ceux qui partageaient avec lui la propriété etle gouvernement de PAcadie et des environs.
Dans une brochure publiée en 1674 intitulée: Société de Montréal,on expose les motifs qui ont porté plusieurs person-
nes de piété à faire à Montréal un Etablissement ayant pour
objet principal la conversion des sauvages.
Don CLauDpe Marrin a publié, en 1677, La Vie de la vénérable
mère Marie de l'Incarnation, première supérieure des Ursulines de : la Nouvelle-France, tirée de ses lettres et de ses écrits. L'auteur
était le fils même de la mère Marie. Cet ouvrage n’a d’au-
KA SOIR 4 J vi Û Lx SAT ANA ES tres défauts que de contenir bien des choses étrangères au sujet. CHARLEVOIX a, lui aussi, écrit en 1724 une vie de cet- : te digne femme. 4
Les Lettres de la Mere MARIE DE L’INCARNATIOM, première 4 supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France, in-quarto, N 1681, sont bien écrites et digne de sa juste réputation de sain- 11 teté, d'esprit et d’habileté dans toutes sortes d’affaires, et surtout dans la viespirituelle. Elles contiennent plusieurs faits M historiques arrivées pendant les trente deux années qu'elle a M vécu en Canada. (1640-1672). Ce sont des mémoires pleins . de détails sur l’histoire de son temps durant son séjour dans la colonie. Sesécrits ascétiques respirent une vertu tendre. 4 Elle a encore composé un livre pour linstruction des novices intitulé. : l'ÆZcole chrétienne.
‘Le père Marquerre a publié, en1687; Découverte de quel. 4 ques payset nations de l'Amerique septentrionale : C’est Le jour- N nal du voyage de l’auteur lorsqu'il découvrit le Mississipi en À 1673, avec M. de Joliet. |
Nous avons du Pere Louis HENNEPIN, missionnaire Récollet et notaire apostolique, plusieurs ouvrages : 10 Descrip- M tion de la Louisiane nouvellement découverte au S.0. de la Nou- D velle-France par ordre du roy, avec la carte du pays, les mœurs 1 et la manière de vivre des sauvages. Le titre de cet ouvrage 1 n’est pas juste, car cette terre que l’auteur découvrit n’ap- 1 partenait pas à la Louisiane, mais à la N ouvelle-France. Le w titre du second ouvrage ne l'est pas d'avantage : 2e Voyage en | un pays plus grand que l'Europe entre la mer glaciale et le M Nouveau-Mexique ; 3e Nouvelle description d'un très grand pays L situé dans l Amérique entre le Nouveau-Mexique et la mer Glaciale MW depuis l'an 1670 jusqu'a 1682, avec des explorations sur les entre- n. prises du Cavalier de la Salle et autres choses concernant la des- À cription et l'histoire de Amerique septentrionale, in 12, 1697. Cet 1 ouvrage fut imprimé l’année suivante sous le titre, Voyage ou découverte d'un très grand pays, ete, 2 vol. Tous ces ouvrages, 1 dit Charlevoix, sont écrits avec un style de déclamation qui 4 choque par son enflure et révolte par les libertés que se donne : l'auteur et par ses assertions indécentes. Pour ce qui est du