MUR
fond des choses, le P. Hannepin a cru pouvoir profiter du
privilége des voyageurs et on peut lui appliquer le proverbe : a beau mentir qui vient de loin.
M. De Sr. VALIER, nommé à l’évèché de Québec vacant
. par la démission de M. de Laval, voulut prendre connaissan-
ce de son diocèse avant d’être sacré. Il s’embarqua pour le Canada en 1685. L'année suivante il retourna en France et. composa: Ætat présent du Canada et de la colonie française dans la Nouvelle-France. Ce petit ouvrage est bien écrit et digne de son auteur, qui gouverna l'église pendant 40 ans. En 1691, le Pere Læczero, Récollet, publia un ouvrage en deux volumes in-12, intitulé : Premier Etablissement de la for dans la Nouvelle-France, contenant la publication de l'Evangile, l'histoire des colonies françaises découvertes depuis le fleuve St. Laurent, la Louisiane et le fleuve Colbert, jusqu'au golfe du Mexique, achevées sous la conduite de M. de La Salle, par ordre du roi, avec les victoires remportées en Cunada par les armes de S. M. sur les Anglais et les roquois en 1690, dédié à M. le Comte de Frontenuc, etc. Certains écrivains ont supposé que le Comte de Frontenac a mis la main à cette publication qui relate assez fidèlement les principaux actes de l'administration de ce gouverneur. C'est un précieux document sôus le rapport historique. L'auteur ne dit que fort peu de choses des missions, si ce n’est de la mission des récollets à laquelle il appartient; mais il s’attache surtout aux affaires de l'état particulièrement en ce quise rapporte à de Frontenac. Un second ouvrage publié en 1691 est intitulé: Vouvelle relation de la Gaspésie, qui contient les mœurs et la religion des sauvages gaspésiens, porte-croix, adorateurs du soleil et d’autres peuples de l'Amérique Septentrionüle, dite Canada, dédié à Madame la princesse d'Espinoy, Paris, in douze, pp. 600. On trouve dans cet ouvrage des choses fort
. intéressantes pour l'époque, mais qui n'offrent plus aucun
mérite comme source historique.
Nous avons du BAron pe LA HonrAn deux ouvrages sur la Nouvelle-France, intitulés: 10 Voyages du Baron de La Hontan. dans l'Amérique septentrionale, qui contiennent une rela-
Mere
tion des différents peuples qui y habitent; la nature de leur
gouvernement, leur commerce, leurs coutumes, leur religion et
leur manière de faire la guerre: l'intérêt des Français et des Anglais dans le commerce qu'ils font avec ces nations : l'avantage que l'Angleterre peut retirer de ce pays étant en guerre avec la France. Le tout enrichi de cartes et de figures, in-douze. 20. L'Amérique Septentrionale, ou la suite des voyages de M. de La Hontan, qui contiennent la description d'une grande étendue de pays de ce continent, l'intérét des Français et des Anglais, leur commerce, leurs navigations, leurs mœurs et les coutumes des sauvages, etc., avec un petit dictionnaire de la langue du pays, 1in-douse, 2ème édition, augmentée d'une conversation de l'auteur, 1705. Ainsi, ce dernier ouvrage n’est qu'une seconde édition augmentée du premier. L'auteur fut pendant quelque temps soldat au Canada. “La grande liberté, dit Charlevoix, qu'il * a donné à sa plume a beaucoup contribué à faire lire son livre, et l'a fait rechercher avec avidité partout où l’on n’était pas à portée de savoir que le vrai, qui y est tellement confondu avec le faux qu’il est bien nécessaire d’être bien instruit de lPhistoire du Canada pour len démêler, il n’apprend rien aux uns et ne peut que jeter les autres dans l'erreur. En effet, presque tous les noms propres y sont estropiés et les faits y sont défigurés, et l’on y trouve des épisodes entiers qui sont de pures fictions.” On ne peut se cacher … que La Hontan écrit avec beaucoup de sel. Il parsème sa: narration de traits mordants à l'adresse des jésuites . et autres ordres religieux, ce qui naturellement ameuta contre lui tous les historiens catholiques, et par-dessus tout le père Charlevoix. Il ne faut pas non plus se cacher que l’auteur a donné à ses mémoires cette couleur romanesque, parfois grivoise et sceptique, qui était si fort à la mode au temps où il écrivait. De tous les annalistes de son temps, quiécrivirent sur le Canada, c’est lui qui eut plus de lecteurs. Il serait certainement à désirer que la vérité et la gravité, qui conviennent surtout à l'historien, fussent mieux ménagées dans ses Mémoires, qu'on ne peut cependant s'empêcher de