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consulter. Au reste, il donne d'assez bonnes notions sur le Canada et ce qu'il dit de la mauvaise gestion des affaires se rapproche beaucoup de la vérité. Le père Charlevoix n’a pu naturellement ratifier le jugement que La Hontan porte sur les jésuites et leurs intrigues dans la colonie. Les Leitres édifantes et curieuses écrites des missions étrangères par quelques missionnaires de la Compagnie de Jésus renferment quelques relations sur le Canada. Le Ile volume . (1712) contient une lettre du père GABRIEL MARET où il décrit le voyage qu’il avait fait en 1694 avec d’Iberville à la Baie d'Hudson, et autres particularités touchant la partie septentrionale. Le XIe volume (1715) renferme une autre lettre du même missionnaire sur l'établissement des Français dans l'Illinois. Dans le XIIe volume (1717), on voit - une lettre du Père LæÆ CHoLENEC, sur la sainteté de Cathe- ‘rine Tegahkouita, vierge iroquoise surnommée la bonne Catherine. Dans le XIIIe volume (1720) le mème missionñaire rapporte la mort de quelques néophites qui ont enduré les supplices les plus affreux à cause de leur conversion au christianisme. Dans le XVITe (1736), une lettre du Père SEBASTIEN RASLES nous apprend un détail curieux de ce qui s'est passé entre les Anglais'et les sauvages Abénaquis au sujet du traité d'Utrecht. Le XXe et XIITe volume (1731 et 1738) renferment des lettres de RR.PP. Perir, DE HaALDE, et RasLes touchant leur mission.
Dans le Recueil des Voyages du Nord, contenant divers mémoires très-utiles au commerce et à la navigation, 8 vol. in-12 . (1715), on trouve dans le 3eme volume: 10. une relation de Terre-Neuve, traduite de l'Anglais de White, enrichie d’une carte de l’Iles et de tout l'hémisphère septentrional; 20, Un mémoire touchant Terre-Neuve et le Golfe St. Laurent, par l’auteur de la relation précédente. Le 5eme volume renferme une relation de la Louisiane ou Mississipi. par le chevalier de Tonrt, Gouverneur du fort de St. Louis aux : [llinois; 20. Voyage en un pays plus grand que l’Europe par le père HeNNePIN ; 30. Relation des voyages de Gosnal, Prince et Gilbert à la Virginie en 1602; 40. Relation du Détroit et
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de la Baie d'Hudson, par Jér£mre; 50. Les trois navigations
du Chevalier MARTIN ForBistERr. Toutes ces relations sont
écrites avec bonne foi; la plupart ne sont pas très exactes
tout en contenant beaucoup de nouveau et de réel.
L'Histoire de l'Amérique septentrionale par M. de BAcQUuE- VILLE DE LA POTHERIE, né à la Guadeloupe, dans l'Amérique méridionale, aide major dans la dite Isle, 4 vol. in-12, enrichis de figures, Paris, 1722, mérite d’être mentionnée. Cet ouvrage est écrit en forme de lettres, excepté le second volume qui est distribué par chapitres. Les Mémoires sur le Canada sont assez mal digérés. En général le style n’est pas
clair. On peut se fier sur les choses que l’auteur a vues. 1H 4
est sincère, sans passion ; MAIS il n'a pas toujours été bien instruit sur le reste.
. Le Père Lartrau publia en 1723, Mate des sauvages améri à
cains comparées aux mœurs des premiers temps, 2 vol, in-40. L'auteur examine au long les mœurs, les habitudes, les coutumes et la religion des sauvages du Canada. Il avait été missionnaire parmi les iroquois. C’est peut-être ce qui à été
écrit de plus exact sur le sujet, au dire de Charlevoix. Le parallèle des anciens peuples avec les aborigènes de l'Améri-
que suppose une grande connaissance de l'antiquité.
Il n’y avait pas encore d'histoire suivie et complète de la
Nouvelle-France, lorsque parut l'Histoire et Description générale de la Nouvelle-France avec le journal historique d'un voyage fait par ordre du roi dans l'Amérique Septentrionale par
le Pere De CHARLEVOIx, publiée à Paris, en 1744, en six M
tomes in-12, de 400 pages chaque, environ. Les écrits qui avaient été publiés jusqu'alors ne considéraient le Canada qu’à un certain point de vue. C’étaient pour la plupart des relations de voyages, d'aventures qui n’ofiraient pas une
étude exacte des faits, ni même une description exacte du M
pays. Ils se contentaient de citer certaines particularités,
certains faits relatifs à la vie sociale, au climat, à une cam- w
pagne guerrière, à des détails enfin; et là se bornaient ces travaux qu’on ne sauraient décorer du nom d'Histoire. C’est
pourquoi les géographes, les historiographes et les cosmo- h
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graphes ont parlé de la colonie avec si peu d’exactitude dans leurs dictionnaires géographiques ou historiques.
La relation du père Charlevoix a été l’ouvrage le plus complet qui fut publié sous la domination française, en ce sens qu’il embrasse dans son récit toute l’histoire de la colonie, depuis la découverte du pays par Jacques Cartier jusqu’à l’année 1731, époque de la rétrocession du Canada par la Compagnie des Indes Occidentales au roi. Cette histoire est complète : l’auteur entre dans tous les développements qui découlent du sujet. Il est même un peu trop minutieux. Il parle des voyages entrepris par la France pour la colonisation ; il démontre la tendance des gouverneurs, le mouvement de la civilisation, la succession des autorités officielles dans la colonie, les rouages de l’administration civile, ete. La partie religieuse est encore plus étendue, plus développée que l’autre: elle empiète même sur le reste. Une idée semble surtout préoccuper l’auteur, c'est la mission des Jésuites en Amérique, les œuvres que cette société a opérées, et les efforts qu’elle à faits pour la conversion et l'instruction des sauvages. L'auteur prêchait pour sa paroisse avec le zèle qui distingue un partisan dévoué.
Mais ceci est fort peu de choses en comparaison des richesses de détails qui se trouvent dans ce livre. Le Père Charlevoix suit de près la partie descriptive et donne une bonne idée de la topographie par le moyen des cartes liées au volume. La statistique même ne fait plus défaut. On voit qu’il a consulté les archives officielles qui devaient être un véritable grimoire entre les mains des ministres de Louis XIV. Enfin, il y a jusqu'à une description des plantes les plus communes du pays, avec planche pour en désigner l'espèce et la forme. Ce devait être, à l’époque, un livre de luxe que cette histoire.
Remarquons ici que ce travail se divise nécessairement en deux parties: la première a trait à l’histoire générale de la Nouvelle-France. Elle comprend vingt-deux livres et forme quatre volumes ; c’est de beaucoup la plus importante de l'œuvre. La seconde renferme le journal historique du