CHAPITRE III
Poesie.
S'il existe une littérature nationale en Amérique—Apathie de la population pour les œuvres d'art, première cause de l’aridité de la muse canadienne —Poëtes Canadiens : —Quesnel—Marmet—Bibaud—Garneau, père— Lenoir —Ohauveau — Barthe — Marsais — Bédard — Gerin Lajoie — Hawley—Vining—McGee—Heavysèege—Evan McColl—Sangster—Mc- Lachlan— Carroll —Ryan—Ascher —Proctor —Johnson—MceCarroll— Mair—Cremazie—Paul Stevens—Garneau, fils—Blain de St. Aubin— Fiset—Routhier— Lemay—Labelle— Casgrain—Prudhomme—Sulte— Achille Fréchette—Louis H. Fréchette, etc. —Résumé—La Confédération et la Littérature Canadienne—Marche de la poésie en Canada— Poêmes de longue haleine—Concours de l'Université-Laval—Chagements politiques et réaction littéraire.
Existe-il une littérature nationale en Amérique ? Cette question a attiré l'attention de quelques critiques.
Je n’ai pas l'intention de développer au long cette proposition, ni d'étudier la question sur toutes ses faces. Elle n’of. fre d’ailleurs aucun résultat pratique.
J'ai défini, au commencement de cet ouvrage, ce que J'entendais par littérature : c’est l'expression du degré de civilisation chez une nation. Prise de ce point de vue, toute production littéraire est une marque pour juger des progrès intellectuels et du degré d'avancement moral. D'un autre côté, on peut difficilement constater l’existence d’une littérature indigène, sans la rapprocher de l’idiome dans lequel elle est écrite. La langue d’un peuple est bien l'institution la plus frappante qui l'éloigne et le sépare des autres peuples en lui donnant une physionomie propre. La littérature de chaque peuple est déterminée par la langue de chaque peuple. Le sentiment poétique, qui existe chez toutes les nations à des degrés plus ou moins prononcés, se traduit par un caractère et un langage particuliers à la nation. Le génie de chaque langue s’imprime dans les productions des écrivains qui la parlent, et les littératures diffèrent entre el-