‹ Histoire de la litterature canadienneChapitre 25 sur 66 · IDE · texte numérisé non relu

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les comme les idiomes. Outre la physionomie générale, les tendances, les goûts, le caractère des peuples qui s’infiltrent insensiblement dans leur littérature, ces dernières différent encore entre elles par le génie particulier à chaque idiome. On dit: les littératures italienne, espagnole, allemande, française et anglaise, parce que les idiomes italien, espagnol, allemand, français et anglais s'en sont faits les interprètes et comme les véhicules.

Mais peut-on en dire autant de la littérature canadienne ? Existe-il une langue canadienne, ou mexicaine, ou américaine ? Ou, si on le veut, une littérature canadienne, mexicaine ou des Etats-Unis ? Dans le sens strict du mot, je ne le crois pas. |

Tous les ouvrages écrits en français font partie de la grande famille littéraire de la France. Tous les ouvrages écrits en anglais se greffent à l’arbre littéraire de la Grande-Bretagne, etsi, à Mexico, on écrit en espagnol, eh bien ! les Mexicains ne sauraient se vanter d’une littérature nationale et indigène.

L/Amérique est héritière de l’Europe, et nous sommes comme des enfants en tutelle travaillant pour le compte de la communauté : nous sommes inhabiles et incapables en ma: M tière de paternité littéraire. D'ailleurs, tout nous vient de M l’autre côté de l'Atlantique. Nous empruntons là nos modèles : Paseal et Racine, Shakespeare et Byron, Cervantes et Vega nous arrivent entre deux ballots de marchandises. C'est l'Europe qui nous trace les règles ; elle reste encore l'arbitre du bon goût, exactement comme une mère enseigne Sa petite fille à garnir une poupée. Elle fait la loi parmi nous, modifie les règles du langage, détermine l'harmonie grammaticale, inventorie le dictionnaire, fait la pluie et le beau M temps dans l’atmosphère des beaux arts et du bon goût. Nous R regimberions à tort. Il faut suivre le cours que trace une 4 loi naturelle, la loi qui lie l'enfant à sa mère, la lignée à ses | ascendants, la pensée au cerveau, le lierre à l’ormeau. |

Cependant ma prétention n’a rien d’absolu. Je m'explique, L'idiome est bien le trait le plus caractéristique d’entre M

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les littératures, c'est vrai; mais ily a des accessoires. Et c’est ici que nous pourrons trouver des accidents littéraires assez prononcés pour créer une originalité. Si nous savons donner à nos productions un tour particulier à notre état de société, si nous les imprégnons d’une odeur locale assez musquée, si nous leur donnons une manière d’être à part, nous les détachons, par là, des sources étrangères et leur imprimons un cours indépendant. Creusez un sillon profond : l'eau ne refusera pas d'en suivre le parcours. ÆEntourez ce sillon de digues puisantes ; mettez à votre disposition l’art hydraulique ; servez-vous de pompes refoulantes : le mince filet d’eau se changera en un ruisseau puissant, Vous parviendrez peut-être à en faire un grand fleuve. Mais pour opérer cette merveille il faut que l’art, l’artifice et le travail vous secondent ; etencore, quoique vous fassiez, vous n’arriverez jamais à ordonner dans le champ de la littérature canadienne, ce vaste et majestueux fleuve dont la toute puissance égale la splendeur. Nous ne serons toujours que tributaires à l’océan littéraire européen.

Nous avons chez nous quelques éléments, (éléments bien faibles à la vérité) susceptibles de revêtir un costume original. Ces éléments se trouvent dans l’histoire de notre passé, Nous pouvons dire avec beaucoup de poésie des choses qui nous intéressent énormément et qui peuvent n'être que médiocrement intéressantes aux yeux d’un étranger. La fibre nationale peut remuer à certains récits, certaines légendes : c'est quelque chose’ d’essentiellement canadien, dont les littératures étrangères n’ont pas même l’idée. Ce côté légendaire est inhérant à nos souvenirs historiques ; il fait partie de nous. C’est une branche qui ne peut être détachée de l’arbr historique du Canada sans que le tronc en soit fortemen endommagé. Si ces causes suffisent pour donner à la littér ture une teinte nationale, caractéristique, originale, je m’i cline et désavoue mon scepticisme à cet endroit.

Si le mince bagage littéraire du Canada n’est pas une raison pour faire douter de nos dispositions artistiques et un argument pour enlever à notre littérature la palme de l’ori-

ginalité, ilimporte au moins de rechercher les causes de cette faiblesse.

Comment il se fait qu’au Canada la littérature ne reçoït pas une impulsion plus puissante, la raison ne fait mystère pour personne. Elle est banale même. Chaque jour l'écho redit que sur notre continent, le positivisme de la vie pratique tue les meilleures inspirations. Tout ce qui ne reluitpas, toutce qui ne rapporte pas de bons dividendes, en espèces sonnantes, est négligé. On ne courtise que le productif. Est-ce à tort ou à raison ?....C’est oiseux, je ne veux pas répondre. Mais il faut prendre les choses telles qu’elles sont : primo vivere. Faites que la provenance du publiciste s'écoule facilement ; cotez-la au maximum sur les tablettes du libraire, et vous verrez fleurir autant de bouquets de poésie que de lecteurs. Mais que le plaisir de produire et de payer pour produire est une fantaisie qui passe vite! C’est drôlement bête que ce jeu-là, etje défie les plus courageux et les plus illusionnés de tenter d'embrasser, deux fois de suite aux dépens de sa bourse, Je spectre de la gloire littéraire.

Mais le remède à cetétat de chose ?.....….Voulez-vous que je vous le dise? c’est bien long, ou plutôt la potion est bien radicale. Bouleversez les dispositions de notre population, donnez-lui le désir de s'instruire, de lire ; améliorez les conditions économiques du pays; mettez des pièces de monnaie dans la bourse de nos cultivateurs, et vous les verrez, ces bonnes gens, ne plus ge faire prier pour acheter journaux, revues, livres, voire même ma modeste prose. D'ici-là, je doute du succès.

La poésie est une fleur bien fragile. Ou encore, c'est un arbrisseau qui ne grandit qu'à l’ombre de la protection ; il faut étayer ses faibles rameaux avec des colonnes de pièces d’or ; il faut simuler autour de lui le mouvement et la vie. Si la nation est pauvre, si le commerce languit, si l’industrie est absente, si la population se déplace et émigre, alors vous verrez cette plante divine se faner chaque jour.

Si la sève naturelle vient à manquer, il faut recourir aux moyens artificiels. (C’est pourquoi quelques bons esprits,

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prenant en pitié l'avenir de l’arbrisseau littéraire de notre jeune pays, ont représenté au ministère de l’Instruction Publique, d’en distribuer les plus beaux rameaux dans les maisons d'éducation pour en couronner les jeunes lauréats.

L'idée n’est pas mauvaise, mais cela suffira-t-il ? Maigre pitance à arbre chétif, Qu'importe, ce sera peut-être prolonger une existence éphémère qu’une époque plus heureuse rendra florissante. |

La poésie a été cultivée par quelques âmes privilégiées. Ce n’est pas le grand nombre de nos poètes comme leur mérite intrinsèque qui honore la muse canadienne. Dans un pays jeune, la poésie ne peut prendre de profondes racines. Les besoins, les nécessités de la vie détournent forcément nos poètes de la carrière des lettres pour les fixer au réalisme de la vie pratique. Les positions indépendantes sont trop rares ici, et, il est bien restreint le nombre de ceux qui peuvent se livrer exclusivement aux travaux de l'esprit. Or, rien ne désenchante autant le talent et l'imagination comme les nécessités de la vie et le travail qui y obvie,

Jusqu’aujourd’hui l'écrivain n’a pu vivre du travail de sa plume, c’est le secret de notre longue jeunesse littéraire. La poésie a ressemblé à une plante exotique qu’un climat défavorable fait dépérir. Nous voyons bien ça et là quelques essais généreux, certains efforts courageux, mais tous ces travaux, de courte haleine pour la plupart, n’ont été le fruit que de quelques jeunes gens précoces qu’un avenir meilleur attendait et qui seraient devenus des maitres dans l’art sous des circonstances plus favorables.

Loïn de moi cependant la pensée de diminuer le mérite réel de nos œuvres canadiennes. Mais je déplore comme tout le monde le peu d'encouragement et le peu d’attention que l’on porte aux travaux de l'intelligence. Or, la poésie ne deviendra florissante que par l’encouragement qui sera donné au poète. Il faut payer le fruit de son travail.

Toutefois, en dépit des obstacles, nous possédons des chefsd'œuvre que: je veux désigner. Ils sont peu nombreux, à la vérité, mais ils attestent un talent véritable et des dispositions certaines.

Joseex Quesnez naquit à St. Malo le 15 novembre 1749. Après avoir terminé sesétudes, il prit du service à bord d’un navire de guerre, visita Pondichéry et Madagascar, séjourna sur les côtes de la Guinée et du Senégal, puis, après trois années de courses aventureuses, foula de nouveau le sol de sa 4 patrie. Mais ses goûts aventuriers ne le quittaient pas : il repartit bientôt, visita la Guiane française, les Antilles et le Brésil et vint s'établir définitivement en Canada. Il se maria à Montréal et fixa sa résidence à Boucherville, après | avoir visité la vallée du Mississipi. |

Au milieu de ses courses nombreuses, dans les bois, sur la mer, chez les nations sauvages comme chez les peuples civilisés, exposé au vent des tempêtes et à la dent des loups, à la haine vindicative du peau rouge. de l'Amérique et du peau jaune de l'Afrique, Quesnel, ce type d’une époque déjà éloignée, cette figure à la fois française et canadienne, qui se dresse, railleuse et narquoïse, au seuil même de notre . littérature, avait trois compagnons de voyage qui ne l'avaient jamais abandonné: son violon, Boileau et Molière, c'est dire qu'il était né poëte et musicien. A

On reconnaît la verve de Molière à la lecture de Calas et M Colinette, vaudeville joué pour la première fois à Montréal, | en 1790. On a encore de lui trois autres pièces dramatiques . annotées: Lucas et “Cécile, opéra; l’Anglomanie, comédie en vers, non imprimée, et les Républicains francais, comédie en prose, imprimée à Paris. Ajoutons à cela des chanson- 3 nettes, quelques morçeaux de musique sacrée pour l'Eglise ! paroissiale de Montréal qu'on retrouvent encore au Réper- R toire de l'orgue, des motets, et un petit traité sur l’art dra-

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matique, écrit en 1805, pour une société d'amateurs de M Québec. É

Je laisse la parole à un contemporain de Quesnel qui semble l'avoir connu intimement et l'avoir jugé avec impartialité. —“ De temps à autre, depuis la conquête, des hommes nés É hors de notre pays, mais parlant notre langue et recommandables par leur éducation, leurs talents naturels, ou leurs connaissances acquises, sont venus résider parmi nous COMME

Loue

pour animer et égayer notre société, prêter du relief à ce que nous pouvons peut-être appeler notre littérature et nous donner en quelques sorte des idées nouvelles sur plusieurs sujets, particulièrement durant l’époque de notre isolement. Du nombre de ces hommes devenus Canadiens, par leur résidence dans ce pays, par les liaisons qu'ils y ont contractées ou les arts qu'ils y ont exercés, a été feu M. Quesnel. Homme d'esprit, d’un commerce agréable et d’une heureuse parole, M. Quesnel se faisait de la poésie une récréation sans faire de la versification une espèce de métier; c’est-à-dire sans s'astreindre toujours aux règles que se sont imposées ceux qui aspirent au titre de poétes ou d’'habiles versificateurs. On trouve dans ses pièces des licences que l'impression ne souffre pas plus présentement que les fautes d’ortographes ; mais la verve poétique, l'inspiration même, perce presque à chaque vers. M. Quesnel ne s'était pas fait versificateur par l'étude des règles, mais il était né poéte, ou l'était devenu par la simple lecture des beaux modèles. C’est avec sincérité et sans flatteries, suivant nous, qu'un poéte français qui a passé quelques jours en ce pays, à dit ne faisant allusion a une de ses productions poétiques :

Quesnel, le père des amours,

Semblable à son petit bonhomme,

Vit encore et vivra toujours.

Plusieurs de ses pièces nous paraissent en effet dignes de passer à la postérité, du moins, pour ne point exagérer, à la postérité canadienne.”

Les écrits de Quesnel sont contenus dans le premier volume du Répertoire National. Il mourut à Montréal, le 3 juillet 1809, à l’âge de 59 ans et quelques mois.

J. D. MARMET, lieutenant capitaine et adjudant au régiment de Waterville, est venu en Canada en 1813, avec ce : régiment. Le nom de Salaberry était devenu l'idéal de l’héroïsme et des grandes actions. Marmet s'empara de ce nom illustre et chanta la Victoire de Chateauguay. Nous devons à cet écrivain plusieurs autres morçeaux de poésie, entr'autres, l'Homme Dieu, La main, L'art indéfinissable, ete.

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mais le poète s'est surpassé dans Chambly. Cette piècese termine par un magnifique éloge à l'adresse du héros de Chateauguay. | É

Mrcuez Braun est l’auteur du premier volume de poésie publié en Canada. Ce volume est intitulé: Æpitres et Satyres.

Il a vule jour en 1830, et ouvre la nombreuse série d’ou-

vrages historiques et de littérature mélangée qui font de M. Bibaud un des noms le plus populaires de notre passé littéraire.

Les poésies de Bibaud ressemblent à sa prose, —c'est dire qu’elles sont imparfaites ; toutefois je dois reconnaître que la prose est encore meilleure que la poésie. Son vers est dur. T1 n’a ni la souplesse d'Horace, ni la verve de Juvénal, nila … franchise acerbe de Perse, mais on lui doit d’avoir écrit le premier dans un genre difficile. L'idée est dominante ; l’auteur sacrifie la forme au fond.’ce qui, en poésie, ne 8e pardonne pas toujours facilement. Ses satyres contre l’avarice, l'envie, la paresse, l'ignorance, sont les meilleurs morçeaux du livre.

Il y a près de 50 ans, un canadien distingué, F, X. GAR- NEAU écrivait ces paroles judicieuses : ‘ Si les premiers pas sont difficiles dans la carrière des lettres et des sciences, si les avantages que procure la culture de l'esprit ne sont pas toujours, dans un pays nouveau, appréciés à une juste valeur par une population trop préoccupée d’un but matériel, il viendra un temps, sans doute, où pleine justice sera rendue a ceux qui auront fait des sacrifices pour la plus belle cause qui puisse occuper l'attention des sociétés.”

L'auteur de l'Histoire du Canada avait pressenti que la postérité serait reconnaissante pour les sacrifices qu'il s’est imposés pour la cause des lettres. Cette justice n'a pas été lente à s'accomplir : Garneau passera à la postérité la tête ornée d’une couronne d’immortelles. Mais je n’ai pas l’intention de faire ici son éloge comme historien ; je veux faire

connaître ses lettres de créance comme poète. Ses compositions en vers datent pour la plupart de 1832 à 3%, c'est àdire à une époque encore stérile pour notre littérature. Les

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bons versificateurs étaient rares et la muse canadienne ne trouvait d'écho que chez quelques patriotes distingués qui s’adonnèrent à la poésie dans leur jeunesse, maïs qui, un grand nombre d’entre eux du moins, jouèrent un rôle plus vaste dans la politique. Ces hommes furent, jusqu'à 1837, les défenseurs véritables des franchises et des libertés nationales de leurs compatriotes Bas-Canadiens. C'était Quesner, le père des amours et de la gaieté; MARMET, qui salua de sa muse brillante les grands noms qu'avait produit le Canada français ; F. X. GARNEAU, le futur historien national de son pays ; D. B. ViGer, publiciste et orateur qui occupe une large part dans nos annales parlementaires; A.N. Morin, grand et intègre citoyen, lhonneur de la magistrature et une de nos gloires les plus pures; Micxez BrBAun, le premier historien, en date, de son payset dont le nom est mêlé à tous les essais littéraires de cette époque ; ISIDORE BEDARD, d’une famille qui a donné à la patrie des serviteurs éprouvés ; DomiNIQuE MoNDELET, pendant longtemps juge de la Cour Supérieure ; N. AUBIN, le spirituel journaliste qui a semé dans notre champ littéraire plusieurs belles pages ; MELTHENE pseudonyme de M. DE VERNE; PETITOLAIR, PIERRE LAvio- LETTE, etc. Tels sont no$ principaux poëles avant 1837. Leurs compositions poétiques ne sont, pour la plupart, que de petites pièces détachées qui parurent dans les journaux du temps et qui furent recueillies plus tard par M. Huston dans le Répertoire National, publié en 1848. Un sentiment est commun à toutes ces poésies: l'amour du pays, une vénération profonde pour la langue de nos ancêtres, pour la foi des premiers colons et pour les institutions qui nous avaient été garanties par le traité de paix. La nationalité ! quel enthousiasme ce mot n’a-t-il pas créé ; c’est elle qui réchauffe et, inspire le poëte canadien à cette époque si grosse de dangers. pour notre avenir national ; ce mot puissant, qui peut remuer les masses, n’est pas seulement sur les lèvres de nos troubadours, maïs on le voit, on lesent, il se trouve au fond de leur cœur. Certes ! considérés en eux-mêmes, ces petits chants

détachés peuvent n’inspirer aucun intérêt à un étranger : la. 14 F

rime «est forcée, le vers est boiteux, l'ampleur, la pompe, l'élévation sont absentes, les règles de l’art souvent mises de côté, le ton est déclamateur, la période ampoulée. Mais le lecteur canadien, qui examine ces chants au point de vue de la lutte gigantesque entreprise contre les empiètements d’une race étrangère, oublie ces défauts de forme, ces imperfections de style pour s'inspirer de l'idée dominante, du sentiment pur et honnête qui découle de ces strophes. Tous les patriotes d’alors s'étaient donné la main pour lutter avec plus d'énergie et si fort était le sentiment de la patrie pour eux que leurs œuvres de loisir portent ce caractère et cette empreinte qui ont marqué les actes de leur vie publique. Leurs vœux sesont traduits par des chansons populaires que mous répétons encore et que la postérité recueillera avec l'enthousiasme que donne un objet vénéré, rappelant le souvenir des vertus et des sacrifices des ancêtres. ; Les poésies fugitives de (arneau ne déparent pas les productions de ses contemporains ; au contraire, je crois qu'elles leur sont supérieures, ou à peu d'exception près. J'y trouve un goût classique absent trop souvent chez les autres. Mieux que ses contemporains il connait les règles de l'art. Il serait assez difficile de décider quelles sont ses meilleures compositions; elles offrent toutes leur genre de beautés. Le père du soldat est un poëme historique d'un grand mérite ; La presse, une composition politico-philosophique remarquable surtout par l'élévation des idées ; Les oiseaux blancs est remplie des sentiments les plus gracieux; Louise est une légende dans le genre épique ; dans les Æxrilés on trouve le plus pur patriotisme. Le dernier Huron est estimé par l’'Hon, J.0. Chauveau le plus beau poëéme écrit en

Canada ; Pourquoi désespérer et Au Canada sont des composi-

tions patriotiques qui vivront encore longtemps. Ces essais

pourraient suffire pour établir une réputation. En général, les poésies de Garneau respirent les sentiments qui l'ont animé en écrivant l’histoire du Canada. Il sentait le besoin de réhabiliter ses concitoyens aux yeux de l'étranger. Ses poésies, comme son histoire, sont une apothéose et une justifi-

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