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ses études, se fit recevoir avocat, et séjourna parmi nous jus- w qu’en 1864. Il demeure maintenant à Londres.
La plupart des écrits qu’il a livrés à la publicité, dans la presse canadienne, portent le nom de plume Jsidre. En 1863, à la demande de ses amis, il publia ses poésies qu’il intitula: Voices from the Hearth : a collection of verses : pp: 168, in-12. Plusieurs poésies de ce recueil méritent d’être citées, mais je noterai particulièrement l'allégorie Sleep and death, et The falling snow.
Depuis son séjour en Angleterre, Ascher est devenu le collaborateur de deux ou trois Revues ‘importantes. Avant peu il publiera un nouveau recueil de ses poésies parues M depuis 1863. 1
Ce qui distingue surtout le talent d’Ascher, c'est cette w imagination vive et plaisante, ces sentiments doux et gais, À cette tendresse à la fois timide et vivace. On voit que l’auteur connait toutes les fibres qui agitent le cœur À humain. , 4
On trouve dans sa poésie cet esprit de moralité qui le dis- | tingue d’avec tous ses rivaux; en le lisant, on oublie les À choses matérielles, les tracas de la vie, et l’âme s'élève, trans- |
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portée sur les ailes du poëte, dans une sphère étrangère aux \ choses de co monde. La muse d’Ascher est avant tout fa milière, c’est une muse domestique et enseignante: elle dicte des leçons de charité, d'amour, de tendresse, de morale à la famille réunie an coin du feu; c’est un livre qui se Lt après la bible: celui-ci fait méditer sur les choses saintes, celui-là fait rèver aux choses sacrées. 1
Joux A. Procror naquit à Liverpool en 1833, et vint au à Canada en 1856. Il fut longtemps professeur à l'Université dem Lennoxville. Ses poésies parurent dans les divers journaux du 4 pays, principalement dans la Gazette. Il publia Hssays of am ragged philosopher dans le Freeman de Sherbrooke. On trouve quelques unes de ses poésies dans les Selections de M. Dewort.
Son livre Voices of the night and other poems, 1861 pp. 118, 4 in-8° a complété sa réputation de noète. Sa poésie est
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caractéristique; elle est empreinte d’une noire et profonde
mélancolie. C’est évidemment un disciple de Tennyson;. on retrouve les tours et la manière du maitre dans le livre de
Proctor. Cette note mélancolique qui se retrouve à toutes
les pages, plaintive et monotone, a tué, chez le poëte, les
‘autres sentiments et les autres passions auxquels sa poésie
parait étrangère. [Il consacre trop de vers pour les chagrins de la vie et pas assez pour le coté gai et agréable. Pour être trop triste, sa poésie devient fade et son livre me fait . l'effet d’une tombe où sont ensevelis d'excellents vers.
Mais il faut reconnaître que ces strophes sont fortement animées par le sentiment poétique. Il y a comme une lumière qui illumine, comme une force inconnue qui vivifie : le poète se soutient et l'inspiration y est. Je citerai parmi ses meilleurs morçeaux Warnings, et cette parodie, À fe on the Ocean Wave.
M. Proctor est encore un jeune homme, et j'espère qu'il continuera à enrichir nos cartons littéraires. En évitant les noirs accès de mélancolie qui obscurcissent ses productions, il pourra arriver au premier rang.
HeLEN MACcPHERSON naquit à Magog, P.Q., en 1835, et mourut en 1863. Cette demoiselle avait apporté en naissant tous les dons de la poésie. A l’âge de quinze ans elle composait des vers élégants. A vingt ans elle publia un volume de poésie: Poems, de250 pages qui fut reçu avec encouragement. En 1838, elle publia un traité intitulé : The Bride of Christ. Sa poésie est ardente et il y a comme un souffle puissant de génie qui anime et vivifie ses strophes ; sa dictien est riche et variée. Les poésies qui sont parues après la publication de son volume sont de beaucoup plus châtiées et plus finies : le goût s'était formé avec les années. Plusieurs de ses morçeaux sont évidemment écrits SOUS l’influence du mal affreux qui la rongeait, la phthisie; il y règne une tristesse qui fait mal à l'âme. Parmi ses meilleurs poëmes on cite : Good night, To a Dandelion, I shall depart, The watcher.
JAMES McCarrozz naquit en Irlande, en 1815. En 1851
il vint s'établir avec sa famille en Canada, et s’enfonça dans les forêts sauvages de la Province d’Ontario. Son goût naturel pour la poésie le mit bientôt en rapport avec le \ journalisme et il publia le Chronicle de Peterboro, et devint « plus tard propriétaire du New-Castle Courier. Ses meilleurs pièces de poésie parurent dans lAnglo American Magazine, The \ Leader, The Home Journal et le British American Magazine. \ 7] réussit surtout à manier l'épigramme ; son talent humo- ‘1 ristique et spirituel à fait du Latch Key un petit journal qui rappelle toutes les malices de l’ancien Punch de Londres. Ses meilleures poésies sont Madeline, Royal progress, the Grey Linnet. 110 Outre son volume de poésie McCarroll a publié plusieurs M nouvelles, entr’autres : The new Guager ; The new Life boat ; À The adventure of a night; Letters of Terry Finnegan to tre
écrit est plein d'esprit. Fr 14
Crrarzes MAR naquit à Lanark, P.O. Il a contribué pour plusieurs essais dans les revues littéraires du Haut et 4 du Bas Canada. Quoique jeune, M. Mair occupe aujourd’hui 4 une place importante parmi nos meilleurs littérateurs. En M 1868, il publia un volume de poésie, intitulé : Dream land and M other poems. d
« Les deux plus longs poëmes de cette jolie collection, dit 1 Madame Leprohon, sont Dream land et The Wind's Tale. Ce M derniér en peignant les souffrances et les efforts désespérés 4 de l'équipage d’un navire arrêté par les glaces et destiné à M périrau milieu des neiges du pôle arctique, donne une des- N. cription très vivante et très animées des terreurs et des désas- x tres que répand quelque fois l’aquilon, cet orageux enfant 1 de l'hiver. | | A
€ Quant à l’autre poème, Dream land, nous devons déclarer
‘que nous n’en sommes pas également satisfait; en réalité, c’est celui qui nous a le moins plû dans le livre. Quelques unes des images qu’il contient sont marquées par une crudité de langage qui déplaira au lecteur, on y regrette des expres: 4 sion d’un choix peu sévère. É à
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« Les poésies intitulées To. a morning cloud, The beautiful: land by the sea, Alice, Night and Morn et les strophes dédiées. à la mémoire du regretté M. McGee, sont très belles et prouvent un vrai talent chez l'auteur. August, The fire flies appartiennent au genre descriptif et ont une valeur incontestable. | | .# Cependant le, poème qui nous a plu d'avantage est inti-
tulé: The Pines. Non seulement son rhythme est parfait: et.
sa mesure exacte, mais de plus il peint avec, des couleurs très variées les magnifiques arbres de nos forêts canadiennes, dont on n’a pas assez vanté les beautés.” (1)
La première voix véritablement inspirée qui fit vibrer aux. accords d’une lyre éminemment archaïque des sons harmonieux et poétiques, est celle d'OCTAVE CREMAZIE.
Il y a quelque chose dans le talent de Crémazie qui ne se: rencontre que dans les natures d'artistes : il y a Pinspiration. Des élans subits et. passionnés vous entraînent dans des sphères élevées, sphères qu'habite la pensée du poète. Il revêt son style des couleurs les plus brillantes. Sous son
‘pinçeau tout se transforme et s’anime. Il donne aux choses
les plus communes un tour etune physionomie qui les agrandissent et lesrelèvent. Cette abondance de couleur et cette richesse dans les mots et les idées ne nuisent pas cependant, à la simplicité. La pensée du poète est claire et nette. Son vers est naturel ; il coule de source.
Mais so e n'a pas atteint du premier coup ces bohten qualités. Ses premiers essais furent critiqués. On cite encore ce mot resté célèbre que M. Aubin écrivit dans le. Fantasque à propos d'une de ses premières pièces : C’est de la prose où les vers se sont mis. Mais le poète ne se découragea,
. pas et prit bientôt sa revanche d’une manière éclatante.
“Ce fut la guerre de Crimée, rapporte M. Fréchette, qui. lui inspira les premiers chants où son génie se révéla. De temps à autres, les nobles bulletins qui nous arrivaient d’ou-
tre-mer, réveillaient son enthousiasme. Tous ces bruits loin-
(1) Revue Canadienne, V. 794.