‹ Histoire de la litterature canadienneChapitre 31 sur 66 · LOS · texte numérisé non relu

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léger dôme ? Qu'est devenu l’heureux acadien ? Aujourd’hui ces plages sont désertes et l’histoire a enregistré la dispersion

| de tout un peuple.

Voyez-vous là bas, au fond de ce joli val, cette maison

. coquette, voyez-vous ce vieillard aux cheveux blancs et cette

blonde jeune fille avec son gentil corset et ses cheveux au

. vent ; cet amas de maisons, c’est le hameau de Grand Pré :

ce vicillard, c’est Benoit Bellefontaine ; cette jeune fille,

1 Evangeline. La paix et l’aisance règnent dans leur demeure.

Evangeline a dix-sept printemps. Folâtre et gaie, elle

roucoule avec les oiseaux du jardin et module avec eux des

notes amoureuses que la brise embaumée emporte au loin.

. Elle est l'orgueil de son père et l’entretien de bien des jeunes

gens, mais seul Gabriel, le fils du forgeron, règne en maître

sur son cœur. Tous deux, après s'être livrés ensemble aux

plaisirs innocents de l’innocente enfance, avaient grandi sous la direction du bon curé, le père Félix. Ce digne ministre leur avait montré à lire et à prier. Tous deux étaient deve-

… nus grands et l’amour remplaca l'amitié.

Un soir d'été, Oh! quel beau soir: la nuit dans le vallon

était descendue en silence, l'étoile du soir étincelait encore,

irrisant le ciel bleu de ses filandres d’or, le troupeau était revenu à l’étable en flairant les parfums du gazon. Benoit le laboureur est assis au foyer, chantant les refrains de la Nor-

mandie. Evangeline, est occupée à filer. Mais bientôt on entend des pas retentir sur le seuil, c’est Gabriel et son père,

le forgeron, puis c’est le vieux notaire Leblanc qui vient faire le contrat de mariage des deux amoureux.

: Depuis quelques jours des navires anglais étaient en rade. La mine farouche des matelots et surtout le souvenir des

défaites subies par l'Angleterre à Louisbourg, à Port Royal et à Beauséjour rendaient plus suspecte encore la présence

de ces étrangers. Effectivement le lendemain, ordre fut donné de la part du roi d'Angleterre aux habitants de Grand . Pré de se réunir dans l’Eglise. La, le commandant annonça

que le roi son maitre avait jugé à propos de punir leur

rébellion en s’emparant de leurs propriétés et en dispersant . Les familles sur le continent,

Et ce barbares matelots s'emparent de ces paisibles habi- : tants, les embarquent à bord de leurs navires et les transpor- M tent sur les rives du continent. Le père avait été séparé de son épouse et les enfants de leurs parents. En s’éloignant, les Accadiens virent leurs maisons, leur village, devenir la proie des flammes.

Le père d'Evangeline ne put survivre à tous ces malheurs. La voilà seule, orpleline, et Gabriel a été placé sur un autre navire. Ils sont séparés à la veille même de leur union C’est alors que commence l’odyssée douloureuse de l’acadienne. Le souvenir de Gabriel ne la quitte pas un seul instant. Elle interroge tous les cimetières et demande à la terre si elle recouvre son amant. Elle questionne le passants mais personne ne peut lui répondre. De longs jours s’écoulent, elle espère toujours. |

Une petite phalange d’acadiens s'était répandue dans les riches prairies du sud. Evangeline en est informée, elle se résout d’y aller. Elle part accompagnée de ses malheureux compagnons qui eux aussi étaient à la recherche de leurs parents. Ils arrivent à la Louisiane et retrouvent le père de Gatkriel, le vieux forgeron. Mais le fils triste et découragé était parti pour les forêts. Nouveau désenchantement pour la pauvre Evangeline. Elle se met sur ses traces. Elle marche, s'enfonce dans les forêts, traverse les tribus indiennes. Mais toutes ses courses sont vaines. Elle ne peut retrouver celui qu’elle cherche avec tant d’ardeur.

Bien des années s'étaient écoulées et des rides étaient venues obscurcir le front autrefois si calme et si pur de la belle acadienne. N'’espérant plus rien sur la terre, elle s'était dévouée au service des malades dans un hôpital de pestiférés, à Boston. Un jour on apporte un malade. C’est un homme déjà âgé, la mort est répandue sur tous ses traits : il est sur le ‘point de rendre le dernier soupir. Evangeline le reconnait ; c'est Gabriel. “Je te retrouve enfin, dit-elle, et nous mourrons ensemble.” Et tous deux se donnèrent le dernier baiser de paix. On accourut, ils étaient morts! La même tombe reçut leurs dépouilles :

Et tout était fini : la crainte et l'espérance, Les fidèles amours et la longue souffrance.

. Le poëme se termine par un adieu à la vieille forêt. Héles ! aujourd’hui, ajoute le poëte, sur cette terre autrefois si gaie et si riante, on entend murmurer un étrange idiome, on voit jouer les fils d’un étranger :

Seulement sur les rocs que le flot vient ronger Et sur les bords déserts du sonore atlantique On voit, de place en place, un paysan rustique. C’est un pauvre acadien dont le plaintif aïeul Ne voulut pas avoir pour sépulcre ou linceul La terre de l’exil, si lourde et si fatale,

Et qui revint mourir à sa rive natale,

C'est là le fond du poëme Evangeline. Les beautés de détails rehaussent encore ce sujet si fécond. La description de la maison du père d'Evangeline ct la peinture"le la vie rustique ne le cèdenten rien aux meilleures égloges de Virgile ou de Théocrite. Je citerai encore comme un modèle de des-

… cription cette partie qui peintsi bien laluxuriante végétation

du Sud. Lepotit épisode de l’indienne à qui on a tué le mari

ainsi que l’apologue du père Leblanc, pour prouver que la

Providence n’abandonne jamais le faible même ici bas,

donnent de nouveaux reliefs au récit.

Je ne dirai que peu de chose de la traduction de M. Lemay; J'ai déjà mentionné qu’elle était bien réussie. Il a parfaitement rendu le caractère de l’œuvre et les amis de notre littérature lai doivent des remerciments pour avoir fait passer dans notre langue et sous le ciel du Canada ce beau monument de la littérature des Etats-Unis. Le traducteur ne s’est pas caché les difficultés qu’il avait à vainere et il demande grâce pour les imperfections qui devaient nécessairement se glisser dans une œuvre de ce genre. Ces défauts sont rares et la critique impartiale se hâte de reconnaître l'harmonie du vers, lu richesse de la rime et la flexibilité du tour poétique. Les efforis que l’auteur a faits pour conserver au poëme toute la force du texte ont dû contribuer énormément à lui donner cette facilité et cette flexibilité qui distinguent tous les écrits de M. Lemay.

Les Æssais poétiques contiennent encore d’autres pièces de \ poésie; ce sont pour la plupart des descriptions ou des 1 strophes élégiaques. Je citerai, entr’autres, La descente des Iroquois dans l'Ile d'Orléans. Ce chant rappelle de tristes 1! souvenirs historiques qui remontent à 1656. Le sommeil de d l'enfant est un petit chef-d'œuvre de fraicheur et de grâce ; Ironie et prière, Il faut chanter, méritent d’être cités.

M. Lemay a encore attaché son nom à deux autres poëmes \ couronnés par l’Université Laval : La découverte du Canada et … l Hymne national pour la fête des Canadiens-français. Ces sujets | avaient été proposés par l'Université. Voici, d'après le rapport | du jury, les raisons qui ont engagé les MM. de l’Université à | proposer ce sujet. ‘“ La faculté des arts, en choisissant la. découverte du Canada pour premier sujet de concours de. poésie qu’elle a établi l'an dernier, n’a pas voulu seulement … former entre l’origine du concours ct l’origine de notre ste une sorte de lien poétique ; moins encore a-t-elle voulu arracher à l'oubli un nom qui brillera toujours au frontispice de notre histoire, un de ces hardis navigateurs que le XV etle XVI siècle ont vus promener leurs voiles aventureuses sur‘ des mers lointaines et inconnues, fonder des empires plus | vastes que l'Europe et mourir souvent ignorés, après avoir. comblé de gloire et de richesses leurs pays et leur souverain. La faculté a vu dans ce sujet un thème fécond d’inspirations poétiques qui, par des circonstances naturelles, et surtout par M l'intérêt qui s'attache pour tout homme bien né aux origines à de sa patrie, semblait offrir aux jeunes talents avec une entre- d prise héroïque, des caractères heureux, une nature riche à M peindre, le contraste frappant de mœurs rudes, d’une sauvage simplicité, avec une civilisation sinon parfaite, du moins fort avancée. 4 |

Ta découverte du Canada remonte, en effet, à cette époque pleine de troubles et de grandeur, où des esprits hardis et quelque fois téméraires, épris de l'inconnu et de la nou veauté, tentèrent des voies nouvelles dans les lettres comme dans les sciences, dans la religion comme dans la navigation.

“ Déjà quelques nations de l’Europe s'étaient partagées le

nouveau monde ; seule, la France, semblait étrangère à œ mouvement. Mais Dieu avait marqué son heure et le roi très chrétien, François I, envoya un hardi navigateur breton vers les contrées encore inexplorées de l’Amérique, pour y planter la croix et y établir un empire chrétien au milieu

des peuplades barbares asservies au joug de leurs manitous.

. “ Décrire cette expédition, les hasards d’une navigation

lointaine dont les progrès de l’industrie ont fait un jeu, une

sorte de promenade agréable ; peindre cette nature grandiose, ces fleuves immenses, ces forêts séculaires que Chateaubriand a célébré dans une prose si poétique ; reproduire par le cœur encore plus que par l’imagination, les sentiments que durent éprouver au milieu des périls d’un long voyage, à la vue de toutes les merveilles qui frappaient leurs regards et de ces spectacles si nouveaux pour eux, des hommes au cœur pur et fortement trempé ; étudier le caractère et les mœurs d'hommes sauvages, leur naïf étonnement, leur défiance, leur susceptibilité native, leur feinte et leur amitié . perfde, voilà une partie des richesses que présentait au talent le sujet proposé au concours par la Faculté des Arts ; sujet vaste et poétique, dont les anciens eussent fait une épopée plus merveilleuse que les voyages de lingénieux Ulysse, plus touchante que les malheurs du pieux Enée ; mais que les concurrents devaient circonscrire pour demeurer dans les bornes du concours et céder à l'impérieuse nécessité du temps, qui ne lui permettait pas de parcourir une aussi

‘longue carrière, d'entreprendre un voyage qui demande des - années, un talent mûri par l'étude et l'expérience, toutes les

ressources d’un génie grand et sublime.”

Après avoir parlé des autres concurrents, le rapport du … jury en arrive à M. Lemay qui obtint la médaille d'or. “1 me reste, dit-il, à parler du seul essai de poésie épique qui ait été présenté au concours. L'auteur, habitué aux vastes horisons, n’a pas craint d'entreprendre un travail dont l’étendue dépasse les exigences de ce concours. C'est moins une pièce de poésie, qu'un long poème de près de trois milles vers, où le sujet, dans un plan vaste et bien ordonné, se

“Age

déroule majestueusement comme les ondes du grand fleuve qui baigne nos rivages. Fidèle à l’épigraphe qu’il a choisie: 4 a solis ortus usque ad ocasun laudabile nomen domini : De L l'aurore au couchant le nom du Seigneur est digne de)" louanges, l’auteur à embrassé dans son cadre le ciel, la terre

et les enfers. Il monte jusqu'aux cieux, à la suite de l'ange

du Canada, pour y dérober les secrets desseins de l'Eternel: il M descend jusque dans les profondeurs de l’abîme pour y suspendre les sinistres complots des démons toujours acharnés.

à disputer à Dieu ses conquêtes, et entraver ses miséricordieux projets, et la terre est le champ de bataille où se livre ce mystérieux et perpétuel combat du bien et du mal, de la

vérité et de l'erreur, de Dieu et du démon. De là cet emploi %

du merveilleux chrétien qui souvent élève le poème à des M hauteurs inconnues des anciens, et ajoute au tableau déjà si riche des horisons lointains qui en augmentent singulièrement l'effet.

‘“ Je ne veux pas mêler à l'appréciation de ce poème de minutieux détails d'analyse. Jedirai seulement que le jury a été heureux de rencontrer parmi les pièces de poésie prégentées au concours, un essai de poésie épique où les règles du genre sont fidèlement observées, les ressources du sujet habilement mises en œuvres, le style toujours pur et quelquefois d’une précision remarquable. Nourri de la lecture des grands modèles, l’auteur a su les imiter en conservant une large part d'invention et d'originalité. Il manie le style épique avec bonheur, il en connait les secrets, les grands mouvements. Les comparaisons heureuses qui abondent partout ne sont pas une des moindres séductions du poème. A toutes ces qualités, vient se joindre un charmant épisode placé à propos au neuvième chant, comme pour reposer les lecteurs et les matelots des agitations de la tempête qui a dispersé les … vaisseaux de Cartier et a poussé la grande ITermine sur une île déserte, |

- Les plus beaux chants de cet essai sont incontestablement le premier, le deuxième, le sixième, et le neuvième chants, où le poète se soutient à une plus grande hauteur. La

chaleur, une sorte d'entrainement, naïssent de l'invention et de la fiction, la poésie y est plus facile, le vers mieux rempli, les idées mieux enchaînées, le tableau plus coloré et . plus varié que dans les autres parties du poème. Le jury a » parfaitement Compris qu'un poème d’une aussi grande étendue, composé dans un si court espace de temps ne pouvait manquer de fléchir par quelque endroit. Aussi n’atil pas été surpris d'y trouver quelques tâches. Il est demeuré persuadé que l’auteur, si le temps l’eut pormis, eut pu resserrer certaines parties de son ouvrage qui languit parfois, " donner à d’autres un développement plus complet, tracer le caractère de son héros d’une manière plus nette et plus précise, … multiplier les caractères secondaires presque effacés dans le poème, et marcher à travers les données de l’histoire d’un pas plus libre et plus dégagé.

‘“ La dernière partie de l'ouvrage a surtout paru porter des traces d’un travail rapide: on dirait que l’auteur fatigué d’une longue course, aspire au repos. Ce n’est pas cependant “que cette partie du poème soit sans mérite : le poète est tou- | jours poète, même quand il parait sommeiller.” (1) L'hymne national pour la fête des canadiens-français est un - magnifique morceau de poésie lyrique. ;

Avant de terminer, je citerai encore une belle composition publiée dans la Revue Canadienne du mois d'avril 1867. Elle a pour titre: La Débäcle du St. Laurent. Des descriptions tracées de main de maitre, une inspiration soutenue, une . versification irréprochable font de cette composition un . petit chef-d'œuvre.

M. Fréchette a porté le jugement suivant sur le talent de M. Lemay. | | … “M. Lemay n’est pas un poète bruyant. On rencontre assez rarement chez lui de ces vers qui vous étonnent, vous … fascinent, vous enlèvent. Sa strophe ne grondera pas comme … un tonnerre lointain, comme la puissante rumeur d’une cataracte ; son hémistiche ne sonnera pas comme une fanfare,

(1) Louis Beaudet, Revue Canadienne, IV, 786.

ne bondira pas comme une fusée d'artifice. [ln y a pas dans 1 sa phrase de ces hardis éclats de voix, de ces grands coups |

d'ailes que l’on rencontre si souvent chez Crémazie. Il manquera dE de souffle, d’haleine, d'envergure, si je puis mexprimer ainsi. Mais en revanche, son vers est toujours coulant, facile, harmonieux, bien jeté ; sa strophe est simple, moelleuse, agréable, peu hardie, mais bien finie, peu imitative, mais toujours suave. En général, il ne plane pas très-haut ; mais il se berce dans une atmosphère fraiche: et parfumée. Il ne vous fera pas éprouver de sensation poignante, d'émotion soudaine; mais il vous versera des fleurs à pleines mains, il vous enivrera d’arômes. Ilne vous montrera pas du doigt l'aire d’un oiseau de proie suspendue. à à la cime d’un roc; maïs il écartera le feuillage qui cache le nid mélodieux d’une fauvette. Ce n’est pas le grondement

les mousses. Ce n’est pas le rugissement du lion, c’est le roucoulement de la colombe. Ce n’est point le vol de l'aigle; M ce sont les molles ondulations du cygne. Il faut à Lemay À des sujets doux, gracieux, paisibles, Il aime à fouler les « pelouses fleuries, et non pas à gravir les roches escarpées. Le naif de l’idyle et la simplicité des poèmes champêtres w convient mieux, ce me semble, à son talent que les fantastiques allures de la poésie lyrique.” 44

La cantate est un genre de poésie lyrique D ÉnÉtS IUT ETS x peu en usage parmi nous. Nous avons cependant remarqué, depuis quelques années, certains morceaux dans ce genre, indice frappant de l’art parminous. Car, la cantate, d’après. J. B. Rousseau, à qui nous devons ce poème, demande quelques traits fabuleux ou historiques d’où l’on puisse tirer des ! réflexions morales. Suivant cet écrivain, elle doit être une allégorie exacte dont les récits forment le corps et les. airs, l’âme et l'application. On le voit, ce poème n’exclut-ni les es nobles, ni la pompe de l'expression, ni l’entrain, mais rejette les écarts et le désordre de l’ode. Elle cours deux genres: le genre noble et le genre gracieux. La, musique qui s'allie à la poésie dans ces chants rehaussent

‘encore le sujet et contribuent à charmer l'oreille et à attendrir l’âme.

| Aïnsi, chaque fois que ce genre de poésie se retrouve chez une nation, c’est l’indice certain du sentiment poétique et une haute expression de l’art. En Canada nous avons des

représentants de ce genre de poésie et des A dans les deux genres de cantate.

Nous devons d’abord mentionner la Cantate « en l'Honneur de son Altesse Royale, le Prince de G'alles, à l’occasion de son voyage au Canada (1860) par EpouarD SemPpe. Vient en second lieu la \Cantate dela Confédération dédiée à Sir G. E. Cartier dont les

paroles sont de M. AcninrRe, et la musique de J.B. LABELLE. Le morceau est un succès. L'introduction se . fait par une prière à l'éternel. Le poète jette un coup d'œil sur l’histoire de la colonie dans le récitatif. Le style est clair et énergique. A la fin de la première partie on à heureusement intercallé une chanson de Sir. G. E. Cartier:

“O Canada, mon pays, mes amours ; la deuxième partie renfer-

“me le chant des différentes provinces. Le Bas-Canada est ‘représenté par les laboureurs, le Haut-Canada par les défri-

cheurs, la Nouvelle-Ecosse par les pêcheurs et les matelots, Wie N Aer Brunewick par les ouvriers.

Le lecteur aperçoit de suite la magnificence de ce plan. “L'exécution en est d’ailleurs parfaite. Les airs sont vifs et “animés; la Canadienne, le serment des provinces, et le chant

final sont sans contredit les plus belles parties du chœur.

La Croisade canadienne (1870), cantate dédiée aux cana- ‘diens par M. ALP. BELLEMARE, musique de M. J.B. LABELLE, est inférieure à la cantate de la confédération. On remarque cependant en certains endroits des jets poétiques. Le chœur d'introduction est une prière à l'Eglise et le récitatif est l’histoire de la croisade. La deuxième partie parait être la meïl- Jeure de la pièce. Le chant guerrier des Zouaves canadiens et ‘leur salut à la patrie sont d’une poésie très-animée. Dans "a troisième partie, la patrie chante le retour des Zouaves.

M. Bellemare était encore un tout jeune homme et son talen t

‘de poète n'aurait fait que s’accroître. On peut exiger plus de

AE

correction, plus de richesse dans la rime, surtout plus de” variété dans les couleurs. Une mort prématurée est venue enlever en 1872 le jeune poète à sa famille, à ses amis, et. aux lettres canadiennes. :

C’est le moment de parler ici de ELZEAR LABELLE et de 4 son beau talent. Spirituel, gai, inconstant, bon compagnon M et bon viveur, M. Elzéar Labelle est une de ces riches organi sations que la nature à pétri et animé d’un souffle poétique." 1 On croirait que la déesse des beaux arts a touché de son aile. cette âme d'artiste qui s’'épanche à HOBE dans les fors entre- F

ne se hâte pas de RARE Ami de tout le monde, —j'entends to 4 monde littéraire, élégant et spirituel, —préférant les doux pro-\ pos de l’amour et les molles caresses du loisir aux âpres k. jouissances de la gloire, M. Labelle, destiné à se placer au 1 premier rang parmi nos poètes, n’a écrit ses Rimes que pour se débarrasser des sollicitations ennuyeuses de ses amis qui veulent malgré lui en faire un grand homme. Ce volume est actuellement sous presse. Les Rimes contiendront toutes les pièces de poésie que l'auteur a publiées à différentes" époques dans les journaux du temps. On y lira de bons ‘vers et des morceaux de la plus fine gaieté, L'’épitre dédiée » à Buis et ce morceau intitulé, Dans la chambre de Flavien, « rappelleront lorigtemps, à la jeunesse instruite de notre époque, l'esprit de camaraderie et de bohème littéraire et politique qui animait tous ces grands hommes en herbe, F devisant dans la chambre de notre ami Flavien de onnibus. à rebus et quibusdam aliis. 4 C’est dans l’Operette Canadienne ou la conversion d'un pécheur « que M. E. Labelle a déployé ce talent de verve spirituelle: qui le distingue. C’est étourdissant de calembourg, d'esprit, GDEPROS et de folles gaiétés. Le sel gaulois et parisien ou.

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