partie d’un programme de concert, les organisateurs 8 ation
dent avec droit à une recette Aban late et à un auditoire. 4 nombreux.
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En véritable artiste qu’il est Elzéar Labelle a dépensé la plus belle partie de sa vie à jeter aux quatre vents du ciel les notes amoureuses de sa poétique rêverie. Incapable de se faire au réalisme de la vie pratique, il est de ceux qui vivent plus par le cœur que par l'intelligence et qui, à force de ne rien faire, oublient ce qu'ils étaient capables de faire. Il avait trop reçu et il n’a pas produit assez.
Je pourrais également citer de lui cette malicieuse épigramme dirigée contre un ancien candidat, intitulée: Æntretien de M. Lanouette avec sa femme le soir de sa défaite électorale.
M. ARTHUR CASSEGRAIN s’est d’abord fait connaître comme littérateur par plusieurs écrits publiés dans le Courrier du. Canada, en particulier des compte-rendu sur le cours de lectures de l’abbé Ferland sur l'Histoire du Canada et une série d'articles sur l'éducation universitaire.
II a publié, conjointement avec M. P. À. DIoNNE, un poème humoristique intitulé : La Tauride, qui parut dans la Revue Canadienne de 1864. Une autre de ses pièces de poésie sur le 100ième anniversaire de la bataille de Ste. Foye a été hautement louangé par un poète français, de passage en Canada, M. Sompé. Enfin, nous avons encore de lui, La Grande Tron ciade, poème badin qui, en certains endroits, rappelle le Vert vert de Gresset et le Lutrain de Boileau.
& Le travail de M. Cassegrain,dit M. C. P. Lemay, n’est pas toutefois sans mérite, Les personnages qu’il nous présente sont assez vraisemblables : ses tableaux ne sont pas dépourvus de couleurs. Cet ouvrage lui servira de marchepied pour atteindre plus haut. M. Cassegrain a une diction assez ‘facile et il serait injuste de ne pas admettre qu’il se rencon-
tre, par endroits, d’assez jolis vers. Mais pour qu'un poème . soit tolérable, il faut que les bons vers ne soient pas l’exception. Emporté par la vapeur, M. Cascegrain ne semble pas voir les barrières que la prosodie met invariablement sur la voie où s’élancent les poëtes, et il arrive au bout du vers avec tant d’ardeur, que ne pouvant s'arrêter, il enjambe sur le voigin, fort surpris de son audace. Son respect pour la rime ne va pas jusqu’à l’idolâtrie. J’ai rencontré maintes syllables
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finales très mécontentes de se voir courbées sous le même joug et forcées de chanter de concert. Pour terminer, je dirai que je ne crois pas que M. Cassegrain soit sorti victorieux de la lutte contre le vieux proverbe : Qui trop embrasse mal étreint.” (1)
Cette critique, un peu trop acerbe peut-être, de la part d’un poëte, ne saurait décourager la muse badine et gaie de M. Cassegrain. ‘Il se doit à la littérature de son pays ; elle. attend encore quelque chose de lui. n
M. Eusracne PRUDHOMME, notaire à Montréal, a des apti-. tudes véritables pour la poésie descriptive. La plupart de. ses productions ont été publiées dans la Æevue Canadienne. Sa pièce intitulée : Mon Village, marque une vivacité pro-. digieuse de sentiment, L'auteur est doué des plus beaux” dons de l’imagination. Ce n’est pas encore un talent mûr, mais l’étude ne fera que développer ce que la nature à déjà. si bien commencé. |
Mais l’œuvre capitale de M. Prudhomme est son poème :. Les martyrs de la foi en Canada, pp. 32, in-8°. Ce travail a 1 obtenu la médaille d'argent au concours de poésie de 1868. à Voici les remarques flatteuses qu’en fait le secrétaire du j jury. | dans son rapport
f J'arrive er au poème qui à déterminé les suffrages du jury et auquel la Faculté des Arts a décerné la médaille d’ar-. gent. S'il n’a pas obtenu la palme la plus brillante, l’auteurk saura bien la trouver un jour. Déjà nommé honorablement. dans ce concours, il monte rapidement au sommet de ia perfection. Son talent se fortifie ; et bientôt comprenant que ï le travail et l'étude peuvent seuls donner à la fécondité, quelque peu exhubérante de sa pensée, des jets moins multipliés, » mais plus forts, des détails plutôt choisis que nombreux, il « émondera le feuillage trop abondant de sa poésie. Il sait déjà. embrasser un sujet dans toutes ses parties, l’agrandir même à son gré, se tracer un cadre vaste et régulier, et le remplir. si bien avec cette perfection et cette sobriété qui sont d’un
(1) Revue Canadienne, 111, 441.
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art consommé, du moins avec cette abondance qui ne laisse plus que l'embarras du choix.
“ Dans un prologue le poëte annonce heureusement son sujet et les divisions de son sujet.
. “Le missionnaire, le soldat, la vierge chrétienne : voilà les sujets que le poëte célèbre dans trois chants ; voilà les martyrs dont il chante le dévouement.
“Le premier chant, avec moins d'éclat dans les images, moins de pureté dans le goût et dans Le style, rappelle involontairement la manière de Victor Hugo dans quelques pièces qui signalent la seconde période de son génie. Ce sont les mêmes énumérations, la même profusion de détails, lamême anatomie de la pensée. On croit sentir le scalpel du médecin, disséquant à plaisir, je ne dirai pas le cadavre, mais les ailes de la poésie. Rarement le vers s’elance vers les sublimes sommets où plane le génie lyrique, il semble par fois embarrassé dans les plis nombreux de son vêtement et se trainer péniblement lorsqu'il devrait voler d’un vol libre ét hardi dans les régions suprèmes de l’air. Sans doute, le poète, en continuant de bien penser, donnera à son vers une allure plus franche, un vêtement plus brillant, un ton plus élevé et plus soutenu, tout ce qui lui manque encore du côté de l'élégance, de l'harmonie, de la noblesse et de la précision.
“ Ces défauts, ou plutôt ces imperfections, sont moins visibles dans le second chant ; la variété du rythme donne à la poésie une aisance qu’elle n’a pas dans les grands vers. Cependant, si la muse encore timide, en parcourant sous Varmure des preux, les champs du combat, fait par fois jaïllir ‘une étincelle cachée sous la cendre,parfois aussi elle brûle ses ailes au feu mal éteint du canon.” (1)
Dans le troisième chantintitulé: La Vierge de Dieu, V'auteur fait parler l'esprit du siècle et l'esprit du ciel. C’est le plus beau du poème.
M. Prudhomme avait conconru en 1867 sur le sujet: Za découverte du Canada ; il a obtenu une mention honorable.
(1) Louis Beaudet, Revue Canadienne, V, 676.