‹ Histoire de la litterature canadienneChapitre 33 sur 66 · HET AR MAS RSR · texte numérisé non relu

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donne à l’Université la propriété don manuscrits qui. ll à sont envoyés et qui en défend l'impression aux concurrents, « est, comme ün le voit, des plus désavantageuse. Nous laisse- à rons donc la parole au secrétaire du jury chargé de Rire rapport. À

“Le No. 3, dans un cadre vaste et bien rempli, a paru au M jury renfermer des qualités précieuses. L'auteur à choisi M pour épigraphe ces vers d’un de nos poëtos contemporains, « dont les lettres canadiennes déplorent l'absence et RER man- \ que à l’ornement de ce concours : :

Ils pliaïient les genoux en touchant ton rivage ; Puis, au maître du ciel adressant leur hommage, Plantaient un drapeau blanc à côté d’une croix. O. CREMAZIE.

« Le sujet x ce travail, peut-êtro un peu morcelé dans les vingt quatre chants qui Fe composent, a été touché dans 4 toutes ses parties, souvent avec bonheur, toujours avec cette variété qui plait et soutient l'attention. Le style imagé, coloré, d’une hardiesse quelque peu téméraire, descend quel- 4 quefois dans les régions voisines de la prose et semble accu- 4 ser encore un peu d'indécision dans le goût, quelque inexpérience de la langue et de l'harmonie. Ces légers 4 défauts disparaissent presque complètement dans les chants M intitulés : La voix de l'Agouhaïna, La voix du Chasseur, La M voix du Pécheur, La voix d'une jeune Indienne, que le jury a jugé la partie la plus recommandable du poème, et qui prou-. L. vent que l’auteur avec un peu plus de soin de l'harmonie, b une diction plus pure et une distinction peu soutenue, pourra prétendre, dans un prochain concourt, à un mine plus distin- M gué.” (1) 4

M. BENJAMIN SULTE est un des meilleurs représentants de. 4 la poésie en Canada. Un critique, le Rév. M. Dawson, l’appelle à cause de son nom et de son âge, le Benjamin de la famille de nos poëtes Canadiens. 1

() Louis Beaudet, Revue Canadienne, Vol. 8.

Il naquit à Trois-Rivières en 1841, et se livra de bonne Miénre aux travaux intellectuels. La ville de Trois- * Rivières lui doit la fondation de l’Institut littéraire do t il fut le premier président. Il a beaucoup contribué à relever le niveau littéraire de son pays. En 1866, il fut nommé rédacteur du journal Le Canada et en 1867, membre

| D ordant du cercle artistique et littéraire de Bru- “xelle. Doué d’une nature sympathique, d’un caractère franc et ouvert, d’un talent aimable, d’une conversation enjouée, “on dirait, à le voir, qu'il n’a jamais connu la tristesse, qu'une fée joyeuse lui a servi de guide à travers le monde et Va éloigné de lui l’amertume que d'ordinaire il faut boire sur F de chemin de la vie. Son front de poëte a l'air vierge de tout souci et sa lèvre ronde est toujours ouverte pour moduler

: des chants d'amour ou de gaité.”’ (1) M. B. Sulte à publié un grand nombre de poésies dont D

mn se retrouvent dans la Revue Canadienne, l'Echo du “Cabinet de Lecture, Le Foyer Canadien, les Soirées Canadiennes et le Journal de V'Instruction Publique. Ces pièces détachées ‘ont pris une forme tangible dans le recueil intitulé : Les * Laurentiennes. C’est là que le critique trouve le plus pur miel .que distille la plume du poëte trifluvien. Le livre est dédié à l'Hon. P.J.0.Chauveau; la dédicace n’est pas la partie la plus faible du livre. L'auteur sait prendre tous les tons en traitant tous les sujets. Le livre ne contient pas de pièces de . longue haleine,mais il renferme grand nombre de poésies pleines de fraicheur,de grâce, d'humour et parfois d'élévation. Les . premières pages sont inférieures aux dernières ; le poète “s'est corrigé lui-même avec le temps. La chanson de l'Exilé -exhale des sentiments vrais : ; c’est le patriotisme le plus pur “qui l’a dictée, le refrain fera verser des larmes à tous ceux que la nécessité ou l'illusion ont éloigné de la patrie. C’est à “propos de ce chant qu’un poète canadien s’estécrié : “Anch’io "so Pitiore ! Ce garçon là est décidément poète ou les mots 2 ont plus de sens.” (2)

! (D) Le. Constitutionnel, Fev., 1870.

Ÿ (2) Emm. Blain de St. Aubin. Journal de Québec, Nov. 1869. PR : I

FT à

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