SN RER
pas s'en servir comme une autorité qui dispense de toute. autre : l’auteur a écrit, il n’y a pas à se le cacher, sous l’eme, pire de la passion; il a confondu, trop peut-être, sa cause | avec celle du peuple canadien, il a dù exagérer, dénaturerm la portée des actes de ses ennemis, Mais c'est un document, excellent, dans tous les cas, pour juger un côté de la médaile le. Il dit tout : sa franchise n’est égalée que par son amour. de la liberté et la noblesse de ses sentiments patriotiques Du Calvet est un grand citoyen, digne de figurer au nombres de ceux qui ont travaillé pour assurer notre bonheur social. Seul, à cette époque, il a tenu tête à l'influence anglaises C'est pourquoi son livre sera toujours là pour témoigner en s& faveur. Chaque page dénote du respect et de l’amour de l'auteur pour les institutions libres, pour le respect de la loi, pour la vérité et la sauvegarde des droits individuels et des ] franchises sociales. A tous ces titres, il mérite d’être, par là date, comme par les idées qu'il a émises dans son ouvrage; le fondateur et le père du parti libéral en Canada. à FRANcoIs JOSEPH PERRAULT, en son vivant protonotairé du district de Québec, ‘un es plus beaux caractères auxe quels Québec ait donné le jour,” (1) était fils d’un riche trai- tant. Il naquit en 1750 et mourut en 1844. Quand il se livra à l'étude, les livres étaient rares dans le pays. Il en copia, en traduisit un grand nombre et en che d’ ant Ïl réussit, à forcé d'énergie et de persévérance, à se meubler c l'intelligence d’une foule de connaissances pratiques et utiles Outre ses nombreux ouvrages sur l’agriculture, l'éducation et le droit, que j'examinerai plus loin, nous Ta devons un8 Histoire du Canada, 4 vol. in-18. Ce petit traité, qu'on n6«
trouve plus que difficilement, a été écrit, comme tous les © lvrages de Perrault, pour satisfaire aux besoins d'instructions populaire. C’est dire qu'il est élémentaire. La narration, s'arrête à 1855, pue de l’arrivée de Lord Gosford en Cas nada. Le style n’a pas non plus une grande pureté, ni beau coup de précision. Mais ces défauts s’effacent et disparaissent, devant la bonne volonté de l’auteur et les services qu la À
(1) Bibaud, Hommes illustres, p. 251.
rendus à son pays. Les hommes de cette trempe sont trop rares de nos jours.
Le Dr. Jacques LABRIE, célèbre patriote, naquit en 1783. Fit ses études classiques au collége de Québec et ses études médicales à Edimbourg où il fut gradué. Fut un des premiers zélateurs de l'éducation en Canada. Fonda sur un grand pied des écoles modèles et des académies pour les deux sexes. Rédigea le Courrier de Québec en 1807. Publia en 1827 les Premiers rudiments de la constitution britannique, traduit de l'anglais Brooks, précédé d'un précis historique et suivi
d'observations sur la constitution du Bas-Canada.
Il fit plus. Il écrivit la première histoire du Canada. Mais
il mourut le 26 octobre, 1831, à St. Eustache, avant d’avoir pu la publier. Dès le 30 Novembre, M. Morin proposa à la législature d’allouer £500 pour cette publication de trois ou quatre volumes in-octavo, en observant que depuis Charlevoix, plus d’un siècle s'était écoulé, sans que le Canada eut véritablement un historien. M. Morin fut chargé du soin de publier cette histoire pour laquelle l’auteur avait recueilli tous les matériaux que la province pût lui fournir. Mais les troubles politiques de 1837 survinrent et le manuscrit déposé chez feu M. Girouard a déplorablement péri au sac et à l’incendie de St. Benoit. Quelques fragments parurent dans la Bibliothèque Canadienne de Bibaud. |
Jacques Labrie, tout chaud canadien qu’il était, se sépara de M. Papineau sur la question des subsides. Il est un de nos plus anciens écrivains et ses travaux sur notre constitution et sur notre histoire lui valurent le surnom de Tite-Live du Canada que ses amis lui ont décerné et que la postérité aurait sans doute confirmé, si son travail de 30 années ne fut devenu la proie des flammes et des pillards.
WILLIAM SMITH naquit en 1770. Arriva en Canada ayec son père, en 1786. À été Greffier de l’Assemblée Législative et Maître en Chancellerie, Fut nommé Conseiller Exécutif en 1814. '
Smith est un de nos plus anciens historiens. Il fait suite au père Charlevoix. C’est le premier écrivain anglais qui
entreprit d'écrire une histoire régulière du Canada. Son … ouvrage, qui remonte à l'origine de la colonie et qui s'arrête à 1791, est iutitulé : History of Canada from the first discovery to the peace ; and from the establishment of the civil Govern 4 ment in 1764 to the establishment of the constitution in 1796, 2 vol. in-8. Cetouvrage a été publié à Québec en 1815. Il'est reconnu que Smith est l'écrivain le plus partial qui ait entrepris d'écrire l’histoire du Canada, Il vivait juste- É. ment à cette époque de transition, de crise sociale et de M malaises nationaux où les deux races furent mises pour la 4 première fois en présence l'une de l’autre. Mêlé aux événe- M ients publics et aux nombreux changements politiques survenus de 1759 à 1791, l’auteur prit une part active en faveur $ du vainqueur et se fit l'écho des fanatiques qui voulaient L violer les clauses du traité définitif de paix. Ila nécessaire- \ ment montré dans son histoire des tendances d’anglomanie 4 qui en font le plus partial des écrivains de son école. Il vou- M lait, entre autres choses, la substitution pleine et entière, en | toute matière et dans toutes les branches, des lois anglaises 4 aux lois françaises. Il poursuit avec acharnement tout ce qui porte un caractère français et catholique. Au clergé, il M veut enlever son droit à la dîime. Il défend l’acte du Test « qui éloignait,les catholiques des emplois publics et qui ne pouvaient, à Cause de leur croyance, souscrire aux déclara- 1 tions qu'on exigeait d'eux. Son égoïisme va même jusqu'à 1 | le faire s'opposer à la Constitution de 17 91 qui assurait aux ‘4%
canadiens un gouvernement libre, justement parcequ'il pres- 4 |
sentait que les efforts de l'Assemblée Législative finiraient par vaincre la résistance des gouverneurs, du conseil et de l'administration. 4
Il importait qu'une plume nationale revendiqua les droits M des canadiens et séleva contre ces prétentions arbitraires, | injustes et tyranniques. Garneau à rétabli les faits dans leur M vrai jour, exposé les droits et les justes prétentions des Cana . diens et dévoilé cettehaine sourde qui couvait dans le cœur de certains anglais qui, comme Smith, prétendaient asservir, 12 et anéantir la race française sur ce continent.
À part ces défauts qui rendent suspecte la lecture de l’histoire de Smith, je me plais à reconnaître que l’auteur a déployé un certain talent dans la partie du travail qui se rapporte aux événements militaires sous la domination française. Il décrit longuement les guerres entre les français et les indiens et donne des aperçus que Charlevoix n'avait fait qu’effleurer ou qu indiquer. Ce n’est pas qu’il soit exact dans tout ce qu’il dit ou impartial dans tous les jugements qu'il porte sur les événements et les hommes de la première domination ; non, il était trop préjugé contre le nom français pour: s'élever au-dessus des mesquines considérations de nationalités ; mais, en général, son système me paraît surtout faux . et son livre injuste à partir de 1759 jusqu’à 1791. . Aujourd’hui on n’étudie plus l’histoire dans Smith, qui,d’ail- . leurs, est devenu très rare. Ce document sert à la consultation et celui qui s’en approche commence par se mettre sous ses gardes, regrettant qu’un écrivain si distingué pour son époque n'ait pas suivi la belle devise qui orne le frontispice de son livre : ne quid falsi dicere audeat, ne quid veri non audeat.
L'année 1844 fut remarquable dans l’histoire des lettres canadiennes par l'apparition d’une œuvre capitale, je veux parler de l'Histoire du Canada par Mionez Brsaun.
Ce citoyen distingué naquit en 1782 et mourut en 1857. À cette époque, l’histoire impartiale, suivie, complète du Canada faisait encore défaut. On avait bien l’histoire volumineuse du père Charlevoix, ce vieux chroniqueur qu’on peut considérer comme le Vilhardoin ou le Joinville du Canada, mais cet ouvrage ne va pas au-delà de 1725. Il y avait bien encore l’histoire de Smith, Les beautés du Canada par DaN- VILLE, L'Histoire du Commerce et de l'établissement des Européens dans les deux Indes par RAYNAL, mais avouons que ces livres historiques ne pouvaient en aucune manière être: considérés comme la relation exacte, complète, suivie, détaillée des faits survenus depuis Péabliisement du Canada.
M. Bibaud a donc entrepris une tâche louable et, disons Jo de suite, c’est peut-être son plus grand mérite. Il à sans
doute beaucoup plus contribué à édifier les œuvres de Garneau, de Ferland, de Faillon, que les relations des Jésuites, la chronique du père Charlevoix et les autres documents relatifs à notre passé. Dans tous les cas il à puissammant abrégé | les travaux de ses successeurs en leur montrant une route
aplanie et en jetant une certaine lumière sur les questions
capitales de notre histoire. Mais là se borne le mérite de cet historien. Inférieur à Ferland comme historien philosophe, à Garneau comme historien politique, il cède encore le pas à Faillon comme narrateur. Le style est sans prétention. On pourrait exiger plus de clarté dans l'ordonnance générale M du plan. Le premier volume est écrit avec assez de pureté, 4
le second est fastidieux à cause de ses extraits que l’auteur M
cite trop souvent. L'écrivain ne prodigue pas assez les images M et les hardiesses de la composition. Ce défaut se fait sentir dans tous ses ouvrages : il est sec et froid. Son histoire ne saurait être, à l'avenir, un guide fidèle et sûr, car plusieurs de ses données ont été corrigées par les historiens qui l'ont suivi. D'un autre côté, il ne lui a pas été donné l’avantage de puiser aux sources authentiques et officielles. Mais on M peut également ajouter qu’il n’a laissé de côté aucun événe. M ment.important, que son opinion sur cet événement soit erronné ounon. Il ne suit pas, comme Garneau, le mouve- M ment social américain. Son œil ne perce pas le voile qui « couvre l'avenir des colonies voisines ; il se restreint au Canada et ne dépasse pas les limites de son sujet. s
L'auteur a divisé son travail en deux volumes et en plusi- % eurs livres. Le premier volume comprend l’époque de la
domination française ; le second, celui de la domination
anglaise, c'est-à-dire de 1760 à 1837.
On a attribué à Bibaud la rédaction du voyage de GABRIEL #4
WRANOHERE. D'autres écrivains l'ont nié. Le fait qui paraït L
lo plus accrédité sur ce point est que Bibaud aurait rédigé 4
les notes compilées par Franchère. Quoiqu'il en soit, cette chronique est:bien faite, malheureusement elle est devenue très rare. Elle a depuis été traduite en anglais par J. V. HunriN@pox de New York. Parmi les traductions de Bibaud
de l'anglais en français on cite plusieurs rapports géologiques de M. Logan.
Le Voyage de Franchère, comme on l'appelle habituellement, ou Relation d’un voyage à la côte du Nord-Ouest de l'Amérique Septentrionale dans les années 1810, 11, 12, 13 et 14, est un des plus anciens livres de notre hitétature Ce volume de 300 pages prés, in-8, fut imprimé en 1820, par C. B. Pas- TEUR, à Montréal. C’est dire de suite qu’il sent le bouquin à plusieurs lieues et qu’on ne le trouve que difficilement, Lecteurs ! je vois d'ici votre dédain pour ce vieux livre ; mais détrompez-vous, le voyage de Franchère est intéressant à lire. Sans doute, comme vous, je ne trouve point l’auteur un moraliste profond, un naturaliste savant, un géographe expert. Ce n’est ni Bouchette, ni Audubon, ni La Pérouse, encore moins Maltebrun ou Buffon, mais Franchère vous intéressera par l'exposé fidèle et succinet des situations où il s’est trouvé, des aventures qui lui sont arrivées et des incidents dont il a été témoin. La narration est simple et ingénieuse : pas de miracles invraisemblables, pas de faits Surhumains, pas d'aventures homériques ; non, c’est un pauvre trappeur avide de voyages et qui, avec l’enthousiasme d’un écolier à sa première sortie, quitte parents et amis et s'en va planter sa tente dans les pays d'en haut ; qui s’expose au froid, à la faim, à une vie rude et laborieuse, aux coutelas des peaux-rouges, à la dent de l’ours blanc et à la voracité des requins, échelonnant sur son passage les latitudes du nord et s’approchant pas mal près du pôle glacial. Voilà Franchère, voilà son livre ! Je l'ai lu avec plaisir, mais je n'assure pas que je le lirai une seconde fois, parceque je voudrai étudier le Far West dans des oùvrages plus récents.
La relation de Franchère me fait l’effet d’un monument de l'antiquité au milieu du monde moderne. Les choses vont vite au XIXe siècle, Quels changements depuis 50 ans ! Lorsque Franchère partit de Montréal pour son long et périlleux voyage, il s’embarqua à bord d’un canot d’écorce, traversa le fleuve, coucha à la Prairie de la Magdelaine sembarqua avec son canot dans une charette, se rendit à St:
Jean Dorchester, remonta le Richelieu, traversa le lac Cham- ï
plain et atteignit Whitehall. TI avait fait soixante lieues en six jours ! Et il n’était encore qu'à un pas de Montréal. Qu'était-ce donc que le Nord-Ouest à cette époque ? je laisse
au lecteur à le deviner, ou plutôt à s’en assurer dans la rela- \
tion de Franchère. Aujourd’hui, hélas ! le Nord-Ouest, mais
nous y touchons ; c’est un coin du pays. On y va en chemin
de fer et en chaise de poste. C’est colonisé, civilisé, embelli:
O puissance créatrice de l'intelligence et du travail humain, #
c’est là un des effets mystérieux de ta grandeur ! Encore
cinquante ans et le Far West, la Terra Incognita, sera dove- M
nu un nouveau monde dans l’ancien continent d'Amérique.
Je lis dans la Ruche Littéraire, la critique suivante faite u 4
du livre de Franchère—" Comme document historique, com-
me travail littéraire, l’œuvre de M. Franchère est pleine « N
d'attraits, et d'utilité. La modestie avec laquelle le voyageur
parle de son voyage ajoute un nouveau prix aux qualités qui M
le distinguent.
«Sans doute un littérateur consommé aurait dépensé grande
quantité d'esprit et de pages pour rendre compte d'une ex: É ploration comme celle que fit M. Franchère ; mais nous M«
sommes certain que jamais il n'aurait, malgré toutes ses con-
naissances, donné à son élucubration-autant de fraîcheur et # d'originalité qu’on en remarque dans le livre soumis à notre MW
examen:
« Quoique abondantes, les peintures sont toutes marquées 1 au coin de la diversité ; quoique fréquentes les scènes de terre et de mer brillent toujours et par le pittoresque du fait À lui-même, et par la gracieuse simplicité de l'expression. Bref, ; le voyage de M. Franchère est un livre qui se recommande M autant par l'utilité qui en constitue le fond que par les agré-\
ments qui en parent la forme.”
Jacques Vicer ou autrement le CommMAnDEUR VIGER, na -quit à Montréal en 1787 et mourut en 1858. Fit ses études à M l’ancien collége de Montréal qui portait alors le nom de Col- M lége St. Raphaël. Servit dans la campagne de 1812 comme M
officier sous le commandement de Salaberry. Passa la plus
grande partie de sa vie à collectionner les documents historiques se rattachant à l'histoire du pays. Tout le monde connaît sa fameuse sabardache, chronique variée et intéressante qui parut en partie dans la Bibliothèque Canadienne et l'Encyclopédie Canadienne de Michel Bibaud.
Le Commandeur Viger n’a presque rien écrit et cependant, comme antiquaire, il jouit d’une réputation sans exemple. Cette réputation, que la tradition nous a apportée, est passée à l'état légendaire. Elle fait de lui un des plus curieux types de notre histoire littéraire. Tous ceux qui ont écrit sur le Canada, compatriotes et étrangers, ont eu recours à lui: GARNEAU, l'Abbé FarLLon, Le Rév. P. MARTIN, MaARGRy, DE QuiBusQuE, LA Roome-HERON, AMPERE, etc. ‘“ Habile critique (1) antiquaire, numismatiste et héraldiste, lieutenant. * colonel de milice, premier maire de Montréal, ancien inspecteur des ponts et chaussées, Commandeur de l'Ordre romain de St. Grégoire-le-Grand, membre honoraire de l’Institut polytecnique, classe des lettres, et ci-devant Président de Ia Société Nationale de St. Jean-Baptiste, patron distingué des Beaux-Arts, il formait le plus bel album existant en Canada pour lequel il retrouvait et faisait peindre en miniature ou graver les portraits de nos célébrités.”
M. Viger fut élu maire de Montréal en 1832 et fut recommandé par Lord Gosford pour un siége au conseil exécutif. “ M. Jacques Viger, dit M. J. Huston, (2) est le Bénédictin du Canada, un nouveau Saumaise, un président Hénault; il n’a pas fait imprimer un seul livre d’archéologie ou de critique historique et il est connu au-delà de la frontière; des savants d'Amérique et d'Europe le consultent sur les faits les plus anciens et les plus obscurs de notre histoire comme on consultait autrefois les oracles de Trévoux et de St. Maur, comme on consulte aujourd’hui l’art de vérifier les dates. Il semble être à lui seul une académie! des Inscriptions et
Belles-Lettres, une société royale, ou ‘plutôt nationale, très-
(1) Bibaud. Hommes illustres.
(2) Répertoire National.
nationale, des antiquaires. Ce qu'il y a de curieux dans Ja. position de notre érudit compatriote, c’est que personne n’est plus étonné que lui-même des lettres qui lui sont adressées de si loin et par des célébrités qu'il ne connait pas; car, tout entier au Canada, il en a fait le cercle de son horizon, la sphère infranchissable de ses études. Archiviste volontaire, il n’a demandé ni au gouvernement, ni à la législature, de rassembler nos titres de gloire et de lui en confier la gârde; il a exercé les fonctions gratuitement pour le trésor, onéreusement pour sa bourse, en attendant, ou plutôt sans attendre le titre qui lui serait si légitimement dû. La bibliothèque créée par sa plume infatigable se compose de 28 volumes inquarto et d’une collection in-octavo, qu’il a ironiquement nommé sa Saberdache, parcequ'elle serait de poids à charger plus facilement un wagon que le léger portefeuille d’un hussard. Ajoutez à cela une correspondance de 40 ans, pétillante d'esprit et de gaieté; dans laquelle se reflète tout le mouvement de notre société contemporaine, et vous n’aurez encore qu’une idèe imparfaite de ce qu’une vie si laborieuse à pu produire.”
On a de M. le Commandeur une Relation de la mort de. Louis XVI, roi de France (1812) pp. 46 ; des Observations en améliorations des lois des chemins telles qu’en force dans le Bas-Canada en 1825; Rapports sur les chemins, rues, ruelles, ponts de la cité et Paroisse de Montréal, avec Notes (1841); Archéologie Religiouse du diocèse de Montréal ; Souvenirs historiques sur la Seigneurie de Laprairie (1857) page 13.
Tous ces travaux ont bien leur mérite, mais les écrits les plus originaux de M. J. Viger ont été publiés dans les revues du temps.
L’ABBE FRANcoIS Noïseux, ordonné prêtre en 1774, V. G. du diocése des Trois Rivières, s’occupa un des premiers, de la biographie, quoi qu'il n’ait rien publié. Il a intitulé ses écrits : Notice de M Noiseux sur les prêtres qui ont déservi en Canada. I] a été attaqué par le Commanpeur Vice, le Rev. P. MARTIN, l'abbé FaïLLon, M. SHEA, l'abbé FERLAND et, *
Mgr. de Trou, et défendu par le juge Law et par Mrongz
Bigaur. M. Noiseux possédait une grande somme de connais-
sances et une belle bibliothèque pour l’époque. Les erreurs qui se trouvent dans son livre ont été relevées par l’abbé
TaxauAy dans son Répertoire du clergé.
Le Lieutenant Colonel Josepit BoucHETTE naquit en 1774 ét mourut en 1841. Il fut nommé arpenteur général par le
gouvernement, ce qui était dans le tomps un poste très important. C’est lo Strabon du Canada. Il était fils du Commo- …. dore Bouchette.
Le premier ouvrage de Bouchette est intitulé : Descrip-
“tion topograghique de la Province du Bas-Canada, avec des “remarques sur lé Haut-Canada et sur la relation des deux pro- “uinces avec les Etats-Unis de l'Amérique, enrichies de plusieurs “vues, plans de ports, de batailles, etc., in-8vo, 1815. Le second volume est intitulé : The British Dominion in North America,
nor a topographical and statistical description of the Provinces of
“Upper and Lower Canada, the Islands of Newfoundland, Prince “Edward and Cape Breton, including considerations on land grant- “ing and emigration and «à topographical directory of Lower
“Canada. To which is annexed : the statistical tables and tables
of distances, published with the authors topographical maps of - Lower Canada, in consequence of a vote of the Provincial Legis-
lature, embellished harbours, elc.; containing also a copious
appendx, 1831. 3 vol. in-40.
» “ Cet ouvrage, dit M. Faribault, est une extension considé-
rable de celui que l’auteur avait publié en 1815, Il fut porté
“aentreprendre cette deuxième publication par l'engagement “que contracta la Législature du Bas-Canada, en 1829, en “autorisant le gouvernement exécutif à faire l’acqüisition de cent exemplaires de l'ouvrage et des cartes, pour une somme
de cinq cents guinées. M. Bouchette, fort de cet encourage-
ment généreux, se rendit aussitôt à Londres, où il s’est
“occupé pendant près de trois ans à surveiller la publication, -qui a été faite avec tout le luxe de la typographie et de la . gravure, par d’habiles artistes de la métropole. Sous l’au- - torité d’une loi subséquente on a fait la distribution de la
Le:
plus grande partie des cent exemplaires dans les bureaux |
publics, ainsi que dans les colléses de la province et autres principales maisons d'éducation.”
On a reproché à cet ouvrage des incorrections, mais il était bien difficile de supposer la perfection à une publication de.
ce genre qui renferme une multitude de faits sur une grande
variété de sujets. Quoiqu'il en soit c’est un œuvre qui pare
notre bibliothèque canadienne. L'auteur jouit d’une réputaz
tion européenne et son nom se place à côté de celui de MM, Logan, Viger, Holme, Perrault, Garneau et Faribault. Ses ouvrages renferment la topographie de toutes les parties du pays, avec planches, cartes, mesures, statistiques, relevés,,
tableaux, gloses, renseignements de toute‘sorte etc.,etc. Bref, c’est un arsenal de choses bonnes et utiles pour l’époque. L'auteur et son œuvre répondaient à un besoin en Canada,
pays nouveau où tout était à faire et tout à connaître. Ce qu'est le commandeur Viger pour l’histoire du Canada, le colonel Bouchette l’est à la géographie et à la topographie:
tous deux ont également bien mérité de leur patrie. Leur vie a été laborieuse, leur travaux immenses. Le style de” Bouchette est relevé et pur. La Reyue de Westminster a, parlé de ses écrits en termes flatteurs. Son nom figure, avec celui de Sir W. Logan, a côté de Humboldt, Hearne, Vancou: |
ver, Ross, Clarke et McKenzie.
JOSEPH BouUCHETTE, Député arpenteur du Canada, fils du précédent, à marché sur les traces de son père en héritant de | sa réputation- Il a laissé lui aussi plusieurs travaux im-| portants, intitulés : 10 Table of trigonometrical solutions of right
angle, plane angle, computed on the logorithme number 2.000.000,
1827 pp. 12., 20. Tables showing the difference of longitude in time of the most important place between the Atlantic and Pacific oceans in the British north American Dominion and the \
northern section of the United States, 1857.
GEoRGE BARTHELEMI FARIBAULT naquit en 1789 et mou | rut en 1866. Il occupe une place importante dans n08 | annales littéraires. C'est le Villemain du Canada. Il fut | nommé secrétaire perpétuel de la société littéraire et histori-
que de Québec. Archéologue, historien et critique, il à déployé dans ses recherches et dans ses travaux un amour “du travail et une persévérance dignes de louange. C’est un Wde ces beaux types, tels qu’il en fallait alors pour recueillir Mes matériaux épars de notre histoire, un de ces hommes qui Là défaut de livres et de moyens d'impression se rangent toute “une bibliothèque dans la tête. Il a sa place marquée à côté “des Viger, des Garneau et des Bouchette.
Il a écrit un livre d’une honorable vétusté, un livre trop Mrare de nos jours, intitulé : Catalogue d'ouvrages sur l'histoire “d'Amérique et en particulier sur celle du Canada, de la Louisiane et de l'Acadie et autres lieux ci-devant connus sous le nom de Nou- “velle- France ; avec des notes bibliographiques, critiques et littéran- “res. Québec, 1837, pp. 207. “ J'ai lu, écrivait M. de Quibusque mi l’auteur, d'un bout à l’autre votre Catalogue raisonné et annoté d'ouvrages sur l’histoire de l'Amérique et particulière- “ ment du Canada. Ce beau travail d’un bibliophile consciencieux m'en à plus appris en quelques pages que certaines histoires en trois ou quatre gros volumes; et sa place est “déjà marquée dans ma bibliothèque à côté de mon ami “ Fernaux-Compans, le premier bibliographe américain de Paris.” |
Le Cataloque est certainement le travail le plus original de tous les écrits de Faribault. Il est divisé en trois parties. * La première est intitulée: Ouvrages avec les noms des auteurs, par ordre alphabétique avec un index, 786 articles pp. 155 ; la deuxième : Ouvrages sans noms d'auteurs, classés - d'après l’ordre chronologique de leur publication ( de 1505 à 1 1836), 178 articles pp. 157-184; la troisième: cartes, plans, ». et estampes, pp. 185-207.
M. Faribault a publié dans les Transactions de la Société historique de Québec de nombreux mémoires sur le Canada. À Ces documents sont d’un mérite incontestable ; il sufiira d’en h citer les titres :
| Jo. Mémoires sur le Canada, depuis 1749 jusqu’à 1760; 2, Collection de Mémoires et de Relations sur l’Histoire du Canada, d'après des manuscrits récemment obtenus des archi-
ves et bureaux publics en France; 30. Mémoire sur l’état présent du Canada; 40. Mémoire sur le Canada d’après un. manuscrit avec archive du Bureau de la Marine, à Paris; 5o. Considération sur l’état présent du Canada ; 60. Histoire du Canada, par l’abbé de Belmond, à la bibliothèque du roi au Paris, entre les années 1713 à 1824; 7o. Relation du siége de Québec en 1759; 80. Jugement important sur les opérations de la Compagnie en Canada, en 1759; 9o. Réflexions som” maires sur le commerce qui se fait en Canada ; 100. Histoire de l’eau de vie en Canada; 110. Voyages de découvertes au Canada,” entre les années 1534 et 1542 par Jacques-Cartier, le Sieur. de Roberval, Jean Alphonse de Saintonge, suivi de la description de Québec et de ses environs en 1608; 120. Docu
ment sur Jacques-Cartier; 130. Discours historiques destinés à illustrer les voyages de Jacques-Cartier en Canada;
140. Mémoire du Sieur de Ramezey, Commandant Québec, au sujet de la reddition de cette ville le 18 septembre 1859,
d’après un M. Saux, archives du bureau de la marine . Paris.
En présence de cette tâche considérable, accomplie en l'honneur des lettres canadiennes et pour‘le profit des citoyens de ce pays, on comprend que le nom de M. Faribault doit attirer le respect de tous ceux qui portent intérêt à l'avenir littéraire du Canada. Il a déployé dans l’accomplissement de son œuvre de bibliophile une constance, une énergie, un amour du travail tout à fait dignes d’éloge. Ses travaux ne brillent point par le luxe littéraire et la perfection. de la forme ou de l’extérieur: il allait au plus pressé. Il sé hâtaït de dérober à l’oubli ces précieux documents qui font la base de notre histoire et qui sont comme autant de preuves! | des évenements que nous avons traversés. C’est pourquoi il ne visait qu’à l’utile, surtout au nécessaire |
Nous devons à Mr. HawxiNs, un ouvrage important … intitulé: Hawkins Picture of Quebec, with historical Recot lections, 1834 in-12 pp. 477.
“Quoique cet ouvrage, dit M. Faribault, s’annonce avec un titre assurément très modeste, ce volume en addition
“vaux descriptions topographiques ordinaires, contient une esquisse très intéressante de la découverte et des premiers “temps du Canada, prise à des sources authentiques. On y a corrigé plusieurs erreurs qui se trouvaient dans des ouvrages , postérieurs, et on y donne une description exacte de tous les “évènements remarquables arrivés depuis la fondation de “Québec, jusqu'à sa reddition en 1759 ; avec un récit soigné “de la bataille des plaines d'Abraham, et des morts glorieuses de Wolfe et Montcalm ; on y voit aussi plusieurs détails qui “n'avaient jamais été publiés auparavent relativement a | l'attaque dirigée contre Québec, par Arnold et Montgomery, Men 1775. L'ouvrage porte le nom du propriétaire, mais il Mest juste de faire connaître que les parties historiques ainsi que la relation intéressante et pleine de souvenirs des anciens nétablissements religieux du Canada, qui y sont reproduits avec tant d’habileté, sont dus à la plume de JoHN Fisker, BL. L. D. membre de la société Historique de Quebec.” Francois X. GARNEAU naquit à Québec en 1809. Il fit ses études au séminaire de cette ville et fut admis plus tard à la “pratique du notariat. En 1828 il fit un voyage aux EÆtats- Unis eten 1831 il visital'Europe. C’ est pendant ces voyages hiq qu il fit des recherches considérables dans les archives de | l'état pour recueillir les documents précieux qui font la base Mde ses données historiques. Il mourut le 3 Février 1866. MSa mort fut un deuil national, la patrie venait de perdre un de ses QUE illustres citoyens.
Il n'y à vas trés longtemps j'avais l'honneur d’être Madmis dans l'intimité d’un homme de lettres européen “qui, après avoir parcouru en artiste et en amateur les “différents pays de l’Europe, avait entreprit de* visiter le MCanada..….:. ce pays pittoresque comme il l’appelait. Après Mavoir rappelé avec beaucoup de discernement ce qui l'inté- | ressait chez nous et exprimé hautement sa satisfaction sur 1 la situation politique qui allait bientôt se substituer à l’an- Mcienne, il ajouta ces paroles que nous avons recueillies avec | un us silence: ‘Eh bien! ce voyage que j'ai entrepris “pour visiter le sol de votre patrie, ces émotions douces que