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La'Constitution de 1791, ouvrit, pour le Canada, une ère importante, et c'est dans le sein de la nouvelle Chambre d'Assemblée qu'apparurent les voix éloquentes qui défendirent, avec conviction, nosdroits et nos libertés menacés, On cite avec respect et reconnaissance les noms des PANET, des TAscHEREAU, des ViaEr, des B£paRp, des QUESNEL, des VAL- LIÈèRES, des CUVILLIER, des BOURDAGES, des ROCHEBLAVE, dc PAPINEAU, des Morin, ete,
Dès le premier parlement, on s'occupa de l’éducstion. On réclama avec ardeur les biens des Jésuites, confisqu.s uu profit du gouvernement, pour les fins de l'éducation du peuple.
En 1801, la législature du Bas-Canada établit des écoles élémentaires sous la régie du Bureau de l'Institution Royale, Jette mesure, qui laissait au gouvernement la nomination des personnes qui devaient composer le comité de régie qui, à son tour, avait le pouvoir de nommer les instituteurs des écoles r.yales et de les subventionner, eût peu de succès ; car, après vingt années d'existence, l'institution royale ne comptait que 37 écoles, fréquentées pur 1043 enfants.
L'école, fondée par Meïsire BRossaRp, en 1795, à Nicolet, fut érigée en 1805, en petit séminaire. En 1815, Messire GiROUARD jeta les fondements d'une autre maison d'éducation à St. Hyacinthe. En 1824, Messire CHARLES DUCHARME fonda le colléxe de Ste. Thérèse ; en 1825, Messire MIGNAULT, celui de Chambly; en 1827, Messire PINCHAUD, celui de Ste. Anne de la Pocatière, De nombreux établissements d'éducation pour les personnes du sexe s'établirent, vers le même temps, dans différentes localités.
Nos concitoyens, d’origine anglaise, rivalisèrent de zèle avec nous pour la propagation de l'instruction, En général,
leur système d'éducation est supérieur au nôtre, en ce qu'il
est plus pratique et répond d'avantage à nos besoins. Chez eux, la classe moyenne est favorisée et peut puiser ce qu'elle doit connaître pour réussir dans toutes les branches d'industrie. [ls n’ont, à proprement parler, que quatre grands colléges classiques: l'Université MeGill, à Montréal; l'Université de Lennoxville (1851) ; le Collége de St. François, à Richmond (1854) ; et le Collége Morin, à Québec.
En 1824, la législature, voyant l'inefficacité des écolès de l'institution royale, passa une loi pour l'établissement d'écoles élémentaires tenues sous le contrôle des fabriques de paroisses Les fabriques étaient autorisées à consacrer une partde leurs revenus annuels pour ces fins.
En 1828, on comptait 48 écoles de fabriques et 68 en 1830, 13 écoles de filles, tenues par les Dames de la Congrégation, dans les campagnes.
En 1829, le Parlement, voyant que les deux lois d'éducation, pour l'établissement des écoles royales et pour celui des écoles de fabriques réunies, nerépondaient pas aux besoins, passa, sans les abroger, une autre loi pour l'établissement d'écoles élémentaires, tenues dans chaque comté, sous le contrôle général des membres du parlement, et, dans chaque paroisse ou township, sous la régie immédiate de syndics élus par les contribuables. Les écolesélémentaires étaient communesaux enfants des deux origines et des deux croyances religieuses, mais elles prenaient, généralement, le caractère de la majorité des habitants de chaque arrondissement d'école. Il résultait, de cette pratique, de grands inconvénients pour la minorité des habitants qui, dans Les soigneuries, étaient protestante, mais qui dans les townships, était généralement catholique, et comparativement pauvre. (1.)
Ce système fut cependant continué sous les lois de 1841 et
En 1832, la législature passa une loi spéciale (2 Guil. IV, ch. 0) pour l'établissement d’une école des Sourds-Muets à Québec, sous la direction de M. Donaz MacDoNaL.
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En 1822, le Collége de l’Assomption fut fondé par Messire Frs. LABELLE.
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En 1835, la Chambre d assemblée passa un projet de loi, destiné à remplacer les lois précédentes sur l'éducation. Ce projet répondait à de nouveaux besoins, mais il fut rejeté par le conseil. Une partie fut cependant détachée et devint loi (6 Guil. IV, ch. 12). Elle pourvoyait à la nomination d’un
(1) Meilleur, Mémorial de l'Education.
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comité de régie, chargé d'établir des écoles normales à Québec et à Montréal. Les troubles politiques qui survinrent bientôt après en retardèrent longtemps le succès.
Les Frères des écoles chrétiennes arrivèrent à Montréal en 1837, au nombre de quatre. Ils se chargèrent de l’édu. cation de la jeunesse dans les écoles catholiques.
En 1839, pendant la suspension, par suite des troubles, de l'acte municipal de 1791, le conseil spécial, qui remplaçait provisoirement la législature, passa une ordonnance favorable à l'éducation. Mais cette ordonnance ne se rapporte qu’à Montréal et aux seigneuries environnantes, appartenant aux MM. du Séminaire de St. Sulpice (3 et 4 Vict., ch.20). Elle autorise les Sulpiciens à commuer les terres situées dans leurs seigneuries, les confirme dans leur possession et dans leurs revenus, à la condition d'employer ces revenus à des œuvres pieuses et à répandre l'instruction. On assure que le Séminaire consacre, annuellement, au-dessus de £8,000, pour les fins de l'éducation, dans la ville et le District de Montréal.
Le premier Parlement-Uni passa, en 1841, une loi pour l'établissement des écoles primaires (4 et5 Vic., ch. 18), Cette loi place les écoles sous la direction générale d’un Surintendant de l'éducation et sous le contrôle immédiat du conseil municipal, créé pour cette fin, bureau de l'éducation dans chaque district municipal.
Le maire était de fait président du bureau d'éducation, Cette loi ne reconnaissait le principe électif qu'à l'égard des commissaires, et elle inaugurait, dans le pays, le principe de contribution forcée. L’ignorance et les préjugés se mirent de la partie, et un soulèvement général en fut la conséquence. Elle ne fonctionna jamais régulièrement. Elle fut remplacée par la 8 Vic. ch. 41, passée en 1845, Cette dernière loi sanctionnait un principe contraire : les contributions volontaires, ce qui amena un résultat plus pénible encore. La législature abrogea de nouveau ce principe, et la contribution forcée fut admise par la 9 Vic. ch. 27, passée en 1846, avec cette modification à l’acte de 1841: le fonctionnement de la loi fut indépendant de la coopération du conseil municipal, Cette loi fut amendée de nouveau en 1849 (12 Vic., ch. 50),
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En 1854, le nombre total de nos maisons d'éducation, pendant le fonctionnement de la loi de 1846, était de 2,571, et le nombre des élèves de 119,737.
L'école de médecine canadienne, organisée, dès 1831, sous les auspices du bureau des examinateurs, fut incorporée en
En 1846, l’'Hon. B. JoLreT, membre du conseil législatif, fonda le collége qui porte son nom, dans le village de l'Industrie, confié aux eleres de St. Viateur, qui en devinrent pro: priétaires en 1851, Le Collége Masson fut fondé, en 1847, par les dons généreux de Dame veuve Joserx Masson. La seconde arrivée des RR, PP. Jésuites en Canada, date de 1842, mais leur nouveau collége ne fut fondé, à Montréal, qu en 1848, par le Père F£cix MARTIN, sous les auspices de l'évê. que BourGEeT. Le Collége de Rigaud fut fondé, en 1850, sous les auspices de l’acte d'éducation (9 Vic., ch. 27), par Messire DeEsaureLs et par les commissaires de la paroisse. L'école des Sourds-Muets, à Montréal, fut établie, en 1850, par les soins de M. l'abbé Lacorce. Le Collége de Lennoxville remonte à 1851, et celui de Ste. Marie de Monnoir, fondé par Messire Epouarp CREvIER, V.G, fut incorporé en 1855 ; le Collége de Lévis, en 1853, par Messire Jos. DezreL ; le St, Thomas Collége, à Richmond, en 1854.
De 1842 à 1855, l'éducation suivit sa marche ascensionnelle, On constate surtout les progrès faits dans l’enseignement primaire. Cette période est remplie par le nom d'un homme qui s’est dévoué pour la cause de l'éducation, M. le Dr Merz. LEUR, ex-ministre de l'instruction publique. “IT prit, dit un iournaliste, la direction de l'instruction publique à son ber. ceanu ; il a dû tout créer, jusqu’à l'amour de l'instruction parmi nos populations.” Ce n’est pas le lieu ici de dire tous les efforts qu'il a déployé; qu'il me suffise de citer les lois qui ont été passées, pendant sa longue administration, pour faire fonctionner le système qu'il avait inauguré. Ces lois comprennent l'acte 4et5 Vic., ch. 18, passé le 18 Septembre 1841; l'acte 9 Vic., ch. 41, passé le 29 Mars 1845 ; l'acte 9 Vic., ch. 27, passé le 9 Juin 1846; l’acte 12 Vic., ch. 50, passé le 30
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Le Dr, Meilleur fut remplacé, en 1855, par M. CHAuvEAU, qui est resté jusqu'à 1873 ministre de l'instruction publique en Bas-Canada, Le nouveau ministre fit passer, en 1857, deux projets de loi. L'un amendait les actes des écoles com-
} munes du Bas-Canada de 1846-49-53. Il pourvoyait à la
création d’un conseil d'instruction publique, et à la fondation d'un journal de l'instruction publique dans les deux langues. Il permettait aux municipalités scolaires de lever des cotisations. Le deuxième projet statuait l'établissement d'écoles normales et créait un fonds permanent de $88,000, destiné à l'enseignement superiéur, formé du revenu des biens des Jésuites, et $20,000 pris sur le fonds consolidé de la province.
Cette mème année (1857), les écoles Normales Laval, Jacques Cartier et McGill, furent inaugurées. Elles ont pour objet de former des instituteurs et d'uniformiser le système d'instruction publique.
La loi de 1852 fut amendée en 1863. Cet amendement sanctionne le principe des écoles séparées,
De 1855 à 1870, l'instruction élémentaire fit de grands progrès, Les préjugés qui, autrefois, s'étaient formés au simple mot de taxes à ètre imposées sur la propriété pour
) les fins de l'éducation, disparurent. Des efforts communs
furent tentés de tous côtés pour assurer à la loi son bon fonctionnement, en sorte que si M. Chauveau, héritier de la succession du Dr. Meilleur dans le département de l'éducation, a vu ses eflorts couronnés en partie, il doit beaucoup de son succès d’abord à son prédécesseur, ensuite à l'entente com:mune des hommes éclairés des deux provinces. À cela, il faut encore ajouter l’aide efficace du gouvernement qui, par des octrois considérables, à pu nous fournir de nouvelles institutions. L'établissement des écoles normales est l'œuvre
de M. Chauveau. Ces établissements, fondés dans le but de
fournir des instituteurs, préparent les élèves à l'enseigne
ment primaire. Elles n'ont pas appor.e au pays de grands
avantages, quoiqu’elles nous coûtent fort chères, et jene puis D
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reconnaître qu’elles aient suppléé à l'instruction secondaire qui nous manque. C'était pourtant le plus beau titre, le fleuronle plus brillant à attacher à une couronne de ministre, dans les circonstances où nous nous trouvions. Cette palme, l’honorable ministre de l'instruction publique n’a pas cru devoir la cueillir, Peut-être comptait-il que les trois écoles normales qu’il a fait fonctionner allaient suffire à nos besoins ; dans tous les cas, il s’est trompé, et aujourd'hui il n’y à qu’une voix pour réclamer de la législature une loi libérale dans le sens de l'éducation secondaire, Je remarque avec plaisir que l'initiative individuelle, à Montréal, est parvenue à fonder une maison d'éducation où la jeunesse de cette ville peut puiser les connaissances qu’il lui faut pour se livrer à des ‘arrières honorables, en dehors des professions libérales : je veux parler de l'Académie Commerciale, Cette institution, calquée sur le système américain, est appelée à jouer, parmi la population canadienne-française, le rôle puissant que rem: plit si bien le Montreal Business College parmi nos compatriotes d’origine anglaise.
Ainsi, on peut suivre la marche de l’éducation en Canada. Elle fut lente à la vérité, mais grâce au zèle et à la générosité du clergé canadien et aussi aux efforts de. quelques citoyens éclairés, elle put en quelques années arriver à une hauteur comparativement élevée. Les colléges classiques se sont répandus sur différents points du pays: il n’est pas nécessaire de nommer ici les brillantes maisons d'éducation qui sont venues grossir la liste de celles que j'ai déjà citées. Mais reconnaissons un fait : notre éducation est-elle ce qu’elle devrait être? Non; il y a encore beaucoup à faire. A mon point de vue, et en cela je partage l'opinion d’un grand nombre de personnes influentes, nous manquons d'un système d'éducation pratique. Les Anglais nous ont devancés sous ce rapport, et les Américains sont bien loin devant nous, Nos écoles normales, appelées à remédier à ce mal, n’ont pas fait de progrès marquants; j'en ignore la raison, sans toute foisl'avoir spécialement recherchée. Mais je prends les faits tels qu'ils existent; je les constate, à d’autres d'en étudier
les causes, à jouer, au ( aux Etats-U tant cherche rales qu'à i un mot,il n ciens, de ma que d’hellér notaires. Le elles? Non.
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