‹ Histoire de la littérature canadienne [microforme]Chapitre 16 sur 52 · PT · texte numérisé non relu

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Paris en 1609. L'auteur a recueilli avec soin tout ce qui avait été publié avant lui relativement aux premières découvertes des Français dans l'Amérique, tout ce qui s’est passé dans la Floride française, l'expédition du chevalier de Villegagnon au Brésil, et le premier établissement de l'Acadie par M. de Mont. C'était un homme instruit qui, par esprit d'aventure, séjourna pendant quelques années en Canada. Son livre est impartial et écrit avec beaucoup de sens et d'esprit. L'ouvrage parait sincère et modéré, L'auteur entremèle ses écrits d’anecdotes et de remarques littéraires. Ilest le seul des historiens français qui nous ait conservé, dans cette langue, les intéressantes relations des deux premiers voyages que Jacques Cartier tit au Canada en 1534 et 1535.

Les œuvres de CHAMPLAIN qui ont mérité, de la part de l'abbé LAVERDIERE, un réédition où le luxe de la reliure et de la typographie le dispute à l’érudition de la glose, méritent une mention particulière. C’est encore une des meilleures sources de notre histoire. Charlevoix dit que ses mémoires sont excellents pour le fond des choses et pour la manière simple et naturelle dont ils sont écrits, Il n'avance rica qu'il n'ait vu lui-même ou sans avoir le témoignage de personnes sûres. L'édition de 1643 est intitulée: Lés voyages de la Nouvelle-France occidentale, dite Canada, faite parle sieur de Champlain, Xaintongeoïs, capitaine pour le roi en la marine du Ponent, et toutes les découvertes qu'il a faites en ce pays depuis l'an 1503 jusqu'a l'an 1629, où se voit comme ce pays à été premièrement découvert par les Français, sous l'autorité de nos rois très chrétiens jusqu'à ce règne de Sa Majesté, à présent régnante, Louis ATIT, roi de France et de Navarre, avec un traité des qualités et conditions requises & un bon et parfait navigateur, les marques et enseignements, que la Providence de Dieu a mise en la mer pour redresser lesmariniers en leurs routes, sans lesquelles ils tomberaient en de grands dangers, et la manière de dessiner les cartes marines avec leurs ports, rades, Isles, sondes et autres choses nécessaires à la navigatirn. Ensemble une carte générale de la descriptior. du dit pays en son méridien, selon la déclinaison de la Guide Ayment et un Cathéchisme ou instruction

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traduite du français en langage des peuples sauvages de quelque contrée, « ‘ec ce qui s'est passé en la dite Nouvelle-France, 1651, dédié à Monseigneur le Cardinal Duc de Richelieu. Dans cet inquarto, Champlain reprend toute l'histoire depuis les premières découvertes de Verazani jusqu'à 1631, Il contient également le récit des diflérents voyages de l’auteur en Amérique, et la relation de son séjour, Lescarbot lui reproche trop de crédulité. À vrai dire, ce reproche était fondé sur certaines fables, imprimées dans les premières éditions mais retranchées dans les suivantes,

Le Mercure français, de l'année 1626, renferme une lettre sur le Canada du Père CHARLES LALEMANT. Dans celui de 1628, les actes authentiques relatifs à la compagnie des cent associés. Dans celui de 1632, il y a une Æelation du voyage

fait en Canada pour la prise et possession du fort de Québec, dont

les Anglais s'étaient rendus maitres en 1629, et qu'ils restituèrent en 1632. Dans le volume de 1633, on trouve une Aelæ tion de ce qui s'est passé en la Nouvelle France où Canada ; et une autre Relation dusieur de Champlain, de la Nouvelles France ou Canada.

Le Père Le JEUNE a laissé une Briève Relation du voyage de la Nouvelle-France fait au mois d'Avril dernier, brochure in-octavo, publiée en 1632. Cet écrit forme la première partie des ARelations des Jésuites, ouvrage qu'ils continuèrent jusqu’en 1672, et qui forme trois gros volumes in-quarto. Les Relations des Jésuites forment une histoire très-détaillée de cette époque. Les relations nombreuses qu'ils entretenaient avec les sauvages de toutes les missions de l'Amérique, leur immixtion aux affaires temporelles de la colonie, la connaissance qu’ils avaient de toutes les langues sauvages, ont donné à ees mémoires une valeur réelle et en font une des plus précieuses sources de notre histoire. Il y a sans doute beaucoup de choses à mettre de côté: il faut en laisser et en prendre, mais on ne peut s'empêcher d'admettre que ces écrivains étaient plus à portée qu’un grand nombre d'autres de bien apprécier les évènements de la colonie et les mœurs dessauvages. L'his-

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ment ‘développée, souvent aux dépens d’une foule de choses plus intéressantes au point de vue de l’état. Le style en est extrèmement simple,

Le journal des Jésuites, publié en 1871, d'après le manuscrit original conservé aux archives du Séminaire de Québec,

par MM. les Abbés Laverdière et Casgrain, est le complément

indispensable des Æelations des Jesuites.

Cet ouvrage diffère de l’autre en ce qu'il n'avait pas été fait pour le public. Ilest plus libre dans ses allures ; il s'oceupe naïvement à consigner jour par jour une foule de détails intimes qui pouvaient être utiles non-seulement aux membres de la compagnie de Jésus, mais encore à tous ceux qui plus tard voudraient étudier à fond notre histoire. Ces détails, peu importants alors, sont aujourd’hui d’un grand intéret à cause de la lumière qu’ils jettent sur ces époques reeulées,

Les Relations, au contraire, étaient avant tout destinées à une classe de lecteurs dévoués au succès des travaux" apostoliques chez ces infidèles. Elles renferment plus spécialement les évènements et les traits les plus capables d'animer la foi et d'intéresser la piété. Le Journal se rapproche plus de l'histoire.

Ce manuscrit parait être le premier journal régulier que les RER. PP. jésuites aient tenu en Canada. Il commence à 1645. Ce journal embrassait plus d’un siècle de notre histoire (1645-1755) sans aucune interruption. Malheureusement ce précieux manuscrit a été écarté et il nous reste environ que l’histoire de 22 années.

Le Journal était tenu par les supérieurs de POrdre en Canada. Le premier en date est le père JÉROME LALEMANT, puis viennent les pères VIMOoNT, MERCIER, DE QUEN, LEMOYNE et autres.

JEAN DE LAETÉ, géographe flamand, a publié en 1633 un ouvrase en latin sur le Nouveau Monde où description des Indes Occidentales, ouvrage qui fut traduit en 1641 en français.

Charlevoix dit qu'il est rempli d'excellentes recherches, tant par rapport aux établissements des européens dans l’A-

mérique, que pour l’histoire naturelle, le curactère et les mœurs des indigènes. L'auteur a puisé à des sources sures, C'était un homme instruit, doué d'un jugement sain; il est aussi bon critique qu'habile historien. Outre ses données sur le Canada il décrit encore l'ile de Terre-Neuve, du cap Breton, la Floride, le golfe et fleuve St. Laurent, les îles du

. golfe, l'ile d’Anticosti en particulier, la ville de Québec, ete.

Le frère GABRIEL SAGARD Takopar, Récollet, a publié en 1686, à Paris, une Histoire du Canada, et voyages que les frères mineurs récollets y ont fait pour la conversion des infidèles ; où est amplement traitédes choses principales arrivées dans ce pays depuis l'année 1615 jusqu'à la prise qui a été faite par les Anglais : des biens et commodités qu'on en peut espérer : des mœurs, cérémonies, créances, lois et coutumes merveilleuses de ses habitants : des conversions et baptêmes de plusieurs, et des moyens nécessrtires pour les amener à la connaissance de Dieu: l'entretien ordinaire de nos mariniers, et autres particularités qui se remarquent en la suite de l'histoire, A’auteur raconte naïvement ce qu'il a vu en Canada où il demeura pendant quelque temps dans une mission huronne ; mais Charlevoix assure qu'il n'est pas exact en tout, n'ayant pas vécu assez longtemps en Canada pour vérifier tout ce qu'on lui a dit, Le vocabulaire huron qui compagne son ouvrage n'est pas exact. Au reste ce fut un écrivain consciencieux et un apôtre zélé. Son histoire n’a pas fourni beaucoup de matériaux utiles et importants aux écrivains qui l'ont suivi,

© seonnaitqu'il n’est ni très instruit ni observateur nrofe crédulité est extrème. L'auteur de la Biographie

lle parait partager une opinion contraire en nous engeant à nous défier de la critique de Charlevoix qui n'’aimait pas les Récollets.

Le Voyage fameux du Sieur VINCENT LEBLANC, ne renferme que fort peu de choses relatives au Canada. Le père BressanNt a publié en 653 une elation de sa mission dans le Nouveau-Monde, ouvrage bien écrit mais qui ne traite guère que de la mission des Hurons.

PIERRE BoucHER, l’ancien gouverneur des Trois-Rivières,

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aut d'une nombreuse génération, qui mourut âgé de plus de cent ans, publia à Paris un petit ouvrage intitulé : Histoire véritable et naturelle des mœurs et productions du pays de la Nouvelle-France vulgairement dite le Canada. C'est une notice assez superficielle mais fort fidèle du Canada. La simplicité naïve du style en fait le mérite principal. Un de ses petits fils laissa une Æelation des aventures de M. de Boucherville à son retour des Sioux en 1728 et en 1729, suivies d’observations sur les mœurs des sauvages. M. de Boucherville, dit Bibaud, sans être puriste écrit avec cette facilité et cette aisance ordinaires aux gentilshommes,.

Le père Du CRrux a publié en 1664 un ouvrage intitulé Historia Canadensis seu novæ Franciæ, libri decem ad annum usque 1656. Cetouvrage extrèmement diffus a été presque uniquement copié des Æelations des Jesuites. Al entre.dans des détails qui peuvent convenir à des lettres mais qui sont insupportables dans une histoire suivie, surtout quand ils ont perdu l'agrément de la nouveauté.

C'est en 1672 que parut l'ouvrage de Denys intitulé, Description géographique et historique des côtes de l'Amérique septentrionale avec l'histoire naturelle du pays. L'auteur ne dit rien qu'iln'a vu de ses propres yeux. Dans le premier volume il donne une description fort exacte du pays ; le second comprend l’histoire naturelle de la colonie et en particulier tout ce qui regarde la pèche de la morue. Il étudie aussi les mœurs des sauvages et il termine en citant quelques traits historiques touchant les établissements de ceux qui partageaient avec lui la propriété et le gouvernement de lAcadie et des environs.

Dans une brochure publiée en 1674 intitulée: Société de Montréal, on expose le: inotifs qui ont porté plusieurs personnes de piété à faire à Montréal un Etablissement ayant pour

Bobjiet principal la conversion des sauvages,

Dox CLaupe Martin a publié, en 1677, La Vie de la rénérable mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France, tirée de ses lettres et de ses écrits. L'auteur était le fils même de la mère Marie. (Cet ouvrage n’a d’au-

tres défauts que de contenir bien des choses étrangères an sujet. CrraRLevoix a, lui aussi, écrit en 1724 une vie de cet. te digne femme.

Les Lettres de la MERE MARIE PE L’INCARNATIOM, première

supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France, in-quarto, R

1681, sont bien écriteset digne de sa juste réputation de sain. teté, d'espr et d'habileté dans toutes sortes d’affaires, et sur. tout dans ja vie spirituelle. Elles contiennent plusieurs faits historiques arrivées pendant les trente deux années qu'ellea vécu en Canada, (1640-1672). Ce’sont des mémoires pleins de détails sur l'histoire de son temps durant son séjour dans la colonie. Sesécrits ascétiques respirent une vertu tendre. Elle a encore composé un livre pour l'instruction des novices intitulé : FÆZrcole chrétienne.

Le père MaRQuETTrE a publié, en 1687; Découverte de quel

ques payset nations de l'Amerique septentrionale : C’est le jour: nal du voyage de l'auteur lorsqu'il découvrit le Mississippi en 1653, avec M. de Joliet.

Nous avons du PERE Louis ITENNEPIN, missionnaire Récollet et notaire apostolique,plusieurs ouvrages : 10 Descri tion de la Louisiane nouvellement découverte au NO, de la No: velle-France par ordre du roy, avec la carte du pays, les mœurs et la manière de vivre des sauvages. Le titre de cet ouvrage n'est pas juste, car cette terre que l’auteur découvrit n’appartenait pas à la Louisiane, mais à la Nouvelle-France. Le titre du second ouvrage ne l'est pas d'avantage : 2e Voyage en un pays plus grand que l'Europe entre la mer glaciale et le Nouveau-Mexique ; 3e Nouvelle description d'un très grand pays situé dans l'Amérique entre le Nouveau-Mexique et la mer glacial depuis l'an 1670 jusqu'a 1682, avec des explorations sur les entre: prises du Cavalier de la Salle et autres choses concernant la des. eription et l'histoire de l’Amerique septentrionale, in 12, 1697. Cet ouvrage fut imprimé l’année suivante sous le titre, Foyage où découverte d'un très grand pays, ete, 2 vol. Tous ces ouvrages, dit Charlevoix, sont écrits avec un style de déclamation qui

choque par son enflure et révolte par les libertés que se donne l'auteur et par ses assertions indécentes. Pour ce qui est du

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a beau mentir qui vient de loin.

M.pe Sr. VALIER, nommé à l’évèché de Québec vacant par la démission de M. de Laval, voulut prendre connaissanee de son diocèse avant d’être sacré. IT s'embarqua pour le Canada en 1685. L'année suivante il retourna en France et compPOsA : Etat présent du Cunada et de la colonie française dans la Nouvelle-France. Ce petit ouvrage est bien écrit et digne de son auteur, qui gouverna l’église pendant 40 ans.

En 1691, le Pere Lecrerc, Récollet, publia un ouvrage en deux volumes in-12, intitulé : Premier Etablissement de la foi dans la Nouvelle-France, contenant la publication de l'Evangile, l'histoire des colonies françaises découvertes depuis le fleuve St. Laurent, la Louisiane et le fleuve Colbert, jusqu'au golfe du Mcxique, achevées sous la conduite de M. de La Salle, par ordre du roi, avec les victoires remportées en Cunadi par les armes de S. M. sur les Anglais et les Iroquois en 1690, dédié à M. le Comte de Frontenuic, ete, Certains écrivains ont supposé que le Comte de Frontenae à mis la main à cette publication qui relate assez fidèlement les principaux actes de l'administration de ce gouverneur. C'est un précieux document sous le rapport historique. L'auteur ne dit que fort peu de choses des missions, si ce n'est de la mission des récollets à laquelle il appartient ; mais il s'attache surtout aux affaires de létat particulièrement en ce qui se rapporte à de Frontenac. Un second ouvrage publié en 1691 est intitulé: Nouvelle relation de la Gaspésie, qui contient les mœurs et la religion des sauvages gaspésiens, porte-croir, adorateurs du soleil et d'autres peuples de l'Amérique Septentrionale, dite Canada, dédié à Madame la princesse d'Espinoy, Paris, in douze, pp. 609. On trouve dans cet ouvrage des choses fort intéressantes pour l'époque, mais qui n'offrent plus aucun mérite comme source historique.

Nous avons du BARON DE LA HonNTAN deux ouvrages sur la Nouvelle-France, intitulés: 10 Voyages du Baron de La Hontan dans l'Amérique septentrionale, qui contiennent une rela-

tion des différents peuples qui y habitent ; la nature de leu gouvernement, leur commerce, leurs coutumes, leur religion et leur manière de faire la querre: l'intérêt des Hrançais et des Anglais dans le commerce qu'ils font avec ces nations : l'avantage que l'Angleterre peut retirer de ce pays étant en guerre avec la France. Le tout enrichi de cartes et de figures, in-douze. 20. L Amérique Septentrionale, ou suite des voyages de M. de La Hontin, qui contiennent la description d'une grande étendue de pays de ce continent, l'intérêt des Français et des Anglais, leur commerce, leurs navigations, leurs mœurs et les coutumes des sauvages, ete. avec un petit diction re de la langue du pays, in-douze, 2ème édition, augmenise d'une conversation de l'auteur, 1705. Ainsi, ce dernier ouvrage n’est qu'une seconde édition augmentée du premier. L'auteur fut pendant quelque temps soldat au Canada. “ La grande liberté, dit Charlevoix, qu'il a donné à sa plume a beaucoup contribué à faire lire son livre, et l'a fait rechercher avec avidité partoutoù l'on n'était pas à portée de savoir que le vrai, qui y est tellement confondu avec le faux qu'il est bien nécessaire d’être bien instruit de l'histoire du Canada pour Fen démèêler, il n'apprend rien aux uns et ne peut que jeter les autres dans l'erreur. En effet, presque tous les noms propres y sont estropiés et les faits y sont défigurés, et l’on y trouve des épisodes entiers qui sont de pures fictions.” On ne peut se cacher que La Hontan écrit avec beaucoup de sel. IT parsème sa narration de traits mordants à l'adresse des jésuites et autres ordres religieux, ce qui naturellement ameuta contre lui tous les historiens catholiques, et par-dessus tout le père Charlevoix. Il ne faut pas non plus se cacher que l’auteur a donné à ses mémoires cette couleur romanesque, parfois grivoise et sceptique, qui était si fort à la mode au

temps où ilécrivait. De tous les annalistes de son temps,

qui écrivirent sur le Canada, c’est lui qui eut plus de lecteurs. Il sorait certainement à désirer que la vérité et la gravité, qui conviennent surtout à l'historien, fussent mieux ménagées dans sos Mémoires, qu'on ne peut cependant s'empêcher de

consulter.

Canada et ce rapproche be pu naturellen sur les jésuite Les Lettres qères par que ferment quel (1712) contie décrit le voy la Baie d'u septentrional lettre du mèêr cais dans VII une lettre dv rine Tegahk Catherine. 1 naire rapport les supplices christianisme SEBASTIEN R:

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consulter. Au reste, il donne d'assez bonnes notions sur le Canada et ce qu'il dit de la mauvaise gestion des affaires se rapproche beaucoup de la vérité. Le père’ Charlevoix n’a pu naturellement ratifier le jugement que La Hontan porte sur les jésuites et leurs intrigues dans la colonie,

Les Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères par quelques missionnaires de la Compagnie de Jésus renferment quelques relations sur le Canada. Le Ile volume (1712) contient une lettre du père GABRIEL Marer où il décrit le voyage qu'il avait fait en 1694 avec d’Iberville à la Baie d'Iudson, et autres particularités touchant la partie septentrionale. Le XIe volume (1715) renferme une autre lettre du même missionnaire sur l'établissement des Franeais dans l'Illinois. Dans le XIIe volume (1717), on voit une lettre du Père LE CHoLENEC, sur la sainteté de Catherine Tegahkouita, vierge iroquoise surnommée la bonne Catherine. Dans le XIIIe volume (1720) le même missionnaire rapporte la mort de quelques néophites qui ont enduré les supplices les plus affreux à cause de leur conversion au christianisme. Dans le XVHe (1736), une lettre du Père SEBASTIEN RASLES nous apprend un détail curieux de ce qui s'est passé entre les Anglais et les sauvages Abénaquis au sujet du traité d'Utrecht. Le XXeet XfIle volume (1731 et 1738) renferment des lettres de RR.PP. Perir, De HALDE, et RASLES touchant leur mission.

Dans le Recueil des Voyages du Nord, contenant divers mémoires très-utiles au commerce et à la navigation, 8 vol, in-12 (1715), on trouve dans le 3eme volume: 1o. une relation de Terre-Neuve, traduite de l'Anglais de White, enrichie d’une carte de l’Iles et de tout l'hémisphère septentrional ; 20. Un mémoire touchant Terre-Neuve et le Golfe St. Laurent, par l’auteur de la relation précédente. Le 5eme volume renferme une relation de la Louisiane ou Mississipi par le chevalier de Toni, Gouverneur du fort de St. Louis aux [inois ; 20. Voyage en un pays plus grand que l'Europe par le père IENNEPIN ; 30. Relation des voyages de Gosnal, Prince et Gilbert à la Virginie en 1602; 40. Relation du Détroit et

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de la Baie d'Hudson, par JÉRÉMIE; 50. Les trois navigations du Chevalier MARTIN FORBISHER. Toutes ces relations sont écrites avec bonne foi; la plupart ne sont pas très exactes tout en contenant beaucoup de nouveau et de réel,

I? Histoire de | Amérique septentrionale par M. de BACQUE: VILLE DE LA POTHERIE, ñé à la Guadeloupe, dans l'Amérique méridionale, aide major dans la dite Isle, 4 vol, in-12, enrichis de figures, Paris, 1722, mérite d’être mentionnée, Cet ouvrage est écrit en forme de lettres, excepté le second volume qui est distribué par chapitres. Les Mémoires sur le Canada sont assez mal digérés. En général le style n’est pas clair, On peut se fier sur les choses que l’auteur a vues. I] est sincûre, Sans passion ; mais il n’a pas toujours été bien instruit sur le reste.

Le Père Larrrau publia en 1723, Murs des sauva'es améri cains comparées aux mœurs des premiers temps, 2 vol, in-40. L'auteur examine au long les mœurs, les habitudes, les cou- Il avait été missionnaire parmi les jroquois. C'est peut-être ce qui a été

tumes et la religion des sauvages du Canada,

écrit de plus exact sur le sujet, au dire de Charlevoix, Le parallèle des anciens peuples avec les aborigènes de l'Amérique suppose une grande connaissance’ de l'antiquité.

Il n'y avait pas encore d'histoire suivie et complète de la Nouvelle-France, lorsque parut lAistoire et Description générale de la Nouvelle-France avec le journal historique d'un voyage fait par ordre du roi dans l'Amérique Septentrionale par le PERE DE CHARLEVOIX, publiée à Paris, en 1744, en six tomes in-12, de 400 pages chaque, environ. Les écrits qui avaient été publiés jusqu'alors ne considéraient le Canada qu'à un certain point de vue. C'étaient pour la plupart des relations de voyages, d'aventures qui n'ofiraiert pas une étude exacte des faits, ni même une description efacte du pays. Ils se contentaient de citer certaines particularités, certains faits relatifs à la vie sociale, au elimat, à une cam-

pagne guerrière, à des détails enfin; et là se bornaient ces travaux qu'on ne sauraient décorer du nom d'Histoire. C’est pourquoi les géographes, les historiographes et les cosmo-

graphes ont } leurs diction La relatio complet qui { sens qu'il € colonie, depui jusqu'à l’ann par la Comp histoire est c ments qui d minutieux.

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