‹ Histoire de la littérature canadienne [microforme]Chapitre 17 sur 52 · UE · texte numérisé non relu

UE

que ‘his Cet ond r le pas

graphes ont parlé de la colonie avec si peu d’'exactitude dans leurs dictionnaires géographiques ou historiques.

La relation du père Charlevoix a été l'ouvrage le plus complet qui fut publié sous la domination française, en ce sens qu'il embrasse dans son récit toute l’histoire de la colonie, depuis la découverte du pays par Jacques Cartier jusqu’à l’année 1731, époque de la rétrocession du Canada par la Compagnie des Indes Occidentales au roi, Cette histoire est complète : l’auteur entre dans tous les développements qui découlent du sujet. Il est même un peu trop minutieux. Il parle des voyages entrepris par la France pour la colonisation ; il démontre la ten‘:..ce des gouverneurs, le mouvement de la civilisation, ia succession des autorités officielles dans la colc1e, les rouages de l’administration civile, etc. La partie religicase est encore plus étendue, plus développée que l’autre: elle empiète mème sur le reste. Une idée semble surtout préoccuper l’auteur, c'est la mission des Jésuites en Amérique, les œuvres que cette société a opérées, et les efforts qu'elle a faits pour la conversion et l'instruction des sauvages. L'auteur prèchait pour sa paroisse avec le zèle qui distingue un partisan dévoué.

Mais ceci est fort peu de choses en comparaison des richesses de détails qui se trouvent dans ce livre. Le Père Charlevoix suit de près la partie descriptive et donne une bonne idée de la topographie par le moyen des cartes liées au volume. La statistique même ne fait plus défaut. On voit qu’il a consulté les archives officielles qui devaient être un véritable grimoire entre les mains des ministres de Louis XIV. Enfin, il y a jusqu'à une description des plantes les plus communes du pays, avec planche pour en désigner l'espèce et la forme. Ce devait être, à l’époque, un livre de luxe que cette histoire.

Remarquons ici que ce travail se divise nécessairement en deux parties: la première a trait à l'histoire générale de la Nouvelle-France. Elle comprend vingt-deux livres et forme quatre volumes ; c'est de beaucoup la plus importante de l’œuvre, La seconde renferme le journal historique du

voyage du Père Charlevoix, fait en Amérique dans les années 1720, 21, 22. Cette relation, qui est sous forme de lettres adressées à la duchesse de Lesdiguières, est contenue dans les volumes V et VIe. Dans l'introduction, l’auteur fait une savante dissertation sur l'origine des aborigènes d'Amérique, question fort controversée par les philologues de l'époque.

Le journal est fort attrayant en ce qu’il touche à des questions de détails qui vont bien à ce genre de relations. L'auteur parle au long des coutumes, du caractère, de la religion, des mœurs et des traditions des habitants de la colonie. Il ne néglige pas non plus la partie descriptive. Plusieurs pages sont consacrées à l’histoire naturelle, embrassant les différents genres, animal et végétal, avec carte des rivières, lacs, montagnes, plans de ville, fortifications, etc. Ces données ne se rapportent pas au Canada seulement, elles ont encore trait à la Louisiane, au Cap-Breton, et autres pays où l’auteur a voyagé.

Je n'ai pas l'intention de faire une appréciation étendue des œuvres du Père Charlevoix. Qu'il me suffise d'ajouter que c’est un bon vieux chroniqueur, causant familièrement avec son lecteur, parlant un langage pur et assez recherché, M'est d'avis que Charlevoix devait passer pour un bon littérateur parmi ses contemporains. Il prend son temps, raconte avec force détails, parsème sa narration de réflexions qui annoncent le moraliste derrière l'historien. Il a d'ailleurs beaucoup de connaissances. Ses études sur les arbres, plantes, animaux indigènes, l’indiquent suffisamment. On peut à bon droit l'appeler le Froissart du Canada. Son histoire de la Nouvelle-France a servi plus que tout autre ouvrage aux historiens Canadiens pour ce qui se rapporte à la domination française. Je ne crains pas de dire qu’il a connu le Nouveau Monde mieux que n'importe quel européen de son temps. Ses voyages lui ont facilité cette connaissance. Pour peu qu'on lui suppose de la bonne foi, de l'intégrité, de l'impartialité, il avait toutes les chances d'écrire un bon ouvrage. Il avait conçu un grand projet d'histoire du Nouveau-Monde, embrasgant tous les pays de l'Amérique. Cette idée n'a pas été riiso à exécution.

Le Père a beaucoup lui-même et join, ont par Monde le bu CHARLES curieux et nd trionale, dan, une relation :

usages de vit ils se compor On ne sa De Foulette Bibliothèque aussi bien c rieur des tr iroquois, les les inexactit trouvent da celle du bar Tels sont qui se sont ( Ces travaux attribuait a décrire les nie. Mais:

ils n’offrent a un siècle :

consultation appuyer ce:

rités du pas travaux tou naissances auprès des remplacent les écrivain plupart, la

D Les

Le Père Charlevoix a fait un œuvre consciencieux ; il y a beaucoup de travail, beaucoup de recherches : il a vu de lui-même et il a consulté tous les auteurs qui, de près ou de join, ont parlé de l'Amérique. On voit qu’il a fait du Nouveau. Monde le but de ses travaux.

CHARLES LEBEAU, avocat, a écrit: Aventures, ou voyages curieux et nouveaux parmi les sauvages de l'Amérique Septentrionale, dans lequel on trouvera une description du Canada, avec une relation très particulière des anciennes coutumes, mœurs et usages de vivre des barbares qui l'habitent, et de la manière dont ils se comportent aujourd’hui. 1778, 2 vol. in-120, avec figures.

On ne s'accorde pas tous sur le mérite de cet ouvrage. M. De Foulette dit que ‘c’est un par roman.” L'auteur de la Bibliothèque des voyages assure que ‘ nul autre ne nous a fait aussi bien connaître les mœurs, les usages, le régime intérieur des trois nations les plus considérables du Canada, les iroquois, les hurons, les algonquins. Il relève soigneusement les inexactitudes, et mème les altérations de la vérité qui se trouvent dans quelques relations, et particulièrement dans celle du baron de La Hontan.” |

Tels sont, en résumé, les principaux écrivains français qui se sont occupés du Canada sous la domination française. Ces travaux n'ont plus à nos yeux l'importance qu'on leur attribuait autrefois, malgré qu'ils soient toujours là pour décrire les antiquités américaines et les origines de la colonie. Mais à part ce mérite, qui n’est pas petit à la vérité, ils n’offrent plus le degré d’intérèt qu'on leur attribuait il y a un siècle et demi. C’est à peine si on s’en sert pour la consultation, et tout au plus, servent-ils comme autorité pour appuyer certains faits non entièrement dégagés des obscu: rités du passé. Nos historiens canadiens ont puisé dans ces travaux tout ce qui pouvait être pris en y ajoutant les connaissances qu'ils avaient acquises dans leurs recherches auprès des archives publiques. En sorte que leurs livres remplacent entièrement les anciennes relations. De plus, les écrivains de la domination française ignorent, pour la plupart, la manière de classer les évènements, de les appré.

NO

cier, de rechercher les causes et d'analyser les époques. Ils se contentent de narrer simplement le fait dans un ordre méthodique et restreint, sans artifice dans l’arrangement des matières et sans pompe dans leur langage. Ils ne s'élèvent pas à la hauteur du moraliste, et leurs appréciations n'atteignent pas ce côté philosophique qui distingue l'école contemporaine. Ce sont de modestes annalistes qui n’entendent point sortir de leur rôle. C’est pourquoi la lecture 4: ces mémoires est généralement ennuyeuse, abstraction faite de la vérité historique qui ne manque jamais d’attrait pour les esprits sérieux.

Parmi les causes qui ont contribué à développer le mouvement littéraire en Canada, il faut mentionner en première ligne les associations littéraires. Ces sociétés n'ont jamais eu qu'une existence éphémère; mais, de période en période, elles se sont renouvelées, sous un nom ou sous un autre, grâce à l'initiative de quelques amis des lettres et des sciences. Il me parait donc opportun de constater ici ces efforts et ces succès.

D'après Lebrun, Québec possédait un Cercle littéraire en 1779, mais ce devait être l’association de la bibliothèque, observe M. Max. Bibaud. (1). La société littéraire et historique de Québec fut fondée en 1824. Une autre société fut créée en 1827. Depuis 1829, la première s’est réunie à la seconde qui a renoncé à son titre. Cette société reçut annuellement une allocation du gouvernement. Elle fut bientôt en mesure d’acheter et d'augmenter journellement un musée,une collection de minéraux et des documentsrelatifs aux antiquités canadiennes. En 1829 il parut un premier volume des Transactions de cette société. Plusieurs autres volumes furent publiés par la suite, sous le même titre. De nombreux mémoires lui furent adressés, et des essais intéressants et instructifs furent lus en présence des membres et du public en général. Elle s’occupa moins de poésie que d'histoire et de sciences naturelles, Afin de réveiller le zèle

(1) Tableau historique des progrès du Canada.

des membres les moilleurs d'histoire na circulaire: ‘ pays étendu ouvert à l’ob objets que not a découvert u promptement chaux, les lits res de fer abo sel de roche.

quadrupèdes recevra égale:

observations « plantes qui, d soumises à un pes délétères, que le riz 8:

qu'une ressou] suite une sour ces froides lat Plus active en 1828, des ques, géologic logie des lac agronomiques À cette époqt Le siége de M Harp, dù à la Cette sociét beau rôle en ( lopper le got signalés à not tries. Mais on qu’elle dispose recevait de :

des membres, on proposa des prix à eeux qui présenteraient les moilleurs travaux. En 1830, le président de la classe d'histoire naturelle, M. Joserx $S. KEY, disait dans une circulaire : ‘“ Les ressources, les richesses naturelles de ce pays étendu ne sont connues qu’imparfaitement. Le champ ouvert à l'observation est immense car il comprend tous les objets que nous offre la nature animée et inanimée. Ici on a découvert un calaire facile pour la taille et qui se durcit promptement; là, de la pierre meulière. Les couches de chaux, les lits de gypse fourniront des engrais. Les minières de fer abondent, et peut-être les mines de charbon et de sel de roche. Ontrouvera dans ce pays depuis les plus grands quadrupèdes jusqu'aux insectes les plus petits. La société recevra également avec la plus vive satisfaction, toutes les observations qui lui seront adressées sur les végétaux. Des plantes qui, dans leur état de nature sont très pernicieuses, soumises à une culture bien entendue, perdent leurs principes délétères, deviennent palatales. Ainsi ilest présumable, que le riz sauvage (Zezania aquatica), qui n'est à présent qu'une ressource accidentelle pour les aborigènes, sera par ia suite une source abondante d’aliment, et qu'ilrivalisera dans ces froides latitudes avec son analogue des tropiques.”

Plus active dans ses commencements, cette société offrait, en 1828, des médailles pour des observations météorologiques, géologiques, pour l2 abrication de la potasse, l'Ichtyologie des lacs et des rivières, pour les perfectionnements agronomiques, pour les procédés d'extraction d'huiles, etc. À cette époque encore, elle couronnaït un poëme français: Le siége de Missolonghi et un poëme anglais: The canadian Harp, dù à la plume de M. W. HAwLEw, de 1 Isle aux Noix.

Cette société, comme on le voit, était appelée à jouer un beau rôle en Canada. Elle a certainement contribué à développer le goût des sciences ct elle a rendu des services signalés à notre littérature, à notre histoire, et à nos industries. Mais on pouvait attendre davantage, avec les capitaux qu’elle disposait et l’encouragement qu’une si belle œuvre recevait de partout. Cependant un malheur est venu

liés

fondre sur elle et a dû nécessairement arrêter ses progrès: je veux parler de l'incendie des Chambres du parlement en 1849, qui la ruina presqu'entièrement et qui entraîna la perte de la bibliothèque (1600 volumes), des manuscrits et archives relatifs à notre histoire, ainsi que le cabinet d'histoire naturelle. C'était le plus ancien musée qui ait existé en Canada. Il avait été collectionné par M. Prerre CHASSEUR, et classé selon l’ordre des trois règnes par le Dr. MEILLEUR. M. FARIBAULT, savant de distinction, est ‘peut-être le canadien-français qui a fait le plus pour cette société qui compte parmi ses fondateurs des hommesillustres, entr'autres: Le comte de DALHOUSIE, Sir FRANCIS BURTON, le Dr. WiLxkie, le juge SEWELL, ANDREW STUART, M. Roy, VALLIERES DE ST. RÉAL, l’hon. M. SHEPPERD, etc.

La Société Historique de Montréal, fondée en 1858, fut définitivement organisée l’année suivante sous la présidence de M. Jacques ViGER. Elle a publié plusieurs documents importants à l’aide des fonds annuellement votés par la législature

j pour son soutien. Parmi ses fondateurs on voit l'Hon. juge

\/ <Beaupry, MM. P. Bezcemare, L. H. A. Larour, G. BaBy,

ete. Plus que tout autre M. L’ABBÉ VERRAULT a contribué à assurer son succès.

La Société d'Histoire naturelle est spécialement destinée à la profession médicale. Son musée est assez remarquable, mais sa bibliothèque de peu d'importance. Ello reçoit annuellement une allocation du gouvernement. Deux médailles ont été décernées par cette société, l’une à M. SHEPPERD, de Québec, pour un essai sur les arbres forestiers et l’autre à M. le CozonEeL Cover, de Cobourg, P. O., pour un écrit sur la culture du chanvre. En 1830 elle proposait des prix pour “un aperçu rétrospectif du climat du Canada, pour la description des bois de haute futaie, avec leur emploi en médecine et en industrie, pour un essai littéraire ou scientifique, enfin pour l'ouvrage de l’année jugé le meilleur.” Il me semble pourtant que ces sociétés, favorisées par la législature, encouragées fortement par les amis des sciences, devraient répondre plus efficacement au rôle qu'elles se pro-

posaient lors lectures pu ciété d'Hi:to de la légisia que le rapp qui compta] tage. Hn 1

répandre p sances prati

Je n'ai pa littéraires dernières ai à cause de 1

manquerais Canadiei:

dans plusie raire 4 cont agrandir l’e de cet ouvr!

des luttes re sur cette pl cements. C que surgit nourris à l’é

mus. Ils a

dévouemen

une étroite

rent en 800

ils le décla

qui nait d

à la parole

Le bute

Page 1