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posaient lors de leur fondation. Ainsi, que sont devenues ces lectures publiques que devait donner mensuellement la Société d'Hitoire Naturelle de Montréal, en échange des octrois de la légisiature. Je ne sache pas que l’on fasse autre chose que le rapport annuel, ce qui équivaut à une pure formalité
En 1828 fut organisé, à Montréal, le Mechanic Institute qui compta peu de canadiens-français, à notre grand désavantage. En 1831, l’Jnstitut des Artisans fut fondé à Québec. La Chambre des Arts et Manufactures est d’une date plus récente. Rien de plus propre que ces institutions pour répandre parmi le peuple le goût des arts et des connaissances pratiques.
Je n'ai pas l'intention de passer en revue toutes les sociétés littéraires qui ont été établies parmi nous depuis ces dernières années. Outre le peu de progrès qu’elles ont fait, à cause de leur division et de leur influence partielle, je présume que notre époque doit offrir au critique quelque chose de plus complet à étudier. Il me semble cependant que je manquerais à mon devoir si j'omettais de parler de l'Institut Canadie: .e Montréal, institution qui eut des ramifications dans plusieurs endroits de la Provinee. Cette société littéraire a contribué plus que toute autre à épurer le goût et à agrandir l'esprit. Il n'entre pas dans mes vues, et le cadre de cet ouvrage ne le permet pas d’ailleurs, de faire l’histoire des luttes religieuses de cette institution. Je passe l'éponge sur cette phrase. Je me contenterai de relater ses commencements. C’est en 1844, au sortir de l’insurrection de 1837-38, que surgit cette société, fondée par quelques jeunes gens nourris à l’école du passé. Ils prirent pour devise altius tendimus. Ils apportèrent un fond commun de libéralisme et de dévouement à la cause du progrès; ils se réunirent dans une étroite masure de la rue St. Jacques, et là, se constituèrent en société’sous le nom d’Znstitut Canadien, atin, comme ils le déclarèrent à la première séance ‘de ‘hercher la force qui nait du travail commun, de s'instruire et de s’habituer à la parole au moyen de la discussion.”
Le but et’l'objet défini, ces jeunes gens, au nombre de deux
cents, jadis isolés et presque inconnus les uns aux autres, inaugurèrent, les premiers, le système des coniérences publiques, et des discussions libres sur tous les sujets politiques et littéraires. Ils affirmèrent la liberté d'examen et la tolérance religieuse ia plus complète. Dix années passèrent. La salle étroite, basse, pauvre, de l’Institut-Canadien, était devenue une tribune publique, d'où jaillissaient les idées réformatrices les plus propres à perfectionner nos institutions. Treize d'entre eux étaient maintenant des députés au parlement canadien, Réunis, côte à côte, ils formaient cette petite phalange hardie qui attaquait tous les privilèges, tous les vices de l'organisation sociale et politique. On parle encore aujourd’hui de la jeunesse de 54. Quelque soient les déboires, les insuccés et même les fautes de quelques uns d'eux, on ne peut s’'empècher de reconnaitre leur mérite et le concours patriotique qu'ils ont apporté au soutien do l'état. C'étaient de bons serviteurs et leur zèle comme leur amour pour la patrie ne seront jamais amoindris aux yeux de l'historien impartial. Toute la jeunesse intelligente de l’époque faisait partie de l’Institut-Canadien : c'étaient MM. À. A. DorioN, JosEpx PAPIN, JosEPH DoUTRE, Eric DoORION, WizrriD DoRioN, CHARLES DAOUST, CHARLES LABERGE, L. A. DESsAULLES, LABRECHE-VIGER, R. LAFLAMME, C. F, Papr- NEAU, E. PAPINEAU, M. PREvVOST, J, JoBIn, etc.
Après la Cession du Canada à l'Angleterre, l'immigration anglaise, favorisée par les gouverneurs, vint, jusqu'à un certain point, entraver les progrès de la littérature nationale, La langue des vainqueurs finit par exercer une véritable influence dans les affaires ordinaires, et l'attention des canadiens fut de plus en plus dirigée vers elle sans cependant céder en rien des prérogatives que nous accordaient les traités de capitulation. De ces deux idiomes, également parlés en Canada, naquit deux littératures distinctes: la littérature franco-canadienne et la littérature anglo-canadienne. Nous les étudierons toutes deux parcequ'elles nous concernent également,
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