‹ Histoire de la littérature canadienne [microforme]Chapitre 23 sur 52 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Poésie et Histoire.—Notre passé, source féconde en beautés littéraires.—Lo travail accompli et celui qui reste à faire.—Nos archives.—Manuscrits, —Une suggestion.—Historiens canadiens.—Du Calvet.—Perrault.— Dr. Labrie.—$Smith.—Michel Bibaud.—Gabriel Franchôre.—Commandeur Viger.—L'Abbé Noiseux.—Bouchette, père et fils.-—-Faribauit.— Hawkins.— Garneau.— Christie.— Brasseur de Bourbourg.— L'Abb6 Gingras.—Maximilien Bibaud.—J, C. Taché.—Barthe.—Hector Langevin.—Hogan.—Roger.--L'Abbé Faillon.—L'Abbé Ferland.—Mgr, Langevin.— Borthwick.—McGee.— Coffin.—Canniff.—Morgan.— Taylor.— Akins.—Mme. Day.—Meiiüuilen.—Miles.—L'Abbé Maurault.—Btdard.— L'Abbé Tanguey.—Mgr. Taché.—L'Alkbé Casgrain.—Turcotte.—L'Abbé Daniel.—Lemoine.—L'Abbé Laverdière.—L'Abbé Chandonnet.— L'Abbé Verrault.—Gonzalve Doutre.—Tassé.—Sulte, etc., ete.—Transactions de la Société Historique de Québec.—Mémoires de la Socicté Historique de Montréal.—Résumé.—Condition exceptionnelle du Cana da.—Gurneau et nos archives.—Travaux Historiques publiés à l'étranger sur le Canada.—Montgomery Martin.—Murry.—Parksman.-—Dussieux.—Le père Martin.—Font Pertuis.—Lebran.—Rameau.—- Strauss.— O'Callagan.— LaRoche Héron.— DeQuibusque.— Ampère. — Marmier, etc.—L'école historique contemporaine.—$Ses préjugés.—$Sa mission.

La littérature dr -"ples anciens a commencé par la poésie.

A l'enfance Avtés, l'imagination jouait un role puissant sur les is et les travers des hommes. Cette déesso

Caarmante, qui séduit l'oreille pour lui plaire, qui caresse mollement les fibres intimes du cœur humain, qui touche aux

cordes sensibles des passions, la poésie, a été le premier souflle du premier homme s’éveillant au spectacle ravissant de la nature.

L'enfance des sociétés a conservé ce caractère. Les historiens ne racontèrent qu'après que les poètes eurent chanté. Le poète s’empare de cequ’il y a de plus suave,de plus varié,

de plus div saveur déli core jeunes contraire, rité, la pas calme, froi bauche de style, nulld réel et juge l'antique b De là,d suivis, SUC( l'image et devait pré!

tion et la trop souve revétent | charpente susceptibl l'impossib réel.

Mais, à à travers départ sa désir de 8 froide rai pres force

progressi plus avec Les littér plus vari du froid littéraire la plupar siècle, ét débuts d suite dar

de plus divin dans la nature ; il en compose un miel d’une saveur délicieuse et présente à l'imagination des peuples encore jeunes un aliment propre à leur vie. L’historien, au contraire, s'empare du fait, le dissèque, sacrifie l'art à la vérité, la passion à l’impartialité, la variété à l'unité, il est calme, froid, posé, honnète, probe, parfois sévère. Nulle débauche de l'esprit, nul épanchement du cœur, nul écart de style, nulle sympathie pour les personnes : il raconte le fait réel et juge les hommes et les choses, les yeux couverts de l'antique bandeau de la justice.

De là, deux genres parfaitement distincts ; qui se sont suivis, succédés, et dont l’un, le premier, n'a été que l'indice, l'image embelle, superfuite, exagérée de l’autre, Iomère devait précéder Hésiode et Hérodote, parceque l’imagination et la passion parlent avant, ou du moins remplaçent trop souvent la raison. ÆEnlevez les brillantes couleurs qui revètent le riche manteau d’IHomère et il vous reste une charpente nue,un plan deformé, un squelette si vous voulez, susceptible de revêtir les couleurs historiques. Derrière l'impossible et l'imaginaire se cachent le vraisemblable et le réel.

Mais, après que l'imagination, épuisée de ses courses folles à travers les régions de l'imaginaire, fut revenue au point de départ sans avoir satisfait ni la curiosité des peuples, ni leur désir de s’instruire, ni surtout les exigences de l'intellect, la froide raison marcha en éclaireuse, s'appuyant sur ses propres forces : dès lors l'humanité fit un pas dans sa marche progressive, Les nationalités naissantes ne s’abandonnèrent plus avec la mème fougue sur la pente fleurie de la poésie. Les littératures modernes, à leur origine, offrent un aspect plus varié, plus élevé, plus rat ael, Le poids de la raison et du froid calcul pèse davantage dans le plateau de la balance littéraire. La vie active des nations de l'Europe, qui, pour la plupart, se donnèrent une littèrature nationale au XIIe siècle, était trop pleine d'initiatives, comparée aux modestes débuts des vieilles civilisations, pour ne pas s'engager de suite dans la voie large et prosaïque du fait. La civilisation

moderne, héritière des lumières de l'antiquité, mit à contri. bution ces progrès pour suivre un mouvement ascentionnel, S'il est vrai de dire, en thèse gènérale, que la poèsie a bercé l'enfance des peuples, du moins faut-il restreindre considérablement cette proposition lorsqu'on veut en faire l'application à la civilisation moderne. Les écrits de Vilhardoin et de Froissart, en France, n’ont r 1s été précédés de beaucoup par les chants des Trouvères €, des Troubadours. Thibaut de Champagne n’a jamais eu plus de mérite et joui d’une plus grande popularité que Christine de Pisan. Les antiques annales de l'Espagne, que la patience de quelques bénédictins a depuis livrées au public, sont antérieures à tous lés cancioneros et aux romanceros de la vieille Castille. Le philosophisme de Dante a précédé le lyrisme de Pétrarque, en Italie. En Angleterre, la muse saxonne s'inspire à l'ombre des cloitres des événements de chaque jour, et l'historien Guidas, qui vivait au VIsiècle, fait bonne figure au milieu des poètereaux de l'époque. Les minesaengers et les meistersaengers préféraient la forme dydactique aux chants légers, et tous les nielelungen de la vieille confédération germanique préludèrent une littérature plus réaliste. Les romans de chevalerie, qui n'étaient encore qu'une sale et grossière ébauche du progrès des langues modernes, se sont évanouis, en un instant, aux premières lueurs du positivisme.

La poésie n’a pu survivre à ces désastres qu'en as-umant un caractère propre et particulier à chaque genre : elle dût s'élever à des hauteurs inaccessibles au commun des mortels, pour ne pas être détrônée par l’orgueilleuse prose devenue à tout jamais le costume léger du philosophe, du publiciste et de l'historien,

Ce qu'a été le rôle de l'histoire au Canada, au début de notre littérature, c’est dire qu'il a été humble et modeste. L'histoire n’'eût pas mème à lutter contre les empiètements de la poésie. Cette rivale n'existait pas ; car, je n'appelle pas poésie ces petites tartines rimées que nos pères, dans leur moment de bonne humeur, chantonnaient en abattant les broussailles qui obstruaient l'entrée de leur maison en bois

rond. C constatel et des E premiers étaient r y avait} velle-Fr pleines € du gran aime-t-e| RR. PP carnatio humbles biblioth de ces 1 ces vie tant de Comr Canada Un pas trève :

ce, con travail au sein ale et | veau-M du con princif et le ré gloire obstac!

ses et popul:

rante cham!] Aussi, eux, f

rond, C'est tout au plus un sentiment poétique agréable à constater,une dirposition qu’ils avaient héritée des Normands et des Bretons leurs pères. L’histoiro marque plutôt les premiers déouts de notre littérature. Les hommes lettrés étaient rares sous la domination française, mais le peu qu'il y avait prenaient des notes pour servir à l’histoire de la Nouvelle-France. Ces relations, grossières dans la forme, mais pleines d’attraits dans le fond, contribuèrent à l'édification du grand temple historique de notre pays. Aussi, la critique aime-t-elle à citer les noms de Champlain, Charlevoix, les RR. PP. Jésuites, Lescarbot, Sagard, la Mère Marie de l'Incarnation, ete. Si le passé est connu, nous le devons à ces humbles travaux et aux manuscrits déposés dans les grandes bibliothèques publiques d'Europe et d'Amérique. La plupart de ces relations nous ont été données par les missionnaires, ces vieux pionniers disséminés sur le continent comme autant de jalons dans un désert,

Comme chez tous les peuples qui ont vieilli, l’histoire du Canada offre de grandes beautés et de hauts enseignements, Un passé accidenté, des actions héroiques, des luttes sans trève : luttes contre la forêt, contre les ennemis de la France, contre les peaux-rouges, contre la misère et la faim ; le travail lent de la civilisation et de la colonisation s’opérant au sein des sombrés forêts d’une terre vierge ; l’agonie sociale et le dernier effort de la France abandonnant le Nouveau-Monde ; la découverte successive des différentes parties du continent américain ; les premiers établissements et les principaux essais de colonisation ; les luttes parlementaires et le réveil national revendiquant les institutions qui font la gloire des peuples libres ; les difficultés, les dangers et les obstacles suscités par le mélange des races :—toutes ces causes et tous ces faits variés, qui se rencontrent au sein d'une population disséminée, aussi bien que chez un, peuple de quarante millions d'hommes, offrent au génie de l'écrivain un champ fécond qu’une plume habile peut remuer sans épuiser, Aussi, des hommes de mérite, des citoyens éclairés et vertueux, se mirent-ils à l'œuvre, et aujourd'hui, nous pouvons

étudier les époques lointaines de la colonie, éclairés au flambeau des écrits historiques de Garneau, Ferland, Bibaud, et tant d’autres écrivains recommandables qui ont surgi comme par enchantement à notre époque.

Ces causes expliquent sans doute l’ardeur avec laquelle nos meilleurs littérateurs se sont livrés aux travaux historiques ; car, l’histoire a été de beaucoup le genre le p'us et le mieux cultivé parmi nous. Cette mine reste encore inépuisée en dépit des fouilles considérables qu'on y a pratiquées. Nos antiquités canadiennes feront, pendant longtemps, l’objet des études et des travaux des écrivains soucieux de laisser derrière eux une réputation durable. On ne saurait d’ailleurs trop encourager la jeunesse studieuse e‘ vide d'entreprendre et d'écrire, à se livrer à ces études. Ces travaux ont pour résultat de faire connaitre la patrie à l'étranger et de cultiver parmi nous cette fleur divine du patriotisme, en découvrant la grandeur de notre passé et l'éclat des actions de nos pères.

Il ne manque pas d'écrivains qui ont entrepris d'écrire l'histoire du Canada dans son ensemble, quoiqu'à des points de vue différents ; mais ce qu'on a peut-être trop négligé, c'est la spécialité historique ou l'étude des différentes époques et même l’histoire particulière de certaines régions du pays. Il va de soi qu'un coup d'œil d'ensemble ne peut embrasser jusque dans ses particularités les événements divers de la vie d’un peuple, tandis que l'analyse de périodes déterminées permet à l'écrivain de s'arrêter aux détails. Ily a certaines phases de notre histoire qui n'ont pas encore été traitées convenablement. Ces lacunes sont plus nombreuses qu'on serait tenté de le supposer en présence du travail accompli.

Il y a bien aussi la mine inépuisable de nos archives. Quel pays n’a pas ses manuscrits ! Le Canada n’est pas en arrière des autres peuples sous ce rapport. Seulement, ces trésors sont épars, et pour les atteindre il faudrait s’aventurer dans la poussière des voûtes publiques de France, d'Angleterre et des principales villes d'Amérique, Ce serait un grand tra-

vail bien

ges rongé manuscrit législatur imprimer qu'une nä de ses fini encore de périence

Jetons riens.

En list aperçoit glorieux patriote,

Arrêté on le con dimand.

Jui fit su en Angl auprès d de l’accu:

attention publia al

« Ces | un style

fier et ir

avec cel qu'aucu

Dans se

tions pl

L'ouv

1784, il

Lettres

lettre à

ere

(1) Ai

vail bien méritoire que celui de collectionner ces vieilles pages rongées chaque jour par la dent du temps. Il y a certains manuscrits surtout, d’une importance telle pour nous, que la législature du pays ferait acte de prévoyance en les faisant imprimer aux frais de l'Etat. On ne devrait jamais oubiier qu'une nation n’est pas seulement riche de ses institutions, de ses finances prospères, de son commerce florissant, mais encore de tout ce qui peut instruire les générations de l’expérience d'un passé, hélas ! toujours trop tôt oublié.

Jetons un coup d'œil rapide sur les travaux de nos historiens.

En lisant la seconde partie de l’histoire du Canada, on aperçoit une figure rayonnante qui brille dans la galerie des glorieux défenseurs de nos droits, Cette figure, ce type, ce patriote, c'est Du CALVET.

Arrêté le 27 Septemb: 1780, à cause de ses idées libérales, on le conduisit en prison d’après les ordres du farouche Haldimand. On lui enleva ses papiers, son argent, et on ne lui fit subir aucun procès. Mis en liberté, Du Calvet passa en Angleterre pour demander justice au roi et là, sollicita, auprès des ministres, le rappel d'Haldimand, afin, disait-il, de l’accuser devant les tribunaux anglais. On ne fit aucune attention à sa requête. Aussi énergique qu'infatiguable, il publia alors son volume de lettres,

« Ces lettres, dit Garneau, (1) écrites avec emphase et dans un style violent et emporté, annoncent toutefois un esprit fier et indépendant. Du Calvet y mêle habilement sa cause avec celle du pays, et expose des vérités au gouvernement qu'aucun autre homme n'aurait osé proférer même tout bas. Dans ses élans de rude éloquence, il lui échappe des exclamations pleines d’orgueil national et d’une noble indignation.”

L'ouvrage de Du CALVET a été imprimé à Londres en 1784, il est intitulé: Appel à la justice de l'Etat ou Recueil de Lettres au Roi, au Prince de Galles, et aux Ministres avec une lettre à messieurs les Canadiens, où sont fidèlement exposés les

men

(1) Histoire du Canada, vol, IIT p. 61.

actes horribles de la violence arbitraire qui a régné dans la Colonie, durant les derniers troubles, et les vrais sentiments du Canada sur le bill de Québec et sur la forme de Gouvernement la plus propre à y faire renaître la paix et le bonheur public.

Pierre du Calvet était un ancien juge de paix de la ville de Montréal.

Son livre est une page éloquente de l'histoire de la tyrannie organisée par le gouverneur Haldimand contre les Canadiens-français. Le style pourrait être plus pur et plus clair, les expressions mieux choisies, l’ensemble du livre offrir plus d'ordre et de méthode ; mais la cause des Canadiens ne saurait être exposée avec plus de véhémence, de conviction et de patriotisme, L'auteur fait ressortir l'époque de 1774 à 1791 dans tous ses détails. Il trace les résultats de la législature impériale sanctionnant l'acte de Québec. Parlant au nom des Canadiens-français, il expose le sentiment véritable de ses compatriotes touchant cette législation. C’est pourquoi son livre est devenu un document sacré dans no8 annales historiques ; C’est un écrit éminemment national,

I] esquisse dans l'introduction les malheurs qui l’ont amené à en appeler au roi. Dans sa lettre au roi, il demande le rappel d'Ifaldimand qui organise la tyrannie au nom du souverain dans la Province de Québec, Il décrit dans la lettre au Prince de Galles, le mécontentement qui règne dans la Colonie et conclut à des mesures efficaces pour adoucir la situation qui est faite aux sujets anglais. Il sollicite le rappel du gouverneur et se plaint des délais apportés par le gouvernement à l'exécution de la justice dans ses lettres aux ministres, Dans l’épitre au général Haldimand, l’auteur l’avertit des démarches qu'il a faites pour le poursuivre devant les trïbunaux de Londres. Enfin, il expose äans sa lettre aux Canadiens, l’histoire des tyrannies exercées dans la Province durant les troubles de 1775. Cette partie est la plus intéressante de l'ouvrage parcequ'elle prend un caractère moins personnel. Ce n’est plus la eause d’un citoyen indignement traité, mais c’est la cause même du peuple ; c'est la discussion sur le bill de Québec, ses propriétés et ses impropriétés,

ses défauts ministratio de lois pro l'auteur ent Il termin constitutiot

4®, Ina même des # 5°. Gou 6°. Eta 7°, Nol nada dans Québec et 8°, Lib privé de ù 92, Ré conseil su 109,.E canadien à 11°. L 12°, C biens des tination p 18e, 2 de l'empü Cette € que celle contribué Un des “petit de ractère, € de Rome Le lin:

heureux

ses défauts et ses qualités ; c’est l'enquête générale sur l'administration de la justice ; c’est enfin l'examen d'un système de lois propres à satisfaire le peuple. Dans cette partie l'auteur entre dans l'examen de plusieurs points importants,

Il termine en réclamant l’tablissement d’un gouvernement constitutionnel, dont il posait ainsi les bases :

1°, Conservation des lois françaises.

27, Loi d'Habeas Corpus.

3°. Jugement par Jury.

4®, Inamovibilité des conseillers législatifs, des juges et même des simples gens de loi durant bonne conduite.

5°. Gouverneur justiciable des lois de la Province,

6°. Etablissement d'une chambre d’assemblée électis

7°. Nomination de six membres pour représenter le Canada dans le parlement impérial, trois pou: le district de Québec et trois pour le district de Montréal.

8°. Liberté de conscience ; personne ne devrait être privé de ses droits politiques pour cause de religion.

9®. Réforme de la judicature par le rétablissement du conseil supérieur,

10®, Etablissement militaire : création d'un régiment canadien à deux bataillons.

11°. Liberté de la presse.

12°, Colléges pour l'éducation de la jeunesse ; emploi des biens des Jésuites pour cet objet, conformément à leur destination primitive. Ecoles publiques dans les paroisses.

13°, Naturalisation des canadiens dans toute l'étendue de l'empire britannique.

Cette constitution, comme on le voit, était plus complète que celle qui nous fut donnée en 1791. Ce livre a beaucoup contribué à nous faire accorder un gouvernement électif.

Un des partisans de DuCalvet le dépeint en ces termes : “petit de taille, beau de figure, noble d’attitude, sage de caractère, chaud de cœur, étant taillé dans le granit des héros de Rome et de Sparte dans leurs meilleurs temps.”

Le livre de DuCalvet est donc très précieux ; c’est malheureux qu’il soit devenu si rare, Seulement, il ne faudrait

pas s’en servir comme une autorité qui dispense de toute autre : l’auteur a écrit, il n’y a pas à se le cacher, sous l’empire de la passion; il a confondu, trop peut-être, sa causo avec celle du peuple canadien, il a dû exagérer, dénaturer la portée des actes de ses ennemis. Mais c’est un document excellent, dans tous les cas, pour juger un côté de la médaille. Il dit tout : sa franchise n’est égalée que par son amour de la liberté et la noblesse de ses sentiments patriotiques, Du Calvet est un grand citoyen, digne de figurer au nombro de ceux qui ont travaillé pour assurer notre bonheur social, Seul, à cette époque, il a tenu tête à l'influence anglaise, C'est pourquoi son livre sera toujours là pour témoigner en sa faveur. Chaque page dénote du respect et de l’amour de l'auteur pour les institutions libres, pour le respect de la loi, pour la vérité et la sauvegarde des droits individuels et des franchises sociales. A tous ces titres, il mérite d’être, par la date, comme par les idées qu'il a émises dans son ouvrage, le fondateur et le père du parti libéral en Canada.

Francots JosEPH PERRAULT, en son vivant protonotaire du district de Québec, “un des plus beaux caractères auxquels Québec ait donné le jour,” (1) était fils d’un riche traitant. Il naquit en 1759 et mourut en 1844 Quand il se Lvra à l'étude, les livres étaient rares dans le pays. IT en copia, en traduisit un grand nombre et en compila d'autres. Il réussit, à force d'énergie et de persévérance, à se meubler l'intelligence d’une foule de connaissances pratiques et utiles. Outre ses nombreux ouvrages sur l’agriculture, l'éducation et le droit, que j'examinerai plus loin, nous lui devons uns Histoire du Canada, 4 vol. in-18. Ce petit traité, qu'on ne trouve plus que difiicilement, a eté écrit, comme tous les ou

ages de Perrault, pour satisfaire aux besoins d'instruction populaire. C’est dire qu'il est élémentaire. La narration s'arrête à 1855, époque de l’arrivée de Lord Gosford en Ca. nada. Le style n’a pas non plus une grande pureté, ni beau. coup de précision. Mais ces défauts s’effacent et disparaissent dovant la bonne volonté de l’auteur et les services qu'il a

ne mnnms

(1) Bibaud, Hommes illustres, p. 251,

rendus à S01 ‘ares de nos Le Dr. J:

Fit ses étuc médicales à ers zélateur:

pied des éco Rédigea le Premiers ru l'anglais B d'observatic Il fit plus

il mourut lc pu la public législature ( quatre vol voix, plus d téritableme publier cet tous les ma troubles po chez feu M.

cendie de $ Bibliothèqu Jacques | de M. Papi nos plus an tion et sur du Canada aurait sans fut devenu WILLIAM son père, € et Maitre € en 1814, Smith es au père C

vendus à son pays. Les hommes de cette trempe sont trop ares de nos jours.

LE Dr. JACQUES LABRIE, célèbre patriote, naquit en 1783. Fit ses études classiques au collége de Québec et ses études médicales à Edimbourg où il fut gradué. Fut un des premiers zélateurs de l'éducation en Canada. Fonda sur un grand pied des écoles modèles et des académies pour les deux sexes. Rédigea le Courrier de Québec en 1807. Publia en 1827 les Premiers rudiments de la constitution britannique, traduit de l'anglais Brooks, précédé d’un précis historique et suivi d'observations sur la constitution du Bas-Canada.

Il fit plus. Il écrivit la première histoire du Canada. Mais il mourut le 26 octobre, 1831, à St. Eustache, avant d’avoir pu la publier. Dès le 30 Novembre, M. Morin proposa à la législature d’allouer £500 pour cette publication de trois ou quatre volumes in-octavo, en observant que depuis Charlevoix, plus d’un siècle s'était écoulé, sans que le Canada eut véritablement un historien. M. Morin fut chargé du soin de publier cette histoire pour laquelle l’auteur avait recueilli tous les matériaux que la province pût lui fournir. Mais les troubles politiques de 1837 survinrent et le manuscrit déposé chez feu M. Girouard a déplorablement péri au sac et à l’incendie de $t. Benoit, Quelques fragments parurent dans la Bibliothèque Canadienne de Bibaud.

Jacques Labrie, tout chaud canadien qu'il était, se sépara de M. Papineau sur la question des subsides. Il est un de nos plus anciens écrivains et ses travaux sur notre constitution et sur notre histoire lui valurent le surnom de Tite-Live du Canada que ses amis lui ont décerné et que la postérité aurait sans doute confirmé, si son travail de 30 années ne fut devenu la proie des flammes et des pillards.

Wizzram Smith naquit en 1770. Arriva en Canada avec son père, en 1786. À été Greffier de l’Assemblée Législative et Maitre en Chancellerie, Fut nommé Conseiller Exécutif en 1814,

Smith est un de nos plus anciens historiens. Il fait suite au père Charlevoix, C’est le premier écrivain anglais qui

Le.

entreprit d'écrire une histoire régulière du Canada. Son ouvrage, qui remonte à l’origine de la colonie et qui s'arrête à 1791, est iutitulé : History of Canada from the first discovery to the peace ; and from the establishment of the civil Govern: ment in 1764 to the establishment of the constitution in 1796, 2 vol. in-8. Cet ouvrage a été publié à Québec en 1815.

I] est reconnu que Smith est l'écrivain le plus partial qui ait entrepris d'écrire l’histoire du Canada, Il vivait justement à cette époque de transition, de crise sociale et de malaises nationaux où les deux races furent mises pour la première fois en présence l’une de l’autre. Mêlé aux événements publics et aux nombreux changements politiques survenus de 1759 à 1791, l’auteur prit une part active en faveur du vainqueur et se fit l'écho des fanatiques qui voulaient violer les clauses du traité définitif de paix. Ii a nécessaire. ment montré dans son histoire des tendances d’anglomanie qui en font le plus partial des écrivains de son école, Il voulait, entre autres choses, la substitution pleine et entière, en toute matière et dans toutes les branches, des lois anglaises aux lois françaises. Il poursuit avec acharnement tout ce qui porte un caractère français et catholique. Au clergé, il veut enlever son droit à la dime. Il défend l'acte du Test qui éloignait les catholiques des emplois publies et qui ne pouvaient, à cause de leur croyance, souscrire aux déclarations qu'on exigeait d'eux. Son égoïisme va même jusqu'à le faire s'opposer à la Constitution de 1791 qui assurait aux canadiens un gouvernement libre, justement parcequ’il pressentait que les efforts de l’Assemblée Législative finiraient par vaincre la résistance des souverneurs, du conseil et de l'administration.

I importait qu'une plume nationale revendiqua les droits des canadiens et s’éleva contre ces prétentions arbitraires, injustes ettyranniques. Garneau a rétabli les faits dans leur vrai jour, exposé les droits et les justes prétentions des canadiens et dévoilé cette haine sourde qui couvait dans le cœur de certains anglais qui, comme Smith, prétendaien’ asservir et anéantir la race francaise sur ce continent.

A part toire de déployé u porte aux se. Il dé indiens e qu'efeur tout ce q1 porte sur nation ; n s'élever at lités ; mai et son livr

Aujourd leurs, est tation et c sous ses £ son époqu pice de soi audeat,

L'année canadienne parler de !

Ce citoy cette époq da faisait neuse du considérer mais cet o encore l’h VILLE, Européens ces livres considéré:

taillée des

M. Bibe de suite,

A part ces défauts qui rendent suspecte la lecture de l’histoire de Smith, je me plais à reconnaître que l’auteur a déployé un certain talent dans la partie du travail qui se rapporte aux événements militaires sous la domination française. Il décrit longuement les guerres entre les français et les indiens et donne des aperçus que Charlevoix n'avait fait ù qu'effleurer ou qu'indiquer. Ce n’est pas qu'il soit exact dans | tout ce qu'il dit ou impartial dans tous les jugements qu’il porte sur les événements et les hommes de la première domination ; non, il était trop préjugé contre le nom français pour s'élever au-dessus des mesquines considérations de nationalités ; mais, en général, son système me paraît surtout faux et son livre injuste à partir de 1759 jusqu’à 1791. Aujourd’hui on n’étudie plus l'histoire dans Smith, qui,d’ailleurs, est devenu très rare. Ce document sert à la consultation et celui qui s’en approche commence par se mettre 2 sous ses gardes, regrettant qu'un écrivain si distingué pour son époque n'ait pas suivi la belle devise qui orne le frontispice de son livre : ne quid fulsi dicere audeat, ne quid veri non audeat.

L'année 1844 fut remarquable dans l'histoire des lettres canadiennes par l'apparition d’une œuvre capitale, je veux parler de l’Histoire du Canada par Micnez BrBAUD.

à Ce citoyen distingué naquit en 1782 et mourut en 1857. A W'à cette époque, l’histoire impartiale, suivie, complète du Cana- UX da faisait encore défaut, On avait bien l’histoire volumi- 7 D ueuse du père Charlevoix, ce vieux chroniqueur qu’on peut ent considérer comme le Vilhardoin ou le Joinville du Canada, de mais cet ouvrage ne va pas au-delà de 1725. Il y avait bien encore l’histoire de Smith, Les beautés du Canada par DaNits VILLE, L/Histoire du Commerce et de l'établissement des es, Européens dans les deux Indes par RAYNAL, mais avouons que eur ces livres historiques ne pouvaient en aucune manière être ha considérés comme la relation exacte, complète, suivie, déeur taillée des faits survenus depuis l'établissement du Canada. vir M. Bibaud a donc entrepris une tâche louable et, disons lo

de suite, c’est peut-être son plus grand mérite. Il a sans

doute beaucoup plus contribué à édifier les œuvres de Garneau, de Ferland, de Faillon, que les relations des Jésuites, la chronique du père Charlevoix et les autres documents relatifs à notre passé. Dans tous les cas il a puissammant abrégé les travaux de ses successeurs en leur montrant une route aplanie et en jetant une certaine lumière sur les questions capitales de notre histoire. Mais là se borne le mérite de cet historien, Inférieur à Ferland comme historien philosophe, à Garneau comme historien politique, il cède encore le pas à Faillon comme narrateur. Le style est sans prétention. On pourrait exiger plus de clarté dans l'ordonnance générale du plan. Le premier volume est écrit avec assez de pureté, le second est fastidieux à cause de ses extraits que l'auteur cite trop souvent. L'écrivain ne prodigue pas assez les images et les hardiesses de la composition. Ce défaut se fait sentir dans tous ses ouvrages : il est sec et froid. Son histoire ne saurait être, à l'avenir, un guide fidèle et sûr, car plusieurs de ses données ont été corrigées par les historiens qui l’ont suivi. D'un autre côté, il ne lui a pas été donné l'avantage de puiser aux sources authentioïes et officielles. Mais on peut également ajouter qu'il n’a laissé de côté aucun événement important, que son opinion sur cet événement soit erronné ounon. Il ne suit pas, comme Garneau, le mouvement social américain, Son œil ne perce pas le voile qui couvre l'avenir des colonies voisines ; il se restreint au Canada et ne dépasse pas les limites de son sujet.

L'auteur a divisé son travail en deux volumes et en plusieurs livres. Le premier volume comprend l’époque de la domination française ; le second, celui de la domination anglaise, c'est-à-dire de 1760 à 1837.

On à attribué à Bibaud la rédaction du voyage de GABRIEL WRANCHERE. D’autres écrivains l'ont nié. Le fait qui paraît lo plus accrédité sur ce point est que Bibaud aurait rédigé les notes compilées par Franchère. Quoiqu'il en soit, cette chronique est bien faite, malheureusement elle est devenue très rare, Elle a depuis été traduite en anglais par J. V. HuxriN@pon de New York. Parmi les traductions de Bibaud

de l’angla de M. Los Le Vor ment, ou l'Amérique est un des de 300 pa, TEUR, à M à plusieu Lecteurs !

mais détr( à lire, $S:

un moral expert. C encore m intéresser:

s’est trou dents don nieuse : p surhumait pauvre tre d’un écoli s'en va pl au froid, des peaux des requi nord et 8 Franchère n'assure voudrai La rela l'antiquité vite au X] Lorsque E rilleux va

traversa s'embarqt

de l'anglais en français on cite plusieurs rapports géologiques de M. Logan.

Le Voyage de Fra chère, comme on l'appelle habituellement, ou ÆAelation d'un voyage à la côte du Nord-Ouest de l'Amérique Septentrionale dans les années 1810, 11, 12, 13 et 14, est un des plus anciens livres de notre littérature. Ce volume de 300 pages prés, in-8, fut imprimé en 1820, par C. B. Pas- TEUR, à Montréal, (C’est dire de suite qu’il sent le bouquin à plusieurs lieues et qu’on ne le trouve que difficilement, Lecteurs ! je vois d'ici votre dédain pour ce vieux livre ; mais détrompez-vous, le voyage de Franchère est intéressant à lire. Sans doute, comme vous, je ne trouve point l’auteur un moraliste profond, un naturaliste savant, un géographe expert. Ce n’est ni Bouchette, ni Audubon, ni La Pérouse, encore moins Maltebrun ou Buffon, mais Franchère vous intéressera par l'exposé fidèle et succinct des situations où il s'est trouvé, des aventures qui lui sont arrivées et des incidents dont il a été témoin. La narration est simple et ingénieuse : pas de m''"cles invraisemblables, pas de faits surhumains, pas d’aventures homériques ; non, c’est un pauvre trappeur avide de voyages et qui, avec l'enthousiasme d'un écolier à sa première sortie, quitte parents et amis et s'en va planter sa tente dans les pays d'en haut; qui s'expose au froid, à la faim, à une vie rude et laborieuse, aux coutelas des peaux-rouges, à la dent de l’ours blanc et à la voracité des requins, échelonnant sur son passage les latitudes du nord et s’approchant pas mal près du pôle glacial. Voilà Franchère, voilà son livre ! Je l’ai lu avec plaisir, mais je n'assure pas que je le lirai une seconde fois, parceque je voudrai étudier le Far West dans des ouvrages plus récents.

La relation de Franchère me fait l’effet d’un monument de l'antiquité au milieu du monde moderne. Les choses vont vite au XIXe siècle, Quels changements depuis 50 ans ! Lorsque Franchère partit de Montréal pour son long ev périlleux voyage, il s’embarqua à bord d’un canot d’écorce, traversa le fleuve, coucha à la Prairie de la Magdelaine, s'embarqua avec son canot dans une charette, se rendit à St.

Jean Dorchester, remonta le Richelieu, traversa le lac Champlain et atteignit Whitehall. Il avait fait soixante lieues en six jours ! Et il n'était encore qu'à un pas de Montréal. Qu'était-ce donc que le Nord-Ouest à cette époque ? je laisse au lecteur à le deviner, ou plutôt à s’en assurer dans la relation de Franchère. Aujourd’hui, hélas ! le Nord-Ouest, mais nous y touchons ; c’est un coin du pays. On y va en chemin de fer et en chaise de poste. C'est colonisé, civilisé, embelli: O puissance créatrice de l'intelligence et du travail humain, c'est là un des effets mystérieux de ta grandeur ! Encore cinquante ans et le Far West, la Terra Incognita, sera dovenu un nouveau monde dans l'ancien continent d'Amérique.

Je lis dans la Ruche Littéraire, la critique suivante faite du livre de Franchère—‘ Comme document historique, comme travail littéraire, l'œuvre de M. Franchère est pleine d’attraits, et d'utilité. La modestie avec laquelle le voyageur parle de son voyage ajoute un nouveau prix aux qualités qui le distinguent.

“Sans doute un littérateur consommé aurait dépensé grande quantité d'esprit et de pages pour rendre compte d’une exploration comme celle que fit M. Franchère ; mais nous sommes certain que jamais il n'aurait, malgré toutes ses connaissances, donné à son élucubration autant de fraîcheur et d'originalité qu'on en remarque dans le livre soumis à notre examen.

‘ Quoique abondantes, les peintures sont toutes marquées au coin de la diversité ; quoique fréquentes les scènes de terre et de mer brillent toujours et par le pittoresque du fait lui-même, et par la gracieuse simplicité de l'expression. Bref, le voyage de M. Franchère est un livre qui se recommande autant par l'utilité qui en constitue le fond que par les agréments qui en parent la forme.”

JAcQUES VIGER ou autrement le COMMANDEUR VIGER, naquit à Montréal en 1787 et mourut en 1858. Fit ses études à l’ancien collége de Montréal qui portait alors le nom de Collége St. Raphaël. Servit dans la campagne de 1812 comme officier sous le commandement de Salaberry. Passa la plus

grande | riques !

connait sante q l'Encyc Le C comme Cette ré à l'état de notr« Canada GARNE QuiBus.

que (1) colonel teur des de St, polytec Société Beaux-, pour le graver M. V mandé « M. Ja du Can n’a pas que his savants les plus on conk comme semble Belles-

(1) Bi (2) R

COnr et otre

y de fait ref, nde gré-

haes à Jolme lus

grande partie de sa vie à collectionner los documents historiques 8e rattachant à l'histoire du pays. Tout le monde connaît sa fameuse sabardache, chronique variée et intéressante qui parut en partie dans la Bibliothèque Canadienne et l'Encyclopédie Canadienne de Michel Bibaud.

Le Commandeur Viger n’a presque rien écrit et cependant, comme antiquaire, il jouit d'une réputation sans exemple. Cette réputation, que la tradition nous a apportée, est passée à l'état légendaire. Elle fait de lui un des plus curieux types de notre histoire littéraire. Tous ceux qui ont écrit sur le Canada, compatriotes et étrangers, ont eu recours à lui: GARNEAU, l'Abbé FarzLon, Le Rév. P. MARTIN, MARGRY, DE QuiBusquE, LA Rocue-HERON, AuPerg, etc. ‘“ Habile critique (1) antiquaire, numismatiste et héraldiste, lieutenant. colonel de milice, premier maire de Montréal, ancien inspecteur des ponts et chaussées, Commandeur de l'Ordre romain de St. Grégoire-le-Grand, membre honoraire de l’Institut polytecnique, classe des lettres, et ci-devant Président de la Société Nationale de St. Jean-Baptiste, patron distingué des Beaux-Arts, il formait le plus bel album existant en Canada pour lequel il retrouvait et faisait peindre en miniature ou graver les portraits de nos célébrités.”

M. Viger fut élu maire de Montréal en 1832 et fut recommandé par Lord Gosford pour un siêge au conseil exécutif. ‘“ M. Jacques Viger, dit M. J. Husron, (2) est le Bénédictin du Canada, un nouveau Saumaise, un président Hénault ; il n’a pas fait imprimer un seul livre d'archéologie ou de critique historique et il est connu au-delà de la frontière; des savants d'Amérique et d'Europe le consultent sur les faits les plus.anciens et les plus obscurs de notre histoire comme on consultait autrefois les oracles de Trévoux et de St. Maur, comme on consulte aujourd’hui l’art de vérifier les dates. Il semble être à lui seul une académie, des Inscriptions et Belles-Lettres, une société royale, ou plutôt nationale, très-

mm

(1) Bibaud. Hommes illustres.

(2) Répertoire National,

SE

nationale, des antiquaires. Ce qu’il y a de curieux dans Ia position de notre érudit compatriote, c'est que personne n’est plus étonné que lui-même des lettres qui lui sont adressées de si loin et par des célébrités qu'il ne connait pas; car, tout entier au Canada, il en a fait le cercle de son horizon, la sphère imfranchissable de ses études. Archiviste volontaire, il n'a demandé ni au gouvernement, ni à la législature, de rassembler nos titres de gloire et de lui en confier la garde; il a exercé les fonctions gratuitement pour le trésor, onéreursement pour sa bourse, en attendant, ou plutôt sans attendre le titre qui lui serait si légitimement dû. La bibliothèque créée par sa plume infatigable se compose de 28 volumes inquarto et d’une collection in-octavo, qu'il a ironiquement nommé sa Saberdache, parcequ’elle serait de poids à charger plus facilement un wagon que le léger portefeuille d’un hussard. Ajoutez à cela une correspondance de 40 ans, pétillante d'esprit et de gaieté; dans laquelle se reflète tout le mouvement de notre société contemporaine, et vous n’aurez encore qu’une idèe imparfaite de ce qu’une vie si laborieuse à pu produire.”

On a de M. le Commandeur une Relation de la mort de Louis XVI, roi de France (1812) pp. 46; des Observations en améliorations des lois des chemins telles qu’en force dans le Bas-Canada en 1825; Rapports sur les chemins, rues, ruelles, ponts de la cité et Paroisse de Montréal, avec Notes (1841); Archéologie Religieuse du diocèse de Montréal ; Souvenirs historiques sur la Seigneurie de Laprairie (1857) page 13.

Tous ces travaux ont bien leur mérite, mais les écrits les plus originaux de M. J. Viger ont été publiés dans les revues du temps.

L’ABse Francois Noïseux, ordonné prêtre en 1774, V. G. du diocése des Trois Rivières, s’occupa un des premiers, de la biographie, quoi qu'il n’ait rien publié. Il a intitulé ses écrits : Notice de M Noiseux sur les prêtres qui ont déservi en Canada. Il a été attaqué par le CommanpeuRr VIGEr, le REV. P. MARTIN, l'abbé FaAILLoN, M. Snea, l'abbé FERLAND et

Mgr. de T BisauD. 1 sances et 1 qui se tro T'ANGUAY Le Lieu et mourut gouverner portant. ( dore Bouc Le prer tion, t0p0g!

remarques vinces avet vues, plan.

volume es cr à t0p091 Upper an Edward a ing and € Canada.

of distanc Lower Ca lature, en appendæ, ‘“ Cet o rable de « à entrepr que cont autorisan cent exel de cinq e ment gé occupé p qui a été

gravure, torité d’

Mgr. de TLoa, et défendu par le juge Law et par MicueL BisauD. M. Noiseux possédait une grande somme de connaissances et une belle bibliothèque pour l’époque. Les erreurs qui se trouvent dans son livre ont été relevées par l’abbé A'anauay dans son Répertoire du clergé.

Le Lieutenant Colonel JoserH BoucHETTE naquit en 1774 et mourut en 1841. Il fut nommé arpenteur général par le gouvernement, ce qui était dans le temps un poste très important. C’est le Strabon du Canada. Il était fils du Commodore Bouchette.

Le premier ouvrage de, Bouchette est intitulé : Description topograghique de la Province du Bas-Canada, avec des remarques sur le Haut-Canada et sur la relation des deux yprovinces avec les Etats-Unis de l'Amérique, enrichies de plusieurs vues, plans de ports, de batailles, etc., in-8vo, 1815. Le second volume est intitulé : The British Dominion in North America, or a topographical and statistical description of the Provinces of Upper and Lower Canada, the Islands of Newfoundland, Prince Edward and Cape Breton, including considerations on land granting and emigration and a topographical directory of Lower Canada. To which is annexed : the statistical tables and tables of distances, published with the authors topographical maps of Lower Canada, in consequence of a vote of the Provincial Legistature, embellished harbours, etc.; containing also a copious appendæ, 1831. 3 vol. in-40.

“ Cet ouvrage, dit M. Faribault, est une extension considérable de celui que l’auteur avait publié en 1815. Il fut porté à entreprendre cette deuxième publication par l'engagement que contracta la Législature du Bas-Canada, en 1829, en autorisant le gouvernement exécutif à faire l'acquisition de cent exemplaires de l'ouvrage et des cartes, pour une somme de cinq cents guinées. M. Bouchette, fort de cet encouragement généreux, se rendit aussitôt à Londres, où il s’est occupé pendant près de trois ans à surveiller la publication, qui a été faite avec tout le luxe de la tyj.ssaphie et de la gravure, par d’habiles artistes de la métropole. Sous l’autorité d’une loi subséquente on a fait la distribution de la

plus grande partie des cent exemplaires dans les bureaux publics, ainsi que dans les colléges de la province et autres principales maisons d'éducation.”

On a reproché à cet ouvrage des incorrections, mais il était bien difficile de supposer la perfection à une publication de ce genre qui renferme une multitude de faits sur une grande variété de sujets. Quoiqu'il en soit c’est un œuvre qui pare notre bibliothèque canadienne. L'auteur jouit d’une réputa: tion européenne et son nom se place à côté de celui de MM. Logan, Viger, Holme, Perrault, Garneau et Faribault. Ses ouvrages renferment la topographie de toutes les parties du pays, avee planches, cartes, mesures, statistiques, reler s, tableaux, gloses, renseignements de toute’sorte etc. ete. Bref, c’est un arsenal de choses bonnes et utiles pour l'époque. L'auteur et son œuvre répondaient à un besoin en Canada, pays nouveau où tout était à faire et tout à connaître. Ce qu'est le commandeur Viger pour l'histoire du Canada, le colonel Bouchette l’est à la géographie et à la topographie: tous deux ont également bien mérité de leur patrie. Leur vie a été laborieuse, leur travaux immenses. Lo style de Bouchette est relevé et pur. La Revue de Westminster a parlé de ses écrits en termes flatteurs. Son nom figure, avec celui de Sir W. Logan, a côté de Humboldt, Hearne, Vancouver, Ross, Clarke et McKenzie.

JosepH Bouonette, Député arpenteur du Canada, fils du précédent, à marché sur les traces de son père en héritant de sa réputation- Il a laissé lui aussi plusieurs travaux importants, intitulés : 10 Table of trigonometrical solutions of right angle, plane angle, computed on the logorithme number 2.000.000, 1827 pp. 12., 20. Tables showing the difference of longitude in time of the most important place between the Atlantic and Pacific oceans in the British north American Dominion and the northern section of the United States, 1857.

GEORGE BARTHELEMI FARIBAULT naquit en 1789 et mourut en 1866. Il occupe une place importante dans nos annales littéraires. C’est le Villemain du Canada. Il fut nommé secrétaire perpétuel de la société littéraire 6 histori-

que de Q déployé d du travail de ces bea les matéri à défaut d une biblio des Viger Il a écx rare de n d'Amériqu et de l'Aca velle-Frar res. Québ à l’auteu annoté d' ment du cieux m histoires déjà ma Kernau Paris.” Le de tous La pre auteurs, pp. 155 d'après 1836), 1 et esta M.

historic Ces dod citer le 10. Î 2, Col Canadi

ivec LCOU-

s du t de imight )00, ein and the

OU fut ri-

que de Québec. Archéologue, historien et critique, il a déployé dans ses recherches et dans ses travaux un amour du travail et une persévérance dignes de louange. C’est un de ces beaux types, tels qu'il en fallait alors pour recueillir les matériaux épars de notre histoire, un de ces hommes qui à défaut de livres et de moyens d'impression se rangent toute une bibliothèque dans la tête. Il a sa place marquée à côté des Viger, des Garneau et des Bouchette.

Il a écrit un livre d’une honorabie vétusté, un livre trop rare de nos jours, intitulé : Catalogue d'ouvrages sur l'histoire d'Amérique et en particulier sur celle du Canada, de la Louisiane et de l'Acadie et autres lieux ci-devant connus sous le nom de Nouvelle- France ; avec des notes bibliographiques, critiques et littéraires. Québec, 1837, pp. 207. ‘ J'ai lu, écrivait M. de Quibusque à l’auteur, d’un bout à l’autre votre Catalogue raisonné et annoté d'ouvrages sur l’histoire de l'Amérique et particulièrement du Canada. Ce beau travail d’un bibliophile consciencieux m'en a plus appris en quelques pages que certaines histoires en trois ou quatre gros volumes; et sa place est déjà marquée dans ma bibliothèque à côté de mon ami YKernaux-Compans, le premier bibliographe américain de Paris.”

Le Catalogue est certainement le travail le plus original de tous les écrits de Faribault. TI est divisé en trois parties. La première est intitulée: Ouvrages avec les noms des auteurs, par ordre alphabétique avec un index, 786 articles pp. 155 ; la deuxième : Ouvrages sans noms d'auteurs, classés d'après l’ordre chronologique de leur publication (de 1505 à 1836), 178 articles pp. 157-184; la troisième: cartes, plans, et estampes, pp. 185-207.

M. Faribault a publié dans les Transactions de la Société historique de Québec de nombreux mémoires sur le Canada, Ces documents sont d'un mérite incontestable ; il suffira d’en citer les titres :

10. Mémoires sur le Canada, depuis 1749 jusqu’à 1760; 2. Collection de Mémoires et de Relations sur l'Histoire du Canada, d’après des manuscrits réremment obtenus des archi-

ves et bureaux publics en France; 30. Mémoire sur l’état présent du Canada; 40. Mémoire sur le Canada d’après un manuscrit avec archive du Bureau de la Marine, à Paris; 5o. Considération sur l’état présent du Canada ; 60. Histoire du Canada, par l'abbé de Belmond, à la bibliothèque du roi à Paris, entre les années 1713 à 1824; 7o. Relation du siége de Québec en 1759, 80. Jugement important sur les opérations de la Compagnie en Canada, en 1759; 9o. Réflexions som. maires sur le commerce qui se fait en Canada ; 100. Histoire de l’eau de vie en Canada; 110. Voyages de découvertes au Canada, entre les années 1534 et 1542 par Jacques-Cartier, le Sieur de Roberval, Jean Alphonse de Saintonge, suivi de la description de Québec et de ses environs en 1608; 120. Document sur Jacques-Cartier ; 130. Discours historiques destinés à illustrer les voyages de Jacques-Cartier en Canada; 140. Mémoire du Sieur de Ramezey, Commandant Québec, au sujet de la reddition de cette ville le 18 septembre 1859,

d’après un M. Saux, archives du bureau de la marine à Paris.

En présence de cette tâche considérable, accomplie en l’honneur des lettres canadiennes et pour le profit des citoyens de ce pays, on comprend que le nom de M. Faribault doit attirer le respect de tous ceux qui portent intérêt à l’avenir littéraire du Canada. Il a déployé dans l’accomplisse. ment de son œuvre de bibliophile une constance, une énergie, un amour du travail tout à fait dignes d’éloge. Ses travaux ne brillent point par le luxe littéraire et la perfection de la forme ou de l’extérieur: il allait au plus pressé. Il se hâtait de dérober à l'oubli ces précieux document qui font la base de notre histoire et qui sont comme autant de preuves des évenements que nous avons traversés. C’est pourquoi il ne visait qu’à l’utile, surtout au nécessaire

Nous devons à Mr. Hawkins, un ouvrage important intitulé: Hawkins’ Picture of Quebec, with historical Recot lections, 1834 in-12 pp. 477.

‘Quoique cet ouvrage, dit M. Faribault, s'annonce avec un titre assurément très modeste, ce volume en addition

aux descri} esquisse trè temps du corrigé plu postérieurs, évènem"nt Québec, jus de la batail de Wolfe e n'avaient l'attaque di en 1775.

est juste d que la rela établissem avec tant L. L. D.

FRANCOI études au $ pratique d Unis eten qu'il fit d l'etat pour de ses dot Sa mort fi de ses plu Il n'y admis da qui, aprè différents Canada.

avoir TA} ressait Cl la situati cienne, 1 un religi pour vis

aux descriptions topographiques ordinaires, contient une esquisse très intéressante de la découverte et des premiers temps du Canada, prise à des sources authentiques. On y a corrigé plusieurs erreurs qui se trouvaient dans des ouvrages postérieurs, et on y donne une description exacte de tous les évènem”nts remarquables arrivés depuis la fondation de Québec, jusqu'à sa reddition en 1759 ; avec un récit soigné de la bataille des plaines d'Abraham, et des morts glorieuses de Wolfe et Montcalm, on y voit aussi plusieurs détails qui n'avaient jamais été publiés auparavent relativement a l'attaque dirigée contre Québec, par Arnold et Montgomery, en 1775. L'ouvrage porte le nom du propriétaire, mais il est juste de faire connaître que les parties historiques ainsi que la relation intéressante et pleine de souvenirs des anciens établissements religieux du Canada, qui y sont reproduits avec tant d’habileté, sont dus à la plume de Jonn Fisxer, L. L. D. membre de la société Historique de Quebec.”

FRancoIs X. GARNEAU naquit à Québec en 1809. II fit ses études au séminaire de cette ville et fut admis plus tard à la pratique du notariat. En 1828 il fit un voyage aux Etats- Unis et en 1831 il visita l’Europe. C’est pendant ces voyages qu'il fit des recherches considérables dans les archives de l'etat pour recueillir les documents précieux qui font la base de ses données historiques. Il mourut le 3 Février 1866. Sa mort fut un deuil national, la patrie venait de perdre un de ses plus illustres citoyens.

Il n’y a pas trés longtemps j'avais l'honneur d’être admis dans l'intimité d’un homme de lettres européen qui, après avoir parcouru en artiste et en amateur les différents pays de l’Europe, avait entreprit de visiter le Canada... ce pays pittoresque comme il l’appelait. Asrès avoir rappelé avec beaucoup de discernement ce qui l'intéressait chez nous et exprimé hautement sa satisfaction sur la situation politique qui allait bientôt se substituer à l’ancienne, il ajouta ces paroles que nous avons recueillies avec un religieux silence: “Eh bien! ce voyage que j'ai entrepris pour visiter le sol de votre patrie, ces émotions douces que

j'ai éprouvées, les souvenirs que j'en emporterai, tout cela je le dois à un des vôtres, à Garneau, votre historien national. C'est la lecture de son livre qui m'inspira l'idée de traverser l'atlantique pour m'assurer si réellement il y avait ici une civilisation aussi avancée et un peuple aussi magnanime."”

En effet, l'Histoire du Canada de Garneau est le livre qui a le plus fait connaitre notre pays en Europe. Henri Martin, dans son Histoire de France parle ainsi de l'historien canadien: “Nous ne pouvons quitter sans émotion cette Histoire du Canada qui nous est arrivée d’une autre hémisphère comme un témoignage vivant des sentiments et des traditions conservés parmi les français du nouveau monde après un siècle de domination étrangère. Puisse le génie de notre rsce persister parmi nos frères du Canada dans leurs destinées futures, quels que doivent être leurs rapports avec la grande fédération anglo-américaine, et conserver une place en amérique a l'élément français.”

Et d’abord rien ne manque à cet ouvrage: grandeur dans le plan, perfection dans l'exécution, chaleur de style, simplicité de narration, originalité, réflcetions naturelles, aperçus philosophiques des causes qui ont précédés où amenés les évènements, transitions habiles, coloris charmant, tout contribue à le rendre un des ouvrages justement estimés de la littérature canadienne. Rien donc de surprenant s'il a contribué à rehausser la patrie à l'étranger.

En 1864, M. Garneau livra à la Revue Canadienne la conclusion de son ouvrage, Cette page parvint jusqu’au Comte de Montalembert qui exprima ainsi son opinion sur l’auteur : “J'ai été surtout frappé d'un travail intitulé : Une Conclusion d'Histoire par M. Garneau. Je dirais volontiers avec ce patriote écrivain: ‘Que les canadiens soient fidèles à eux mêmes,” eh, j'ajouterai, qu'ils se consolent d'avoir été séparés par la fortune de la guerre de leur mère patrie, en songeant que cette séparation leur a donné des libertés et des droits que la France n’a su ni pratiquer, ni conserver.”

Le discours préliminaire dénote des connaissances profondes sur l'histoire du genre humain. En quelques pages l’auteur

passe en re trois dernie politiques populaire d les gouver peuples po pensée et C dans son 4 Amérique, !

les traits di dans le No sur la cond comme pe meilleures On a to pational, n impartiale Amérique, populaire I n'attrib:

de la color abbés Fer Garneau son unité, Sans dout culminent de la Nou de leur € qu'ils mê Conv erg e1 de grands moins la et morale Les de sont surv digne di style ne

passe en revue le travail admirable des âges, le progrès des trois derniers siècles, l’'écroulement des vieilles institutions politiques qui s’affaissent au souffle de la liberté, cette déesse populaire qui fait aimer la vie en rappelant à l’homme que les gouvernements sont faits pour les peuples et non les peuples pour les gouvernements; l’affranchissement de la pensée et celui des individus, les bienfaits du christianisme dans son action civilisatrice, l’'émigration européenne en Amérique, second débordement social depuis l’ère chrétienne ; les traits distinctifs des premiers établissements coloniaux dans le Nouveau Monde; puis des considérations générales sur la condition sociale du Canada depuis notre existence comme peuple. Le discours préliminaire est une des meilleures pages de l’aûteur.

On a toujours considéré Garneau comme notre historien national, non seulement parceque son livre est l’apathéose impartiale des canadiens français et de la race latine en Amérique, mais encore parcequ'il réunit en lui l'idéal populaire et démocratique pris dans une large extension. I'n'attribue pas exclusivement l'avancement et le progrès de la colonie à un parti, à une caste, à une ville, comme les abbés Ferland et Taillon tendent à le démontrer; non, Garneau prend le peuple canadien dans son ensemble, dans son unité, il nous le montre partoat et toujours ce qu'il a été. Sans doute que Montréal et Québec sont les deux centres culminents de ce fait complexe qu’on appelle l'établissement de la Nouvelle-France, mais il me semble qu’il serait injuste de leur donner une part de gloire plus grande que celle qu'ils méritent, Il ne faut donc pas séparer ou tout faire converger vers ces deux villes qui ont été, à la vérité, à la tête de grands desseins providentiels, mais qui n’en doivent pas moins la réussite de leur projet à l’aide et à l'union intime et morale des autres parties de la province.

Les deux premiers volumes racontent les événements qui sont survenus sous la domination française. Ce sujet était digne du pinceau de l’auteur. Avec quelle ardeur et quel style ne raconte-t-il pas les faits nombreux et émouvants

dont le Canada a été le théâtre depuis sa découverte. Rien n’y manque: description topographique du pays, peinture des mœurs, habitudes, vices, défauts, qualités, usages et histoire des aborigènes,-relation des entreprises guerrières progrès matériels, intellectuels et moraux de la colonie, succession. des pouvoirs et des gouvernements, déductions philosophiques et rapprochements marqués au coin d’une profonde sagesse. Le lecteur éprouve une douce émotion en lisant ces pages pleines de patriotisme dictées par l'amour de la vérité historique; ces pages sont destinées à vivre aussi longtemps que la langue française sera parlée en Canada.

Le troisième volume comprend l’histoire du pays sous l'administration anglaise jusqu’à l’union, en 1840. C'est la tâche favorite de l’auteur parcequ'il ydéploie toute sa verve patriotique et éloquente pour plaider les intérêts, les droits et les franchises politiques et civiles de ses compatriotes. Avec quel entrain ne passe-t-il pas en revue la période des luttes parlementaires ?

On sait que la première édition de l'Histoire du Canada à été retirée de la circulation aussitôt que mise en vente. Des critiques accrbes, venant surtout du clergé de ce pays, reprochaient à Garneau de donner, dans plusieurs questions, la prédominance aux intérêts temporels sur les intérêts spirituels; de condamner ensuite l'intervention du clergé dans les affaires temporelles sous la domination française, notamment à propos des difficultés produites par le conimerce de l’eau de vie; enfin, de désapprouver le gouvernement français qui empèchait toute émigration d'Huguenots en ce pays, quand ils étaient les seuls colons disposés à émigrer en Amérique. Afin d’avoir la paix Garneau consentit à corriger certaines parties de son ouvrage qui n’en est pas moins, auprès de certains esprits, entaché de gallicanisme. Il est facile de comprendre que lhistorien a subi cette influence sans l’accepter volontairement. C'est afin de rendre son livre plus acceptable à la majorité des lecteurs canadiens qu'il a dû accepter les conseils, les avis et les remontrances du ciergé canadien; mais le premier jet a été le fruit de sa

pensée int penseur, el Voici le Garneau, l'œuvre de commencé histoire au moment où la grande i cet acte ell tionalité ca tombe des se dressait que du fo Canadiens troubler le l'avenir ch il entendai montante ( d'englouti elle avait même orig de cette in Parfois il pas plutôt « L'heu et le soux dienne pr quelque € tempête 2 en péril, pour laiss “Au mi tisme de 1 l'avenir e des moye canadien!

pensée intime, l'opinion raisonnée du philosophe et du penseur, elle prévaudra. |

Voici le jugement que M. l'abbé I. R. Casgrain porte sur Garneau, ‘Pour apprécier avec justice et impartialité l'œuvre de M. Garneau, il faut se reporter à l’époque où il a commencé à écrire. Iltraçait les premières pages de son histoire au lendemain des luttes sanglantes de 1837, au moment où l’oligarchie triomphante venait de consommer la grande iniquité de l'union des deux Canadas, lorsque par cet acte elle croyait avoir mis le pied sur la gorge de la nationalité canadienne. Ja terre était encore fraiche sur la tombe des victimes de l’échafaud, et leur ombre sanglante se dressait sans cesse devant la pensée de l'historien ; tandis que du fond de leur lointain exil, les gémissements des Canadiens expatriés, leur prêtant une voix lugubre, venaient troubler le silence de ses veilles. L’horizon était sombre, l'avenir chargé d’orages, et quand il se penchait à sa fenêtre, il entendait le sourd grondement de ceire immense marée montante de la race anglo-saxonne qui menagçait de cerner et d'engloutir le jeune peuple dont il traçait l’histoire, comme elle avait déjà submergé deux nationalités naissantes de même origine: au sud, celle de la Louisiane; au nord, celle de cette infortunée Acadie, jetée aux quatre vents du ciel, Parfois il se demandait si cette histoire qu'il écrivait n'était pas plutôt une oraison funèbre.

“ L'heure était done solennelle pour remonter vers le passé et le souvenir des dangers qui menaçaient la société cnnadienne prète un intérêt dramatique à ses récits. On y sent quelque chose de cette émotion du voyageur assaïili par la tempête au milieu de FOcéan, et qui, voyant le vaisseau en péril, trace quelques lignes d’adieu qu'il jette à la mer, pour laisser après lui un souvenir.

“Au milieu des perplexités d'une telle situation, le patriotisme de l'historien s’emflammait, son regard inquiet scrutait l'avenir en interrogeant le passé, et y cherchait des armes et des moyens de défense contre les ennemis de la nationalité canadienne, Car l'Histoire du Canada n’est pas seulement

AT RE ee :

un livre, c’est une forteresse où se livre une bataille qui est déjà devenue une victoire sur plusieurs points, et dont l'issue définitive est le secret de l'avenir. Ce coup d'œil jeté sur l’époque peut servir à expliquer, sinon à justifier, certaines erreurs d'appréciations que l'auteur a d’ailleurs loyale. ment reconnues plus tard: illusions d’une âme généreuse, que la vérité réfute, mais qu'elle res: &.’e et honore,

“ Le style est à la hauteur de ia pensée, et révèle un écrivain d'élite. Il a de l'ampleur, de la précision et de l'éclat: mais il est surtout remarquable par la verve et l'énergie. C’est une riche draperie qui fait bien ressortir les contours, dessine, les formes avec grâce, et retombe ensuite avec noblesse et dignité. Il s'y mèle parfois, disent certains critiques français, une sorte d’archaïsme, qui, loin d'être sans charme, donne au contraire, au récit je ne sais quel caractère d'originalité à la fois et d'autorité.

“ Mais le style de l'historien du Canada se distingue surtout par une qualité qui fait son véritable mérite et qu'explique l'inspiration sous laqueile l’auteur a écrit. C’est dans un élan d'enthousiasme patriotique, de fierté nationale blessée, qu'il a conçu la pensée de son livre, que sa vocation d’historien lui est apparue. Ce sentiment, qui s’exaltait à mesure qu'il écrivait, a empreint son style d’une beauté mâle, d’une ardeur de‘conviction, d’une chaleur et d’une vivacité d’expression, qui entraînent et passionnent,— surtout le lecteur canadien. On sent partout que le frisson du patriotisme a passé sur ces pages.

“T/avenir sanctionnera le titre d’AHistorien National que les contemporains de M. Garneau lui ont décerné. Car, outre ses qualités éminentes, c’est lui qui, le premier, a pénétré dans le chaos de nos archives et penché le flambeau de la science sur ces ténèbres. D’autres parmi ses émules, profitant de ses travaux et marchant à sa suite dans les sentiers qu'il a frayés, pourront lui disputer la palme de l’érudition, mais nul ne lui ravira cette gloire. Avant lui, on ne connaissait, à part quelques fragments plus ou moins complets, que l’histoire du P. de Charlevoix, qui s'arrête à 1740, près d’un quart de siècle avant la conquête.

“Der ouvrage dans un canadie

«Ces de dévi veilles, parvent relever enunn

‘Qui la voix décerné s'unira NaATIoN

Nous d'un voi 1832 et talent d n'était ] fort éte manièr de vue.

Paris e4 deux £ comme l’obser\ sation

Quel style, heureu aux ya

ces déf que m Ro Ecossd et fut

« Depuis lors, on peut dire que tout était à créer. Les seuls ouvrages qui eussent quelque autorité, avaient été écrits dans un esprit hostile, et dans le but d’avilir le caractèra canadien.

«C’est M. Garneau, le premier, qui, à force de patriotisme, de dévouement, de travail, de patientes recherches, de veilles, qui ont usé ses jours, fané sa vie dans sa fleur, est parvenu à venger l'honneur de nos ancêtres outragé, à relever nos fronts courbés par les désastres de la conquête, en un mot, à nous révéler à nous-même.

“Qui done mieux que lui mériterait le titre glorieux que la voix unanime des Canadiens, ses contemporains, lui a décerné ? Nous avons done droit de l'espérer, l'avenir s'unira au présent pour le saluer du nom d’HisTORIEN NaATIoNAL.”

Nous devons encore à la plume de Garneau la Relation d'un voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833. Ici encore se révèle le talent de l'historien, ce talent de narrer si particulier à certains écrivains. Garneau n'était pas un homme superficiel, ses connaissances étaient fort étendues. Il juge les hommes et les institutions d’une manière tranche et impartiale, avec une grande profondeur de vue. La description qu’il fait des villes de Londres et Paris est détaillée. Il peint la physionomie physique de ces deux grandes cités, leurs rues, leurs monuments, leur commerce, avec une précision et une vérédicité qui dénotent l'observateur scrupuleux, l’'économiste distingué. L'organisation sociale des deux pays n’est pas moins bien développée.

Quelques obscurités de langage, quelques imparfections de style, l'emploi peut-être trop fréquent de barbarismes, malheureusement trop en usage parmi nous, peuvent diminuer aux yeux du puriste les écrits de Garneau, mais en dehors de ces défauts, ils ont reçu parmi nous un accueil aussi flatteur que mérité,

RoBerr CBRisrig naquit à Windsor, dans la Nouvelic- Ecosse en 1788, et mourut à Québec en 1856. Etudia le droit et fut admis au Barreau. Représenta le comté de Gaspé.

En chambre, il prit une part active en faveur du parti anglais. En 1829, il fut chassé du Parlement pour avoir conseillé le gouverneur de démettre les juges et autres employés civils de leur fonction. Fut de nouveau reélu et chassé une seconde fois. Ce ne fut qu'après l’Union des deux provinces qu'il put siéger, Défait en 1854, il se retira de la vie publique. Fut un des collaborateurs réguliers de la Gazette et du Mercury de Québec, deux journaux bien connus par leur fanatisme.

C’est sous l'empire de ces sentiments et au milieu de l’agitation de sa vie publique que Christie écrivit: À History of the late Province of Lower-Canada parliamentary and political, from the commencement to the close of its existence as a separate province ; embracing a periods of fifty years, that is to say from the erection of the Province, in 1791, to the extinquishment thereof, 1841, and its reunion with Upper Canada, by act of the imperial Parliament.

L'histoire du Canada de Christie, embrassant une période de cinquante années (1791-1841), traite des événements les plus importants pour le peuple canadien, En effet, la Constitution de 91, en donnant au Bas-Canada un gouvernement modelé sur celui de la Grande-Bretagne, assurait au pays une stabilité dont il ignorait le secret depuis la Cession à l'Angleterre. Dès lors surgirent dans les parlements ces luttes mémorables entre le parti canadien français et le parti anglais ou tory. Au premier abord on éprouve des craintes légitimes sur l’impartialité d’une plume anglaise traitant ces questions. On est prèt à condamner, à porter un jugement défavorable avant même d’avoir lu la première page du livre. Il était bien difficile en effet pour Christie de se tenir dans les limites de la justice et du droit, de rendre à César ce qui appartenait à César, lorsque lui même avait pris en chambre une part active dans les luttes qui ont amené 37. Aussi, son livre n’offre-t-il pas toute l'intégrité, l'impartialité, la bonne foi et la modération désirables. Trop souvent il refuse de donner crédit aux canadiens de ce qui leur appartient. Il dénature les faits en certains endroits; dans d’au-

tres il € tantôt in ilyaen systémat parti de perpétue Je ne offensant non, il y droits ta reste, le d'analyse Son histc œuvre in tète de la ment acc là, il a fa l'assembl des sessi charpenti flexions € che en ve tégrité, l style et Id à la dern et les dis Cepenc prise en histoire.

fondeur prète à tions con crois qu’ nos anna tous les sophes, 2 tolérants

tres il donne aux événements des causes tantôt fausses, tantôt imparfaites. Ces erreur< sont assez nombreuses, mais il y a encore plus que cela:—.: y a par tout le livre l'esprit systématique. C’est, on le voit, un écrivain chargé par son parti de faire plier les événements à ses idées. Christie perpétue Smith de triste mémoire.

Je ne veux pas dire cependant que Christie soit aussi offensant, aussi injuste et aussi impartial que son devancier; non, il y met des formes, il discute même en certains endroits tandis que Smith dit crûment ce qu'il pense. Au reste, le cadre de Christie est fort modeste: il se contente d'analyser, ou mieux, de reproduire le document ofliciel. Son histoiré ne lui coute pas énormement de travail, c'est une œuvre indigeste. La première fois qu’il lui est passé par la tête de laisser une histoire à la postérité, il s’est probablement aecoudé à une table, dans la bibliothèque du parlement; là, il a fait dresser autour de lui une copie des journaux de l'assemblée législative et il en a extrait les procès verbaux des sessions. C’est là son histoire, ou plutot, c’est là la charpente de son livre. Il en abrit les joints avec ses réflexions et ses remarques plus ou moins justes. J'y recherche en vain les qualités qui font les grands historiens: l'intégrité, l'unité, l'impartialité, l'originalité, l'élévation dans le style et les idées. C’est un texte officiel de la première page à la dernière. Les réflexicrs philosophiques sont absentes et les discussions savantes font défaut.

Cependant, j'ai déjà eu occasion de le dire, l'époque comprise entre 1791 et 1841 est une des plus belles de notre histoire. Elle mérite d’être traitée avec une certaine profondeur de style et d'idées. Plus que toute autre elle se prête à l'élévation des pensées et à la discussion des questions constitutionelles et des franchises populaires. Mais je crois qu'un anglais peut difficilement écrire cette partie de nos annales, à moins de refouler des sentiments naturels à tous les hommes et qui s'imposent aux plus grands philosophes, aux sages et aux esprits naturellement modérés et tolérants. Pour écrire dignement cette partie de notre

histoire il faut une plume trempée aux sources du plus pur pariotisme. Il faut la plume de Garneau, mais cet historien n’a pu, dans son grand travail, que résumer dans un court éspace cette belle page de notre passé. Reste donc Bédard qui à traité spécialement le sujet; mais il l’a fait à la façon de Christie, en compilateur, en sorte que la plus belle partie de notre histoire reste encore à écrire.

L'histoire de Christie comprend six volumes in-12, de 450 pages environ. Dans le dernier l’auteur publie un grand nombre de documents inédits qui serviront certainement à édifier le grand monument réservé à l'architecte de l'avenir.

De ce que Christie ne s’est pas toujours montré aussi impartial qu’il aurait dû l’être, il ne s’en suit pas que son œuvre soit dépourvue de mérite. Non, cet écrit répondait certainement à un besoin puisqu'il a été publié en 1848, époque à laquelle aucun historien anglais n'avait encore traité cette partie de l’histoire du Canada. Auprès de sa nation cet auteur est en grande faveur, et cela se comprend.

Le premier volume renferme toute la discussion du parlement anglais à propos de la constitution de 1791, discussion qui a été empruntée à Cobett. Les autres volumes ne pèchent pas non plus par trop d'originalité.

Christie est aujourd’hui un livre oublié, on ne le consulte que rarement, Comme œuvre d'agrément on ne saurait le lire parce qu’il a été remplacé par des auteurs plus attrayants; comme œuvre de consultation, il est encore incomplet. Le style n’est pas chatié, il est diffu, sans prétention, mais aussi sans vernis ; il appartient à un autre âge. II s'adapte cependant à l’histoire plus qu’a tout autre genre d’écrits.

Cet auteur avait publié précédemment à son histoire trois Mémoires qui entrèrent plus tard, avec quelques modifications et de nouveaux développements, dans son ouvrage historique. Le premier est relatif à l'administration de Craig et Prévost (1807-1815); le deuxième, relatif à l’administration de Drummond et de Sherbrooke; le troisième, relatif à l'administration de Dalhousie et de Burton (1820-1828).

Chris c'est un et égois

Dans frapper lui fut L'ABBE publia sions, €1

Dison Conscier les con pages, i Montgo tant soi travail grossièl déjà étr méler hazard, tialité c crivain

çaise e clergé € seur de Aussi, accueil França langue travail l'auteu L'au occupe Canad:

de Qu Pour li

Christie reste comme le représentant de son époque; c’est un type qui caractérise la tenacité, le fanatisme aveugle et égoiste de son parti.

Dans l’antomne de 1845, un jeune prêtre français vint frapper à la porte du Séminaire de Québec. L'hospitalité lui fut donnée et il passa l'hiver dans la capitale: c'était L'ABBE BRASSEUR DE BOURBOURG. De retour en France, il publia une Histoire du Canada, de son Eqylise et de ses Missions, en deux volumes.

Disons le de suite, l'Abbé Brasseur n'est pas l'écrivain Consciencieux, digne et modéré. Il n’a ni l’impartialité, ni les connaissances suffisantes. La plupart de ses meilleures pages, il les a empruntées à Charlevoix, à Smith, à Garneau, à Montgomery Martin, ete, ‘ Au jugement de quiconque connait tant soit peu l'histoire du Canada, dit l'abbé Ferland, (1) ce travail est tellement défiguré par les omissions, les bévues grossières, les appréciations fausses, que pour celui qui n’a déjà étudié l’histoire de notre pays, il est impossible d'y déméler le vrai d'avec le faux. Les dates sont souvent jetées de hazard, les faits dénaturés, les hommes jugés avec une partialité qui dénote la légèreté et la mauvaise humeur. L'écrivain protestent Smith, adversaire acharné de la race française et du catholicisme, s'est montré moins injuste envers le clergé et le peuple catholique du Bas-Canada que M. Brasseur de Bourbourg, dans la seconde partie de son ouvrage, Aussi, cette œuvre mérite-t-elle, sous ce rapport, d’être accueillie avec joie par ceux qui haïssent les Canadiens Français à cause de leur religion, de leur origine et de leur langue ; pour les amis de la vérité er de la justice, c'est un travail qui ne fait honneur ni au cœur ni au jugement de l'auteur”,

L'auteur omet entièrement de parler de d’Iberville qu occupe cependant une place importante dans l’histoire du Canada. Il ne dit pas un mot de la Mission du Séminaire de Québec. Il place Trois Rivières a 60 lieues de Québec. Pour lui, l'abbé Salignac de Fénélon personnifie l'évèque de ce

(1) Observations, etc. p. 6.

nom et les canadiens ont été honteusement défaits à St. Denis, lors de la rébellion de 37, etc. Les dates en grand nombre sont fausses et les erreurs de géographie et de topographie pululent. L'histoire religieuse est également estropiée, Ron idée fixe, la voici: le peuple, le clergé et tous les citoyens du Canada sont des lâches qui ont eu peur de faire valoir des droits acquis en vertu de la conquête de leur pays par l’Angleterre. Les évèques du Canada depuis la conquête viennent passer, l’un après l’autre, devant l'écrivain qui les habille à sa guise, Il traite ces hauts dignitaires avec un sans gène qui dénote le gamin de la plume. Ajoutons encoro à cela qu'il emprunte aux écrivains sans leur donner crédit. Le style vaut mieux que le fond : il est souple, coulant, presque toujours chatié. La phrase rappelle l’homme de lettres.

Cette histoire embrasse l'ensemble des évènements depuis l'origine de la colonie juse ‘à la rébellion de 1837.

LEON GINGRAS naquit e1 1804, Fut ordonné prêtre en 18351. Devint professeur de belles-lettres au Séminaire de Québec. Visita l’Europe et la Terre Sainte en 1844 Prit ses degrés de docteur en théologie à Rome. Retourna en Europe pour cause de santé et mourut à Paris en 1860. M. l'abbé Gingras qui avait visité l’orient en observateur et en homme de lettres, en rapporta une foule de souvenirs qu'il consigna dans un ouvrage en deux volumes, intitulé: Z’Orient ou Voyage en Egypte, en Arabie, en Terre Suinte, en Turquie et en Grèce ; 1847, pp. 472-556. in-8.

Il avait visité l’Europe, mais ce n'était pas le continent européen qu'il avait l'intention d'étudier spécialement et de décrire. Les trésors de l’Europe ne sont point cachés; ce n’est pas une page inconnre, Sillonné en tous sens par des voyageurs de tout âge, de toute nationalité, de tout caractère, touristes où philosophes, les impressions de leurs voyages

ont été publiées. Quel monument a échappé à l'œil scrutateur de l’archéologue ! Quelle merveille artistique n’a pas été visitée par l’homme de l'art! Ou est la nation de l’Europe, fut-elle la plus insignifiante, qui n'a pas été reinte, étudiée, et démontrée dans une foule d'ouvrages sur les

mœurs, | temps a

Mais l' son prés l'avenir, classique n'est pas rique.

dans ses maine, 8 retroussé siècles, l anti-hom pas, parc viator, hi sevoir ht posés dai graphie, du pauvr criental.

L'abbé vrage de profond.

de placer et des régions esprit à de l’orie ou mêm tique. ] que ses ristiques saillante approfor marqua monde € jectures

nis, bre hie iée, eng des Anent le à ène cela

Le que

puis

en » de Prit , en

; en qu'il tent quie

ent

de : Ce des ère, LL'e8 utapas Eunte, les

mœurs, les institutions, le climat, etc; le public depuis longtemps a profité de ces travaux.

Mais l'Orient avec la splendeur de son passé, la stérilité de son présent et les conjectures qu'elle fait entrevoir pour l'avenir, l'Orient avec la poésie de l’antiquité et le souvenir classique que réveille son nom et ses monuments, l'Orient n’est pas encore Connu suffisamment sur cette terre d’Amérique. L’Orient seul a done occupé la pensée de l’auteur dans ses voyages. C’est pourquoi il prend ses habits de semaine, ses bottes à l’'écuyère et, les manches de son habit retroussées jusqu’au coude, il déterre, dans la poussière des siècles, les faits héroïques, les exploits glorieux;les institutions anti-homériques; on le voit dans sa course s’arrêtant à chaque pas, parceque chaque pouce de terre cache un héros: Sta viator, heroem calcas. Il appelle à son aide les armes du sevoir humain que les travailleurs de la pensée ont déjà déposés dans le grand arsenal de la science. L'histoire, la géographie, la biographie, la statistique arrivent à la rescousse du pauvre voyageur souventégaré dans ke sablonneux désert criental.

L'abbé Gingras n’a certainement pas voulu écrire un ouvrage de science. Jlne s'annonce pas comme orientaliste profond, Je ne sache pas non plus qu’il ait eu la prétention de placer son nom à côté de celui des Jones, des Duperron et des Bournouf. Il ne s’aventure pas dans les obscures régions de la littérature sanscrite, et il ne met point son esprit à la torture pour assoir des théorèmes sur les ruines de lorient. Il n’a jamais songé à marcher derrière Volney ou même à le réfuter. Son livre est avant tout anecdo tique. Il ne néglige pas la peinture de mœurs. J'aimerais que ses tableaux fussent plus piquants, les détails caracté-

ristiques en plus grand nombre, l’étude des institutions plus saillante, plus profonde; que la question d'orient surtout fut approfondie et que l'enseignement qui sort de tout cela fut marquant, décisif, manifeste. Le grand intérêt que lo monde civilisé prend aujourd'hui à l'Orient provient des conjectures que font les penseurs sur ia solution de cette grande

et insondable question de l'avenir du monde oriental et de l'influence de la civilisation européenne sur lui. Tout de même, j'admettrai que certains caractères m'ont paru dignement tracés: je reconnais là le bédouin tel que la nature l’a fait, avec ses passions, ses sentiments, son genre de vie; je reconnais aussi le cauteleux Mehemet Ali que l'Europe à longtemps représenté comme le créateur de la civilisation en Orient.

L'auteur n’a pas toujours su éviter le défaut commun à la plüpart de ceux qui écrivent des aventures de voyages: la minutie et l'ennui des détails. Cependant c’est un défaut que le lecteur agrée assez bien. En lisant un journal de voyage on veut tout savoir et pour peu que le charme du style vous entraine, vous vous disputerez plûtot que céder le pas au bon goût littéraire, souvent sévère et pas du tout capricieux, Je dois ajouter que la variété des détails, la multiplicité des faits historiques que l’auteur énonce, les souvenirs anciens et toujours nouveaux qu’il évoque font excuser les défauts de style et le laisser à désirer de la forme.

MAXIMILIEN BIBAUD occupe un large espace dans la littérature du Canada. I! a perpétué le souvenir littéraire de son illustre père, Michel Bibaud, Il contribua à la rédaction des Mélanges Religieux et fonda l’école de droit du collége Ste Marie.

M. Bibaud a laissé un ouvrage remarquable par l’érudition et l'originalité, je veux parler de la Biograghie des S rqamos illustres de l'Amérique Septentrionale. Cette biographie est précédée d’un index de l'histoire fabuleuse et mytologique de l'Amérique. L'auteur à dû feuilleter bien des ouvrages et des manuscrits pour compiler ces notes d'un caractère tout particulier et sur un sujet qui n'avait pas encore été traité ex professo.

Ilne faut pas douter que les peuples sauvages de l'Amérique, peuples qui avaient atteint un certain vernis de civilisation, de grandeur et de célébrité, aient joué, la plüpart d’entre eux, un rôle important dans le grand drame de la vie sociale sur ce continent. Il ne faut pas douter non plus que chacune

de ces n:

d'une libe:

grandioses éminemm.

hommes d mauvaises uns comm l'Amériqu Adharatal diplomatic des bois ; ouamis, Je des Outa Mithridate beau roma toutes les iroquois h.

Canada en diesse, à 14 tacticica 6 M. Biba tructif.

éclaireit © raconte le l'homme d du fond d tribus aut tions barb

autrefois

l'Europe « des indien:

des gouve coin de te et chaqu

limites di

la colonis font oubli

tion LOS * est ique tère été

que, ion, eux,

sur une

de ces nations nomades, vivant au grand air, jouissant d'une liberté et d’une indépendance absolues dans les forêts grandioses de l'Amérique, a vu sortir de son sein des hommes éminemment doués par la nature. On rencontre chez ces hommes dépourvus de l’art, toutes les passions bonnes ou mauvaises que la créature humaine apporte en naissant. Les uns comme Kondiaronk ou le Rat, Garrangulé, l’'Ulysse de l'Amérique du Nord, Téganissoré, Cannehoot, SedeKamatie, Adharatah, Saguova, se sont illustrés dans l’éloquence et la diplomatie: la ruse, c’est la diplomatie de l'homme des bois; d’autres, comme Tecumseth, chef des Shaouamis, le Bonaparce de l'ouest, Ponthiac, le dictateur des Outaois, Métanco, surnommé le roi Philippe, le Mithridate fougeux de l'Amérique, Uncas, illustré par le beau roman de Cooper: Le dernier des Mohicans, qui conquit toutes les forèts du Connecticut, La Chaudière-Noire cet iroquois hardi qui, en bloquant Michilimakinae, tient tout le Canada en échec, ces guerriers indiens unissaient à la hardiesse, à la bravoure, à l’indomptable fougue, les talents du, tacticica et du stratégiste. | M. Bibaud a donc écrit un livre fort original et très instructif. L'histoire particulière de ces sachems illustres éclaireit certains détails de l’histoire de l'Amérique. Elle raconte les luttes gigantesques de l’homme civilisé contre l'homme de la nature; elle fait réfléchir le philosophe qui, du fond de son cabinet, examine de nos jours ces restes de tribus autrefois de grands peuples. C’est ainsi que les nations barbares disparaissent de Ia scène du monde comme autrefois les nations civilisées au débordement social de l'Europe du nord sur l'Europe du midi, Et cette destruction des indiens se continue de nos jours pour satisfaire à l'ambition des gouvernements. On dispute au sauvage jusqu’au dernier coin de terre où il vit, on pénètre dans la solitude des bois et chaque jour on recule, au nom de la colonisation, les limites du domaine indien. Sans doute que les exigences de la colonisation et l'essor du progrès des nations civilisées font oublier ces calamités. Au point de vue social et huma-

nitaire on dit: la destruction des races indiennes sur cette terre d'Amérique était un faitinévitable, un mal nécessaire puisque, entières dans leurs mœurs, leurs coutumes et leur esprit, elles n'ont pas voulu accepter le joug européen qui n'était pourtant qu’une transformation de la liberte dont elles jouissaient ; mais au point de vue individuel, le drame de la colonisation américaine offre des scènes sanglantes et indignes des sociétés modernes. Encore aujourd’hui les gouvernements oublient trop souvent les égards qu'ils doivent à l'humanité. Laissons ces races s’éteindre d’ell 3 mêmes avec le temps, évitons toute agression, fournissons leur un peu d'espace à côté de nous, un coin de bois et un peu d’eau pour la chasse et la pêche. Ayons pour une race antique qui va s'éteindre le respect qu'on donne aux morts, et l’indulgence que les races modernes réclameront lorsque leur dernière heure aura sonné à l'horloge du temps. Ilen est temps encore: peuples instruisez vous!

M. Bibaud a voulu faire revivre plusieurs noms, déjà illustres parmi nous, en les consignant dans son Dictionnaire historique des hommes illustres du Canada et de l'Amérique. Ce livre, véritable panthéon canadien, à beaucoup de mérite, D'abord c’est un hommage rendu à nos illustrations dans la littérature, l’éloquence, la philosophie, l’enseignement, la politique, la guerre,ete. Ensuite,c'est un travail précieux sous le rapporthistorique. L'histoire se retrouve partout, Souventun petit détail, un fait de peu d'importance en apparence, jette une grande lumière sur un événement et même sur une époque, Il y a peu de colonies où il a été écrit autant que sur le Canada: c'est la preuve que les événements ont été féconds, variés et grands. Aussi, doit on encourager de toutes nos forces cette étude, doit on diriger les tendances de la jeunesse vers le côté si vaste de notre champ littéraire. JL’archéologie canadienne n’est encore qu’à son début. Il faut de toute nécessité arracher au passé qui s'enfuit tout ce qui se rattache à nous. Nous ne pouvons que gagner à cette étude, car en apprenant à nous mieux connaître, à apprécier plus jus tement notre passé religieux, militaire et littéraire, nous

et confusio1

arrivons de lisées, avec de l'humani individus à vieux |

M. Bibauc Si les dicti gistrent pas l'exemple, mais je blân il y a beauck mais nous n.

de ce qui no manquent d jeté pèle-mè cahos où ta voulu que le naires, Avec rien de tout le premier li

Passons a ment, Suppl remplit, par

matières, Patrie : “ historiques, Illustres ne appartient genre anciel de son livre Elle est rac

bule, on s'at une gérie 4 Point, L'ar philosophes lui en pren

cetto saire leur à qui elles de la > et | gouent à avec | peu pour ui va »ence nière emps

déjà inaire Ce érite, la Ntpolitie rap An p£e une

oque, le Caonds, >S Nn08 nesse

*chéotoute e rate, car s Jusnous

arrivons devant le présent, et en face des autres nations civilisées, avec la satisfaction d’avoir joué un rôle dans l’histoire de l'humanité. Enfin, nous apprenons aux peuples et aux individus à nous respecter parceque nous sommes déjà vieux |

M. Bibaud a apporté son contingent dans cette noble tâche, Si les dictionnaires, les encyclopédies d'Europe n'’enrégistrent pas nos célébrités, commençons par leur en donner l'exemple. Je loue done l'esprit d'initiative de M. Bibaud, mais je blâme l’ordre et lé plan de son livre. Généralement il y a beaucoup à recueillir dans les ouvrages de cet écrivain, mais nous ne pouvons nous rendre compte au premier abord de ce qui nous en éloigne, puis vous vous apercevez qu'ils manquent d'unité et d’uniformité dans le plan. Le tout est jeté pèle-mèêle, laissant au lecteur le soin de débrouiller ce cahos où tant de bonnes choses sont renfermées. J'aurais voulu que le dictionnaire fut fait comme les autres dictionnaires, avec indication alphabétique ec synthétique. Mais rien de tout cela! ça n’a pas plus l'air ” Gictionnaire que le premier livre venu.

Passons aux Znstitutions de l'Histoire du Canada, ou autrement, Supplément aux travaux sur l'Histoire du Canada, livre remplit, parait-il, de documents inédits. Lei encore, désordre et confusion dans le plan, mais abondance et richesse de matières. Voici ce. : en disait M. E. Chevalier dans La Patrie: “Te nom €: M. Bibaud rappelle plusieurs traités historiques, dont quelques uns, entre autres les Sagamos Illustres ne manquent pas d'importance, M. Bibaud jeune appartient à l'école des historiographes qui préfèrent le genre ancien au genre moderne, ‘L'histoire, dit-il, au début de son livre, est le récit des événements dignes de mémoire, Elle est racontante et non discutante.” Après ce préambule, on s'attend naturellement à voir M. Bibaud raconter une série quelconque d'événements dignes de mémoire: Point, L'auteur, tout en déclarant la guerre aux historiens philosophes tombe lui même en pèche de discussion. Bien lui en prend toutefois; il remet au jour une foule de docu-

ments qui établissent que l'Amérique était connu avant la découverte de Colomb; puis, il se livre à une discussion sur les aborigènes du continent. Un autre défaut dont M. Bibaud est coutumier, c'est de farcir ses œuvres de citations, Les citations trop fréquentes effrayent le lecteur et empèchent de voir le travail de l'auteur. En général M, Bibaud ne sait pas disposer ses matériaux; avec une instruction immense, des études sérieuses, ‘arrive difficilement a com. poser un bon livre. Le talent de la classification lui à fait défaut. ÆEn lisant ses œuvres on dirait d’une bibliothèque mise sans dessus dessous par un écolier. Qu'il adopte une méthode, qu’il song longuement à son idée, qu'il en trace lo canevas avant de se décider à écrire pour l'impression, et nous sommes assurés qu'il rendra des services éminens à la république des lettres franco-canadiennes.”

Ajoutons à tous ces ouvrages historiques des travaux moins importants, également dus à la plume féconde de M. Bibaud, jeune. Le charlatanisme dans l'histoire ou revue critique de l'histoire du Canada par Æ. À. Garneaw (13855), critique outrée où l’auteur se montre grand éplucheur de mots; Tableau historique des proyrès matériels et intellectuels du Canada, (1858) pp. 50; Tablettes historiques canadiennes, (1859) pp. 39; Les Machabées canadiens, (1851) pp. 22; La confédération du sud, (1869) pp. 119. Napoléon I et Napoléon III, paralléle historique, (1860) pp. 22 ; Opuscules, (1857) pp. 70; Catéchisme de l'Histoire du Canada, (1853). Mémoires et documents inédits (1872.)

La plupart de ces brochures ne sont plus lues. Elles n'ont fait que naître pour dépérir misérablement, M. Bibaud affiche une prétention qui coudoie le ridicule; dans ses derniers écrits il fait la cour au pédantesque et aux théories paradoxales et tout cela, je crois, dans le but de paraître original. Son meilleur écrit sera toujours le premier qui est so:ti de sa plume: Les Sagamos illustres. Je parlerai plus loin de ses Commentaires qui laissent voir les mêmes qualités à côté des mêmes défauts.

J CHARLES T'ACHE naquit à Kamouraska en 1821, Fit

Me n \

ses étude pendant dans l’ass nada à l’e Loudres ( la prison, culture et canadient Canada d M. Tac nomique réunir, d utiles sur Nommé C verselle t de faire gratuitem L'Esqu lité, les st grand not graphiqu de l’histoi géologiqu et novuf:

tutions p finances, Comme o quelques 4 Le style de l’ouvr:

faits capa à l'étrangl universel Taché a € zèle et u à popular faisant c

vant

ction comà fait oque

une ice lo

Vaux le M.

revue “neau:

cheur itelleccand- 1851) pléon I seules, 1853).

# y n'ont 31 baud 18 868 1é0riés re oriqui est | plus ualites

1, Kit

ses études au Séminaire de Québec, étudia la médecine, fut pendant quelque temps attaché à l'hopital de Marine, siégea dans l’assemblée législative de 1847 à 1857 ; représenta le Canada à l'exposition universelle de Paris en 1855, et à celle de Loudres en 1867, fut membre du comité des inspecteurs de la prison, et demeure présentement député ministre d'agriculture et des statistiques. À beaucoup contribué à la presse canadienne par plusieurs essais, Rédigea le Courrier du Canada de 1857 à 1859. Est un de nos meilleurs publicistes, M. Taché a considéré le Canada sous le point de vue économique dans son Æsquisse sur le Canada, Son but était de réunir, dans un court espace, les renseignements les plus utiles sur la condition passée et l'état actuel ne notre pays. Nommé Commissaire du Canada à la grande Exposition Universelle tenue à Paris en 1855, M. Taché avait pour mission de faire connaître notre patrie à l'étranger en distribuant gratuitement son livre publié aux frais de la province. L'Esquisse sur le Canada est un livre encore plein d'actualité, les statistiques, les tableaux, les parallelles y figurent en grand nombre, Après avoir donné les renseignements géographiques et jeté un coup d'œil sur les principales époques de l'histoire du Canada, l’auteur passe aux renseignements géologiques et météorologiques, aux productions naturelles et nonufacturières, aux voies de communication, aux institutions politiques et civiles, à l'éducation, au culte, aux finances, aux canaux publics, aux arts et à la littérature. Comme on le voit, la matière est abondante et l’auteur dans quelques centaines de pages a dû condenser tous ces sujets, Le style est clerc, serré, historique en un mot. L'ensemble de l'ouvrage fait ressortir une grande variété de détails et de faits capables de donner une haute opinion de notre province à l'étranger. M. Chs. Robin d4.. son histoire de l'exposition universelle parle ainsi de M. Taché et de son livre: “M. J. C. Taché a déployé dans l’accomplissement de son mandat un zèle et une activité vraiment méritoires; on peut dire qu’il à popularisé le Canada en France, qu'il l’a fait aimer en le faisant connaître par les publications pleines d’apropos, qui

ont été répandus par ses soins, Son Æsquisse sur le Canada est une de ces œuvres qui, dans un pays comme le nôtre, atteignent leur but. C’est un ouvrage concis, nourri de faits substentiels, un tableau animé de ces contrées fertiles, pittoresques, où battent bien des cœurs français.”

Voici de qu'en disait un autre écrivain français, (1) ‘“ Ce livre de M. Taché contient une foule de renseignements aussi utiles que curieux, surtout co qui touche à la géographie et à la configuration physique du Canada, à sa constitution géologique ete....ce livredont le but est d'appeler l'immigration vers le Canada, où les bras manquent au travail, sera consulté avec fruit par tous ceux qui auraient le désir de quitter l'Europe et d'aller s'établir sur les rives du fleuve St, Laurent, dans ce pays hospitalier qui ressemble à la Normandie et qui s'appela longtemps la Nouvelle-France.”

Au reste M.J.C. Taché est un de nos meilleurs littérateurs, On a encore de lui: Motice historiographique sur la fête célébrée à Québec le 16 Juin, 1859, jour du 200me anniversaire de l'arrivée de Mgr. de Laval en Canada (1859) pp. 72, Le Canada et l'Exposition Universelle (1856); une bonne satyre politique, La Pléiade Rouge, (1854) pp. 24; une tragédie bouffe en vers, Le Défricheur de langue; de la Tenure Seigneuriale en Canada, et projet de commutation, suivi de tableaux relatifs aux fiefs etiSeigneuries du Bas-Canada, (1854) pp. 82; Des Provinces de l'Amérique du Nord et d'une union fédérale, (1858) pp. 252; et d’autres travaux littéraires contenus dans les Soirées Canadiennes, que j'aurai occasion d'apprécier dans le chapitre suivant.

JosePH GUILLAUME BARTHE naquit sur mer, à bord d’un navire commandé par son père, en 1818. Après avoir fait ses études au collége de Nicolet, il étudia la médecine, puis le droit. Dans sa jeunesse il se livra à la poésie. Rédigea L'Aurore des Canada , de 1839 à 1845. Fut membre de l’assemblée législative pour le Comté d’Yamaska, de 1841 à 1845, Fut ensuite nommé Greffier de ‘a cour des app Is, poste

(1) E, Gallien,

qu'il cons années à France.

En 185 littéraire:

ouvrage rejette p:

meme {à à la Fran l'ancienn dont par engager | pitalières et ces dei l'Esquisse M. Ba enseigne théose d êtres, Ces s'unir pa la politiq qu'ils soi Le titi ètre de tere ;—n ronde! q!

O1) COMP Canada, nous rall centre dé Une p principa quil avi l'Institut placer s M. Bartl

lequel ét

ada tre, aits tto-

‘ Ce ussi e et ÉOtion contter

St, N or-

Ur, r'ée à rivée la et que, > en le en atifs Des 858) ; leg ns le

d'un

fait puis ligea l'as- 1845, )08t6

qu'il conserva pendant quatre ans. Durant un séjour de 3 années à Paris, il contribua à la rédaction de la Gazette de France.

En 1855, deux hommes de mérite, doués de bons talents littéraires, se rendaient à Paris et là y publiaient chacun un ouvrage remarquable, très lus à cette époque, et qu'on ne rejette pas tout à fait de nos jours. Ils poursuivaient la mème tâche pour arriver au même but: renouer le Canada à la France par des liens d'intérêts communs, rappeler à l'ancienne mère patrie que ces quelques arpents de neige, dont parlait Louis XV, étaient devenus une puissante colonie, engager l'Europe émigrante à se diriger sur ces plages hospitalières. Ces deux écrivains étaient MM. Barthe et Taché, et ces deux livres: Ze Canada reconquis par la France et l'Esquisse sur le Canadu.

M. Barthe a du talent, c’est incontestable, son livre enseigne et rappelle une foule de choses: il fait l'apothéose du canadien et du français, Suivant Iui ces deux êtres, ces deux hommes, ce descendant et ce père, doivent s'unir par les liens utiles du commerce, de l'industrie et de là politique, surtout de la littérature et des beaux-arts, parcequ'ils sont déjà unis de cœur et de sentiments.

Le titre que M. Barthe à donné à son ouvrage serait peutêtre de nature à créer quelque méprise sur son caractère ;— méprise dans laquelle parait être tomlé M. DeCarondel qui en a écrit la préface; mais quand on l'a parcouru. on comprend que la conquéte que la France pourrait faire du Canada, dans l'esprit de l’auteur, n’est autre que celle de nous rallier au progrès moral et littéraire qui rayonne de ce centre de civilisation.

Une partie considérable du livre révéle le motif qui l'a principalement inspiré. Dans le cours des négociations quil avait entamées, pour établir quelque: rapports entre l'Institut de France et nos socié'és littéraire:, qu'il désirait placer sous la protection et la tutelle de ce corps savant, M. Barthe avait eu à lutter contre l'oubli presque total dans lequel était tombée cette ancienne colonie française, et toute

pt RTE

W »… + 2 IMAGE EVALUATION DS TEST TARGET (MT-3) | LO ‘ne 125 — .;, I2 ] Ji ©,* 1122 — ILL8 IL2S LL je CA A S? : Sy PR A \ SC > ’ À AN 8 À N 4 CN A |

CP mes mar Corporation

si

Page 1