‹ Histoire de la littérature canadienne [microforme]Chapitre 24 sur 52 · ANS · texte numérisé non relu

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la portée de son ouvrage tend à rémémorer les faits historiques qui nous concernent, à décrire les principaux traits de notre existence, depuis la cession du Canada à l'Angleterre, et à faire connaître la condition actuelle du pays, au point de vue géographique. topographique, politique, manufacturier, agricol, commercial, industriel et littéraire.

Cet ouvrage est partagé en trois parties ; dans la première, l’auteur passe en revue les principaux incidents de notre vie coloniale, depuis la conquête jusqu’à ce jour ; la seconde donne, dans un coup d'œil, la description topographique, industrielle, littéraire, géologique, ete, du pays: et la troisième contient les documents et lettres échangés entre l’auteur, les membres et officiers de l’Institut de France et l’Institut Canadien.

On comprend que la première partie est exclusivement politique. Elle passe succinctement en revue l'administration des différents gouverneurs qui nous ont été imposés par l'Angleterre depuis la cession, en faisant saillir les évènements dignes de remarque. L'auteur a su rendre justice à ceux d’entre nos gouverneurs dont l'humanité a donné quelque relâche aux persécutions dont nos compatriotes ont si longtemps été les victimes; et il a flétri avec non moins de justice ceux qui se sont fait une mission de vengeance et de cruauté, dans l’accomplissement des instructions du bureau colonial.

Tout en faisant le compte des vacillations et des fautes aussi bien que celui du mérite et des bonnes œuvres des hommes qui ont participé activement au maniement de la chose publique depuis l'Union, M. Barthe fait toucher du doigt la réalisation des prédictions contenues dans le rapport de Lord Durham,—prédictions qui faisaient anticiper les trahisons dans lesquelles tomberaient nos hommes politiques, en essayant de faire fonctionner le gouvernement responsable,

La partie politique de ce livre emprunte une importance et un intérêt qui auront toujours leur actualité, du fidèle tableau qu’il retrace de notre vie politique pendant quinze

ans.

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J'ai lu attentivement le Canada Reconquis. Il y a des pages que j'ai aimées ; d’autres qui m'ont paru plus pâles. J'ai crû rencontrer aussi des opimons outrées. Le souvenir de 1837-38 rendait l’auteur injuste, en certain endroits. On voit que l'écrivain mélait sa cause à celle du pays. Ce qui n'empèche pas le livre d’être remarquable dans son ensemble. Je pourrais bien faire avec droit un autre reproche: l'écrivain se complait trop dans la phrase. Il craint les anglicismes et les barbarismes, il s’en excuse à bon droit, Mais il y a plus; ily a chezlui comme une passion qui le porte à phraser et à poser, il y a du redondant et du boursouflé. C’est ainsi qu’il nous dira avec un grand sérieux mélancolique: ‘que sa pensée méditative l’isolait avec ses deux enfants qui jouaient à pigeon-vole, sous le regard paternel, près de la tour du domaine et du bosquet qui l'ombrage.” Et il y en a de pires. L'oreille est flattée par les sons, mais l'esprit cherche le sens avant de le découvrir.

Je sais que l’ouvrage à été critiqué, calomnié même; mais d'un autre côtéilaété loué. Voicice qu'en dit M. H. Fabre: “Un livre travesti et calomnié par un homme d'esprit qui n'avait que de l'esprit, qu’il faudrait mettre à sa place, c’est le Canada reconquis par la France de M. Barthe. Cette œuvre éloquente a couté à son auteur une grande dépense de talent. Un goût sévère aurait dà sans doute restreindre, dans une certaine mesure, les prodigalités d'imagination, mais il fallait un talent abondant pour répandre ainsi tant do richesse sans les compter. Un écrivain économe de ses idées, bien rangé dans ses phrases, aurait tiré plusieurs livres de ce seul ouvrage. Il y a dans Le Canada reconquis, de belles et amples idées, une verve, une imagination exubérante, des paysages éloquents. Mais les cotés excessifs ont effacé les bons cotés et mis l'ouvrage à la merci d'un railleur.”

L'HonorABze Hector LANGEvIN est né à Québec en 1826. Fut admis au Barreau en 1850, et fut maire de Québec de 1858 à 1860. Siégea dans l’assemblée législative du Canada de 1857 à 1867, Fut sollicitert général du B, CÇ,

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de 1864 à 1866, époque où il fut nommé maître général des postes. Est maintenant ministre des travaux publics pour la Puissance du Canada. A rédigé les Mélanges Religieux de 1847 à 1849, et aussi le journal d'agriculture pendant une courte période.

Un autre ouvrage se place à côté de l’Esquisse sur le Canada de M. Taché, c'est Le Canada, ses institutions, ressources, produits, manufactures ete. par M. H. L. Langevin. Cet ouvrage parût à la mème époque que ceux de MM. Taché et Barthe, en 1855. Comme eux, il a essayé de faire connaître d'une manière pratique, avec clarté et précision, le Canada et ses ressources, sa formation géologique, sa configuration géographique, ses produits naturels, ses manufactures, son commerce et ses institutions sociales, scolaires et politiques. Le livre de M. Langevin est avant tout un ouvrage officiel, si je puis m'exprimer ainsi. (C’est le meilleur bulletin du gouvernement à cette époque. Il a puisé ses renseignements dans les départements publics et il nous donne une compilation toute faite des recettes et dépenses, du système postal, des productions minérales, végétales et animales, de la tenure des terres, de la population, des pouvoirs judiciaires et exéeutifs, de l'émigration, de l'exportation et de l'importation, des chemins de fer, des canaux, de l'éducation, des caltes ete. Ce sont des renseignements abondants, trés exacts et fort bien compilés. Mais aussi le livre noffre pas l'attrait de l’esquisse de M. Taché, C'est, à la vérité, un mémoire excellent du Canada à cette époque, et je ne doute pas qu'il a beaucoup contribué à nous faira connaître à l'étranger, mais il n’a eu et n'aura toujours qu'une certaine classe de lecteurs. Ila perdu d’ailleurs de son actualité. M. Taché, au contraire, intéresse tous les rangs de la société, parceque son livre est classique et qu’il peut instruire non pas seulement les économistes et les amateurs de statistiques, mais encore l’homme de lettres, le publiciste et le savant. L'Æssai a perdu de son actualité avec les années, l’Æsquisse, au contraire, ouvrage plus théorique, vivra encore longtemps.

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1815. Apres avoir été typographe il devint éditeur. Etudia le droit et fut admis au Barreau en 1844. S'occupa toute sa vie de journalisme. Fut propriétaire du Zeader pendant quelques années et correspondant de plusieurs journaux et revues, entr'autres: Blackwoods Magazine, The new year ode, Daily Colonist. Fut élu membre en 1857, comme réformiste. Mourut assassiné en 1859.

L'Essai sur le Canada (Prize Essay on Canada), paru en 1855. L'écrivain a fait en langue anglaise ce que MM. Taché et Langevin ont fait en langue française. Ces écrivains ont écrit, à la demande du Gouvernement, afin de répandre en Europe des notions plus exactes sur nos ressources, nos produits, nos institutions, notre position géographique ete. L'Exposition Inter::tionale de 1855 a beaucoup favorisé la diffusion de ces »snseignements dans les diverses classes de la société européenne. Si ces livres n’ont pas réussis complètement à attirer parmi nous le mouvement de l'immigration, cela est dû à des causes qu’il ne nous appartient pas d'établir ici, mais qui sont inhérentes à notre condition sociale et politique. Un à encore de M. Hogan un traité intitulé: Review of the proceedings of the reform.convention, held in the St. Lawrence Hall, Toronto, 9th Nov. 1859, pp. 15

CHarLes RoGers s'est occupé de journalisme et de traaux historiques. Il naquit en Ecosse en 1819. Etudia pour être ministre puis pour être médecin, et définitivement, mit de côté ces deux situations pour prendre du service dans l'armée anglaise. Il obtint sa décharge en 1842, et s'établit à Québec, De 1849 à 1853, il rédigea le Chronicle, ensuite il entra à la rédaction de la Gazette, puis successivement collabora à plusieurs autres journaux du Haut-Canada. Fut en dernier lieu nommé greffier du service civil à Ottawa.

Rogers a entrepris de publier une histoire du Canada sous le titre pompeux. The rise of Canada from barbarism to civilisation. 1856 pp. 426 in-8. Ce volume prend l'histoire du pays à l'origine et s'arrête à 1824. L'auteur avait l’intention de poursuivre sa tâche, dans un second volume,

jusqu'à 1837. J'ignore les raisons qui l’ont empêché de continuer ce travail.

En entreprenant cette histoire, l’auteur commence par nous avertir qu’il se trouve parmi nous bon nombre d'historiens de choix; nous avons Garneau, dit-il, Charlevoix, La Relation des Jésuites, Maury, Martin, Smith, Christie, Gourlay, le journal de Knox etc; mais il prétend pouvoir offrir une histoire à la portée du grand nombre, un volume plus net qu'eux tous, moins long, moins surchargé de détails, mais plus condensé, et partant plus profitable au public en général. 11 veut surtout suivre le movement social du Canada sous ses différents aspects, nous parler de progrès matériels et d'avancement intellectuel, de législation, de science, de politique; enfin, tremper la plume de l'historien dans l'encre du moraliste.

J'admire un désir aussi louable et avec des intentions aussi pures un écrivain distingué, doué de toutes les qualités requises pour ces sortes de travaux, peut compter d'avance sur les faveurs du public et assurer à son nom l'immortalité d'associer à son œuvre les destinées futures de la nation pour laquelle elle est écrite. Mais Rogers a-t-il atteint le but qu'il s’est proposé ? Non, pas en entier au moins; c’est bien, à la vérité, un résumé avantageux pour une certaine classe de lecteurs, résumé assez clerc, et assez bien coordonné; mais j'y chercherais en vain des pages instructives, capables de satisfaire ma soif de connaissances historiques, dès le moment que l'on me prète les notions communes aux hommes instruits de ce pays en matière d'histoire. C’est dire que l'œuvre de M. Rogers n'offre rien d’original, qu’il a emprunté aux livres, et non aux archives et aux manuscrits. La forme peut-être sienne, le modus discendi, lui appartenir de plein droit, mais les faits il les emprunte et n’emprunte que ceux qui sont déjà connus du public ou enfouis dans quelques vieux bouquins. Il n’est riche que de l'abondance des autres. Il n'a pas fait avancer d'un pas la marche du mouvement historique, il n’a rien publié d’inédit, il emprunte tout de Smith, de Christie surtout,

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Est-ce à dire que son livre n’a rendu aucun service, que l'auteur n’a rien mérité des faveurs publiques ? Non, assurément; ce résumé instruira une certaine classe. Mais il est infiniment regrettable que l’œuvre se trouve arrêtée à une date sans importance ; le récit est brisé sans cause et l'ouvrage en souffre.

L'auteur passe très brièvement sur les événements survenus sous la domination française; un seul chapitre est consacré à cette partie. Le second chapitre s'arrête à l'arrivée de M. Prévost, en 1812; le troisième à l’année 1816; le quatrième au départ de Lord Dalhousie en 1824. Ainsi, on voit que l'auteur voulait agrandir son cadre à mesure qu'il avançait ; nul doute que le second volume aurait été infiniment plus intéressant que celui-ci. Le troisième chapitre parait comprendre la partie la mieux traitée du volume; c’est l’histoire de la guerre de 1812. L'auteur entre dans des développements fort étendus et très détaillés.

La méthode est simple, le style est facile, coulant, flexible, original même.

Le nombre et l'importance des travaux de L'ABBE FAILLON sur le Canada, m'engage à le mettre au nombre des écrivains canadiens. Membre de la société de St. Sulpice, M. l'abbé Faillon arriva en Canada en 1854, et y séjourna pendant plusieurs années. Nous lui devons entre autres écrits une Iistoire de la Colonie Française, 3 vol. in-4.

Il convenait qu'un membre de la maison de St. Sulpice, qui à tant fait pour l'avancement moral et intellectuel de la colonie, qui a assisté à son établissement et qui l’a aidée dans ses développements, écrivit un ouvrage qui est tout à la fois la démonstration évidente des religieux desseins des rois de France en fondant une colonie dans le nouvean monde, et une manifestation des vues de la providence dans l’accomplissement de ces projets. ÆEt c'est ce qui distingue surtout l'histoire de M. l'abbé Faillon. Remontant aux causes qui ont présidé à toutes les entreprises des colons, il découvre partout un lien qui les rattache à une idée religieuse, à un fait moral. Il suit de près les progrès de la civilisation au

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milieu des tribus indiennes et montre les bienfaits du Christianisme sur ces peuples incultes ot barbares. La conversion des sauvages, le zèle infatigable des missionnaires, les grandes figures de Jacques Cartier et de Champlain, de M. de Maisonneuve, de M. Olier et Mademoiselle Mance, la coupable indifférence de la compagnie des cent associés qui néglige la civilisation chrétienne des indiens et la colonisation de la Nouvelle-France au dépend d'un négoce sordide ; nos grandes luttes contre la eonfédération iroquoise, la fondation de Ville Marie et le désintéressement de ses associés : tels sont les traits dominants de l'ouvrage de M. Faillon. L'histoire s'arrête à l’année 1682. Dans la première partie l'auteur retrace la ligne de conduite des compagnies marchandes qui obtinrent le monopole du commerce de la Nouvelle-France à condition d'établir, à leur frais, des tolonies dans ce pays et d’y porter la foi catholique. Dans la deuxième partie l'historien déploie toute la vigueur de son burin pour mettre sous les yeux du lecteur les efforts et les succès de la société de Notre-Dame de Montréal qui

commença à réaliser les religieux desseins des rois de France.

M. l'abbé Faillon a bien mérité des canadiens pour son histoire ; c’est un monument précieux pour l'avenir. Il tappellera pendant longtemps les sacrifices et les privations de toutes sortes qui ont entouré le berceau de la colonie.

Le style est clair, souple, sans recherches ni affectation. L'écrivain cause avec son lecteur; c’est une narration sans àämplification pompeuse. On n’y voit guére ces grands mouvements qui dominent l'historien même le plus grave. Les

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quons que l’abbé Faillon ne raconte pas à la manière des autres historiens qui ont écrit sur l’histoire du Canada, il y à comme une teinte, je ne dirai pas de partialité, car les faits qu'il raconte sont vrais, mais il y a comme une tendance à tontrer les faits que sur un certain côté. Il n’y a peut-être pas, pour dire toute ma pensée, toute l'intégrité désirable. M. Faillon raconte surtout et de préférence les événements

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qui se rattachent à la colonisation de Ville-Marie. Evidem: ment il avait une prédilection, très naturelle du reste, pour Montréal. La maison de St. Sulpice, ses efforts pour répandre la colonisation et pour opérer la conversion des sauvages, sont minitieusement mis au jour au détriment d'une foule d'événements que l'histoire politique d'un peuple doit enrégistrer.

in outre, M. Faillon est plutot moraliste que philosophe ; ce qui n’est pas toujours blâmable, Aussi, recherchera-t-il plutôt les causes dans des aperçus surnaturels ou légendaires, laissant de côté les causes naturelles ou physiques. Suivant lui plusieurs miracles ont présidé à l'établissement de Ville-Marie : la vocation de M. Olivier, les démarches de M. de la Dauversière et de Mademoiselle Mance sont autant de desseins providentiels et en certains cas de dérogations aux lois de la nature. Suivant moi, M. Füaillon s'éloigne trop souvent du réel pour planer dans le conjectural. Aussi, son histoire se placera-t-elle de préférence dans les bibliothèques des communautés religieuses ; mais l’homme du monde, le citoyen, le laique, celui qui s'occupe du passé politique de son pays, consultera l'histoire de Garneau.

Doué d'un talent facile, d’un amour inépuisable pour le travail, l'abbé Taillon a encore laissé plusieurs autres ouvrages remarquables qui tout en faisant connaître la vie d'unpersonnage, d’une sainte ou d’une femme pieuse, aident encore à étudier l'histoire de notre pays en illustrant des faits particuliers ou certaines époques, souvent très fertiles en grands événements. Tels sont la Vie de Madame d'Youville, fondatrice des sœurs de La charité de Ville-Marie dans l'ile de Montréal, en Canada (1852) pp. 491; Vie de la sœur Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Ville-Marie, en Canada, (1853); Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de St. Sulpice et de la colonie de Montréal, (1853) en 2 volumes; Vie de Melle Mance et Hi ire de l'Hotel-Dieu de Ville-Marie, dans l'Isle de Montréal, en Uanada (1854), en 2 volumes; ZL'héroine chrétienne en Canada ou vie de Melle LeBer (1860). Ces ouvrages sont écrits avec cette simplicité

de style qui distingue tous les écrits de l’auteur. Les défauts que nous avons cru apercevoir dans L'histoire de la Nouvelle. France se font remarquer d’une manière encore plus sensible dans ces derniers ouvrages. La fondation de Montréal, suivant l’auteur, est une des œuvres les plus extraordinaires qui aient paru dans l'histoire de l’église; et pour appuyer cette proposition, certainement exagérée, l’auteur, dans tous ses ouvrages, fait découler de faits surnaturels, la plûpart des événements qui marquent notre passé. Loin de moi la pensée de blâmer, outre mesure, cette tendance légendaire qui voile tous les écrits du savant sulpicien, mais je soutiens que ce mysticisme, qui va jusqu'à qualifier de sainte et de saint des personnages historiques d’une grande vertu à la vérité mais qui n'ont pas encore été reconnus comme tels par l’église, est de nature à restreindre les élans de lhistoriens, à assombrir les couleurs de son pinceau au détriment de l'appréciation froide et raisonnée des hommes et des choses. L'histoire ne se nourrit pas de fictions ou de légendes, elle s'inspire à la source des faits authentiques, pleinement démontrés, non pas seulement par une tradition vulgaire mais par le témoignage éclatant des documents publics et des archives de l'Etat.

L'abbé J. B. A. FERLAND naquit à Montréal le 25 Décembre 1805 et mourut à Québec le 8 Janvier 1864, Il descendait d’une ancienne famille du Poitou dont un des ancêtres vint s'établir dans l’Ile d'Orléans, près de Québec. Son père mourut jeune et sa mère, Elisabeth Lebrun de Duplessis, fille de l’un des quatre avocats qui demeurèrent en

. Canada après la Cession, alla se fixer, en 1813, à Kingston où

le jeune Ferland fut instruit sous les soins de l’abbé Gaulin, plus tard évèque de ce diocèse. Il était déjà savant pour un jeune homme de son âge lorsqu'il entra au Séminaire de Nicolet. Là, Mgr. Plessis remarquant ses aptitudes l'en fit son Sécrétaire. Mais adandonnant cette charge pour l’enseignement, le jeune ecclésiastique devint professeur de rhétorique et de philosophie au collége de Nicolet. Il reçut les ordres sacrés en 1828, et sur le champ, fut nommé vicaire

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de Québec. Subséquemment, il exerça son ministère à la Rivière du Loup, St Roch de Québec, St. Isidore, St. Foye, Ste. Anne de Beaupré et St. Féréol. En 1834, lors de l'épidémie du grand choléra, ikdevint chapelain de l'hôpital de marine et des immigrants. En 1841, nous le retrouvons à Nicolet comme surintendant des études; en 1848, il était supérieur de cette maison d'éducation. Depuis 1850, il était attaché à la cathédrale de Québec, membre du conseil de l'évêque, chapelain de la garnison, doyen de la faculté des arts et professeur d'histoire du Canada à l'Université Laval.

Tels sont, en peu de mots, les dates remarquables de la vie de cet écrivain distingué. Une longue carrière de labuurs efficaces, consacrée aux devoirs de l’apostolat et à la cause de l'éducation. Esprit méthodique, ses journées étaient distribuées avoc précision. Il suivit un règlement jusqu’à la fin de sa vie sans jamais l’enfreindre. Pendant longtemps sa modestie le retint dans l'ombre, il était âgé de 40 ans lorsqu'il commença à produire ces beaux fruits qui font la richesse de notre jardin littéraire. Riche en idées, en faits, en connaissances, perspicace, observateur profond, consciencieux, esprit modéré, sobre, il était doué de toutes les aptitudes et de toutes les qualités qui font les grands historiens.

Un certain condottière de la plume, qui était passé en Canada avec le dédain sur les livres, l’abbé Brasseur de’ Bourbour, avait écrit une Histoire du Canada où les noms les plus illustres de l’épiscopat étaient traités avec un sans façon, une grossièreté aussi étrange qu'injuste, où les faits étaient controuvés, faussés, dénaturés, où l’auteur, prince de la morgue et du pédantisme, jetait sur l’église du Canada et sur le pouvoir civil des paroles injurieuses dans deux g ‘os volumes. Il fallait une plume pour répondre à ces insultes, à ces erreurs de faits, à ces insinuations malveillantes; mais une plume digne, grave, modérée, savante surtout. C'est alors que l’abbé Ferland se fit connaître au public littéraire de notre pays par ses Observations sur un ouvräge intitulé: + Histoire

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