‹ Histoire de la littérature canadienne [microforme]Chapitre 25 sur 52 · ER SG ARE. TROLRER APT · texte numérisé non relu

ER SG ARE. TROLRER APT

Por »

du Canada," ete, par l'abbé Brasseur de Bourbour , 1853, pp. 79. Cet essai acquit à l'abbé Ferland une réputation canadienne. On sentait là un futur historien, la connaissance profonde qu'il avait des sources de notre histoire l'indiquait, Ce fut un vrai concert de félicitation} les amis de la littérature canadienne comptèrent un ailié de plus.

Les Observations furent suivis des Notes sur les Régistres de N.-D. de Québec. Sans êtr d'un intérêt général, ces Notes ne manquent pas d’avoir u,: certain prix pour les canadiens français. Car elles renferment un résumé de ce que le plus ancien de ces régistres offre de remarquable touchant les familles établies en ce pays dans les commencements de la colonie. Les descendants des premiers habitants de la Nouvelle-France aiment à y trouver des renseignements sur l'origine, les alliances, les migrations de leurs ancêtres, Quelques souvenirs historiques des premiers essais de colonisation servent d'introduction à ces notes.

A ces essais viennent s'ajouter plusieurs articles écrits avec pureté, pleins de renseignements historiques et ornés de savantes recherches, entr'autres : Journal d'un voyaye sur les côtes de la Gaspésie, imprimé dans le Foyer Canadien de 1861; Lettre sur la mission du Labrador, do; Louis Olivier G'amache, id, 1863; Notice biographique sur Myr.lJoseph Octave Plessis, évêque de Québec, id, 1863, pp. 248. Ce dernier écrit mérite surtout une mention spéciale, En entreprenant d'écrire la biographie du grand évèque,du vertueux citoyen qui consacra sa vie À l'honneur de l’église et au bien de son pays, l’auteur semble payer une dette de reconnaissance envers son bienfaiteur. Dans les Observations il avait commencé à s'acquitter de ce devoir en prenant la part de celui qui avait été aussi iujustement traité par l'abbé Brasseur, Cet écrit est d’un intérêt général puisque Mgr. Plessis a pris une part très saillante dans les affaires importantes qui ont intéressé le Canada à partir de l'établissement de la constitution en 1791 jusqu'à 1825. L'auteur a donc été forcé d'élargir son cadre et de parcourir l’histoire politique et religieuse de la province entre ces deux dates. Cette biographie a été traduite en anglais par T. B. FRENCH.

J'arris Cours d' volume ouvrage sité Lavi Juin 185 l'ablé Fe se contin tion #] ét De 1858 alla en 1 les archi et rappo l'histoire Ja gloire l'auteur esprit vi les instit dent sur charme s'empèc tant l'éc manière matiqu plus mé land n° style n!

dernier ments, viction

une gr cette p la conc n'est p

otes

ur les 861; che, 2SSUS, érite e la acra teur iens'AC- , été est très é le dre )r'0- 1ite

J'arrive maintenant à l'œuvre capitale de l'ablé Ferland : Cours d'Histoire du Canada, 2 vol, pp. 600, Le premier volume fut publié en 1861 et le second parut en 186%, Cet ouvrage résultait d'une série de lectures données à l'Université Laval. Nommé professeur de le Faculté des Arts le 10 Juin 1855, choisi doyen de cette Faculté le 18 Mars 1864, l'ablé Ferland eu l'honneur d’inaugurer les cours publics qui se continuent encore à cette institution. Il porta une attention spéciale à ses lectures qui contiennent des notes savantes, De 1858 à 1862 il ne cessa de perfectionner son œuvre, I alla en Europe et y consulta les bibliothèques, parcourant les archives qui pouvaient contenir quelques renseignements et rapportant une masse de matériaux inédits, ce qui fait de l'histoire de l'abbé Ferland un véritable monument élevé à la gloire de nos ancêtres. Persistant dans ses recherches, l'auteur visita toutes les sources accessibles, Doué d’un esprit vif et d’un jugement sûr, il porte sur les hommes et les institutions de ce pays des jugements qui se recommandent surtout par la sagesse et la modération, Un certain charme est répandu dans ces pages et le lecteur ne peut s'empêcher de poursuivre jusqu'au bout la lecture du livre tant l'écrivain à su répandre d'intérêt dans son récit. La manière de Garneau est peut-être plus émouvante, plus dramatique, plus large même, mais assurément elle n'est pas plus méthodique, ni plus savante, Comme littérateur, Ferland n’a guère de rivaux parmi nous, et la pureté de son style n'est pas égalée par Garneau: mais assurément ce dernier n'a pas de rival pour l'éloquence de ses mouvements, la chaleur de son style, le patriotisme, le ton de conviction et l’entrain de son récit. Comme moraliste Ferland est peut-être supérieur à Garneau, mais comme historien politique ce dernier est le primus inter pares. En effet, il ne suffit pas de développer dans une histoire une grande idée, une grande pensée, un beau sentiment; d'appuyer cette idée, cette pensée, ce sentiment par des faits et de tirer à propos la conclusion qui ressort du récit, c’est beaucoup, mais ce n'est pas suffisant, Je conçois une manière encore plus

large, plus patriotique, plus philosophique ; c’est la maméro de Garneau qui entoure du même amour, de la même sollicitude, du même mouvement, tout l'élan social, tout le peuple canadien à la fois; qui prend la vie sociale en Canada à son berceau et qui conduit le peuple canadien à travers les péripéties de sa longue jeunesse jusqu'à nos jours, Assurément cette dernière méthode est moins systématique que l’autre. L'histoire de Garneau se déploie sur les points à la fois: elle est générale ; ce n’est pas Québec au détriment de Montréal, ce n’est pas la mission de Montréal au détriment du gouvernement de Trois Rivières, c'est le Canada, le peuple canadien pris dans son unité, son ensemble. Il est Jà tout entier dans ces immortelles pages; on le voit grandir chaque jour, s'ouvrir à la vie sociale, se prètant à ses destinées, allant au devant d'elles, se déployant et s’agrandissant, acceptant successivement dans son sein les institutions libres qui font la grandeur des peuples civilisés. Il y a,en un mot, un souflle laïque, patriotique et national que je ne rencontre pas ailleurs, c'est pourquoi son histoire est encore la plus populaire, la plus nationale. (Garneau sera toujours loué pour le gite qu'il sait rende à l'état,

La grande idée, la grande et noble pensée développée dans l’histoire de Ferland, se détrempe dans un beau et noble sentiment religieux: la mission providentielle du Canada. Toute sa philosophie est 1. C'est l’histoire de cette mission toute particulière du groupe catholique et évangilateur que Dieu semble avoir donné aux établissements de nos aïeux en ce pays. “L'histoire écrite par M. l'abbé Ferland, dit M. J. Royal, (1) offre un intérêt de style et de narration qu'on rencontre assez rarement dans les auteurs qui ont traité le mème sujet. L'agencement des faits est clair, méthodique et naturel: on lit tout d’un trait et sans fatigue aucune. Ecrivain élégant, consciencieux et délicat, M. l'abbé Ferland porte toutes ces qualités dans la rédaction de son histoire.” « Le cours de M. Ferland, dit le Journal de l’Instruction publique, formera une histoire du Canada d’un genre tout-à-fait

(1)Revue Canadienne, IV. 553

différent tions et 1 prement leçons qu ce gros :

qu'aucun à être tr:

qui, aprè à en lire impossib concis.” Garne:

de l’œuv adressait neau pri et en mè de son « envoyer.

exprime avec lui pour le :

une des notre na la conso titude n autre de l'avenir principe de son a L'abb son OUV] compatr rien pou laissées trouvé c prètre d sité La moins 8

lans

sen-

ada.

sion que x en , M.

u'on é le ique une.

land re.” pu- -fait

différent de celle que nous avons déjà. Les détails, les citations et ies recherches qui surchargeraient une histoire proprement dite, sont surtout à leur place dans une série de leçons qui, si nous en jugeons par la période comprise dans ce gros volume formeront un ouvrage très étendu. Plus qu'aucun autre peut-être l’histoire du Canada peut y gagner à être traité de cette manière; il n’est personne du reste, qui, après avoir lu le bel ouvrage de M. Garneau, n’aimera à en lire un autre rempli de détails intéressants qu’il eut été impossible de consigner dans un travail historique plus concis.”

Garneau lui même à été le premier a reconnaître le mérite de l’œuvre de l’abbé Ferland. Voici une lettre qu'il lui adressait après la publication du premier volume; “M. Garneau prie M. Ferland de vouloir bien accepter ses hommages et en même temps ses remereciments pour le premier volume de son cours d'histoire qu'il a eu la complaisance de lui envoyer. M. Garneau est passé chez M. Ferland pour lui exprimer personnellement toute sa reconnaissance et parler avec lui de leur chère patrie, mais il n’a pas été assez heureux pour le rencontrer. M.Garneau aurait voulu causer avec une des lumières du Canada sur la foi qu’on doit avoir en notre nationalité et sur les moyens à suivre pour en assurer la consommation. Celui qui a su développer avec tant d’exactitude nos origines historiques, doit être pénétré plus qu'un autre des sentiments de cette foi. Son livre, quelque soit l'avenir de ses compatriotes, sera toujours Le témoignage d’un principe vénéré par tous les peuples, et rendra la mémoire de son auteur plus chère à la postérité.”

L'abbé Ferland se préparait à publier le second volume de son ouvrage, lorsque la mort l’enleva à la vénération de ses compatriotes. Il fallait un homme dévoué, un autre historien pour continuer l’œuvre commencée et rédiger les notes laissées par l’auteur; les éditeurs du Cours d'Histoire ont trouvé cet homme dans la personne de M. l'abbé Laverdière, prêtre du Séminaire de Québec et bibliothécaire de l’'Université Laval. Il a surveillé l'impression du second volume, moins 80 pages préparées par l’abbé Ferland,

L'ensemble des évènements s'étend jusqu’à la fin de la domination française, et fait des deux volumes un ouvrage complet. Nul doute que c'était l'intention de l’auteur de poursuivre cette tâche jusqu’à nos jours. Mais, quoi qu'incomplète, cette œuvre durera aussi longtemps que le sentiment religieux et national existera parmi nous. ‘Aussi grand citoyen que saint prêtre, dit M. Hector Fabre, (1) esprit large, cœur dévoué, il consacra sa vie à élever. à côté de l'œuvre de M. Grarneau, un temple où sont déposées les cendres de nos martyrs, où vivra à jamais leur mémoire béaie.”

MGR. JEAN LANGEVIN, évèque de Rimouski, frère de l'Hon. H. Langevin, pendant quelque temps Principal de l'Ecole Normale de Québec, a fait à l'Institut Canadien de cette ville une série de lectures sur le Canada sous la domination française (1659-1759). Ces lectures parurent dans le Journal ve Québre. Ses Notes sur les Archives de N. D. de Beauport, sont d'un grand intérêt pour les amateurs d’antiquités généalogiques. Son Histoire du Canada en tableaux est un petit livret qui permet d'étudier et d'apprendre en quelques heures les dates remarquables de notre histoire, Il est encore l’auteur de plusieurs travaux à l'usage des écoles et que je mentionnerai plus loin. Ces écrits, humbles de forme et exempts de toute prétention, n'en ont pas moins rendu de grands services à la jeunesse de notre pays; Mur, Langevin est un de ceux qui à le plus étudié l'histoire du Canada; il en connait parfaitement les détails et l'ensemble,

Le Révérend DouaLAD Borrawick dirigea surtout ses études sur lPhistoire. On a de lui: Æramples of historical and geographical antonomasis, for the rse of schools (1859) A cyclopelia of history and geoyraphy (1859). The British American Reader (1860). The Harp of Canaun, or, Selections from the Poets on Bible historical incidents (1866). The Battles oj the World (1866), en tout cinq gros volumes qui dénotent chez l’auteur un grand amour ‘du travail, et un talent remarquable pour écrire l’histoire,

(1) Littérature Canadienne, Transactions de la Société Historique.

J’ait MoGEE qui rap je veux desquel:

lande de catholiq dire de] qui ait science, par un volumes à sa put

Parm hstoriqu Histoire Vie de 1 amis, B:

siècle, D Mémoire establish Emigrat and adré London, encore #4 Ou voit encore 1 partie d

Iya tous les au Jectd résumer de patri font res ceux qu époques

à, do-

rage r de u'inenti- \'ussi (4) côté S les loire

e de il de

domins le ), de ’antileaux e en toire, » des 1bles NOÏNs Mer.

‘e du imble.

t ses

rieal 859).

ritiSh ctions

l'he S qui dt un

J'ai déjà eu occasion de dire un mot de THomAs D’ARcY MoGEE comme poète; j'ai parlé de ses charmantes ballades qui rappellent les meilleures inspirations de Thomas Moore, je veux maintenant citer ses écrits historiques, au nombre desquels se trouve particuliérement l'Histoire populaire d'Irlande depuis l'époque la plus reculée jusqu'à l'émancipation des catholiques, New York, 1863, 2 vol. in-8, pp. 823. C’est, au dire de beaucoup de personnes, la meilleure histoire d'Irlande qui ait été publiée jusqu'à aujourd’hui. On y trouve de la science, de l’ordre, des recherches, le tout soutenu et relevé par un style enchanteur. On voit, en lisant ces deux volumes, que l'écrivain payait une dette do reconnaissance à sa patrie qu'il aima tant,

Parmi ses autres travaux historiques il faut citer: Esquisse historique des pionniers Irlandais en Amérique, Boston (1852), Histoire catholique de l'Amérique du Nord, 1 vol. Boston, 1862. Vie de Mgr. Maguin, 1 vol, New York, 1856; Oconnell et ses amis, Boston, 1844; Vie des écrivains Irlandais du XVIIe siècle, Dublin, 1847; Life of W. McBurrough, Dublin, 1848; Mémoire of Duffy, Dublin, 1849; History of the attempt to establish the Protestant Reformation, in Ireland, Boston, 1853; Emigration and colonisation in Canada, Quebec, 1862; Speeches and adresses ciiefly on the subject of Brinish American Union, London, 1865, pp. 308, in-8vo. A cette longue liste on pourrait encore ajouter sept ou huit brochures sur différents sujets. Où voit par là que McGee a beaucoup écrit, sans compter encore les journaux qu’il à fondés et rédigés dans la premiére partie de sa vie.

Il y a dans l’histoire du Canada, comme dans l’histoire de tous les pays civilisés, des dates mémorables qui rappellent au lecteur des faits importants. Ces époques semblent résumer la vie nationale parce qu’elles ont vu des actes de patriotisme, de dévouement, des actions héroiques qui font ressortir l'énergie sociale et les grands caractères de ceux qui ont dominé ces situations. 1812 est une de ces époques importantes pour le Canada,

Un acte du Congrès Américain décrétait ia guerre le 18 juin 1812, et le 12 juillet les hostilités commençaient par Ÿs l'invasion du Haut-Canada par le général Hall. Les troubles se terminèrent par le traité de Gand signé le 24 décembre 1814. Ils avaient duré près de trois années,

C’est pendant cette période que s'opérèrent des faits d'armes qui ont paru gigantesques aux nations européennes; c'est le récit de ces événements que le lieutenant colonel WiLLiAM Corrin, autrefois shérif du district de Montréal, a entrepris de raconter en deux volumes intitulés : 1812, The Wur and its Moral, a Canadian Chronicle.

Les détails de cette campagne étaient en partie connus du public, mais détachés, diffus, épars dans la presse périodique, les pamphlets et les revues. C'était encore un travail à faire que de coordonner ces matériaux, et en faire un tout intéressant par l'unité. L'auteur ne s’est pas contenté de cela, il a encore étudié la guerre de 1812 dans toutes ses phases, son origine, ses Causes, les influences diverses qui en ont controlé la marche et les résultats. Le premier volume s'arrête à la bataille de Chateauguay si glorieusement gagnée par les canadiens le 26 Octobre 1813. On était alors au milieu de la guerre. “L'auteur, dit M. Provencher (1) a encore puisé dans beaucoup de documents inédits, et dans la conversation de quelques acteurs dans ce beau drame, une foule de détails précieux qui mettent encore plus en relief les caractères divers de tous ceux qui ont figuré dans cette guerre. Ces détails donnent à l’histoire l'attrait d'un roman.

“Les noms de Brock, de Salaberry, de Duchesnay, de Seaffe, de McDonell, de Rolette, de Tecumseh, et d’une foule d’autres, se présentent tour à tour au lecteur, noms célèbres et qui seront répétés avec admiration et avec orgueil tant que vivra la race canadienne. Cette admiration s’accroît encore lorsqu'on peut, comme dans le livre de M. Coffin, suivre jour par jour, et pas à pas, chacune de leurs actions, dans cette lutte difficile qui a fait leur gloire et notre salut.

[1] Revue Canadienne, 1. 445.

&c On actes « binson.

rière E

«6 Le viront voisins sacrifice long r plus.”

La :

main 0 de sav:

tactiqu égalem tialité.

aux n4

La f plus m lourd « On s’a des cit ils pot le moi qui ne

Wi Après Unive et plu livre i special lui va et il provit plets plesse vaise

dans

>, une relief cette d'un

y, de d'une ns Cégueil SET e M.

leurs notre

On lit aussi avec beaucoup de plaisir et d’intérèt les actes de brillant courage des Taché, des McNab, des Robinson, des Pothier, qui ont dignement inauguré leur carrière publique sur les champs de bataille.

‘“ Les faits sont établis dans toute leur exactitude et serviront de réfutation à plusieurs écrits publiés chez nos voisins qui, dans le but de dramatiser les événements et de sacrifier au goût des lecteurs, ont fait de cette histoire un long réquisitoire contre les hommes que nous honorons le plus.”

La partie qui se rapporte à la stratégie a été traitée de main de maître. L'auteur, longtemps militaire par état, fait de savantes dissertations sur les plans de campagne et la tactique des commandants. Une autre qualité qui honore également l’auteur et recommande son œuvre, c’est l’impartiualité. La part de chacun est faite avec justice, sans égard aux nationalités ou aux partis en cause.

La forme n’est pas exempte de défauts; elle pourait être plus moderne et revêtir un costume plus souple, Le style est lourd comme un matériel de bataille, ou un corps d'armée, On s'aperçoit aussi que l’auteur a voulu se passer le luxe des citations : si Xenophon ou Démothènes vivaient encore, ils pourraient se lire dans leur propre idiome. C’est après tout le moindre des défauts, puisqu'il est toujours loisible à ceux qui ne comprennent pas cette langue de l’apprendre!

WizLiAM CANNIFF naquit à Belleville dans le Haut-Canada. Après avoir étudié la médecine il fut g'adué dans plusieurs Universités savantes. Il a écrit sur la chirurgie un traité et plusieurs opuscules. Mais il est surtout connu par son livre intitulé : Æistory of the settlements of Upper Canada, with special reference to the Bay Quinte; pp. 670. Cet ouvrage lui vaut une place honorable dans la littérature du Canada et il doit compter un grand nombre de lecteurs dans sa province, Les renseignements historiques sont assez complets et la forme, tout en laissant désirer un peu plus de souplesse et d’ampleur, est cependant loin de mériter une mauvaise note, |

“ Lorsque la guerre de l'Indépendance éclata, dit M. Benjamin Sulte (1), l'on vit se former un parti que l’histoire reconnait sous le nom des ‘United Impire Loyalists,” c’està-dire les partisans de l'empire Britannique, ou, dans notre langue, les loyaux sujets de sa Majesté! Ce parti qui semble avoir été composé surtout de militaires et de fonctionnaires anglais, prit de bonne heure la détermination d’émigrer en Canada. Il renfermait assurément un nombre d'hommes de mérite et de cœurs nobles qui préféraient abandonner leur foyer plutôt que d’y vivre loin du drapeau d’Albion. Telle est l'origine de la colonisation actuelle du Haut-Canada.

“Jusqu'à la fin du siècle, le Haut-Canada ne reçu presqu'aucune émigration des iles Britanniques, il resta pour ainsi dire au pouvoir des Royalistes. C’est alors que naquit parmi ceux-ci la faction appelée Fumily Compact, dont l'influence se faisait sentir encore tout dernièrement, Les fondateurs de ce parti ambitionnaient la possession des meilleures terres de la province et le contrôle des affaires publiques. Grâce aux circonstances et aussi à l’habileté qu'ils surent déployer, leur projet se réalisa passablement bien, L'histoire politique n’est pas muette à cet égard.

“ Lorsqu’arrivèrent les émigrants d’outre mer, la colonisation prit un élan définitif et nous l’avons vu accomplir des progrès extraordinaires dans cette province, maintenant la plus peuplée de la confédération. Comme le Bas-Canada était resté séparé jusqu’en 1811 politiquement du Haut, il nous était très peu connu. Le premier parlement de l'Union entraina nos hommes publics de ce côté et ils s’étonnèrent de la beauté du climat, de la fertilité du solk et de la science agricole de ses habitants. M. Etienne Parent est le premier qui engagea nos Co-provinciaux à ne pas demander d'établir le chiffre des représentants du peuple d’après celui de la population, ‘“ nous sommes aujourd’hui les plus nombreux, dit-il, mais voyez donc ce qui nous entoure en Haut Canada. Tout ne nous prouve-t-il pas qu'avant longtemps ce pays sera

has

(1] Revue Canadienne, VII, p. 76

couver la nôtr ainsi pi rière le les ten peuplé L’'au françai notre n glais.

défaut teurs a rend bi d'Ontax ments € la press navigat loppés « ontarier M. H s'est fai graphi néCcessa amour Son | pp. 237 compli livre co les prin différen vinces incontel nombre gurent une édi l'intent en ajou

couvert d’une population qui l’emporterait finalement sur la nôtre par le nombre de ses députés?” Ce qui avait été ainsi prédit arriva et nous pûmes alors nous retrancher derrière le fait de notre modération d'autrefois pour repousser les tentatives d’une province devenue en quinze ans plus peuplée que la nôtre et plus exigente.”

L'auteur s’est montré assez juste envers les canadiens français, ce qui ne l'empêche pas de dire cependant que notre nationalité est destinée à ètre noyée par l'élément anglais. Les noms français sont estropiés en certains endroits, défaut qui est malheureusement trop commun chez les auteurs anglais. C’est, en définitive, un livre intéressant qui rend bien compte de la vie sociale et du progrès de la colonie d'Ontario. Le mouvement des idées, les premiers établissements de colonisation, l'essor des villes, l'établissement de la presse, les parlements, l'extension du commerce et de ia navigation sont autant de sujets qui sont longuement développés et qui mettent le lecteur au courant de la société ontarienne.

M. Henry T. MorGan, bibliothécaire au parlement fédéral, s’est fait connaître depuis longtemps par ses ouvrages biographiques et historiques. Il a d’ailleurs toutes les qualités nécessaires pour ces sortes de travaux: esprit méthodique, amour des recherches, travail soutenu.

Son livre The Canadian Parliamentary Companion (1873), pp. 237, in-18, a atteint la huitième édition, ce qui est un compliment des plus flatteurs porté au crédit de l’auteur. Ce livre contient des notes biographiques sur les gouverneurs, les principaux officiers du service civil et les membres des différentes législatures de la Puissance du Canada et des provinces qui la composent. Ces notes sont d’une importance incontestable. Mais il est regrettable qu’il s’y soit glissé un nombre si considérable de fautes typographiques qui défgurent les noms français; ce détail pourra disparaître dans une édition subséquente. Je ne doute pas que l’auteur ait l'intention de donner à son ouvrage une publicité périodique en ajoutant chaque fois des détails biographiques sur les nou

veaux membres ; on peut prévoir que ce volume est destiné à devenir plus tard une source féconde pour la consultation,

Mais le travail qui a acquis à l’auteur une véritable promotion dans les rangs de nos littérateurs est sans contredit sa Bibliotheca Canadensis or a Manuel of Canadian Literature 1867, pp. 411, in-8.

Je laisse la parole à M. de Bellefeuille qui a bien su apprécier le mérite de l'auteur. (1)

“Voici un livre, dit-il, qui a été attaqué même avant d'avoir vule jour. Il lui a suffi de paraitre et d’être connu pour dissiper tous les reproches qu'on lui avait fait. Est-ce à dire que cet ouvrage soit exempt de tous défauts et complè.

ement à l’abri de la critique? Je n’ôserais le prétendre, et

l'auteur lui même ne l’a sans doute pas espéré. Il serait incroyable qu'aucune erreur se fut glissé parmi la quantité énorme de faits, de dates, de noms accumulés dans les quatre cents pages de la Bibliotheca Canadensis; ce n’est pas dans la première édition d’un livre de ce genre, qu’on peut trouver cette exactitude et cette perfection, auxquelles atteignent seulement les ouvrages qui ont eu plusieurs éditions et subi des critiques répétées et intelligentes. Aussi, n'est-ce pas à ce point de vue que je veux parler de l’ouvrage de M. Morgan. J’en veux faire connaître le plan, l’ensemble, l’idée qui le domine d’un bout à l’autre.

“L'auteur indique lui même dans son introduction ce qu’on doit espérer trouver en lisant son livre: d’abord, une liste alphabétique des auteurs des livres, brochures, articles publiés dans la presse périodique, par des résidants ou des habitants des diverses provinces formant aujourd’hui le domaine du Canada, ou qui ont trait à ces provinces, à leur histoire, à leurs affaires, ou à leurs ressources. Chaque nom est accompagné d’une courte notice biographique, suivie d'une liste des ouvrages, des remarques de la presse et des critiques autorisées qu’ils ont provoquées. La Bibliotheca Canadensis contient de plus une biographie des principaux

[1] Revue Canadienne, IV. 952.

journal que con aux let publiqu « L’a complèt homme, vrages, le méri!

il se co:

Quelque lateur, Ordinai fin, une lance.” M. M blicatio:

phies of discours par un « richesse compile des écr champs sur les de beat de l’exe de la va M. 1 du No société FEN égislat maitre quelqu la pres

iné on.

)rOdit ture

ap-

ant nnu e à lè.

, rait tité atre ans iver ent subi as à » M.

1ble,

1 ce une cles des i le leur nom ivie des heca AUX

journalistes canadiens et rédacteurs de Journaux, tant anciens que contemporains, indiqant les services qu’ils ont pu rendre aux lettres et à la part qu'ils ont prise aux affaires publique.

‘“ L'auteur a suivi ce programme un peu aride avec une complète exactitude. Après avoir donné le nom de son homme, les principales dates de sa vie, la liste de ses ouvrages, il est rare que M. Morgan exprime une opinion sur le mérite des personnages ; avec une modestie assez rare, il se contente de citer les appréciations d’un autre écrivain. Quelquefois, cependant, il sort de son rôle ingrat de compilateur, et il dit ce qu'il pense d’un auteur ou d’un ouvrage. Ordinairement les jugements qu’il porte indiquent un esprit fin, une âme sans préjugés, et surtout une grande bienveillance.”

M. Morgan n’en est pas à son premier essai en fait de publications historiques. Tout le monde connait ses Biographies of Celebrated Canadiens. On lui doit aussi l'édition des discours de M. Buchanan. Ces écrits se distinguent tous par un esprit pratique, un ordre méthodique et une grande richesse de détails qui font äe l’auteur un de nos meilleurs compilateurs. Il ne s'élève pas jusqu'à l'examen théorique des écrits qu'il cite, il ne fait aucune trouée à travers les champs de la haute esthétique, il ne philosophe pas non plus sur les idées émises par les écrivains, son rôle de critique est de beaucoup plus modeste; mais sa compilation à le mérite de l'exactitude et elle indique chez l’auteur un grand amour de la vérité et de la justice.

M. Morgan est membre de la société royale des antiquaires du Nord, de Copenhague, et membre correspondant de la société historique de New York.

FENNIN& TAyLor est né à Londres et arriva à Toronto en 1836. A été attaché à un département public de l'assemblée législative depuis 1840. Est maintenant député greffier et maitre en chancellerie. A, de temps à autre, versifié quelques chansons et rédigé quelques articles en prose pour la presse canadienne, Parmi ses chants patriotiques on cite

surtout celui qui est intitulé: God bless our New Born Nation, Mais l'ouvrage qui a fait la réputation littéraire de l’auteur est sans contredit Portraits of British Americans by Wm, Notman, With Biographical sketches par Fenning Taylor, en 3 vol. in-8, de 400 pages chaque.

Ces biographies résument l’histoire privée et publique des Canadiens les plus illustres qui ont vécu en Canada depuis la cession du pays à l'Angleterre. L'auteur à écrit ces notes avec beaucoup de modération et d’impartialité rendant à chacun le juste tribût d’éloge qu’il mérite. Quelques uns de nos hommes publics ont été jugés avec trop de modération peut-être ; leurs actes ne sont pas scrupuleusement analysés, et les motifs de leur conduite suffisamment définis; parfois ces portraits paraissent flattés, les éloges auraient pu faire place au blâme.—Mais je sais qu’il est très difficile de réussir dans ce genre et qu'il est d'habitude de dire que tout biographe doit louer son homme; de la biographie à la critique il y a une bonne distance que M. Taylor n’a pas franchie pour éviter la fatigue sans doute.

Mais je rends pleine justice à l’auteur au point de vue national. Il a donné à César ce qui appartient à César.---C'està-dire que le caractère canadien français, nos mœurs et nos institutions ne sont pas flétries dans ses œuvres. Je n'ai pas vu là ce parti pris de rapetisser, de dénigrer, d’insulter, si familier à certains écrivains de la race saxonne et dont les œuvres d’ailleurs honoreut peu la littérature anglo-canadienne, M. Taylor à évité ce danger et je l’en félicite; car il est plus difficile qu’on le croit généralement d’être juste, surtout lorsqu'il faut parler contre la voix du sang.

J'observerai encore que les biographies de M. Taylor donnent assez exactement les traits principaux de nos contemporains. Elles sont nécessairement courtes et plusieurs d’entre elles incomplètes, elles serviront cependant plus tard comme source historique. L'écrivain a dû se donner beaucoup de mal pour recueillir les matériaux de son œuvre. Les dessins son parfaits et rehaussent encore la valeur des biographies.

La lit la persc Ecosse,

Sa ré tion de:

Public c l'asseml

Les € portent 1714 et série de acadien textuel] biograp crits.

indicati dex est

En } pourqu emple Nouvel compre

Ce v

thèque sur l’hi pemen

notre

Unis

La littérature canadienne reconnait un de ses amis dans la personne de Tomas B. AKins, avocat de la Nouvelle. Ecosse, et commissaire des archives publiques,

Sa réputation bas-canadienne date surtout de la publication de son livre, Archives of Nova Scotia ; Selections from the Public documents of Nova Scotia, publié d'après un ordre de l'assemblée législative, passé le 15 mars 1865; pp. 757, 1869.

Les documents inédits que renferme ce volume se rapportent à diverses époques de l’histoire de l’Acadie entre 1714 et 1761, période la plus remarquable de cette longue série de malheurs dont se compose le passé de nos frères acadiens, Tout l’ouvrage se compose de la reproduction textuelle des manuscrits; excepté cependant les notes biographiques des personnages qui figurent dans ces manuscrits. C’est une bonne idée du compilateur, car sans ces indications le livre avait perdu la moitié de l'intérêt, L’index est également très commode pour débrouiller le tout.

En présence de ce volume si précieux, js me demande pourquoi le gouvernement canadien ne suivrait pas l’exemple que vient de lui donner le gouvernement de la Nouvelle-Ecosse? Espérons que tôt ou tard l'on finira par comprendre l'importance de cette suggestion.

Ce volume de M. Akins ornera les rayons de la bibliothèque de tous ceux qui désirent faire des études approfondies sur l’histoire primitive de la colonie française, du développement social et de la colonisation sur le continent américain.

M. Akins n’en est pas à son premier ouvrage ; nous avons encore de lui une brochure sur l’histoire d'Halifax, et deux

don- autres opuscules sur le progrès de l’église anglicane dans les

em colonies anglaises et sur les progrès du King's College.

Mapame Day a ambitionné avec raison le glorieux titre

plus d’historien des cantons de l'Est. Les travaux littéraires

te qu’elle a publiés se rapportent tous à cette belle région de

pu notre pays qui s'étend depuis la ligne frontière des Etatse

Unis jusqu’au voisinage de la ville de Québec, côté sud du fleuve St. Laurent,

eee esse 0 0

Son premier ouvrago est intitulé Pioneers of the Eastern Townships ; publié à Montréal en 1863, pp. 171, in-40; ce volume contient un grand nombre de renseignements officiels et authentiques sur les origines de la colonisation dans ces endroits, les incidents divers relatifs à la population, des détails et des aventures plus ou moins romanesques,.

Ce premier volume n'était pour ainsi dire qu’un ballon d'essai; il n’a pas l'importance et le mérite littéraire du second, intitulé; History of the Eastern Townships, 1859, pp. 475, in-12. Cet ouvrage est divisé en trois parties dans lesquelles l’auteur étudie et examine la situation civile et économique des cantons de l'Est, leur antiquité historique et en général tous les renseignements qui se rattachent à cette partie de la province de Québec.

‘ Dans ce cadre, dit M. Benjamin Sulte, qui, au premier abord, paraîtra restreint, plus d’une question importante trouve naturellement sa place. Nous n’oserions dire que l’auteur a embrassé tout ce que nous entendons par ces mots, et c'est pourquoi son livre ne nous semble pas complet, Tel qu'il est cependant, il ne saurait manquer d'avoir sa valeur parmi les archives de l’histoire du Canada.

“Il parait évident qu'un faux point de vue a contribué à refouler dans l'ombre la partie de l’histoire qui se rattache aux cantons appelés les Bois Francs. L'auteur s'occupe partout soigneusement de relever les informations relatives aux missions protestantes; c’est à peine si les missionnaires catholiques ont une mention de deux lignes dans tou l'ouvrage. Les premiers colons du district de Bedford, en grande majorité parlant la langue anglaise, lui sont particulièrement redevables d'une série de chapitres plus élaborés que les autres. En arrivant au district de St. François, où l'élément français se fait sentir, l'enthousiasme baisse, il ne se rallume que dans les alentours de Sherbrooke, en présence du noyau de population anglaise qui domine en ces endroits. Ce n’est pas dans ce livre que l’on apprendra l’histoire des colons français des contés de Nicolet, Arthahaska, Drummond et Mégantic. Il faudra un autre historien plus riche

en rensei, tons; cel:

l'honneur quelques un mérite « Plus du Canac sité ne 8 sacré à 1 quatre-vi ni Sagar levoix, n du Cana au grand nale. (1) Ces re nement, rien don crivains et les éc JOHN annales conserv!

vrage Q porte le British l'attenti volume depuis :

C'est ce jour, import Ainsi, 1 tée dan

(1) Le

en renseignements et plus dispôsé à parler de tons les cantons; celui là supplantera sa devancière à qui il restera l'honneur d’avoir rassemblé la première des notes et posé quelques jalons dans ces terrains nouveaux. (C’est toujours un mérite, ne le méconnaissons pas.

‘ Plus de la maitié du volume est remplie par l’histoire du Canada et des tribus sauvages de ce pays. La nécessite ne s'en faisait nullement sentir dans un ouvrage consacré à une portion de territoire habité depuis moins de quatre-vingt ans. Mais puisque nous n'avons ni Champlain, ni Sagard, ni Leclerq, ni les Relations des Jésuites, ni Charlevoix, ni Garneau, ni Ferland, ni Faillon, ni aucun historien du Canada, il fallait bien dire quelques mots d'introduction, au grand profit de ceux qui ne négligent la littérature nationale. (1)

Ces reproches, que le critique adresse avec tant de discernement, sont malheureusement trop mérités, et pour l’historien dont il est ici question et pour un grand nombre d'écrivains anglais qui ont pris pour habitude d'oublier la race et les écrits français du Canada.

Joan McMuLLEN occupe une place distinguée dans les annales de notre littérature. Il rédigea le Monitor, journ conservateur de Brockville, depuis 1856. Le premier ou-

rage qu'il a publié à été imprimé à Londres en 1846. Il porte le titre suivant: The Camp and Barrack Rcom, or the British Army as it is, pp 316, in-8vo. Mais il a surtout fixé l'attention du publique par son History of Canada, fort volume de 600 pages, in-8°, embrassant l’histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à l’époque de da Confédération,

C’est l’histoire la plus complète « : ait été publiée jusqu’à ce jour, en tant qu’elle embrasse le récit de tous les événements importants jusqu'à une époque très rapprochée de nous- Ainsi, nous trouvons là l’histoire de l’Union qui n’est pas traitée dans l’histoire de Garneau ou des autres grands historiens.

(1) Revue Canadienne. VI. 955.

Sous ce rapport l’auteur s’est rendu presque indispensable, Il termine par une étude détaillée et savante sur la Puissance du Canada. Partisan politique et défenseur ardent des principes conservateurs, et des hommes qui ont amené l’état de choses actuel, il trouve notre position très prospère et soutient que nous sommes appelés à vivre dans le meilleur des mondes, Il invoque la statistique et les faits pour soutenir ses préten-

tions. Il jette donc un coup l’œil rapide sur l'éducation, le

commerce, la population, l’agriculture, l’'émigration, les revenus, les dettes, les dépenses, les taxes, les pouvoirs légis. latifs du gouvernement fédéral et des gouvernements locaux, la constitution fédérale et les constitutions locales, la condi tion sociale, etc. Cette partie se rapproche beaucoup plus du journalisme que de l'histoire. On sent l'écrivain politique dévoué se cachant derrière l’annaliste.

Je reproche à McMullen deux fautes graves qui percent dans son œuvre; ce sont deux défauts lorsqu'on les trouvel réunis chez un historien, et ce peut-être deux qualités dans des circonstances spéciales: d’abord il est avant tout hautcanadien, ensuite il est surtout conservateur. Il a poussé à l'excès ces deux tendances ; elles prennent dans son histoire une forme, un corps trop prononcé. Il est injuste, partial sans s’en apercevoir peut-être. Haut-canadien quand même, c'est le truchement de Lord Durham. Il veut, il désire, il approuve l’absortion du Bas-Canada pour le Haut-Canada, et il conclut aux moyens qui sont les plus efficaces pour anéant + la langue française et la foi catholique dans l'Amérique Britannique. Pour lui l'Union n’a été que la sanction d’un fait pour arriveræ& ce but. Il pense qu’on a eu bien tort de ne pas assimiler les lois en 1841; aujourd’hui le Bas-Canada pourrait concourir à l'assimilation des lois de toute la Puissance. Il n’y aurait plus de code, mais des précédents et le texte anglais qui jetteraidw dans les décades du passé le texte français. Et cette tentative de bannir de la chambre d’assemblée la langue française, c'est bien malheureux qu'elle n'ait pas réussi! Que de dépenses inutiles entrainent nécessairement ces traductions dans les deux langues et tous ces

rouages consoler possible tories.

Ce n’e rien de pays au cette am dignité q prouver ici 4 uüsi digne de compli a ministre Au re:

fourmille et assez se trans!

Haut-Ca deux pr ment. :

et il ent cette pa sans pré HE. H.

plusour professe Bishop « occupe 1 tion. E à l'Exhi Il dél traité su 68. Ce fut suiv Internat écrits n’

toire rtial ème, re, il la, et anéique d'un t de nada Puiset le exte d’aselle 1COSces

rouages aussi compliqués qu'inutiles ! Mais enfin, il faut se consoler puisque nous vivons dans le meilleur des mondes possibles et que tout ce bonheur nous vient des régions tories,.

Ce n’est peut-être pas un défaut bien grand pour un historien de faire l'éloge de son parti et d'attribuer les progrès du pays au succès de ses idées politiques; mais à coup sûr cette ambition va trop loin chaque fois que la gravité et la dignité ordinaires de l'historien se déplacent au point d’approuver des actes infimes, immoraux et indignes. Je fais ici & usion au Double Shuffle de 1858, ce jeu de passe-passe digne des saltimbanques et des joueurs de marionnettes, accompli au mépris de la constitution dans le but d'éviter aux ministres les ennuis d’une réélection.

Au reste, M. McMullen est un bon littérateur. Son livre fourmille d’une foule de renseignements. Il est assez juste et assez impartial pour le régime français ; mais ce sentiment se transforme à partir de 1791, époque de la division du Haut-Canada d'avec le Bas-Canada. Il fait l’histoire des deux provinces dans des chapitres distincts et alternativement, Sans l'Union il se guide d’après les gouvernements et il entre dans une foule de détails fort intéressants sur cette partie de notre histoire. Son style est modéré, simple, sans prétention.

H. H. Mises a publié plusieurs travaux se rapportant tous plus ou moins à l’histoire du Canada. El fut pendant longtemps professeur de philosophie et de mathématiques au collége Bishop de Lennoxville, dont il était aussi vice-président. Il occupe maintenant le secrétariat du département de l'éducation. Fut nommé commissaire pour représenter le Canada à l'Exhibition universelle de 1862.

Il débuta dans les lettres par la publication d’un petit traité sur la ventilation des maisons et des écoles, 1848, pp. 68. Cet ouvrage, qui expose toutes les règles de l'hygiène, fut suivi d’un second travail intitulé: Canada East and the International Exposition, Londres, 1862, pp. 88. Mais ces écrits ice pas suffisants pour assurer à l’auteur une réputa-

La

tion de littérateur s'ils n'étaient accompagnés d’une composition plus volumineuse et plus remarquable : The History of Canada under the French régime, (1735-1763) 1 vol, pp. 400, in-8: Cet ouvrage est accompagné de cartes, de plans et de notes explicatives qui contribuent à accroître l'intérêt du récit et qui facilitent l'intelligence du sujet. Ces cartessont précieuses en ce qu'elles nous donnent une idée plus précise de la topographie des lieux et de la géographie de la Nouvelle-France, Il est, je crois, le seul auteur qui ait accompagné son ouvrage d'illustration de ce genre, à part les Oeuvres de Champlain, rééditées par l'abbé Laverdière. L'histoire de M. Miles est certainement un beau travail qui mérite d’être lu. L'auteur s’est convaincu de l'importance du sujet qu’il traitait, et il n’hésite pas à déclarer dans sa préface que le Canada sous le régime français a été lo théâtre d'événements importants, dignes de l'attention des hommes instruits, capables de servir d'enseignements aux générations futures. Nous voyons apparaître, en effet, à cette époque, des hommes au caractère grand et noble qui se sont dévoués pour la gloire de la patrie; qui ont supporté avec courage les déboires et les fatigues inhérants aux pays neufs. On voit également se dérouler des événements qui peuvent paraître petit de nos jours, mais qui étaient certainement colossals pour l’époque, surtout lorsque nous songeons qu'ils ont eu lieu au sein des forèts encore incultes de ce continent. Le travail de M. Miles est assez impartial, quant à cette partie du moins. La seconde partie, compre-

nant la domination anglaise, qui doit paraître prochainement,

sera-t-elle plus partiale à l'égard des canadiens français ? J'espère que l’auteur n’imitera pas en cela un grand nombre de ses compatriotes et que la fin sera ce qu'à été le commencement, L'auteur est d’une origine et d’une croyance religieuse autres que les nôtres; mais cela ne l’a pas empêché de rendre hommage aux glorieux dévouements et à la coura. geuse abnégation de nos premiers missionnaires. Avec un esprit honnête et droit il a cherché à être impartial. S'il a laissé dans l'ombre des mérites éclatants, si, du moins, il ne

leura} vertanc fait que

Lors uns des et alors quelque d'une a colons, l’auteur mérite de ces 1 leurs v rapport Ainsi, * Sault, le mérit

En at l'auteur y a de voueme

L'A8 toire de.

qu'à no

La t l'histoi atholi enseign)

conven mêlée & toire, f peupla peine 4 que ce 1847 s forêt.

L'au

pmpoory ,in-8:

et de ‘èt du s sont récise de la it aCrt les

ravail mporr dans été le pn des ts aux à cette qui se pporté S aux ments nt ceriS SON- Ites de partial, mpreement, nçais ?

ombre mmene relinpèché coura.

vec un S'il a s, il ne

leur a pas rendu pleine justice, c’est par inadvertance—inadvertance regrettable sans doute, mais qui s'explique par le fait que l’auteur n’est pas des nôtres.

Lorsque les Anglais et les français se trouvent en face les uns des autres, on sait de quel côté incline le cœur de l’auteur, et alors l'expression, fidéle interprète de sa pensée, blesse quelquefois nos sentiments, S'il s’agit d’un fait d'arme, d'une action de valeur, accomplie par nos soldats ou nos colons, plusieurs choses pourront être oubliées, parceque l'auteur naturellement n’est pas assez attentif à mettre leur mérite en évidence. Il n’est pas assez préoccupé de la gloire de ces hommes, qui lui sont étrangers, pour faire ressortir leurs vertus, apprécier leurs dévouements. Sous certains rapports donc, l’histoire de M. Miles ne me satisfait pas. Ainsi, voyons comment il raconte le fait d'armes du Long- Sault, et l’on verra comment, par inattention, il a rabaissé le mérite du héros de l'Outaouais.

En attribuant aux Hurons l'initiative dans cette affaire, l'auteur enlève à Dollard et à ses compagnons ce quil y a de plus méritoire et de plus beau dans leur dévouement.

L'AB88E MAURAULT publia en 1866 une volumineuse Histoire des Abénaquis. Elle remonte à 1605 et se continue jusqu'à nos jours.

La tribu des Abénaquis a joué un rôle important dans l'histoire de notre pays. Conquise de bonne heure à la foi atholique, reconnaissante envers les français qui lui avait enseigné la prière, elle fut l’alliée constante de la France. Il convenait donc que l’histoire de cette tribu, constamment mêlée aux événements qui font les belles pages de notre histoire, fut racontée afin de garder quelques souvenirs d’une peuplade jadis puissante, mais qui de nos jours compte à peine en Canada 350 représentants, IL convenait surtout que ce livre fut écrit par la plume du missionnaire qui depuis 1847 s’est dévoué pour le salut de ces pauvres enfants de la forêt.

L'auteur a divisé son travail en trois époques. La pre.

mière comprend un abrégé de l’histoire des sauvages de la Nouvelle Angleterr: st celle des Abénaquis de 1605 à 1680, lors de leur émigration en Canada; la soconde, et c’est la plus importante, renferme l’histoire des Abénaquis de 1680 à 1760, lors de la capitulation de Montréal. La troisième partie offre moins d'intérêt quo les deux autres ; la relation se continue jusqu’à nos jours. Depuis que nous sommes sous la domination anglaise la paix n’a été troublée que dans deux circonstances : l’invasion de 1775, lors de la révolution des colonies anglaises en Amérique et les campagnes de 1812 et 1814. Or, on sait que l’histoire d’une tribu sauvage ne peut guère offrir d'intérêt pendant une époque pacifique. L’auteur a donc consacré quelques chapitres seulement à cette dernière partie.

Je dirai que fort peu de choses du style de l’auteur. Il écrit avec une grande simplicité, la narration des événements fait tout le fond de son tableau. A mon sens il est un peu aride ; il n'a pas su parsemer son récit de réflexions, d'images, de figures. Son pinceau n’est pas assez riche et ses couleurs assez variées. Le sujet cependant était splendide: parler d’un peuple sauvage, raconter les mœurs natives de ces enfants des bois, vivant au grand air, s'inspirant des spectacles grandioses de la nature pour accomplir de grandes actions ; décrire le mécanisme de l'administration politique du Canada, faire l’histoire de la civilisation et de la colonisation pénétrant dans les bourgailes indiennes, l’auteur aurait pu broyer ensemble toutes ces couleurs variées et prendre tous les tons. Que dis-je ! il pouvait s'élever jusqu'à la hauteur du philosophe et du penseur pour sonder le problème de la dispersion et de l’anéantissement des races indiennes sur ce continent et développer les brillantes théories philologiques de leur origine, de leurs langues et de leur mytologie. Ces questions sont loin d’être puériles ou oiseuses auprès des esprits sérieux. Dans un siècle comme le nôtre, qui approfondit tous les problèmes pour acquérir au monde savant une certitude nouvelle, il n’est pas de questions si su-

ranné phiqu rault, histor laque

L'a les « V Hist cripti wars, Fran land, S., p:

€ I (nr conte du À abon l'ouv:

divisi

par parti popu mêm il es phra de |:

pagd

M Ben

U inté celu de « dra

réne- L est ions, Le et lide :

s de specndes ique nisait pu tous iteur e de nnes hilo- 1ytouses ôtre, onde 31 SU-

rannées qui ne reçoivent l’application d’un système philosophique ou rationel. Mais, dans le livre de M. l'Abbé Maurault, ces lacunes sont rachetées par la grande variété de faits historiques qu'il met en lumière et par la lucidité avec laquelle il les présente au lecteur.

L'auteur a puisé en grande partie ses renseignements dans les ouvrages les plus recommandables, entr’autres : l'Histoire du Canada de Garneau, la Relation des Jésuites, Description of New England, par John Smith, History of indian wars, par H. Thrumbull, Histoire générale de la Nouvelle- France, par le Père Charlevoix, Histoire du Canada, par Ferland, La France aux colonies, par Rameau, History of the U. S., par Bancroft, Mémoire sur les affaires du Canada, ete. ete.

« Ecrit sans prétention, cet ouvrage, dit M. Joseph Royal (1) n’aborde aucune des questions de philosophie chrétienne contenue dans l’histoire des nations sauvages de l'Amérique

du Nord, Le style est simple, naturel, clair; les détails abondants, quoique les sources varient peu; l'ordonnance de l'ouvrage est faite avec soin, et le lecteur en suit toutes les divisions avec facilité et sans confusion. Par sa manière, par le choix de sa narration, par la multiplicité des faits particuliers, par son goût des légendes, ce côté si vrai et si populaire de l'histoire, M. l'Abbé Maurault appartient à la même classe d'historiens que les abbés Faillon et Ferland ; il est moins mystique que le premier, n’a peut-être pas la phrase ni la philosophie du second, mais il est évidemment de la même école.”

L'Histoire des Abénaguis forme un fort volume de 630 pages.

Maintenant un mot de l’Æistoire de cinquante ans par T. P. BEDARD,.

Un des plus beaux chapitres de notre histoire, le plus intéressant peut-être pour le citoyen et l'homme d'état, est celui qui part de 1791 et qui s'arrête à 1841. Cet périole de cinquante années embrasse toutes les péripéties du grand drame politique et parlementaire du Canada.

(1) Revue Canadienne, IV, 73.

Ce fut un grand et beau spectacle que celui qui fut donné au peuple de la Province du Bas-Canada, habitué depuis 1759 à être gouverné arbitrairement, lorsque s’ouvrit à Québec le 17 Décembre 1791, la première session du premier parlement: Cette constitution, ce texte écrit récemment arrivé d'Angleterre, qui donnait aux Canadiens les assurances manifestes d'une nouvelle vie suciale, moins accidentée, plus vivace et plus féconde que l'état de choses préexistant, venait justement à temps pour sauvegarder d’un danger imminent la nationalité canadienne française. (C’est aussi un spectacle digne d'envie que l’ardeur avec laquelle nos pères se mirent à l’œuvre. Ils ne voulaient, nedemandaient qu'une chose : que les droits sacrés qui leur avaient été accordés par les articles de la capitulation et les clauses du traité définitif de paix fussent sauvegardés; que la part de libertés et de franchises civiles et politiques qui leur avaient été conféréesen leur qualité de nouveaux sujets de la couronne britannique fut respectée, Mais d’un côté la haine, la jalousie et l'ambition ; de l’autre, un sentiment naturel aux vainqueurs, la morgue et la suflisance, rendaient injuste le parti anglais. Ce parti, froissé par cette constitution qui consacrait le principe de la volonté de la majorité, épiait toutes les occasions pourécarter les immunités constitutionnelles consacrées par l'usage et les précédents du parlement anglais. Il luttait avec acharne. ment contre cette volonté populaire, representée par l'as. semblée législative, en s'appuyant sur le Conseil Législatif et l'administration composée d'hommes de leur choix. Les gouverneurs eux-mêmes se prétaient à ses exigences lorsqu'ils n'étaicnt pas les premiers à en imprimer la direction. C'est ainsi que le petit nombre parvint à tenir tête à la majorité, à consacrer des abus déplorables et à éveiiler les susceptibilités populaires. Le flot d'irdignation allait toujours croissant, il déborda en 1837 et cette crise amena les horreurs qui accompagnent toutes les rébellions, C’est alors que Lord Durham, envoyé au Canada pour trouver un remède à la situation, sentant le terrain glisser sous les pieds de son varti de prédilection, conçut le plan francophobe de l'Union des

deux cathol Aus C'était et der de l’é Papin Roche les Mc cause, intrépi le gra grand que vi avec « ples.

que v( gloire toujot J'écrix timen RECO?

Ces avoca sont, tique:

En et Fort vince pour impo néces les in ratio] nouv que «

deux Canadas, projet destiné à noyer l'élément français et catholique.

Aussi, pendant ce demi-siècle quelle lutte et quels hommes!

C'était là, dans les parlements, que les défenseurs de nos droits et de nos libertés élevaient la voix pour la cause de la justice, de l'équité, de l'honneur, de la nationalité ; c’étaient les Papineau, père et fils, les Panet, les Bédard, les Quesnel, les Rocheblave, les Vallière, les Cuvillier, les Nelson, les Viger, les Morin, ete. O valeureux défenseurs d’une sainte et noble ause, grands et illustres citoyens, orateurs sublimes, soldats intrépides et dévoués, la postérité reconnaissante écrira dans le granit et le marbre vos noms et vos exploits ! Vous avez grandi votre époque par la grandeur des luttes mémorables que vous avez soutenues, Votre nom est digne de flgurer avec ceux qui sont regardés comme les bienfaiteurs des peuples. Reposez en paix dans le silence de vos tombeaux et que vos ombres chères et sacrées quittent parfois le séjour de gloire que vous assure l'Eternité pour protéger l’arbrisseau toujours chancelant de notre nationalité ! Souffrez que jécrive ce mot puissant qui sera comme l'expression du sentiment de tout un peuple : AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE |

Ces réflexions me viennent à propos du livre de M. Bédard, avocat à Québec : Histoire de cinquante ans (1791-1841). Ce sont, en d’autres termes, les annales parlementaires et politiques du Bas-Canada depuis la Constitution jusqu’à l'Union, En entreprenant ce travail, dédié à son Honneur Sir Narcisse

Fortunat Belleau, premier lieutenant-ouverneur de la Province de Québec, l’auteur déclare que cet ouvrage a été écrit pour servir d'enseignement. À Ja suite d’un événement important, dit-il, les peuples comme les individus sentent la nécessité de faire un retour sur eux-mêmes pour puiser dans les incidents du passé des leçons pour l'avenir. La Confédération a donné aux possessions britanniques une constitution nouvelle et a ramené le Bas-Canada à son autonomie politique que l’Union lui avait enlevée.

Il n'existait pas, jusqu’à l'apparition de l'ouvrage de M.

Bédard, aucun travail spécial sur cette partie de notre histoire, Nos grands historiens ont bien, à la vérité, traité cette époque, mais nous n'avions pas d'annales parlementaires fort détaillées, écrites à un pointde vue national, Le livre de M. Bédard remédie donc à un besoin. Tous les hommes sérieux remercieront avec moi l’auteur pour son œuvre utile et patriotique. On y trouve beaucoup de détaiis et même des documents étrangers à nos archives parlementaires, entr’autres les fameuses 92 résolutions qui, adoptées en 1834 dans l'assemblée législative et rejetées dans le Conseil, créèrent ensuite tant d'agitation dans les meetings populaires. L'auteur n'a épargné ni les veilles ni les recherches. Je n’entends pas dire que l’ouvrage soit sans défaut. Le style, simple à la vérité, pourrait avoir plus de souplesse, plus d'éclat, plus d'éloquence en traitant les parties émouvantes de cette époque. Le sujet est des plus beaux et en tout digne des plus grands écrivains, d’un bon littérateur et d’un ardent publiciste. Quelle magnifique occasion pour esquisser à grands traits les portraits augustes de nos hommes publics, leur grande âme, leur caractère éprouvé et leurs hautes vertus civiques! La recherche des causes ou des raisons qui ont provoqué les événements a été négligée. Tel qu'il est l'ouvrage me fait l’effet d'un squelette à cause de sa nudité, de son manque d’apparât: la pompe et l'éclat font défaut: Garneau, qui n’a pu s’appesantir longuement sur cette partie, met cependent plus d'intérêt dans sa narration, plus de philosophie dans son récit qu'il parsème de considérations élevées, La tâche de l'historien ne s’assimile pas À l'ingrate besogne du modeste historiographe chargé de recueillir le gros des évenements qui prennent une forme oflicielle ; mais il discute les faits, les groupe s’il est nécessaire, les analyse et en fait ressortir une idée qui vient grossir les preuves de son systèma, Je ne trouve pas dans l’histoire de M. Bédard cette profondeur d'appréciation, première qualité des grands historiens, Il a de beaucoup trop restreint son rôle en se contentant de puiser dans Christie et dans les journaux de la chambre. Il fallait donner à sa plume plus d’essor, à sa pensée plus de profondeur, à son

style] leur, nobles faché n'est I] ment | pas din au pau on pol L’AI mille 4 sembli des pr age e être u devait prend registi blir la orale ces pa

ancien visiter tels sc l'abbé d'une Cet d'orig ‘anadi perso tinue dès s0 tres «

nemn Lépon pour | produ

style plus d'envergure, à sa diction plus d’entrain et de chaleur. Ilest froid pendant qu'il pouvait exhaler les plus nobles sentiments et citer les plus beaux faits. Je suis bien faché de le dire, mais d’après l'opinion que j'en ai, ce livre n'est pas à la hauteur du sujet : l'écrivain n’a pas entièrement buriné l’époque comme elle le méritait. Cela ne veut pas dire que l’œuvre soit sans mérite, qu'il faille la renvoyer au panier, qu'elle contient des erreurs à chaque page ; non, on pourrait désirer mieux, voilà tout.

L'ABBÉ T'ANGUAY s'est imposé une tâche ardue, hérissée de mille difficultés et dont le résultat, comme il le dit lui-même, semblait hypothétique, en entreprenant d'écrire la généalogie des premiers colons. Dire ce qu'il a fallu d'énergie, de courage et de persévérance pour composer cet ouvrage, qui peut être utile et intéressant au publie mais qui, pour l'écrivain, devait offrir qu’un intérêt bien médiocre, estchose qui se comprend facilement. Aller de paroisse en paroisse, feuilleter les registres de l'état civil, aux greffes et dans les fabriques ; établir la filiation dans la suite des Gegrés, recueillir la tradition orale des vieillards, consulter les papiers domestiques, de ces papiers vieux, à l'encre jaune, illisible, à l'orthographe ancienne; passer en France pour y compléter ses recherches, visiter les archives du ministère de la marine et d’ailleurs: tels sont, courtement résumés, les travaux que s’est imposés l'abbé Tanguay pour livrer à la publicité des renseignements d’une exactitude aproximativement parfaite.

Ce document, élevé à la gloire de nos ancètres, a beaücoup d'originalité et aura toujours de l'actualité pour le peuple anadien. Il pourra, plus tard, être continué par d'autres personnes dévouées et ainsi nous aurons une généalogie continue de notre race, Aucun peuple, que je sache, n'a eu dès son origine cette heureuse idée de résumer ses regis-

tres originaux. L'auteur a done créé une œuvre éminemment nationale et il a raison quand il ajoute que pour 1épondre à l'esprit national qui existe chez notre peuple et pour favoriser le goût des recherches scientifiques qui s’est produit chez la jeunesse depuis quelques années, il fallait

qu'un monument impérissable prouvât d’une manière exemplaire au monde entier que si l'histoire du Canada est une de celle qui offre le plus d'intérêt au lecteur, il s’en trouve aussi une autre dans laquelle il peut connaître tout à la fois l'origine de sa famille et en suivre la filiation jusqu’à nos jours.

Le Dictionnaire généalogique des familles Canadiennes est en outre un ouvrage d’une grande utilité aux maisons d’éducation, à la judicature, à l'Eglise et à toutes les familles. Le premier volume contient l'histoire de la formation des noms de familles, leur variation et leurs surnoms, en outre, près de 30,000 informations généalogiques à commencer de l'année 1608. Les autres volumes sont encore sous presse,

En vérité, j'admire le travail gigantesque de M. l'abbé Tanguay. Sans doute qu'il lui a fallu consacrer ‘ien des veilles, faire des recherches considérables qui demandent une grande activité de corps et d'esprit, avoir une patience éprouvée pour compiler ces dates et ces noms, pour tenir et garder dans la mémoire ces branches, ces filiations, ces réseaux, si je puis m'exprimer ainsi, de parenté, de lignées, d'affiliations, de générations. IT fallait à cette tâche ingrate un goût fort prononcé. Rien que d’y penser mes cheveux se hérissent et les dents sont prètes à me claquer dans la bouche, j'en suis agacé.

A vrai dire, je présume que M. l’abbé Tanguay ne recommencerait pas, il doit en avoir comme on dit par dessus les oreilles. Et ce n’est pas moi qui le louerais s’il se hasardait d'entreprendre une tâche analogue, quelque dictionnaire impossible, Quoi! Voilà un, deux, peut-être trois gros volumes in-4o de 600 pages chat@t, qui ont le mérite de dire bien des choses, mais qui après tout ne décident rien de ce qui peut intéresser un peuple; qui contiennent bien des noms, mais qui n'avancent guère ceux qui les consultent; qui poussent l’amour du détail jusqu'au scrupule, et qui ne laissent dans l'esprit du lecteur aucune idée féconde, utile ou pratique. Comme si la vie de l’homme était quelque chose qui dure toujours pour s'use: à ces tâchesingrates! Ah! pour

nérati qu'il e de leu la prel essais, soient ques.

savoir origin foule conna naire matér Bref, détail:

peupl C'est 1 de pa à l’uti Ma écrite:

idée s etje 1

ces s

patier œuvre l'histc

No du mi clergé que « colon de cé appel

emMune uve fois nos

st en luca-

Le oms près nnée

abbé 1 des dent ence ir et

ces , de

âche mes quer

com- SSUS asaraire £TOs dire le ce

des ent ; ii ne le ou hose pour

ma part, tout en admirant et en louant l’entreprise, je suis bien près de blâmer l’auteur pour n'avoir pas consacré ses veilles, son énergie et ses aptitudes à un travail plus rémunératif pour ses concitoyens et l'humanité. Je demande ce qu'il en reste de ces gros in-quarto, du moment que l'époque de leur apparition est passée, maintenant que les articles de la presse, toujours disposée à accueillir avec luange tous les essais, sont oubliés ? C'est malheureux que ces volumes soient appelés à s’ensevelir sous la poussière des bibliothéques. Et pourquoi les consulter? Que me fait à moi de savoir si mon ancêtre s'appelait Pierre ou Jacques, s'il était originaire de la Bretagne ou de la Normandie ? J'ai une foule de choses beaucoup plus pratiques à apprendre. Ces connaissances secondaires, que je puiserai dans le dictionnaire de M. l'abbé Tanguay, amélioreront-elles ma situation matérielle ou changeront-elles mes dispositions morales ? Bref, le dictionnaire généalogique ne contient donc que des détails dans son gros ventre: ce n’est pas là ni par ià qu'un peuple s'instruit. Je l'appellerai une antiquité historique. C'est une vieille mosaïque bonne à garder comme ces objets de parade qui ornent les salons mais qui ne concourent pas à l'utilité commune.

Mais que le lecteur ne suppose pas que ces lignes soient écrites avec un esprit hostile. Aucunement. Toute mon idée se résume en ces mots: j'admire la patience de l’auteur et je loue son esprit méthodique et ses dispositions rares pour ces sortes de travaux; je regrette seulement que cette patience d'archéologue n'ait pas été mise au service d’une œuvre plus viable, plus grande, plus digne de l'attention de l'historien, du philosophe et du cito;en

Nous devons encore à M. l'abbé Tanguay un autre ouvrage du même genre que la généalogie: le Æépertoire général du clergé canadien, ou, en d’autres termes, dictionnaire biographique des membres du clergé depuis l'établissement de la colonie jusqu’à nos jours. On conçoit de suite l'importance de cet ouvrage. Il convenait que le clergé canadien fut appelé à revivre dans un livre qui enseignera aux généra-

tions futures le nom de ces hommmes dévoués, de ces pasteurs charitables, de ces citoyens distingués qui on tant fait pour l'avancement moral de leurs compatriotes. ‘Il y a peu d'études historiques que l'on puisse faire dans ce pays, dit M. de Bellefeuille, sans rencontrer, le nom d'un prêtre. S'agit-il de l'éducation ? La plupart de nos colléges, si non tous, ont été fondés par le clergé. Est-il question de colonisation ? Partout le prêtre a suivi le premier colon et quelque fois il l’a devancé. Veut-on parler archéologie ? On trouve le nom d'un prêtre à la base de chaque monument. De même que les cavaux sont remplis de leurs dépouilles mortelles, ainsi nos archives historiques redisent partout le nom d’un missionnaire, d'un apôtre et d’un religieux. Le prètre pénètre toute la société canadienne, toute l’histoire du Canada; ses œuvres se retrouvent partout et avec lui l’on voit l'Eglise catholique qui, après avoir fondé notre peuple, le conserve encore et le protége dans les luttes qu'il soutient, Voilà sans doute des raisons qui feront trouver extrèmement utile le Æépertoire général du elergé canadien.” (1)

Le travail de M. l'abbé Tanguay se divise en deux parties. La première contient une liste des Evèques depuis l’établissement de la colonie jusqu’à nos jours- Puis vient une liste des prètres depuis l'établissement du pays jusqu’à la con. quête, La seconde partie renferme les noms de tous les prètres qui on résidé en Canada depuis la conquête jusqu’à nos jours. Le tout se termine par une l'ste alphabétique de 34 pages qui facilite considérablement les recherches. Les noms sont disposés par ordre chronologique et e’est la date des ordinations qui règle cet ordre.

Cet ouvrage est le tableau le plus complet qui ait été publié jusqu'à ce jour de tous les prêtres qui ont servi l'Eglise du Canada depuis sa découverte. Le seul travail que nous possédions dans ce genre est celui de l’abbé NorsEux, publié en 1833. Mais ce travail n'était pas exempt d'erreurs

(1) Revue Canadienne, 1869.

assez i inédit, « M. l'abl

cédé ; €

Noiseu:

plets ; i Bas-Car du sémi sont tré tice, e:c genre,p dates, € une po les affai écriture dificila tions, noms et J’arri vrages ( de Am Ouest de Bien plus ex:

nord, et Mission du pays nisation obligé P visitant West, ol ment re officielle peintre qualités pourquc sauvage

ces assez importantes que le commandeur Viger, dans un ouvrage tant inédit, a relevées. Nous avons lieu de croire que le livre de I y M. l'abbée Tanguay est plus exact que ceux qui l'ont pré- A YS, cédé ; car, outre que l’auteur a travaillé après MM. Viger et ètre Noiseux, il a eu, de plus, en main des documents plus comnon plets ; ila pu feuilleter tous les registres de l'Etat civil du loni- Bas-Canada, pénétrer dans nos archives publiques, dans celles n et du séminaire de Québec et du séminaire de Montréal qui gie ? sont très riches, dans les greffes de toutes nos ee urs de jusonu” tice, e:c. On ne saurait cependant, dans un ouvrage de ce leurs genre,prétendre à l'exactitude historique. Sur ces mille et une isent dates, ces mille et un noms dont plusieurs remontent à reli- une-époque fort éloignée, où l'on ne confiait au papier que nne, les affaires de la plus haute importance pour l'état, où les rtout écritures étaient aussi rares que les écrivains, il est bien ondé diflicila de rèver à l'exactitude de ces nombreuses informauttes tions. Déjà plusieurs erreurs ont été relevées, pour des trou- noms et des dates qui ne sont pus fort éloignés de nous. cana- J'arrive à MGR. ALEXANDRE TACHE, auteur de deux ou-

vrages de mérite: Vingt années de mission dans le Nord-Ouest rties. de Amérique, 1866, pp. 245, in-8, et Æsquisse sur le Nordblis- Ouest de l'Amérique ; 1869, pp. 146, 2 col., in-8. liste Bien peu d'écrivains pouvaient donner des renseignements

plus exacts sur cette partie de l'Amérique adossée au pôle nord, et qui fait sujourd'hui partie de la Puissancedu Canada. Missionnaire .epuis bientôt vingt-cinq ans dans cette région du pays, ayant par conséqNant assisté à l’origine de la colonisation et de la civilisation parmi ces peuplades sauvages, obligé par état et par goût à vivre de la vie du missionnaire, visitant les wighams et séjournant dans les forèts du ar West, observateur judicieux des mœurs, dirigeant le mouvement religieux, à la source même de toutes les indications officielles, à la fois naturaliste et historien, écrivain facile et peintre admirable de la nature, Mgr. Taché à toutes les qualités et tous les titres à la tâche qu’il a entreprise. C’est pourquoi l’histoire dira que le missionnaire de cette région sauvage aura été en mème temps son historien fidèle,

11 ne manque pas de renseignements sur le nord ouest, Plusieurs fois déjà des voyageurs, poussés dans ces régions incultes par la désir de faire fortune ou en quête d'aventures, sont revenus au milieu de nous emportant dans leur sac de voyage une relation toute écrite des choses qu'ils avaient vues et des événements dont ils avaient été témoins. Mais ces renseignements, outre qu'ils s'accordent peu entre eux, qu'ils diffèrent sur des questions de faits capitales, n’ont rien qui ressemble à un travail suivi, coordonné, étendu, complèt, Ils ne font point connaître le Nord-Ouest dans ce qu’il est et dans ce qu'il a été. La plupart du temps ils fourmillent de rapports mensongers, capables d’éloigner de cette région l’immigration si nécessaire à son développement. Ce sont des indications prises en passant, écrites sous la tente du voya. geur entre deux excursions de chasse et de pèche, par conséquent superficielles. Il estévident que pour juger un pays il faut y vivre, qu'on ne le connait bien qu'après y avoir séjourné un temps, qu'il faut un long séjour pour connaître à fond l’organisation sociale, la prospérité matérielle, l’état du commerce, la nature du sol, les richesses agricoles, minières et forestière:, la situation géographique, le caractère de la population, ses préjugés, ses qualités et ses défauts, ete, ete. Or Mgr. Taché, qui a vécu pendant si longtemps au milieu de ces missions, à pu faire ces études. Aussi, ses écrits revêtent-ils une autorité qui manque aux autres relations sur le Nord-Ouest,

Il suffit d’ailleurs de jeter un rapide coup d'œil sur ces deux volumes pour s'assurer de la masse de renseignements qu'ils contiennent. Ajoutons qu'ils se complètent l’un l’autre et que tous deux forment un bon résumé de, l'histoire du Nord-Ouest depuis que la civilisttion ou plutôt le christianisme a pénétré dans ces sombres forêts habitées par des peuplades indiennes. On aime à lire vingt années de mission à cause des renseignements historiques qui s’y trouvent, mais surtout parce qu'il s'en détache une teinte nationale, à laqueile tout canadien doit être sensible, “ Les missions

(1) Revue Canadienne, 111, 630

canadier et nous 4 de nos p plus vivi Mer. Ta louons I récit de

vouemer vérité.

« C'es mense d de territ en vical diocèse ( riat de |:

de latitu glaciale parent | celles q1 forme la cher, mi.

évèque ?

futinves se comp Taflèche (sœurs g

‘ Mais cité; et, A. Tach Boniface

“Tes confluen se trouv rivière | chaine d sionnair miéres ;

ouest, "égions ntures, sac de waient ais ces , qu'ils [en qui mplèt, l'estet lent de nn l’imnt des 1 VOYAar CONn pays oir sér cConmatées agrique, le et ses lant si études.

16 aux

ur Ces ements l’autre ire du aristiaar des nission

uvent, nale, à issions

canadiennes, dit M. Joseph Royal (1), nous les avons fondées et nou$tâvons jamais cessé de les soutenir, ni de les alimenter de nos prêtres, de nos religieuses, de notre argent et de nos plus vives sympathies. Lire les Vingt années de Mission de Mgr, Taché, c’est donc lire un chapitre de notre histoire ; louons Dieu, car il est rempli du saint intérêt qu'excite le récit de tant de courses apostoliques, de tant de saints dévouements, de tant de zèle pour la propagation de la vérité.

“ C'est le 16 avril 1844, que le Saint siége détacha de l’immense diocèse de Québec, toute la région connue sous le nom de territoires de la Baie d’'Udson et du Nord-Ouest, et l'érige: en vicariat, apostolique. Ce vicariat devenu plus tard le diocèse de St. Boniface, comprenait, avant l'érection du vicariat de la rivière McKenzie, tout le pays situé entre le 499 de latitude septentrionale, les montagnes rocheuses, la mer glaciale et la Baie d'Hudson; la hauteur des terres qui séparent les eaux qui vont se jeter dans la Baie d'Hudson et celles qui se versent dans le Lac Supérieur et la Baie James, forme la limite orientale de ce vaste diocèse. Mgr. Provencher, missionnaire à la Rivière Rouge depuis 1818, et sacré évèque in partibus, comme auxiliaire de l’évèque de Québee, fut investi du vicariat apostolique du Nord-Ouest, Son clergé se composait de six prêtres dont deux venaient d'arriver M. Laflèche et M. Bourassa, et de quelques sœurs de charité (sœurs grises), établies l’année précédente.

“Mais bientôt il reçut quelques remforts qu'il avait sollicité; et, partis le 24 Juin 1845, le R. P. Aubert et le frère A. Taché, novice, descendirent de leur canot d'écorce à St: Boniface le 25 Aout, aprés 61 jours de voyage.

“ Le siége épiscopal du diocèse de St. Boniface, situé au confluent de la Rivière Assiniboine et de la Rivière Rouge, se trouve en outre sur le chemin du Lac Supérieur par la

rivière Lapluie, et communique à la grande et merveilleuse chaine des Lacs Winipeg et Winipegosis, qui permet an missionnaire d'explorer toute la Siskatchéouane jusqu’au premiéres assises des montagnes rocheuses, la vallée de la

rivière Lapaix et de pénétrer par la rivière Mackenzie jusqu’à la mer glaciale, à l'Amérique Russe, au pôle nord enfin. On voit que cette position est extrèmement avantageuse et bien choisie, car elle se trouve à un point accessible à tout le vaste et magnifique réseau de navigation intérieure du grand bassin compris entre les montagnes rocheuses et les premiers plateaux canadiens.

“ Déjà les missionnaires avaient traversé toute cette vaste étendue de pays; mais trop peu nombreux, leur apparition au milieu des sauvages étai trop rarek pour opérer un bien durable, Devenu évèque de St. Boniface, à la mort du vénérable Mgr, Provencher, Mgr. Taché s’occupa de suite de ce soin important, Voyages, requêtes, demandes, rien ne lui coûta; il ne fut rebuté par rien; aussi, de quelle joie son cœur d’apôtre et d'évèque ne fut il pas inondé lorsqu'il vit enfin, consolidées et régularisées, ses chères missions de l'Ile à la Crosse, Ste, Anne de la Siskatchéouane, du Grand Lac des Esclaves, et de la Rivière McKenzie.” :

Je n’ai pas hésité à emprunter tous ces détails parcequ'ils font connaître les travaux d’un missionnaire remarquable par ses actes méritoires et ses écrits remplis de renseignements,

L'Esquisse sur le Nord Ouest est encore plus complète sous le rapport historique. Il manquait aux Vingt années de Missions des explications sur l’histoire du pays qui a été le théâtre des travaux apostoliques décrits dans le premier ouvrage. L'auteur divise son travail en deux parties. Dans la première il donre un aperçu de la condition du département du nord; dans la seconde il jette un coup d'œil rapide sur son histoire. Sept chapitres sont contenus dans la première partie. Dans le 1er il examine le pays au point de vue économique, en disant ce que le sol et le climat promettent d'utilité, et il rattache à ce chapitre les produits de la terre, réservant pour le chapitre 2me les études hydrographiques qui décrivent les voies naturelles de communication avec leur plus ou moins de facilité. Dans le chapitre 3me il examine la condition politique. Le 4me a trait à l’organisation commerciale, Le 5me mentionne la division ecclésiastique

du territo l'habitent, le règne £ graphiqu en facilit traduite e

La deu:

second vol à, Mgr T de style ( missionna peuplades

Le meil dit son Z supérieure

“Ilaéa richesse, hardiesse a en même sance de soutenue ques et l’a nirs qui nc se contint tectrice de

“ L'aute dans toute détails nav tré de Ia le une appré( laimes ont leurs. En cette angél de cette ex les voies di d'évèneme

(1) Revue

enzie nord anta- LCCeSintéeuses

vaste rition er un rt du ite de en ne ie son il vit l'Ile à ac des

qu'ils le par ments, e SOUS e Mise thévrage.

a prent du r son mière e 6COit d'uterre, 1iques 1 avec | exasation stique

du territoire. Le 6me examine les différentes nations qui l'habitent. Enfin le Tme donne la nomenclature de ce que le règne animal offre de plus remarquable. Des cartes géographiques sur une petite échelle sont jointes au volume et en facilitent l'intelligence. L'œuvre de Mgr. Taché a été traduite en anglais par le capitaine D. R. CAMERON.

La deuxième partie formera probablement la matière d'un second volume puisqu'elle n’est pas traitée dans celui-ci. Par à, Mgr Taché aura complèté un beau travail aussi parfait de style que de fond. Ce livre rappellera les sacritices du missionnaire, envoyé par Dieu pour gagner au Christ des peuplades sauvages et à la civilisation de nouvaux horizons.

Le meilleur ouvrage de L’ABBE CASGRAIN est sans contredit son Histoire de la Mère Marie de l'Incarnation, première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France, publié en 1864.

“ Ilaécrit cette histoire, dit M. D. IE. Senécal (1) avec cette richesse, cette originalité et quelquefois même avec cette hardiesse de style qui distinguent ses autres productions. 11 a en même temps apprécié, en homme versé dans la connais. sance de la vie intérieure, cette existence si visiblement soutenue par le soufle d'en haut et dont les vertus séraphiques et l’active énergie ont laissé non-seulement des souvenirs qui ne s'éffaceront jamais, mais encore des œuvres qui se continuent sous ses auspices et comme sous l'égide pro. tectrice de son ombre.

“ L'auteur a pénétré dans toutes les intimités de ce cœur ; dans toute la cruelle poésie de cette destinée, dans tous leg détails navrants de la vie de cette femme. Encore tout pénétré de la lecture de son livre, nous avons de la peine à faire une appréciation calme de cet ouvrage. Plus d'une fois nos lames ont coulé au récit de tant de dévouements et de douleurs, En parcourant les pages qui retracent l’héroisme de cette angélique créature; en étudiant toutes les péripéties de cette existence exceptionnelle, nous n'avons pu qu'admirer les voies de la Providence, le doigt de Dieu dans cette suite d'évènements inattendus qui doivent faire d’une jeune fille

(1) Revue Canadienne, IT. 59,

pleine d'espérance, une missionnaire du Canada et la première Supérieure de l’une de nos maisons d'éducation les plus renommées, Fille, femme, mère, religieuse, elle sut toujours concilier sa volonté avec l’obéissance, refouler au fond de son cœur ses plus chères affections et oublier tout, parents et amis, pour satisfaire cet immense désir de sacrifice et d’abnégation qui la poussait au Canada.”

L'ouvrage est divisé en trois époque. L'histoire des premiers temps de la colonie se trouve résumée dans l’introduction. La première partie qui est désigrée sous le titre de vie domestique comprend la première partie de la vie de la Mère Marie jusqu’à son entrée aux Ursulines de Québec aprés avoir passé par toutes les tribulations du mariage, de Ia maternité et du veuvage., La seconde partie retrace la vie monastique de celle que Bossuet appelait la Thérèse de la Nouvelle. France; enfin la troisième vartie comprend sa vie apostoli. que, et c’est aussi la plus intéressante, puisqu'elle se rattache entièrement au Canada. C’est un beau travail, écrit avec un style imagé, coulant, e& une poésie mystique qui répand une teinte attrayante sur tout l'ouvrage. |

On a fait à l'abbé Casgrain ce reproche ici et je le crois fondé : L'auteur canadien a trop voulu montrer la sainte, et il a négligé la femme, c’est-à-dire ce côté naturel par lequel Marie de l’Incarnation se rittachait à la terre. Le récit de ses ravissements et de ses extases peut être bien beau; mais celui de ses œuvres a pour nous plus de charme et d'édification.”?

La plume féconde de l'abbé Casgrain a produit plusieurs ouvrages biographiques, entr'autres: Notice biographique sur le chevalier Falardeau (1862) pp. 96; Un contemporain, À. E. Aubry (1865) pp. 103; Un contemporain, F. À, Garneu (1866) pp. 135; Un contemporain, @. B. Faribault, (1807) pp. 123; Découverte du Tombeau de Champlain par MW. les abblés Laverdière et Casgrain, (1866) pp. 13; et une Vie des saints, (1867) formant un volume de 750 pages.

On retrouve dans des biographies les défauts et les qualités qui déparent et ornent la plupart des écrits de M. Casgrain.

C'est p:

richesse Voici ce toujours frappant carnatior décrit to naires de mais un portique, terre de:

tapisseric d'IHaberv menade cheval bl:

au temps “antique, “au tem] Portant!

de M. l’al petit trav “La pren principau style, l’a respect di héros. Soi les plus b charmant, vives imp imaginati même, en dra:ux lc pense d'in lu Mère de tion, je p1 Moins gré plus temp

a pre- 8 plus t touu fond arents ice et

es pre- ’introe de vie a Mère is avoir ternité astique uvelle. 1postoliattache avec un répand

le crois | sainte, rel par re. JLe re bien charme

lusieurs hique sur in, À. E.

G'arneau , (1807 AL, les

Vie des

qualités asgrain.

C'est partout la mème profusion de couleur, la même richesse de style, mais aussi partout la recherche et l'éclat, Voici ce qu’en pense un deses critiques: ‘Il donne presque toujours à ses héros des poses exagérées. Ce défaut, très frappant dans l’/ntroduction de l'Histoire de la Mère de l'Incarnation, est aussi remarquable dans les Biographies. Il décrit toujours avec pompe les circonstances les plus ordinaires de la vie. Pour lui, une maison n’est pas une maison mais un manoir; et si le manoir a une tourelle ou quelque portique, etc., ete., c'est un château, Une petite lisière de terre devient sous sa plume, une seigneurie; la moindre tapisserie lui paraît orné de figurines—comme au manoir d'Haberville; et si vous lui faites la faveur d’une petite promenade dans quelque vieux wagon attelé de quelque vieux cheval blane, il vous en remerciera par cette phrase: “comme au {emps jadis, une blanche haquenée conduisait le carosse “antique, orné des armoieries de la famille. On se serait cru “au temps de Louis XIV.”

Portant un jugement d'ensemble sur les travaux littéraires de M. l'abbé Casgrain, M. Hector Fabre, dans son excellent petit travail sur la littérature canadienne, s'exprime ainsi: “La première qualité de M. Casgrain est l'imagination; ses principaux défauts sont le goût de la déclamation dans le style, l'amour de certains mots sonores dans la phrase, le respect du souvenir dans le récit, le culte de la pose dans ses héros. Son imagination est tour à tour brillante, évoquant les plus belles images, gracieuse, donnant un tour délicat et charmant, touchant et faisant naître sans efforts les plus vives impressions, les émotions les plus profondes. Cette imagination ne peut que se développer, devenir sure d'elle même, en restant hardie, s'élever à mesure qu'elle s'astreindra:ux lois d’un goût sévère. Il y a une plus grande dépense d'imagination dans les Légendes que dans l’{istoire de lu Mère de l'Incarnation, cependant, mème comme imagina. tion, je préfère l'histoire aux Légendes. La profusion est moins grande mais l'abondance est plus réelle; l'éclat est Plus tempéré, mais il est plus solide, il éblouit moins a pre-

mière vue, mais la lumière qu’il projette est plus pure et elle ne lasse pas. L'éclairage artificiel est magnifique dans les légendes, et ce qui y manque c’est plutôt un coin obscur, une page simple ou l'esprit se puisse reposer un instant de toutes ces splendeurs ; mais dans l’histoire de la Mère de l'Incarnation, ce sont de purs rayons qui éclairent et vont bien vite pâlir les quelques lumières douteuses qui cherchent encore à se glisser ça et là. Le sujet a porté bonheur à l’auteur et lui a fait sentir la nécessité d’être plus simple, plus sévère, il n’a pas voulu étaler à côté de la plus belle prose du XVII siècle de son héroïsme, les ornements fanés du romantisme. Son imagination avait aussi moins à s'exercer en ce sens que dans les légendes, où il failait créer une fable, composer une trame, tandis qu'ici il n'y avait qu’à suivre les phases nécessaires de la vocation et de l'existence de la Mère de l’'Incarnation. Le talent s'est ployé aisément aux règles du sujet, et en le voyant dans le cadre un peu sévère, mais élégamment sculpté, suspendu aux murs blancs d’un couvent on croirait qu'il y a été placé en naissant et l’on ne devinerait pas de suite qu'il a glissé autrefois, sur la pente de la légende, vers le roman.”

J'ai sous les yeux un ouvrage remarquable, intitulé: Le Canada sous l'Union; 1872, 2 vol. in-12, pp. 400, dù à la plume de Louis P. Turcoïte, assistant bibliothécaire au Parlement Provincial, déjà très favorablement connu par plusieurs opuscules qui révélaient ses tendances et la portée de ses études. Ce livre paraît indispensable à ceux qui veulent connaître l’histoire politique de leur pays sans avoir à faire de minutieuses recherches dans les journaux déjà difliciles à trouver ou dans des brochures fort imparfaites,

C’est done un éminent service que l’auteur vient de rendre au public, aux jeunes journalistes, aux membres du parle ment, à ceux qui veulent embrasser la carrière politique par devoir, par goût ou pour satisfaire à une louable ambition, car il a su condenser en quelques tableaux rapides et clairs les événements qui constituent le bagage historique des parlements durant une époque fort accidentée,

Cet o du Can diverses année 0 Confédé cordent durant «

L'autc lévères « mêmes, plus tar dans les dont l’ér

capitales tiques 8e fut que & tiels de militaire que.

Page 1