‹ Histoire de la littérature canadienne [microforme]Chapitre 37 sur 52 · PRET RES · texte numérisé non relu

PRET RES

Eugène L'Ecuyer, je le remercierai, au nom de mes compatriotes, pour avoir cultivé, à une époque ingrate, le bel art de Dumas.

Ces essais ont porté des fruits ; c’est d’abord une lecture honnête : il n’y a pas une jeune fille qui ne puisse lire la nouvelle de L’'Ecuyer- Je ne promets pas qu’elle y trouvera des scènes émouvantes, des situations dramatiques, encore moins ce sel piquant et cet élégant badinage qui distinguent les romanciers français ; mais en revanche elle trouvera peut-être sa propre histoire, celle d'une jeune fille qui par suite d’aventures très simples est séparée de sa famille, tombe entre les mains d’un chef de brigands qui l’adopte comme sa fille et qui, par une autre aventure très simple, est frappée à la vue d’un jeune homme allumant dans son pauvre cœur de dix-huit ans l'incendie souvent désastreux de l’amour.

Deux autres compositions tout courtes, intitulées : Za campagne et La Toussaint sont dues à la plume de M. L’Ecuver. Elles sentent le rhéteur de fort loin : l’auteur en était à ses coups d'essais.

Patrice Lacombe se rapproche beaucoup plus de nous. Il est plus naturel dans son récit: La terre paternelle. C'est uno véritable esquisse de mœurs qui n’a, suivant moi, que le tort d’être trop courte.

Le sujet de cette petite nouvelle, on le sait, se répète chaque jour dans la vie réelle en Canada. C'était une brave famille que les Chauvin, du Gros Sault, près de Montréal. Ils vivaient heureux sur un beau patrimoine, orgueildu cultivateur. De père en fils il avaitété embelli et bonnifié. Le dernier des Chauvin à trois fils. Le plus jeune, Charles, part pour les pays d'en haut. Le père sent le besoin de se reposer, il faut l'avouer un peu avant le temps : il se donne à rente à son fils ainé qui se ruine par de mauvaises spéculations. La misère atteint la famille qui vint se fixer à Montréal. Le patrimoine des Chauvin était passé en des mains étrangères. Quinze années s’écoulent, quinze années de musère et de regrets. Charles revient et apporte l’aisance et la joie dans cette famille attristrée. Le patrimoine est racheté, un rayon

admi est le sur ( ne So nes, sir le soit.

conti path acqu haut Ce l’insd effor se fa nos ;

om paart de

ecture a noura des moins ont les ut-être l’aventre les fille et ée à la œur de

s: La L'Ecun était

ous. Il C'est que le

répète e brave ontréal.

du culié. Le es, part *eposer, rente à ns. La al, Je ngères.

> et de ie dans

à rayon

de bonheur vient 1luminer les derniers jours du père Chauvin.

La scène de la donation devant le notaire, ainsi que celle de la criée des annonces à la porte de l’église, sont au naturel. M. Patrice Lacombe écrit avec facilité, je pourrais presque dire avec pureté. Il saisit bien le coloris de nos mœurs canadiennes.

Le roman n’a pris de véritables proportions que depuis les dix dernières années. Quelques essais dignes de remarques datent cependant d’une époque antérieure, entr'autres : Les Fiancés de 1812 par M. Josepn Dourre. Cet essai de littérature canadienne remonte à 1844.

‘ La littérature, dit l'auteur dans sa préface, a éprouvé en Canada le même sort que les découvertes chaque fois qu’elle y a tenté quelqu'’effort, c’est-à-dire qu’il a fallu l’annoncer comme une chose inouiïe. Maïs, ses partisans, plus malheureux encore que les inventeurs des arts, n’ont pu parvenir à convaincre le public de son utilité et de sa comptabilité avec le caractère canadien. Les écrivains étrangers ont toujours joui parmi nous d’une célébrité que commandait une respectueuse admiration et semblait interdire le désir de l’imitation. Telle est la généralité de ce préjugé en faveur de l'étranger que, sur quarante mille hommes lettrés, on en trouvera pas qui ne sont possédés de fureur pour les productions européennes, et à peine en rencontrera-t-on mille qui liront avec plaisir le travail d’un de leur concitoyen, de quelque genre qu'il soit, On pourrait même dire qu’il y a plus que du préjugé contre ce qui est indigène qu'il y à une véritable antipathie. Ceci semblera peut être outré; mais une expérience acquise, les listes de souscriptions à la main, peut parler hautenant.”

Ces paroles sont autant de vérités, car si l’on en juge par l’insouciance de notre temps, on reconnaitra qu’en dépit des efforts de quelques hommes courageux la même apathie qui se faisait remar- ‘er il y a trente ans se fait encore sentir de nos jours. Avousus cependant que le préjugé mentionné par M. Doutre a un peu perdu de son intensité. Des écrivains

dix M À ?

nationaux, pleins de mérites d’ailleurs, ont écrit des livres serve

estimés de leurs compatriotes, derni

Les Fiancés de 1812, reconnaissons le de suite, ne sont pas un âme :

Page 1