partie dans je ne sais quelle revue, puis en entier dans la T
“Revue Canadienne,” années 1864 et 1865, formant un volume de 418 pages in-8 :
Ce roman se distingue par la netteté et la clarté du style, l'élégance de la diction, le coloris des tableaux, la variété des scènes. Le récit est très émouvant ; il y a des pages qu’on ne peut lire sans frémir, d’autres sans plearer. La scène du guet-apens dressé à Pierre de St. Luc, le héros du livre, dans la cave des Coco-Létort, est décrite avec une vigueur de pinceau, une richesse de coloris, une perfection dans la description des incidents de ce drame abominable que la crainte, l'effroi, l’horripilation s'emparent de vous malgré tous les efforts que vous fassiez pour vous en défendre. Je n’ai rien vu de mieux dans aucun roman étranger. La multiplicité des événements, la gravité des situations, la variété des caractères qui font de chaque personnage une individualité distinctement tracée, contribuent à faire du livre de M. de Boucherville une œuvre digne de la plume des meilleurs romanciers de la vieille Europe. En outre, pas un mot, pas une allusion qui pourraient blesser la morale ou que réprouverait la stricte convenance. Cette qualité ne se trouve pas toujours chez les écrivains transatlantiques.
La scène se passe en premier lieu dans l'Amérique du Sud, à la Louisiane et dans les Antilles. L'auteur, qui a longtemps vécu sous le ciel ardent des tropiques, connaît parfaitement tous les lieux qu’il décrit. Son style semble emprunter à la richesse du climat et à la nature grandiose, pitt resque et vigoureuse du Midi, ce vernis et cette fraîcheur de coloris, ce luxe d'image et de cette variété de tableaux qu'on trouve dans la première partie de ce beau travail d'imagination. L'auteur s’échauffe et prend de la vigueur, de l'envergure, à mesure qu’il décrit les grandes scènes naturelles de ces climats favorisés.
Le style est pompeux et éclatant en certains endroits. L’esclave a surtout attiré son attention; il discute sa condition sociale, et sans ralentir la marche du récit, il indique le mal et cherche le remède à cette situation déplorable faite à tant de malheureux. L'écrivain ne prévoyait sans doute pas
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