‹ Histoire de la littérature canadienne [microforme]Chapitre 46 sur 52 · HOLMES · texte numérisé non relu

HOLMES

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Tel était le chateau fort du protestantisme que le savant controversiste avait à démolir, Il l’a fait en logicien con. sommé et en tacticien habile,

Les réponses sont victorieuses, pleines de justesse,d’à propos et d'érudition. La Réponse au défi de M. Atkinson est un livre écrit avec un style serré, convaincant, et l’idée est assez solidement tranchante pour épargner à l’auteur le mal qu'il se donne en se servant de termes trop cavaliers. L'urbanité qui doit régner dans les rapports sociaux doit se trouver dans les livres. De nos jours la raison parle plus fort que l’insulte ou le sarcasme.. La modération en littérature est une qualité de l'écrivain comme la charité est une vertu du citoyen.

Outre ses nombreux mandements, on a encore de Mgr. Larocque une “Notice biographique de Mgr. Lartique, premier évêque de Montréal, suivie de son oraison funébre, 1841 pp. 23.”

Mar. LAFLEOHE naquit à Ste. Anne de la Pérade en 1813. Fut ordonné prêtre en 1843. Séjourna dans les missions du Nord-Ouest pendant douze années. Les lettres qu’il a écrites sur les missions ont été publiées sous le titre, ‘ Rapport sur les missions du diocèse de Québec de 1846 à 1856” On y trouve beaucoup d'informations et de détails intéressants sur les ressources du Nord-Ouest,

Le nom de Mgr. Lafièche rappelle à la fois l’orateur, le publiciste et le savant. Il a fourni plusiours articles à la presse ot on cite comme chef-d'œuvre d'éloquence sacrée “ l’Oraison funèbre des soldats morts à Castelfidardo ; Eloge funèbre de fou l'Hon. J. E. Turcotte ; Discours sur la nationalité, ete.” Mais son meilleur écrit est intitulé Considé. rations sur les rapports de la Société Civile avec la religion et la famille, 1866; pp. 268 L'auteur entrevoit dans ces pages les destinées providentielles du Canada.

Mar. IGNACE BouRGET naquit le 30 octobre, 1799, à la Pointe Lévis. Il fit ses études au séminaire de Québec. Après avoir étudié la théologie au Grand Séminaire pendant une couple d'années, il passa au collége de Nicolet. Mgr. Plessis recommanda à Mgr. Lartigue le jeune Bourget et celui-ci arriva à Montréal au mois de mai, 1821. Il fut immédiatement, installé au secrétariat. En 1836, Mgr. Lartigue s'adjoignit comme coadjuteur le jeune abbé qui, depuis dix ans, partageait ses labeurs.

Il fut sacré évêque de Telmesse le 25 juillet 1837. Trois ans plus tard, en 1840, Mgr. Lartigue décédait, désignant pour son successeur Mgr. Bourget qui prit poszession du siége épiscopal le 23 avril 1840. Outre ses lettres pastorales Sa Grandeur a composé le célèbre mandement contre les Sociétés Secrètes (1846), et ‘“ Le cérémonial des évêques commenté et expliqué, par les usages et les traditions de l'Eglise Romaine (1851).” Cet ouvrage mérita une, notice critique de la ‘“ Revue théologique ” publiée à Paris. Mgr. Bourget est encore l’auteur d’ “Instructions pastorales sur l'indépendance et l’inviolabilité des états pontificaux (1860).” ‘Cette brochure, disait à cette époque le Journal de l’Ins- “€ truction Publique, contient un exposé complet écrit avec ‘“ talent et conviction, de tout ce qui concerne la question “romaine.” Ses mandements, lettres pastorales, circulaires, etc., ont été compilés en 1872 par trois zouaves pontificaux sous le titre de ‘ Fleurs Episcopales.”

Le Rév. Franors Fuzrorp, (1803-1869), évêque anglican de Montréal, fut président de la Société d'Histoire Naturelle

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et de l’‘ Art-Association.” Ses principaux écrits sont : « Plain sermons on the church and her services (1837), 2 volumes ; Progress of the Reformation in England (1841) ; Pastoral Letter addressed to the Clergy of his diocese (1851) pp. 16 ; À charge delivered to the clergy of the Diocese of Montreal, at the primary Visitation (1852) pp. 26 ; Sermon at the consecration of Horatio Patter, DD. to the Episcopate (1854) pp. 31 ; Fine occasional Lectures (1859) pp. 118 ; A Letter to the Bishops and:Clergy of the United Church of England and Ireland in Canada (1862) pp. 30 ; Sermons Addresses and Statistics of the Diocese of Montreal (1865) pp. 308 ; Sermon preached at the general ordination held by the Right Rev. the Lord Bishop of Oxford (1866).

Le Rév. Jon Jenkins DD. ministre de l’Eglise Presbytérienne de Montréal et présiGunt du club littéraire, a publié : “ À Protestant’s Appeal to the Douay'Bible and other Roman Catholic Standards in defence of the doctrines of the Reformation (1853) ; The Faithful Minister, a life of the Rev. William Squire (1853) pp. 120 ; Pauperism in great cities (1854) ; Thoughts on the crisis (1860) ; Two fast day discourses preached in Philadelphia in relation to the civil war (1862) ; Canada thanks giving for National Blessing : à sermon (1865).”

Ce n’est pas une prétention d'auteur qui a animé M. l'ABBÉ GUILLAUME dans la composition de son ouvrage intitulé : Le Protestantisme jugé et condamné par les Protestants, 1870, in-8 pp. 500. Il a obéi à un devoir que lui dictaient les circonstances. Une discussion publique entre lui et M. le ministre Duclos, engagée en présence des citoyens de la paroisse de St. André Avellin, avait d’abord motivé, de la part du ministre, une brochure qui réclamait une réplique. L'abbé Guillaume en a profité pour traiter la grande question du protestantisme. La doctrine protestante est exposée sur ses différentes faces et l’auteur tire d'elle-même la raison qui la condamne. Il s'appuie surtout sur le caractère moral ot chrétien des premiers disciples dissidents dans les différents pays où la Réforme s’est introduite.

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Les ouvrages de ce genre sont assez rares parmi nous, d'abord parce que l’Europe nous fournit des armes pour ces sortes de combats, ensuite parce que la vérité catholique n’a jamais eu à subir d'attaques bien redoutables de la part des dessidents canadiens français. Pas n’est besoin de dire que le livre de M. Guillaume a son mérite intrinsèque. On y rencontre un esprit de foi et des convictions qui, tout en ménageant les personnnes, flétrissent los erreurs avec une verve toute française. Ce n'est pas un livre original, ni pa la forme ni par le fond ; c’est une œuvre de compilation, Les preuves sont abondantes, mais empruntées, et les citations si nombreuses qu'elle décolorent l'empreinte originale, Ily a même des endroits qui ne sont que superficiellement traités: l'esprit est loin d’être satisfait. La partie historique surtout n’est pas toujours d'accord avec les données de l'école historique contemporaine. Ajoutons à cela un ensemble trop vaste pour le cadre que l’auteur s’est tracé, Los matériaux sont nombreux, mais l'harmonie, la symétrie, l'unité en un mot, laissent à désirer. Ce livre n’en demeure pas moins une œuvre méritoire, destinée à rendre des services à la population catholique de cette province. Je ne vas pas jusqu’à dire qu’elle opèrera des conversions, mais elle affermira le croyant et fera naître le doute dans l'esprit du dessident, Je conçois une polémique plus pratique que celle-là, c’est celle qui, tranchant la question dans le vif, à la manière des Bossuet, des Nicholas, des Pie et des Dupanloup, indique, avec une main de maître, la limite du vrai et du faux, de la raison et de la foi. L'abbé Guillaume n'offre à ses lecteurs que l'esprit des auteurs qu’il a consultés. J'avoue qu'il a pratiqué des fouilles immenses et une mine inépuisable : il n'invente pas, il coordonne.

Les Instructions dogmatiques sur le mariage chrétien, par le R. P. A BRauN, 1856, 1 Vol. in-8. pp. 193, sont le résultat d’une série de conférences faites par le R. P. sur le mariage: Ces instructions exposent la doctrine de l'Eglise Catholique sur les questions matrimoniales, qui ont le plus d’à propos à notre état de société. A ces conférences s'ajoute un apen-

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dice où l’auteur appuie davantage et développe plus longuement certains points de son sujet. Les questions graves et controversées du mariage civil, du pouvoir de l'Eglise et du prince sur ce sacrement attirent surtout son attention ; il appuie moins sur la partie qui se rattache à la nature du mariage, à son unité et son indissolubilité,

L'auteur, on le constate à la première page de son livre, appartient à l’école ultramontaine ; il combat à outrance les gallicans et l’école des parlementaires français du XVIIe dont Pothier s’est fait l’interprête dans son “ Traité du Mariage.” Suivant Pothier, il y a dans le mariage deux caractères, celui du sacrement et celui du contrat civil. Comme sacrement il doit revètir les formes prescrites par l'Eglise, comme contrat civil il est soumis à des formalités dont la violation entraîne la nullité. D’après l’école ultramontaine, l'Eglise a seule le droit de déterminer les formes qu’il doit revêtir, parce qu'elle n’y voit rien autre chose qu'un sacrement ; elle veut n’y voir que le côté religieux. Cette doctrine, en faveur de laquelle les souverains pontifs ont longtemps combattu, n'est pas appelée à prédominer parce qu'elle est subversive des sociétés modernes,

Puis, le savant conférencier passe aux mariages mixtes. Il s'élève de toutes ses forces contre ces unions autrefois défendues sous peine d’excommunication.

Une deuxième édition de cette brochure parut en 1872.

Le Rév. ALEXANDRE MATHIESON (1796), DD., de l'Eglise Presbytérienne de Montréal, a écrit : ‘“ Sermon on Death of M. Robert Watson (1827) ; Introductory Remarks by a member of the Church of Scotland in Canada to ‘thoughts on personal and family religion by Rev. George Tod, Dundee ” (1833); Sermon on St, Andrew’s day (1837)”, et plusieurs sermons sur des points de doctrines ou de discipline.

Le Rév. Henry Ror, de Québec, a publié un grand nombre d’écrits dans la presse religieuse de Québec et de Montréal, entr'autres : ‘ Farewell sermon to the congregation of St. Stephens (1854) ; Letter on tractarianism to the congrega-

tion of St. Mathew (1838) pp. 23 ; Purgatory, transubstantiation and the mass (1863) ; Prayer (1869) pp. 19.

Le Rév. MounrTain (1750-1835), premier évêque anglican de Québec, a publié : “Songs of the Wilderness with notes ” et un sermon d'action de grâce (1799) ; Mar. BAILLARGEON (1798-1870) des ‘“ Commentaires sur le Nouveau Testament” et un “ Recueil d'Ordonnances synodales et épiscopales, du diocèse de Québec (1865) ; Le Rev.Ous. BANCROrT, plusieurs sermons et un livre de prières (1857); A. GEORGE CARTER, « À selection of anthems as sung in the cathedrals of Montreal, Toronto and Quebec (1865) ; l’'ABBe Core, “ Un mot à ceux qui ont abandonné l'Eglise Romaine et ses traditions ” ; M. Lacasse, “ Les chants de l’Eglise en usage dans la province ecclésiastique de Québec, harmonisés pour l'orgue suivant les principes de la tonalité grégorienne (1860) ; L'ABBE OUELLET, ‘ Monseigneur Hugues (étude) ; Le Cardinal Wiseman; Du catholicisme en Angleterre ; (Rev. Can.) L'Age ProuLx a publié en 1853 une défense de la Religion et du Sacerdoce ; l’ABBE RACINE un ‘“ Discours à l’occasion du service solennel pour les soldats pontificaux qui ont succombé dans la défense du St. Siége, 1860 pp. 39 ; Discours prononcé à St. Roch au triduum de la Société de St. Vincent de Paul, 1865, pp. 52” ; l'ABBE CHAGNON, des ‘ Annales de la paroisse de l’Achigan et ane biographie de M. Paré, curé,”

La science, on le voit, n’a fait de progrès réels, en Canada, que depuis les vingt dernières années ; du moins elle n’a eu un mouvement prononcé que depuis cette époque. Elle ne s'est pas encore manifestée d’une manière bien éclatante, mais, avec le temps, elle recevra une impulsion plus considérable.

Ce qu’il importe surtout, c'est la vulgarisation des connaissances pratiques, de manière que toutes les classes de la société puissent profiter de son influence favorable. Nous vivons dans un siècle où les lumières sont :2 partage de tout le monde. Il faut que le peuple canadien soit en mesure de supporter l'éclat des rayons du soleil de la science qui partent

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de tous les pays environnants. S'il se place en dehors du mouvement qui entraine les autres pays, il perdra en importance et en dignité. Aujourd’hui les nations luttent sur le noble terrain du progrès. Qui n'avance pas recule, Or la science est le plus puissant mobile qui pousse les peuples en avant. Elle n'est pas seulement une pure spéculation de l'esprit comme autrefois, faite pour satisfaire les aspirations nobles de l'intellect. Certes ! ce sera toujours son principal objet. Mais à part-cela, elle est devenue le levier avec lequel les hommes arrivent à la prospérité matérielle, En sorte qu’elle est comme le désidératum de l'humanité, en ce qu’elle satisfait à la fois l'intellect et les intérêts matériels,

En effet, c’est en vouant un culte à l'intelligence que les nations modernes sont arrivées à ce degré de’splendeur et de prospérité matérielle dont elles offrent le consolant spectacle au XIXe siècle. L’ignorance n’a jamais su produire que la barbarie. Or dans les siècles de barbarie les arts et l'industrie sont dans l'enfance. A mesure que les peuples grandirent, des réformes et des améliorations de toutes sortes se firent remarquer dans leur condition. C’est pourquoi, de nos jours, les nations les plus cultivées, les plus civilisées, les plus riches, les plus heureuses, sont incontestablement celles qui sont les plus instruites.

Ces observations trouvent surtout leur application dans les progrès industriels de notre temps. Certes! Ce fut le savant qui le premier appliqua la vapeur à l’industrie, qui substitua la force motrice à la main d'œuvre. Ce fut aû nom de la science que toutes les découvertes physiques et naturelles se sont faites. Chaque invention doit son existence à la découverte d’un secret scientifique, chaque industrie doit son essor à une théorie, d’abord condamnée comme utopie, rangée ensuite dans le domaine des faits.

On parle beaucoup dans notre pays du mouvement industriel qui s’accentue chaque jour; heureusement on finit par s’apercevoir que le sol ne suffit plus à notre population et que

l'industrie manufacturière doit marcher de pair avec l’industie agricole. Mais on ne songe peut-tre pas assez que

l'industrie manufacturière compte sur trois éléments pour réussir : la science, la main d'œuvre et la matière première, Qu'importe que nous ayons les deux derniers éléments si nous ne savons mettre en fmouvement le mécanisme qui transforme les matériaux brutes en objets commerçables, Pour découvrir cette mine et étudier la composition de ce terrain, il faut le secours du géologue ; pour exporter avantageusement tel produit manufacturié il faut le concours du naturaliste et du géographe afin d'indiquer un marché où la nature ne produit pas de similaires ; pour faire subir à ces cuirs les transformations voulues il faut les lumières du chimistfe qui désigne les composés nécessaires à la réaction ; enfin, pour conduire un établissement industriel quelconque il faut les connaissances de la mécanique appliquée. Où sont les maisons d'éducation où l’on enseigne spécialement la métallurgie ou mème laïphysique et la chimie dans ses applications usuelles et journalières ?

Evidemment il y a encore un pas immense à faire. La science ne fait que naître au milieu de nous. Espérons que ses éblouissantes promesses dissiperont l’apathie du public ; que l'instinct de nos plus chers intérêts réveillera notre énergie nationale.

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